‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 227 sur 323 · MK DES CHEVALIERS DES · texte numérisé non relu

MK DES CHEVALIERS DES

La maison princière de Hohenzoilern a créé, le 7 décembre 1841, une croix d'honneur. Elle se divise en deux classes dont la première est avec une couronne et la deuxième sans cette couronne. Les princes ont en outre créé deux médailles d'honneur, l'une en or, l'autre en argent, qui portent sur leurs empreintes au revers et h la face les mêmes désignations que celles de la croix ; seulement la médaille d'or est décorée d'une couronne. La médaille d'argent doit toujours accompagner le ruban qui ne* peut être porté seul.

Les insignes do la première classe consistent en une croix d'or a huit rayons émaillés blancs et bordés de noir; le centre de la croix est occupé par un écusson rond,émaillé en blanc sur lequel on lit les lettres F.-G, snrmonlé d'une couronne d*or; le cercle qui entoure cet écusson est bleu, avec la légende suivante en or Fur treue und vndienst (pour la fidélité et le mérite). Cette croix repose sur une couronne de laurier. Au revers est un écusson semblable, conte* nant les armes de Hohenzoilern ; la croix est surmontée d'une couronne en or.

Lacroix d'honneur de deuxième classe est absolument semblable, mais sans couronne. Lc3 insignes se portent au côté gauche de la poitrine, suspendues à nn ruban blane moiré, partagé de trois raies noires.

La croix d'honneur do première classe n'est accordée qu'aui charges de l'Etat et de la cour les plus élevées; celle de deuxième classe est accordée aux serviteurs de l'Etat cl de la cour qui ont rang de membre de collégial.

Indépendamment des deux classes de Tordre les princes régnants ont fondé une décoration , sous la dénomination d'insignes du Mérite pour les officiers des deux principautés, qui réunissent vingt-cinq ans de service. Celle décoration consiste en une croix où se trouve d'un côté le chiffre XXV, en chiffres romains, et de l'autre, l'écusson des armes de Hohenzoilern; cette décoration se porte à un ruban moiré noir ayant de chaque côté une raie blanche.

PUOVIDKNCK (Communauté des Sot in s de la).

La communauté des sœurs de la Providence de Ruillé-sur-Loir a eu pour fondateur M. Jacques Dujarié. Il naquit à Sainte- Mnrie-du-Bois, dans le département «*• la Mayenne, le 9 décembre 1767. Il ressentit, dès son enfance, de l'attrait pour l'état ecclésiastique, et ses parents qui étaient remplis de foi et de piété, ne mirent aucun obs-

lacle à <a vocation. Il fit ses humanités au collège de Domfrnnt, et ses études tliéol»»giqnes au séminaire d'Angers; et, dans ces deux maisons, il se distingua tellement par sa piété, qu'on l'appelait communément le petit saint.

Ce fut en 1790, lorsque l'orage révolutionnaire grondait de toutes parts, qu'il reçut le sous- liaconat, et, peu de temps après, le diaconat. Il fut obligé de quitter le séminaire avant que d'avoir reçu la prêtrise, et de se cacher |>our se soustraire aux fureurs de la révolution. Il demeura pendant une année entière enseveli dans la cave d'un tisserand, faisant de la loile avec lui ; et ensuite, sous un habit de berger, il garda un nombreux troupeau, sanctifiant les loisirs de celte vie si simple, par la médih'-ion et la prière.

La chute de Robespierre ayant rendu à la France un peu de liberté, il en profita pour aller voir un des grands vicaires du Mans qui l'envoya continuer ses éludes théologiques sous la direction de M. Lahaie, prêtre remarquable par sa science et sa piété, et qui exerça clandestinement le saint ministère à Uuillé-sur-Loir et dans les paroisses environnantes. Il arriva auprès de M. Lahaie, le 22 juillet 1795 et vers la fin de la même année il reçut, de ses supérieurs, l'ordre do se rendre a Paris où il reçut le caractère sacerdotal, le jour de la Saint-Etienne, «les mains de Mgr de Saint-Papoul qui y faisait des ordinations en secret.

