PRO U
que Dieu répandait sur les écol*»5 rov les garçons , qu'avait formées le vérién ble Baptiste de la Salle depuis 1679. E1>é du bon esprit qui animait la communau des orphelines, touché du zèle qui embn sait celles qui étaient vouées à cette bonr œuvre, et surtout la fondatrice, il corni* quel bien immense produirait la créai io d'écoles gratuites exclusivement destinée aux filles. Il ne lui fut |>as difficile de con vaincre Mme de More! des fruits abondant qu'elles produiraient à Charleville, si etl voulait donner cette extension à son œurr et contribuer ainsi à sanctifier les jeuot personnes, en les éloignant des danger auxquels elles étaient exposées dans leur, plus tendres années. La fondatrice mu obtenu le consentement des associées e les magistrats de la ville étant disposés ; seconder ce projet, dont on se promenai un si grand bien, M. Rogier, accompagné d quelques prêtres de la congrégation d Saint-Lazare, vint faire l'ouverture de ce écoles en 1686. Elle eut lieu avec beaucouj d'édification; on fit défendre aux maître laïques, de recevoir des tilles dans les école do garçons. Bientôt une demoiselle de dis tinction do la famille de Beurnonville no, se dévouer è l'œuvre de l'éducation de li jeunesse et augmenter la petite communauté. Dès Je début, l'établissement des éco les gratuites inspira la plusgranJe confiance et excita une joie générale chez les }«reots. Une reunion des dames des premières familles réunissaient leurs etrorls pour les favoriser. La nomination de M. Jacques Duc à la cure de Charleville, contribua aussi à la réussite des écoles gratuites. Son zèle ardent, son discernement, sa prudence aidèrent puissamment Mme de Morel dans l'œuvre difficile qu'elle avait embrassée.
Noire fondatrice se multipliait |>ar son activité, sa sollicitude et sa charité, hrû .ml du désir de sanctifier celte nombreuse et intéressante jeunesse qui lui était confiée. Elle allait partout, rien n'échappait à sa surveillance. Elle se faisait rendre compte <le tout; elle visitait les classes; elle assistait aux leçons et aux instructions des mattresses, et les encourageait, et elle témoignait le plus vif intérêt, la plus touchante tendresse aux enfants. Elle veillait surtout à leur instruction religieuse. Le public remarquait, et admirait la piété, la modestie, la retenue, qui distinguaient les jeunes fille» qui fréquentaient les écoles gratuites, et elles avaient aussi beaucoup plus d instruction. C'est pourquoi Mme de Morel, et Jf./e curé de Charleville, crurent devoir solliciter l'approbation, pour cette communauté de 1» Providence, de Mgr l'archeiêque de Rcitui. Sa Grandeur vint s'assurer, par elle-même, du bien que produisaient les établissement» des ornhelines et des écoles gratuites. Le titre d érection leur fut accordé le 29 se^ tembre 169i, et M. Rolland, vicaire générai de l'archevêché de Reims , fut chargé de dresser les Constitutions. Cette mesure aurait l'avenir de ces écoles.
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DES ORDRES RELIGIEUX. TR1
H ne manquait plus rien à rette communauté pour opérer le bien qu'elle était appelée à accomplir. La main Je la Providence n'avait pas cessé de la soutenir, de la conduire, de la protéger* de la faire prospérer. Les divers membres s'étaient dépooiHés de tous leurs biens; il ne leur resuu plus qu'a se consacrer à Dieu et à leurre des écoles gratuites par des vœux irrévocables. C'est ce qui eut lieu le 17 et le 18 octobre 1094 entre les mains de M. Rol- Urt-t, nommé premier supérieur, après qu'on m fût préparé à ce grand acte par une retraite de nuit jours. Toute la ville vint as- Miter a cette imposante cérémonie. Chacun en sortit attendri, et plein de reconnaissance pour cette fille héroïque. Toutes les maisons retentissaient des louanges et des bénédictions qu'on lui prodiguait, ainsi qu'à ses compagnes. On les vil toutes se présenter avec empressement et avec courage pour ' immoler à Dieu par les vœux de cnastt lé, d'obéissance, de stabilité, et d'enseigner la jeunesse le reste de ses jours. Il n'y avait personne qui n'admirât les merveilles de la Providence dans ce nouvel établissement qoe Dieu avait pris sous sa protection, et qui allait contribuer, plus que jamais, à procurer sa gloire, et à faire jouir la jeunesse des bienfaits de la religion. Mme de More! rut la satisfaction de recevoir nombre de personnes qui demandèrent à suivre la même règle, et à se consacrer à l'éducation chrétienne de la jeunesse. Elle avait grandement a cœur de laisser h sa communauté ooe chapelle où on pût célébrer les offices divins, et avoir la consolation de jouir do la préseuce de Notre -Seigneur Jésus -Christ. Depuis son berceau, les membres qui la composaient avaient été obligés de fréquente les offices de 1 1 paroisse. La fondatrice vint à bout de ses souhaits. La pros|>érilé de a congrégation lui donnait beaucoup de consolatious. Sa santé semblait lui promettre encore de longues années de vie, uand une maladie subite vint l'enlever à affection de sa communauté. Elle rendit pires à Dieu, qui n'avait cessé de bénir [œuvre qu'il lui avait inspirée; elle consola >« chères enfants, leur donna les avis les plus salutaires} elle demanda elle-même les derniers sacrements, elle récita les "prières de» agonisants, et rendit tranquillement son Joie à son Créateur le 13 septembre 1699.
Une confiance san? bornes en la Providence, la reconnaissance la plus vive pour *s bienfaits, un zèle infatigable a rechercher la gloire de Dieu, procurer le salut des imes et la sanctification de la jeunesse, une charitable et inépuisable bonté, furent les vertus qui brillèrent dans la vie de Mme de Morel, et qui lui firent fouler aux P'eds les espérances, les séductions du ttionde, qui la rendirent sourde aux plaintes de la nature, qui la tirent résister à tous les assauts qui lui furent livrés, et qui la firent te vouer à tant d'actes d'humilité, de mortification, d'abnégation. Elle ne cessa de recommander la pratique de ces vertus a ses
sœurs. Dès sa tendre jeunesse, eue avait senti naître dans son cœur le désir ardent d'étendre l'empire de Jésus-Christ, de s'opposer aux ravages du péché. Elle gémissait de ne pouvoir faire tout le bien qu'elle désirait, de ne pouvoir empêcher tout le mal qu'elle déplorait. Embrasée d'un feu divin, elle était toujours prête a entreprendre ce qui pouvait tourner à la gloiro de la religion , et au bonheur de ses frères : c'était comme un nouveau Phinée, dont le zèle ne s'allumait que parce que la loi de Dieu était violée. Comme saint Paul, elle se rend faible avec les faibles. Si la grâce de la vocation ne la porta pas aux actions d'éclat, qui ne sont réservées qu'aux hommes apostoliques, elle travailla avec toute l'ardeur dont elle était capable au salut d'une infinité de personnes qui se trouveraient perdues sans elle.
Sa famille, qui, pendant longtemps, n'avait cessé de mettre des entraves à ses projets , dans l'espoir de l'y faire renoncer, s'appliqua, après sa mort, à en favoriser le développement. La volonté de Dieu, qui s'était visiblement manifestée, par une suite d'événements providentiels, l'avait convaincue que leur parente avait été choisie de Dieu pour être l'instrument de ses miséricorJes. Elle ne recula pas devant les sacrifices, pour donner a son Œuvre plus d'extension , en pourvoyant aux dépenses qu'elle nécessitait.
Les écoles gratuites et les pensions où on donnait une éducation plus soignée aux demoiselles fortunées se soutinrent dans un état prospère jusqu'à la révolution. Dès les premières opérations de l'assemblée nationale, en 1789, on entrevit l'orage qui menaçait cette communauté. Le 13 novembre 1790 une dépulation de la municipalité se présenta pour lui apprendre qu'elle était déliée de ses engagement?, que d'après les décrets de rassemblée nationale, libres de leurs vœux, tous les membres qui la composaient pouvaient quitter la maison et rentrer dans le monde. Toutes répondirent à l'unanimité que leur résolution bien arrêtée était de rester religieuses. Il leur devenait cependant tous les jours plus difficile de remplir leurs fonction*d'instilutrices catholiques. Le schisraes'établissait,MousieurPoulet, doyen de Charleville, était remplacé par un intrus dont le peuple recherchait les bonnes gréces, et les Catholiques étaient exposés a toutes sortes de tracasseries. Le 6 du mois de mai 1791, à l'occasion d'une procession dite du prince, il y eut une émeute populaire contre cette maison, a cause du refus que fit la communauté de recevoir avec honneur, selon l'usage antique,cetle procession. Elles se contentèrent de laisser la porte de l'Eglise ouverte el la lampe allumée pour ne pas paratt redonner leuradhésionauschisme. 11 n en fallut pas davantage à la partie de la population qui suivait l'intrus pour se livrer à toutes sortes d'excès. Ils brisent, arrachent la grille du chœur, les fenêtres, ils entrent avec fureur, pénètrent jusque dans l'intérieur du monastère, et Dieu sait
quelles Auraient été les suites funestes do Peur rage si un homme dévoué et courageux ne fût parvenu à les arrêter cl à les calmer. Après une scène si scandaleuse, et qui retentit au loin, les parents des élèves vinrent successivement retirer leurs enfants.
On se pressait alors de mettre a exécution le décret oui ordonnait la confiscation et la vente des biens ecclésiastiques; les services que celle communauté, comme tant d'autres, rendait au public, ni aucune considération ne furent capables d'adoucir celle inique mesure. Le gouvernement s'empara de tous les biens, soit ceux provenant des dots dos sœurs comme ceux qui étaient le produit de leurs économies, tout fui vendu et conûsqué, et on fit l'inventaire du mobilier de la maison et de la sacristie.
On continua cependant l'œuvre des écoles gratuites externes pour les jeunes tilles de la ville. Mais bientôt la communauté fut roquise par l'autorité civile de prêter, comme corps enseignant serment,de fidélité à la constitution civile du clergé constitution coudamnée par Pie VI comme schismatique, hérétique et impie. Elle refusa unanimement et avec indignation ce serment, et dès ce jour les révolutionnaires cherchèrent à confier les classes a des institutrices de leur parti mais n'en ayant point trouvé, ils furent contraints de les laisser entre ses mains. On ne saurait décrire ce qu'elle eut h souffrir pendant les sept ou huit mois qu'elle mutin ua son œii vre j u sq u'a u moment de son exil.