Il revint aussitôt àlluillé, célébra sa première Messe dans une grange; et, plus louché des besoins des peuples que des intérêts de sa propre vie, il se mil a parcourir de nuit, les paroisses de la contrée, baplisant les enfants, consolant et administrant les malades, entendant les confessions, et encourageant les fidèles à ne pas participer au schisme.

La paix ayant été enfin rendue à l'Eglise, et le culte catholique rétabli par le concordat de 1802, M. Dujarié fut nommé curé de Hui lié. Il ne négligea rien pour réparer son église, «pii avait été dévastée par la révolution, et pour conduire au salut le troupeau confié ù ses soins. Il ressentait une profonde douleur en voyant qu'un grand nombre de.» enfants de sa paroisse demeuraient privés des bienfaits de l'instruction à cause de leur éloignement du bourg (1); et que plusieurs malades se trouvaient délaissés dans leurs infirmités manquant des secours les plus nécessaires.

Voulant apporter remèiJe à ces maux, il commença par s'assurer de la bonne volonté do deux filles pleines do foi cl de dévouement, qui lui promirent de faire tout ce qui serait en leur pouvoir pour catéchiser les enfants et soigner les malades pauvres; puis il leur fit bâtir, à quatre kilomètres du bourg, une maison. On rapporte que pour faire élever cette uiaison qui fut nommée la petite Providence, M. Dujarié, se mettant a la tête

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des enfants de cette contrée de la paroisse, icur faisait ramasser et ramassait lui-même les pierres qui n'étaient point trop difficiles à détacher, les mettait par petits monceaui et les faisait ensuite conduire à place, par des voiluriers de bonne volonté. Tout en ramassant ses pierres avec ses petits enfants il les catéchisait.

Ce fut en 1806 que, sa maison élanl achevée, il y plaça les deux filles dont nous venons de parler. Il n'avait aucune autre intention que celle d'être utile aux enfants et aux malades de celte contrée de sa paroisse, et il ne songeait nullement à devenir le fondateur d'une congrégation de sieurs riui se répandraient dans un grand nombre de paroisses et de diocèses pour y travailler a la sanctification des âmes; mais la divine Providence en avait arrêté autrement et elle allait le constituer le père d'une famille sur laquelle il ne comptait pas.

Les deux filles qu'il avait placées dans sa maison pour inirel'école aux enfants du voisinage et pour visiter les malades, remplirent leurs fonctions avec beaucoup do zèle, d*inlelligence el de fruit, et le bien qu'elles tirent, inspira à d'autres personnes plein» de foi le désir de s'associer à leur bonne œuvre. Elles ne tardèrent pns à se trouver au nombre de neuf, vivant ensemble dans une grande union, el partageant leurteron> entre la prière, le travail et les services qu'elles rendaient aux enfants el aux malades.

M. Dujarié comprit bientôt que cette réunion do plusieurs personnes, pour rendre tous les services qu'on pouvait attendra d'elles, demandait une parfaite unité de vues et de direction : c'est ce qui lui fit concevoir l'idée de confier quelques-unes Je ses filles à Mme delà Cirouardière, fondatrice de la maison des Incurables, a Beaugé, diocèse d'Angers, afin qu'elle les formât » la vie religieuse et leur apprit à soigner le* malades avec une charité intelligente. Um« de la Girouardière se prêta volontiers aoi désirs qui lui furent exprimés a ce sujet, reçut sous sa direction sept de ces bonites filles, et leur fil faire un noviciat aussi long qu'elle le jugea nécessaire pour s'assurerde leurs dispositions. Les jeunes novices prirent ensuite l'habit religieux et revinrent au petit établissement de Kuillé, sous l'obéissance du fondateur.

Les curés du voisinage, désireux de procurer aussi a leurs paroissiens le bien/dit d'une éducation chrétienne, prièrent M.Pojarié de leur accorder quelques-unes de srj filles pour former chez eux des écoles et il commença à fonder quelques ettUis*menls.

De 1808 à 1817, la petite? association iw reçut que dix-huit sujets, et ne forma que sept petites écoles de deux sœurs chacune; mais à cel'c époque, il plut à Dieu de révéler aux hommes cette humble société et répandre sur elle quelque éclat en inspiré

'\) D'un des cAtcadu Loui-, la parois*, s'éitud jusqu'à 10 kilomètres.