Ce fut le 22 mars 1792 que le peuple ameuté, et armé do pavés, de haches et d'autres instruments de destruction, fondit sur la maison, s'ouvrit un passage, pénétra jusque dans l'intérieur de la communauté; alors arrivent les magistrats de la ville, qui, reconnaissant leur impuissance à contenir celte lie du peuple, uniment à la communauté l'ordre de sortirde la maison. Mme Jac quemart, la supérieure, prie alors M. le maire de lui donner cet ordre par écrit pour avoir une preuve authentique qu'elles n'abandonnaient pas volontairement la maison ni l'œuvre rie l'enseignement, rnnis qu'elles céda^nt à la force; cet ordre signé du maire et de plusieurs autres olliciers, fut remis a Mme la supérieure. Abîmées dans la plus profonde douleur, toutes les religieuses s'arrachèrent à ce saint asile, et se dirigèrent vers des parents et des amis qui voulaient bien les recueillir.
La communauté avait prévu la mesure extrême qu'on venait de prendre contre ello et avait décidé que ses membres resteraient toujours réunis, et qu'elles iraient s'établir à l'étranger. C'est pourquoi elles partirent bientôt pour la Belgique; elles étaient au nombre de dix-huit, y compris quatre sœurs converses. La première station lut Chimav ; de là elles se rendirent à Bruxelles, mais elles en furent chassées ainsi que tous les émigrés français par l'armée que commandait le générai Dumouriez. La Hollande seule s'offrait à leurs regards, mais tous leurs compatriotes prenaient la même Uirec-
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tion et il ne leur restait pour traverser l'Escaut qu'un tout petit canot sur lequel ellts lurent obligées de chercher leur salut me plusieurs autres personnes entassées les unes *ur les autres; ce ne fut qu'après trois jour* de navigation qu'elles purent arriver à Rotterdam où elles furent accueillies avec tous jes égards imaginables, non-seulement par les Catholiques, mais encore par des protestants et des Juifs. Pendant seize mois, elles ressentirent les effets d'une généreuse hospitalité. Des amis dévoués voulant leur procurer un établissement pour rendre leur existence moins précaire et leur fournir le moyen île faire du bien, elles revinrent en Belgique, où elles ouvrirent une maison qui fut bientôt fréquentée par un granl nombre d'élèves; mais hélas, cette prospérité ne fut qu'éphémère. Les bruits le> plus sinistres répandaient partout l'alarme, on fait le siège de Charleruy ; le par; allait ctreenvahi dans peu de jours, il leur fallut prendre de nouveau la fuite, après avoir renvoyé les élèves et fermé leurs classes, sans savoir où trouver un asile. La Providence qui opéra tant de prodiges visibles dans ces jours de calamité en faveur de tan: de martyrs de la persécution, dirigea leurs pas vers le Hliin et après plusieurs stations elles s'établirent à Esscn,*en Westphalie, où elles vécurent de la churité et du fruit de 'eurs travaux pendant huit ans.
Mgr de Périgord, archevêque de Reims, avait chargé M. Bausson, curé de Beverov, des soins de cette communauté; il s'aoqoUU jusqu'il la fin de celle mission avec beaucoup de dévouement. Ce fut pendant leur séjour à Essen, qu'en 1802, les principaux habitant' de Cliarleville adressaient à Mme la supérieure une invitation pressante de venir reprendre l'enseignement public dans lenr ancienne maison. C'était depuis dix ans, !■ bonheur après lequel cette sainte coujuidnaulé soupirail, et pour lequel tous se* membres avaient enduré les souffrants de la persécution et de l'exil. Pour répart: leur maison délabrée, tous les ouvriers concoururent à crédit avec un zèle et un tlevouement qui ne se ralentirent pas, ce qui permit à la communauté de rouvrir leurs classes le 4 août de la même année, t&ui La digne supérieure qui l'avait conduite en pays étrangers avait alors quatre vingb atb.
Le pensionnat, qui ne se c.ora|K>sa tool d'abord que de six élèves venues de Beki* que avec les religieuses, prit un telaccn»*semenl qu'en peu de mois il en coa^ntn plus de soixante; il ne cessa de prosférpr. de manière qu'en 1807. lors de la première visite de Mgr Jauffrcl, é\êquede Meti, sous la juridiction duquel se trouvait Charlir.lle, l'établissement était des plus florissants. C« religieuses reprirent aussi avec zèle leurs, premières fonctions, elles s'occupèrent atec Iruit de l'œuvre des écoles gratuite» qui était le but principal qu'ellos s étaient tcuiours proposé.
Pour obéir è l'évoque de Metz, lîont ct:'e
MCTIONNAUIE
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DES ORDRES RELIGIEUX
IMIO
dépeodii encore quelque temps, les religieuses de la Providence durent changer de nom et prendre celui de sœurs de Sainte- Sopbie, recevoir d'autres constitutions et un autre costume; Sa Grandeur appela riihua î Metz quelques - unes d'elles pour t fonder une maison. Il en fonda aussi dans le Luiembourg, qui dépendait également de I erêché de Metz. Mais après la déchéance de Bonaparte le gouvernement de Guillaume, roi des Pars-Bas, ne voulut pas les reconnaître comme appartenant a une congrégation religieuse, et leur défendit de recevoir des norices et même de porter l'habit religieux. Cet établissement ne put se soutenir par défont de sujets; la supérieure, qui avait été mise à la tête de cette maison, mourut pleine de mérites et de vertus.
Après la mort de Mgr Jauffret, en 1823, >m religieuses de Sainte-Sophie de Metz, sollicitèrent la faveur d'être réunies à l'ordre du ^cré-Cœur,dont la maison mère est à Paris.