Il» PRO DESORDRES

i Mlle do Roscoat de venir, du* fond de la Bretagne, s'y consacrer à Dieu. Depuis !<>ngiemp$ celle âme d'élite ne respirait que

bafflilité, l'amour de la pauvreté et l'abné- Miioa d'elle-même : elle ressentait surtout •o désir très-ardent de se dévouer a réduction des enfants de la campagne dont l'ignorance et le délaissement lui faisaient une eitrôroe compassion. Dès qu'elle connut la piite association deRuillé, elle jugea qu'elle il? Murait trouver un lieu plus en rapport nec t'aurait que lui donnait la grâce. Elle viol donc trouver M. Dujarié qui la conduisit aussitôt à sa pelite Providence.

Tout ce qu'il y a de plus propre à effrayer noe personne élevée dans l'opulence comme fatait été Mlle du Roscoat, vint se présenter à ses regards : la maison élait extrêmeneot pauvre; le local, très-petit (1); son 4oignement do bourg et le mauvais état des UKinins ajoutaient encore aux autres incotn- Bodités.

A celte vue, cette âme vraiment grande, bénit le Seigneur de l'avoir conduite à l'étaolo de Bethléem pour la rendre conforme i celui qui n'avait pas où reposer la tête : elle fut la plus humble, la plus fervente des mires, prit le saint babil à la fin de 1818 « f»t agrégée en 1820. Vers cette époque, la petite association ayant nommé, pour fa première fois, une supérieure générale, ce fut elle qui fut élue.

Sous sa direction tout prit de la vie. L'eiemple qu'elle avait donné en venant du fond de la Bretagne fut suivi par un bon nombre de jeunes filles de cette religieuse contrée; et, a mesure que les sujets deveuîeot plus nombreux l'on voyait aussi surgir de tous côtés des demandes pour de mureanx établissements. La maison do la Mite-Providence devenait absolument in- MilîUaote et l'incommodité provenant de »oo éloigneraent de l'église se faisait sentir l'ios Tivement à mesure que le |>ersonnel tu^ueniait. Alors M. Dujarié vendit quelques biens patrimoniaux qu'il possédait; j'ria quelques personnes charitables de Tenir I ison aide; acheta un terrain, a l'entrée du bourg de Ruillé, et y Gt construire eue belle maison. Tout annonçait que l'association qui, jusqu'à l'arrivée de Bille du Kosroît, n avait eu que des accroissements très-lents, allait enfin prendre son essor. Hais quand Dieu veut faire voir qu'une

(1) La maison de la Pélile-Providence se compouii d'oa rez-de-chaussée et d'un grenier. Au rez- H*-cliao$sée se trouvaient une cuUiue et deux pett^« elasses, l'une pour tes postulantes, l'autre p«>r les entants de la paroisse. Une partie du gre- »wr, d« la grandeur de tO pieds carrés, avait été "«avertie en mansarde; l'autre n'était qu'un simple prroier : c'étaient celle petite mansarde et ce gret«r qui servaient de dortoirs aux sœurs et aux wices.

EAea avaient du pain à discrétion ; mais, pour le reste, leur nourriture était aussi maigre cl plus pevt être que celle de la plupart des pauvres. Le Annuelle, elles se levaient à quatre heures du mapour se rendre au bourg et assister a la première

RELIGIEUX. PRO IIM

œuvre est tout entière de sa main, il réduit tout è l'impuissance et au désespoir. Mlle du Roscoat qui paraissait l'Âme de la congrégation fut enlevée par une mort prématurée, le 92 juin 1822, à l'âge de quarantedeux ans.

On ne saurait dire la consternation et l'abattement où cette mort jeta la petite société: on se lamentait, on croyait tout , perdu. M. Dujarié qui avait su apprécier la vertu et le rare mérite de cette femme et qui fondait sur elle les plus grandes espérances pour le développement de son œuvre la regretta plus que tout autre : cependant il travailla à relever le courage de ses sœurs, et les engagea à mettre leur confiance en Dieu. Il les fit venir dans la maison plus spacieuse qu'il venait de leur faire construire dans le bourg; et, au mois d'août, toutes les sœurs des établissements se trouvant réunies pour la retraite annuelle, il les fit procéder a l'élection d'une nouvelle supérieure générale.

Il y avait alors dans la société |une jeune sœur, nommée Marie Lecor, qui était venue des environs de Saint-Brietic. Mlle du Roscoat avait remarqué en elle une grande aptitude pour les affaires, et, au moment où la mort vint l'enlever, elle se proposait de la demander pour son assistante : mais celte jeune sœur n'était encore que novice. Malgré son âge, elle fut nommée supérieure générale : c'était elle qui, dans les desseins de Dieu, était appelée à rétablir sur des bases solides, la société naissante. Quoique jeune dans la congrégation, elle prit, d'une main sage et ferme, les rôties du gouvernement; et, sous sa direction, l'élan imprimé à l'association par Mlle du Roscoat, ne fit que s'accroître (2). Le 19 novembre 1826, la congrégation des sœurs de Ruillé fut régulièrement approuvée par une ordonnance royale, et le pieux fondateur lui fit la donation de la maison chef-lieu et de quelques autres immoubles situés dans les environs de Ruillé.

M. Dujarié, dont le zèle était infatigable, voyant le bien que faisait auprès des petites filles sa congrégation de sœurs, voulut procurer le même avantage aux petits garçons» en fondant une communauté de Frères. Il transforma son presbytère en un noviciat pour les jeunes gens qui voudraient embrasser cette vocation : ils se présentèrent en si

Messe, a laquelle elles communiaient. Il y avait à l'entrée de la cour du presbytère un fournil : c'est là qu'elles prenaient leurs repas et se reliraient entre les Offices. Après les Vêpres, quelque temps qu'il fit, elles se remettaient en route pour leur l'ctite-Provi-ieuce, emportant leurs provisions pour la semaine.

[i) Bien «nie Mine Marie Lecor soit généralement considérée comme la principale fondatrice de !a congrégation qu'elle a gouvernée a différentes reprises pendant trente ans, je ne crois pa» devoir vous en parler plus longuement, parce qu'elle vit encore et que c'est elle qui cet actuellement supérieure générale.

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grand nombre qu'il fut obligé d'acheter une maison où l'un compta jusqu'à quatre-vingts novices à la fois.

Il s'était ré.servé l'administrât ion temporelle do ses deux congrégations, et il mettait en commun leurs ressources respectives.

Jl surgit bientôt de là de grandes difficultés. Ij» révolution de 1830 étant venue jeter la perturbation dans les esprits et réveiller des idées hostiles à la religion, les frères de M. Dujarié reçurent, dans bien des localités, de mauvais traitements de la part des particuliers et se virent placés, par les autorités, sous une espèce de haute surveillance, l'n grand nombre d'entre eux n'eurent pas la force de supporter celle épreuve et rentrèrent dans le monde; et cette congrégation qui, dans l'espace de douze ans, avait fondé plus de quatre* vingts établissements, n'en avait plus qu'une trentaine en 1833.

L'état de dépérissement où se trouvait alors la congrégation «les frères, réagissait Mjr celle des sœurs, à raison de la communauté de biens qu'avait établie M. Dujarié entre ses deux maisons.

Les sieurs voyant leur congrégation menacée dans son existence, réclamèrent la séparation de biens entre les deux communautés. Mgr Canon, alors évè pie du Mans, vint sur les lieux; et, après avoir tout examiné, tout pc>é avec une grande maturité, il jugea nécessaire la séparation qu'on réclamait ; remit entre les mains de la supérieure générale l'administration des biens de sa communauté, et laissa à M. Dujarié la gestion des alla ires de ses frères. I»«mi de temps après, ce bon vieillard, usé par l'Age, par les '•illimités, par les travaux d'un laborieux ministère, par les veilles et les sollicitudes cpie lui avait occasionnées rétablissement do ses deux communautés, sentit la nécessité de se déctiarger de la conduite des frères, comme il l'était déjà de celle des sœurs. Il remit sa supériorité sur eux entre les mains de M. l'abbé Moreau, qui les tranféra de Huilléà Sainle-Croix-les-le-Mans. Quelques mois plus tard , il se démit aussi do sa cure, se rendit à Sainte-Croix au milieu de ses frères qu'il continua d'édifier par sa grande piété, et le 17 février 1838 il til une mort précieuse devant Dieu, laissant aussi sa mémoire en grande bénédiction parmi les hommes.