La maison de Charleville restait la seule que possédât la Providence. La mesure qu'avait prise Mgr de Metz en substituant au litre de la Providence celui de Sainte- Sophie avait diminué le nombre des sujets, ce qui détermina les religieuses de Charletille à suivre l'exemple des sœurs de Sainte- Sophie de Metz, et à demander d'entrer au Sacré-Cœur, ce qui eut lieu en 1834, après avoir rempli Les lormalités requises auprès des supérieurs ecclésiastiques et des autorité civiles.
Mme la supérieure générale du Sacré- Cœur envoya quelques religieuses à Charteville pour établir cette maison selon les Constitutions et les Règles de la société du Sacré-Cœur; elles prirent l'habit de l'ordre, frent leurs vœux après avoir terminé leur wvicial.Ce fut Mgr I évêque de Numidie, administrateur du diocèse de Reims pour Son Em. le cardinal Taleyrand de Périgord, qui reçui leurs vœux. Celte maison subsiste toujours sous le nom de Sacré-Cœur.
Quelques-unes des religieuses qui avaient émigré ont existé encore longtemps; une >eule, Mme Justine de Gerlachc, a survécu i ses sœurs et n'a jamais quitté la maison de Charleville. Elle y avait été d'abord pensionnaire avant la révolution de 93, elle devint eusuite novice ; elle voulut suivre ces daaes en émigration où elle partagea leurs wuffrances et leurs travaux. Jeune, courageuse, vouée à sa vocation, elle leur fut très-utile à une époque où elles étaient obligées de travailler pour vivre. De retour en France, elle ût profession. Comme ce Marnes étaient peu nombreuses, Mme de Ger tache se trouva surchargée d'occupations; elle fut ensuite, pendant quinze ans, supérieure de cette maison et succéda a Mme Collardeau, femme de mérite, qui avait exercé ces fonctions pendant les treize ans d'exil
(t) On la porte tous les dimanches à la chapelle pour entendre la sainte Messe, et tous les jour» de l-i semaine pour aller faire une dévotion au Sainttacrement. Toutes les religieuses ont pour elle un NI attachement; malgré ses intirmilés et tes souf- Dicnosj». des Ordres relig. IV.
et jusqu'alors. C'était une femme ue grand caractère, d'éminonte vertu et do rare discernement; elle était sœur de M. Jacquemart, grand vicaire de Reims. Mme de Ger lâche est figée de quatre-vingt-cinq ans; quoique accablée d'iuûrmités, elle est un sujet d'édification pour toute la communauté (t). Mme Zonard avait été maîtresse des novices depuis leur retour en France; elle eut un grand amour pour la vie intérieure et cachée; elle vivait dans une union parfaite avec Dieu. Elle conserva au moins pendant sept à huit ans la présence habituelle avec Dieu dont rien ne pouvait la distraire. On distinguait encore plusieurs autres religieuses aéminente vertu, qui avaient fait partie de la Providence de Charleville :tellesque Mme Poullans, morte il y a huit ans; Mme d'Eserlange, religieuse d'un grand mérite.
Les religieuses de la Providence ne faisaient pas le vœu de pauvreté et n'observaient pas la clôture; elfes pouvaient disposer de leurs biens; elles pouvaient sortir avec la permission de la supérieure, et cependant jamais le moindre abus ne se glissa dans cette édifiante communauté. Pondant le temps de l'émigration elles étaient au nombre do dix-neuf; elles eurent le bonheur do ne perdre que doux sujets, malgré les privations et les fatigues de ce dur et long exil. (2)
PROVIDENCE (Congrégation des religieuses de la) , (i lu Pommeraye ( Maineet-Loire ),
L'existence de la congrégation de la Providence, établie à la Pommeraye, département de Maine-et-Loire, arrondissement de Beaupréau, remonte à l'année 1811. Ce fut la tille d'un pauvre tailleur de»cette commune, appelée Marie Moreau, qui en fut le premier membre. Elle éleva une école dans celte localité, et bientôt, désireuse de mener une vie commune, elle s'adjoignit quelque* compagnes. Elle prit le nom de sœur Marie- Joseph, voulant se mettre, elle et ses sœurs, sous la protection spéciale de la Mère deDieu et de celui qui veilla sur l'enfance de Jésus.
Mgr Montault, évêque d'Angers, faisant une visite épiscopale, le 20 juin 1816, vit l'établissement naissant de la Providence, et permit qu'on y suivit , pour la conduite spirituelle et les vœux, la Règle du tiers ordre de Notre-Dame du mont Carmel. En 1823, M. l'abbé Grimault, curé de la Pommeraye, et nommé supérieur des religieuses, y ajouta un Règlement supplémentaire qui 'détermina d'une manière plus précise le but de l'œuvre, et fixa l'ordre des exercices de la journée. On y dit simplement que les sœurs se livreront a l'instruction des enfant» et au soulagement des pauvres malades. Ce règlement fut approuvé et signé par M.
frauces, elle conserve un caractère aimable qui lui attire le respect et I affection de toutes ses sœurs. Sa mémoire heureuse lui a permis «le donner uu<j partie des détails de celte notice.
I?) Voy. à la fin du vol., n° 102.
fICS PRO D1CTI01
Montaient, vicaire général du diocèse, au nom de Mgr l'évêque d'Angers.