Les sœurs de la Providence n'avaient pas eu d'abord de constitutions et de règles écrites. A mesure que leur société avait [iris de l'accroissement , leur pieux fondateur leur avait donné de vive voix des instructions propres à les diriger vers le but de leur vocation ; il leur avait aussi laissé, à cet effet, quelques notes par écrit.

l'n 183i, elles prièrent Mgr Bouvier, qui venait d élie promu sur le siège épiscopal du Mans, de vouloir bien leur donner un corps complet de constitutions et de règles propres à les conduire sûrement vers la perfection de leur saint état. Il le lit avec cette haute sagesse qui le caractérisait; et pour leur montrer l'intérêt qu'il leur | ortait, il

voulut, jusqu'à la tin «le son épiscopal, s'occuper lui-même du gouvernement de leur congrégation sans leur donner d'aulre supérieur.

D'après les constitutions que leur a données l'émincnt prélat, la congrégation est régie par une supérieure générale aidée de deux assistantes, d'une maîtresse des novices, d'une économe et d'une secrétaire.

Il y a en oitrc un conseil général, qui, réuni sous la présidence de Mgr l'évêqtic ou de son délégué, représente toute la congrégation, fait Tes élections, prononce sur I admission des sœurs à la profession, et doit être consulté quand il s'agit de dépenses extraordinaires.

Les sœurs doivent être disposées à aller partout où l'obéissance les appelle, sou pour se dévouer à l'éducation des jeunes filles, soit pour vaquer au soulagement des pauvres et des malades.

Elles se consacrent à Dieu par les vœux de pauvreté, de chasteté, d'obéissance, et par le vœu spécial de se dévouer à l'instruction des jeunes filles et au service des malades pauvres. Elles émettent ces vœox pour cinq ans.

La profession est précédée d'un noviciat de trois ans. Les novices passent leur première année de probation en habit séculier. Si, apiès celle première année, elles paraissent avoir do l'aptitude pour la vie religieuse et les emplois de la congrégation, elles sont admises à prendre le saint babil.

Comme les sœurs, pour remplir avec dévouement leurs emplois auprès des enfants et des malades, ont besoin de réchauffer leur zèle dans la pratique de l'oraison, la règle leur prcsciil de faire chaque jour une heure d'oraison ou de lecture spirituelle; d'entendre la sainte Messe, de faire l'examen particulier et l'examen général, de réciter lo petit Office de la sainte Vierge et le chapelet.

ta robe que portent ÎC* StiJur? est ùe wdLe noire; elle monte à deux doigts du cou, descend à un pouce de terre, par devant, à un demi pouce par derrière. La taille e<t moyenne, et les manches ont dix-neuf pouce sde largeur.

Leur mouchoir de cou est en calicot blaoc de trois quarts et demi carrés.

Chaque sœur porte au cou un crucifix en os blanc, de deux ponces et demi de long; et la supérieure un de trois pouces arec telle inscription : Supérieure générale.

Elles ont toutes, pendant au côté dro;». un chapelet à gros grains, avec une croit Je quatre pouces.

Leurs bonnets >ont en percale, garais de mousseline épaisse.

L'habit «le toutes les sœurs doit être uniforme pour la couleur et la qualité tle l'étoile.

La congrégation compte aujourd'hui \*** de six cents sœurs, réparties en ccr.t vingt établissements, soit écoles, soit lntyitaus. bureaux de bienfaisance, ouvroirs, salit* d'asile, pensionnats. Elle va de jour en jour

DES OKDIIES RELIGIEUX.

prenant do raccroisseruent, et tout annonce qu'elle est destinée è porter d'heureux fruits dans l'Eglise , si elle conserve l'esprit tlflumilité, de zèle et de dévouement que *on pieux fondateur lui a imprimé.

Le local actuel de ia maison chef-lieu est fort beau; il est situé à l'entrée du bourg de Buillé, et contient près de cinq hectares entourés d'un mur de trois a quatre mètres (l'élévation. Non loin du principal corps de Hument, occupé par les sœurs et les norires, se trouve un beau pensionnat où les tufants appartenant aux familles aisées du

S) s viennent recevoir le bienfait d'une uralion chrétienne.

On avait fait bâtir, en 1836, une chapelle qui paraissait devoir suffire aux besoins présents et futurs de la congrégation; mais la divine Providence ayant accru cette petite famille au delà de ses espérances, elle se trouve dans la nécessité de faire élever une église plus spacieuse : celte église, dans le *jfle gothique du xiii* siècle, est maintenant en construction.

La communauté de Ruiilé a donné naissance à celle de Sainle-Marie-des-Bois, dans lediotèse de Vincennes, en Amérique. (Initiant, Etats-Unis). Mgr de ia Hélandière étant venu, an 1839, à Kuillé, pria Mgr Bouvier et la su|>érieure générale de lui accorder qw ques sœurs pour former dans son diocèse ane communauté sur le modèle do celle de Ruillé. On lui donna trois sœurs professes ei trois novices, qui toutes brûlaient du dé- >ir ardent d'aller travailler à la gloire de Dieu sur cette terre étrangère.

Cette pieuse colonie eut d'abord bien des difficultés à vaincre ei des contradictions a es<u>er : ainsi, en 18i3, le feu fut mis, par malveillance, à leur établissement, qui fut |t>>que entièrement détruit. Aujourd'hui cette communauté so trouve dans un état i<ro*pèrc. Elle compte quatre-vingt-quatre »urs, dont soixante-cinq professes et dixneuf novices : elle a, dans le diocèse de Vincennes douze établissements où treize tenu enfants reçoivent le bienfait d'une éducation chrétienne. (1J

PROVIDENCE ( Congrégation des Filles de la ) établie à Char le tille.

Hotice sur la vie de Mme Morel, leur fondatrice.

La maison de la Providence date du 9 octobre 1079; elle a toujours été sous la 'l^pendance spéciale des archevêques de Reims, qui leur avaient donné leur approbation, ses constitutions, et ses règlements. Elle eut pour fin l'instruction gratuite des Jfttnes filles d'Arches et de Charleville sans distinction de pauvres etde riches. Elle avait •usai un pensionnat de jeunes demoiselles, qui recevaient une éducation plus soignée jusqu'à l'époque du concordat de 1803. Elle fol instituée par Mme Morel, qui, touchée des dangers que couraient les jeunes ûlies qui vivaient sans instruction religieuse, et qui fréquentaient les écoles des garçon*,

0) Toi. a la ûn du vol., n« 188, 191.

dota sa patrie de cet inappréciable héritage.

Jeanne Idelelte Morel, née à Charleville le 8 octobre 1649, eut pour père Claude Morel, vicomte de Morel, premier président du conseil souverain d'Arches etde Charleville, et pour mère Jeanne Guérin qui mourut a l'âge do 40 ans, après avoir mis au monde onze enfants. Jeanne, la plus jeune, fut d'abord contiéo à Mme de Salabery, sa sœur aînée, mais cette eufaitt donnant des signes évidents de son esprit précoce et de ses grandes dispositions pour la vertu, dont elle semblait avoir apporté le germe en naissant, en homme pieux, prudent et sage, son père la milen pension dans l'abbaye de Ju vigny, où étaient entrées deux de ses sœurs, Claire Eugénie et Suzanne de Morel, et elle devint bientôt uu modèle de vertu. Non-seulement elle répondait aux soins qu'on avait de son éducation, mais elle dépassait les espérances qu'on peut nourrir d'une enfant de son âge. La gaieté qu'elle conservait dans les exercices de piété la rendait aimable à ses compagnes, qu'elle édifiait par son ardent amour pour Dieu.

Ses heureuses et précieuses dispositions firent devancer pour elle l'époque de la première communion. Les fruits qu'elle en relira, les progrès qu'elle faisait dans la vertu auraient fait désirer aux religieuses de l'attacher à la communauté, mais Jeanne avait d'autres vues. Après l'avoir laissée quelque temps s'affermir dans la piété, M. de Morel la fit venir a Sédan, où il était alors intendant des frontières de Champagne et lieutenant général du bailliagedecette ville. Elleeutle malheur de le perdre en 1665, lorsqu'ayantcé<ié sa haute position à son fils, il s'était retiré du monde pour ne s'occuper que de son éternité.