En 1829, la maison qui ne comptait encore
Î[ue vingt-deux membres et deux obédiences ut confiée à un nouveau supérieur, M. l'abbé Ruais, qui la conduit aujourd'hui. Mgr Monlault,de sainte mémoire, portait , dès lors, un intérêt tout particulier à cette congélation naissante. En la confiant au nouveau supérieur, il lui disait : Vous trouverez là une petito congrégation que je vous recommande d'une manière toute spéciale, et il ajouta : Si je ne me trompe, les filles qui la composent sont appelées à rendre de grands services. La prédiction s'est déjà, en partie accomplie, car, outre la maison mère, la congrégation compte soixantetrois établissements dans cinq départements différents.
Comme les constitutions des tierçaises étaient insuffisantes, et peu en rapport avec le but de l'Œuvre, le supérieur s'occupa sérieusement de leur en donner de nouvelles. Chaque année, aux retraites générales, il exposait aux sœurs leurs besoins, leurs devoirs, et, en commun, on déterminait certaines règles de conduite qui devenaient dès lors obligatoires, et devinrent, plus tard, la base des Constitutions el Règlos de la congrégation. C'est ce qui fut fait en 1845 où ces Statuts et Règles éparses furent recueillis et présentés à Mgr Angebault, évôque d'Angers, juge si compétent en cette matière, qui daigna les approuver ; enfin, un décret impérial, en date du 25 mars 1852, a légalement reconnu ces dits Statuts et Règles. En voici les dispositions principales :
Les religieuses sont sous l'autorité immédiate de Mgr l'évêque d'Angers. Elles se divisent en deux classes : 1* les sœurs de chœur; S* les sœurs converses employées aux gros travaux dans la maison mère. Le gouvernement de la congrégation se compose :
1» Du supérieur; 2* du conseil général ;3* delà supérieuregénérale;4'du conseil particulier.
Le conseil générai représente la congrégation tout entière et on soutient les droits. Il se compose t l'de la supérieure générale; 2" du conseil particulier et de dix membres choisis parmi les religieuses ayant fait des vœux. Il décide en dernier ressort è la plu ralité des suffrages; il fait aussi les élections.
Les religieuses sont vouées à l'instruction des enfants dans des écoles d'externes, des pensionnats , des asiles, des ouvroirs (elles ont même des écoles mixtes où entrent des petits garçons jusqu'à l'âge de douze ans), et au soulagement des pauvres et des malades, soit à domicile; ecu dans des hospices ou orphelinats, scit par la tenue de pharmacies gratuites. (1)
PROVIDENCE ( Congrégation des Soeurs db la ), à Nantes.
D'après l'opinion de M. l'abbé Tresvaux , auteur de VHiftoired* Y Eglise de Bretagne, les Sœurs de la Providence de Nantes étaientoriainairement de la communauté instituée à Namur par Jeanne de la Noue, et qui des-
(1) Vogf. à la fin du vol., n° 193.
<A1HE PRO nu
servait l'Hôtel Dieu et le Sanitat a Nantes. En 1774, Mgr de La Mazenchère, évoque <ie Nantes, leur confia la maison des Incurable*, qui venait d'être fondée. Les sœurs furent très - maltraitées au commencement de la révolution, à cause de leur attachement}! la foi ; elles continuent à desservir l'hospice des Incurables. (2J
PROVIDENCE ( Congregatio* ras Soeru de la ), maison mère à Portieux, dioctii de Saint- Dié ( Vosges ).
Le zèle d'un saint prêtre jeta les fondements d'une congrégation de pieuses filles qui se consacrent et se dévouent a l'instruction des enfants, et qui prodiguent aui malades les soins qu'une charité ingénieuse leur inspire. Ce fut M. More, d'abord vicaire de Saint-Victor, à Metz; puis de plusieurs autres paroisses ; ensuite vicaire apostolique , qui fut le fondateur de cette congrégation, dite des Sœurs de la Providence, destinées à aller dans les campagnes et dans les hameaux les plus abandonnés, pour instruire les enfants, et tous ceux qui vivaient dans l'ignorance de leurs devoirs, sans autres ressources que celles de la Providence qui ne manque jamais a ceux oui mettent leur confiance en elle.
Après huit ans de réflexions, il communiqua son projet à M. Berlin alors vicaire général du diocèse; il fut approuvé par Mgr quoiqu'il entrevit beaucoup de difficulté*. Parmi ceux qui connurent d'abord ce dessein, les uns le taxaient de témérité, les autres de folie; ces opinions diverses et le blâme dont il fut l'objet ne découragèrent pas le fondateur, persuadé que s'il était l'œuvre de Dieu, il trouverait mi'la moyens d'en assurer le succès. Plein de cette confiance, il envoya deux de ces filles de Charité dans deux paroisses à une petite distance de Metz, leur disant: « Je tous envoie comme Notre-Seigneur Jésus-Chrot a envoyé ses apôtres, je vous exhorte a mettre votre confiance en Dieu; alandoonez-vous entièrement à la Providence. • Quoique les mains vides; elles se rendirent à leur destination. Tous ceux qui furent instruits de leur départ blâmèrent haute ment cette démarche. Comment vivrontelles? disaient les uns? elles mourront de faim. Elles reviendront, disaient les autres. M. Moye comptait sur un plein succès, parce qu'il espérait tout secours du Ciel; il conjurait tous ceux qui étaient instruits des» projets de prier la divine Providence d'éloi-
f;ncr, de surmonter tous les obstacles ««• a malice des hommes ou des démons leurrait susciter pour en arrêter le succès;» Dieu ne bâtit lui-mémo la maison, d^ait* il, c'est en vain que travaillent ceux qui «efforcent de la construire. Dans les œuvres de Dieu on commence par les humiliations M les contradictions; c est par ces dores épreuves que Dieu se plaît à fairo jasser ceoi qu'il prépare pour de grandes œuvres. U* premières sœurs rencontrèrent presque par* tout de l'opposition et de rindiffereiice,i»J*
(î) Voy. a la fin du vol., 194. !».
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I>ES ORDRES RELIGIEUX
!eor zèle, qui ne se ralentit jamais, leur fit raincre tous les obstacles ; c'est ce qu'on put remarquer dans uno circonstance qui sem- ■]»H rainer toutes leurs espérances, quoique ncow au berceau. Cette institution excita •llemeut les murmures que Mgr l'évêque •al devoir défendre sa pro|»agatioii ; il auirisa seulement celles qui existaient déjè a ^Diluer leur œuvre. Cette mesure trouva (. Moye résigné , mais il éprouva une peine ifioie s cause des avantages spirituels qu'il promettait de ces établissements; il eût é moins affligé, si on l'eût dépouillé de tous ■s biens, s'il eût perdu la santé et la vie. nome il le disait lui-même, ce sacrifice i coûta beaucoup, mais après avuir fait •s actes généreux de renoncement avec Grâce, il parvint a rétablir le calme dans o cœur, et quoiqu'on apparence il n'existât -ton rayon d'espérance, persuadé que Dieu mande quelquefois le sacrifice Je notre louté et des desseins qu'il nous a ins- ^fe, il le renouvela devant un autel de la «rge, et il remit entre ses mains et celles l'Eiilant-Jésus l'avenir de son projet. 11 mpressa de donner celte triste nouvelle à tamis et à celles de ces pieuses filles qui neot remplies d'ardeur pour l'établissent de ces écoles, aflu de les engager è se jmellroaux ordres de l'autorité ecclésiasoe; l une d'elles, Mlle Fresne, lui réélit : « Mon Père, ce n'est qu'une épreuve. ■ de ses amis, M. Jouai, lui dit : « Les ars qui restent sont des pierres d'attle. »
Les consolations que M. Moye goûtait è la He des sentiments d'abnégation dont il était pénétré, augmentèrent en entendant s paroles; il eut aussi le pressentiment je ses espérances se réaliseraient pour se «tifier dans sa résignation : il rappela ce a dit sainte Thérèse de la manière admible arec laquelle ses fondations s'élabli- Dl, non-seulement sans secours humains, ais souvent malgré toutes sortes de convictions de la part des hommes; comfol, dans les difficultés qui se présentent, on s'apercevait que peu h peu, et ittlqaefbis dans un moment, tous les obsèdes s'évanouissaient ; comment ces étatissements, dans les circonstances où on y attendait le moins, et souvent quand les loses paraissaient désespérées, la Province faisait naître des ressources auxqucl- *s personne ne s'était attendu. C'est ce oui rrive dans les ouvrages de Dieu; il les fait éussir par les voies qu'il trouve les plus ropres À ses desseins; il les soutient par « inovens tout contraires à ceux de la prulence humaine, au lieu que les établissewnls qui ne sont fondés que sur des moyens omains , tombent souvent par l'endroit uéme où ils paraissaient les mieux affermis. Mgr l'évêque de Metz se relâcha de sa dé- *nse; il permit d'abord d'établir une de ces Mes à Foi igny, puis il favorisa lui-même «lté institution, en invitant MM. les curés tous les synodes a former de ces écoles dans '«ors paroisses. Après avoir rencontré beau-
coup de contradictions dans son établissement en général, cette institution en éproti. va encore davantage dans l'application; près, que partout où l'on formait des écoles, le\ sœurs subissaient de profondes humiliationsles établissements soulevaient des oppositions et suscitaient des ennemis. Quelquesunes de ces écoles ne durèrent que quelques années, d'autres que quelques mois ; mais rien ne rebuta l'homme de Dieu, et il fut puissamment secondé |>ar le zèle des saintes filles qui se dévouèrent à cette bonne œuvre. Il les soutenait, il augmentait leur ardeur par ses exemples et par ses conseils; il leur disait avec raison qu'une mission ne produit pas des fruits aussi solides, et ne laisse pas de traces plus profondes dans les cœurs, que les instructions qu'elles donneraient aux jeunes enfants et les sentiments qu'elles leur inspireraient, et qui ne s effaceraient jamais ae leurs cœurs. « Soyez disposées, » leur disait-il, « comme des missionnaires, à aller de village en village, de hameau en hameau, ainsi que faisait Noire- Seigneur, quand il était sur la terre. ■ Quelques-uns de ces établissements prospérèrent, et Dieu bénit les efforts des sœurs de la Providence; les enfants, et même les grandes personnes profitèrent et de leurs soins et des instructions que leur adressait leur fondateur.