Retirée b Charleville auprès de la comtesse de Salabery, ta sœur, Jeanne consacrait tout son temps aux bonnes œuvres ; elle recherchait les pauvres et il y en eut peu qui purent échapper à son active charité ; elle ne faisait que marcher sur les traces de sa sœur ; elle était aussi puissamment secondée par sa cousine Marin Petit. C'est alors qu'elle forma le projet d'un établissement où elle réunirait un grand nombre de jeunes personnes pour leur donner les secours dont elles auraient besoin, leur a;>prendre à travailler, les instruire des vérités et des devoirs du christianisme, afin de leur donner les moyens de se sanctifier dans le monde et d'échapperaux dangers qu'y court leur innocence. Elle crut devoir communiquer son dessein b sa cousine dans laquelle elle reconnaissait les,talents et les qualités nécessaires pour le succès de celte œuvre. Elles entrevirent beaucoup d'obstacles h son exécution, soi tde la partde leur fnojille,soit de la part du monde, maiselles mirent toute leur confiance dans la Providence. En vain la comtesse sa sœur pour la détourner de son projet et la disposer h contracter une union brillante , la décida-l-elle à aller è Paris auprès de son frère, conseiller d'Etat, en vain celui-ci s'efforca-t-il, pendant dix-huit mois, de lui procurer toutes les distractions propres a changer ses intentions, et lui faire

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oublier ses projets, avec sen e«prit pénétrant, Jeanne avait saisi le i»ut que sa famille se proposait; elle ne parut pas cependant l'avoir soupçonné; le séjour de la capitale, au contraire, ne fit que la confirmer dans ses premiers sentiments. A son retour à Charleville, ayant atteint l'âge de majorité, on procéda "au [tartane; la maison paternelle avant fait partie de son lot, elle regarda cet événement comme une preuve de la volonté de Dieu qui lui donnait les moyens de former l'établissement projeté et de réunir les orphelines dans le même lieu.

Quand son dessein fut bien connu, il n'est sorte de difficultés qu'on n'apportât à son exécution. Pour ménager la résistance qu'elle s'attendait à rencontrer dans la famille; elle mit d'abord sa cousine à la tête de sa petite communauté , dont elle était elle-même l'âme, elle la dirigeait dans ses pratiques et dans ses travaux |»ar sa présence, ses soins et ses exemples, ruais quand elle fut décidée à rompre entièrement avec le monde, à se séparer de sa sœur, à se mettre à la lete des jeunes personnes qu'elle avait réunies, qu'elle voulut se revêtir de l'habit humble et pauvre qui allait devenir le costume de celte congrégation naissante, qu'elle eut à soutenir les plus terribles luttes, à supporter les amers reproches de la part de ses parents, de ses amis et du monde; il lui fallut déployer tout ce que la foi et le désir de suivre s'a vocation lui inspiraient d'énergie pour ne pas se laisser ébranler dans sa résolution. Longtemps on essaya «le tous h s moyens, on usa de tous les stratagèmes pour lui faire abandonner son entreprise, jusqu'à ce qu'enfin on fut convaincu qu'elle remplissait une mission que le ciel lui avait confiée. Les fruits abondants que les orphelines reliraient de leur séiour dans celle maison ; le changement qu on observait dans toutes celles qui en sortaient, leur solido piété, leur instruction, ne laissaient plus de doutes sur les vues de la Providence.

Mme de Morel s'appliquait surtout à former ses orphelines a la vertu, au travail, à l'amour de l'ordre, et à leur faire acquérir toutes les qualités de leur sexe. Dès l'année 1683, une autre de ses cousines et une demoiselle remplies de talents, et du vif désir de se vouer à cette œuvre, venaient joindre leurs efforts à ceux de la fondatrice.

Sur ces entrefaites M. Rogicr, chanoine théologal de Ile i rus, vint visiter la communauté des orphelines à Charlcville. Souvent il avait eu à gémir des graves inconvénient* qui résultaient du mélange des enfants des deux sexes dans une même école, partout où ce déplorable usage existait. Il pouvait juger du eh.mgemeiit heureux et des avantages précieux que la jeunesse relirait de la communauté de l'Enfant- Jésus , qu'avait éliblic M. Nicolas Koubaud, son prédécesseur, et dont le bienfait s'était bientôt répandu dans toutes les campagnes , et no pouvait qu'être frappé des bénédictions

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