M. Moye cependant n'était pas à bout des humiliations et des contradictions, mais il observa toujours que les hommes mémo dans leurs intrigues ne sont que les exécuteurs des desseins de Dieu, à 1 égard de ceux qui s'abandonnent sincèrement à la Providence et qui en suiveut les dispositions. Il fut tellement voué au mépris, à la calomnie.; les filles de la Providence rencontrèrent tant de difficultés et furent livrées à tant d'abjection que les parents mêmes de M. Moye lui en faisaient des reproches amers, parce qu'ils ne pouvaient supporter l'odieux qui rejaillissait sur sa famille. Sa confiance en Dieu augmentait en proportion des injustices du monde; si les hommes me rejettent, disaitil, j'espère que le Seigneur me recevra dans sa miséricorde. Le nombre des sœurs augmentait chaque jour, et comme il était important d'établir la discipline dans cette congrégation naissante, Dieu, pour seconder son zèle, suscita une femme forte, qui, avide de gagner des âmes à Notre-Seigneur Jesus- Christ, entra dans toutes les vues du saint prêtre et fut nommée supérieure générale. Mme Morel, avec laquelle il avait contracté è Dieuze une liaison toute spirituelle, l'aida puissamment; elle avait consacré A Dieu sa virginité; elle se livra avec ardeur a toutes sortes de bonnes œuvres ; elle commença plusieurs écoles, d'abord h Cutting, quelques années après a Condrexange, a Assenancourt, et ensuite dans les environs de Saint-Dié. Elle eut partout bien des contradictions, bien des humiliations à supporter, mais son zèle et son courage lui faisaient surmonter tous les obstacles; ses lions exemples répandaient partout la bonne
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odeur de Jésus Christ. A Condrexange, où l'évôquo lui avait permis d'aller, on sonna la cloche h son arrivée dans l'intention de réunir les habitants pour la chasser. Elle va se jeter aux pieds de M. le curé, lui demande la permission d'ouvrir une école et sa bénédiction. Quoique peu disposé en sa faveur, M. le curé ne put retenir ses larmes; son cœur fut si touché, si attendri qu'il pouvait à peine articuler les paroles qu'il lui adressait en lui donnant sa bénédiction. La sœur demeura et tit l'école.
La sœur Morel forma des sœurs qu'elle aidait et soutenait par ses exemples et ses discours; elle pourvoyait à tous leurs besoins spirituels et temporels, elle leur apprenait à pratiquer l'humilité et la mortification. Ses soins s'étendaient à tout. Elle plaçait les sœurs; elle exerçait sa charité envers les iudigents, elle les soulageait par tous les moyens; Dieu bénissait toutes ses entreprises; elle faisait beaucoup avec peu de chose ; elle était si sobre qu'elle vivait presque.de rien. Tello fut la première supérieure qui mourut en odeur de sainteté.
Après avoir exercé le saint ministère dans plusieurs autres paroisses, en qualité de viraire, M. Moye fut appelé à Saint-Dié, par Mgr Marcillc, alors évôque de Sion et grand prévôt du chapitre, à l'etTet de commencer son séminaire. C'est là qu'il fit la connaissance de M. Baulin, qui fut l'instrument dont ta Providence voulait se servir pour donner plus d'étendue à l'exécution de son projet, et ce fut M. Moye lui-même qui le lui annonça, ce qui fut vériOé par les événements. Cet abbé Baulin élait un pieux ecclésiastique qui ne respirait que la gloire de Dieu. Son âme était embrasée des feux de la plus ardente charité. L'œuvre de M. Moye lui parut si importante et si utile à la religion qu'il s'y dévoua tout entier. Sa fortune et son titre de chanoine lui donnaient assez de crédit pour protéger cette congrégation et pour lui donner beaucoup d'extension; il réunit tous ses efforts pour placer des sœurs dans les villages des Vosges. Cependant les humiliations et les contradictions ne manquèrent jamais d'entraver les commencements des divers établissements qu'ils formèrent ; mais persuadés que ces épreuves sont communes aux œuvres de Dieu, les difficultés ne faisaient qu'augmenter leur zèle et fournir desaliments à leur patience. Après un an environ de résidence à Saint-Dié, le saint fondateur se rendit à Paris, pour faire des missions, et il laissa entre les mains de M. Baulin le soin de son institution naissante. Il revint au printemps dans la Lorraine et il se livra pendant dix-huit mois aux mômes exercices dans grand nombre de paroisses où ses prédications et ses bons exemples produisirent les fruits les plus abondants. Ce fut pendant cet intervalle que l'œuvre de la Providence obtint le plus grand succès; plus de trente nouvelles localités virent se former des écoles où s'instruisait et se sanctifiait la jeunesse. MM. Moye et Baulin voyaient les bénédictions du Ciel se
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répandre sur ces écoles ; ils en remerciaient le Seigneur et il.< s'efforçaient de suivre les vues de la Providence qui les avait choisis pour ôlro ses instruments. M. Baulin se voyant appelé par elle à remplacer M. Move, quand il rut parti pour la Chine, il redouta de zèle et d'efforts; rien ne lui paraissait pénible; il allait lui-môme dans Tes villages, exhorter les habitants à profiter des aiaotages que procure une sœur. Ses paroles pleines d'onction passaient dans tous les cœurs, et jetaient les semences du bien que devait opérer la sœur qu'il installait.
Ces pieuses filles n'étaient encore répandues que dans les diocèses de Metz.ce Nancy et do Saint-Dié, mais bientôt les diocèses voisins voulurent en avoir et demandèrent avec instance à M. Baulin de leur m envoyer. Sous sa conduite, les sœurs se multiplièrent d'une manière étonnante; chaque année il établissait un grand nombre d'écoles qu'il visitait exactement. Cette congrégation fondée par M. Moye, sout» noe par MM. Jobal, Lacombe, Galland, et dirigée par M. Baulin, donnait les plus belles espérances.
Ces quelques amis de M. Moye concoururent aussi à cette excellente œuvre, M. Jobal soutenait les établissements dans !<•$ environs de Metz, M. Galland, curédeCbarraes-sur-Moselle, fit construire une maison do Noviciat à Esseigney, pour les sœurs françaises. C'était un homme d'un zèle ardent, d'une piété solide, d'une charité sans bornes. M. Lacombe en établit un pour les sœurs allemandes à Haut-Clocher, il fut transféré ensuite à Sieslal. Les sœurs y vivaient en communauté comme des religieuses soos les ordres d'une supérieure, et celles qui dirigeaient les écoles dans les diverses communes y venaient tous les ans pour se recueillir et pour ranimer leur ferveur. Quanl M. Lacombe faisait bâtir sa maison da noviciat, on tenait les propos les plus injurieux, mais il les souffrait avec sa patience et sa douceur ordinaire, et n'en coDtmoi pas moins son Œuvre; aussi fut-elle béflf» par la Providence. Ce fut admirable de voir i'affluence des novices, l'ordre et la piété qoi régnèrent dans cette maison.
A Marlin, une sœur faisait des prodiger Quoique souvent malade, son zèle lui taisait oublier ses infirmités. Elle faisait aux panvres des lectures; elle les formait à la teria par des exercices de piété, sans distinction d'âge ni de sexe; elle inspirait à tous des sentiments d'amour pour Dieu et de xe'f pour leur salut ; des vieillards de son»*» soixante-dix èt quatre-vingts ans, ne pouvaient retenir leurs larmes, aussi M.
ayant donné une mission dans une parois voisine à Bobin, on venait en foule de Marlin pour y faire des confessions générales.
A Bobin, village allemand, une autres d'une piété éminente et qui avait le «on d'oraison, sut communiquer à la populatiea l'esprit de prière qui l'animait; les pere* el mères étaient si touchés du changement^' s'opérait dans leurs enfants qu'ils corn"*0"
cèrent à penser sérieusement à leur salut.
Brûlant d'ardeur pour étendre la gloire de Dieu et pour rendre participantes des précieux fruits de la Rédoraption les nations qui en étaient privées, M. Moye, ayant obtenu la permission de ses supérieurs, se rendit à Paris en 1769; il y demeura un an, nnis n'ayant pas trouvé une occasion favorable pour s'embarquer pour la Chine, il revint en Lorraine, où il se livra avec beaucoup de zèle aux missions dans les campagnes; il retourna ensuite dans la capitale, arriva à Port-Louis le 20 novembre 1771 et partit pour la Chine le 30 décembre suivant, sur le vaisseau le Penthièvre, laissant entre les mains de la Providence la bonne œuvre qu'il avait commencée.
Elle pros|>éra d'une manière étonnante avec les soins de M. Baulin que Dieu avait suscité pour en être le continuateur, jusqu'à son retour, qui eut lieu seize ans après, en 1787.
Transporté dans l'empire céleste, H. Moye ne perdant jamais de vue le moyen de salut qui lui avait si bien réussi en Europe, te
f>roposa à M. Gleyo sous lequel il exerçait e saint ministère. Ce digne prélat entrevit tant de difficultés qu'il le jugea d'abord impossible ; il était cependant persuadé qu'on pouvait obtenir les plus heureux résultats, mais rebuté par les obstacles, il différait toujours de l'entreprendre ; un jour qu'il récitait une prière à la sainte Vierge, il lui sembla entendre la voix qui lui disait : « C'est mon ouvrage, » et aussitôt il se mit à l'œuvre.
Dieu, qui leur avait inspiré cet heureux projet, suscita au milieu de cette nation infidèle des sujets dignes de les seconder. Les premières qui furent appelées à diriger ces écoles se distinguèrent par leurs vertus et surtout par leur héroïque patience ; car, comme toujours, les commencements de l'ouvrage du Seigneur furent souvent entravés; il éprouva et il poriGa ces vases d'élection ; il les humilia avant de les exalter. Parmi elles se distingua surtout une fille de onze h douze ans, qui était un prodige d'intelligence et de piété ; elle comprenait et expliquait les livres chinois les plus difficiles, et elle ne parlait, elle ne s'entretenait que de Dieu. Elle fut guérie miraculeusement d'une maladie qui lui occasionnait des douleurs atroces ; elle convertit beaucoup de païens; elle fut chargée d'instruire en particulier les Allés et les femmes.
Dans tous les districts on établit de ces écoles et partout elles opéraient le plus
f;raod bien : les grandes Biles, les femmes, es prosélytes ne craignaient pas de s'y rendre. On eut la consolation de voir les fruits abondants qui résultaient de ces utiles établissements. Les enfants, qui apprenaient les rérilés de la religion, dos prières , des pratiques de piété, les enseignaient à leurs père et mère ; ils faisaient chez eux la prière publique et une partie des exercices qu'on pratiquait & l'école. Partout on les entendait chauler les petits cantiques qu'on leur avait enseignés. Un jour que M. Moye établissait
une de ces écoies a Kiouthéon , son bâte malade se trouvait en danger de mort, sa fille était promise en mariage, et il lui semblait que Dieu la destinait à rester vierge et à devenir un vase d'élection; il dit au père: Promettez à Dieu que vous lui consacrerez votre fille et je le prierai de vous guérir ; il le promit et if fut guéri. Cette Jeune fille se donna à Dieu sans réserve ; elle jeûna tous les jours pendant trois ans ; sa nourriture était un peu de riz cuit à l'eau et quelques herbes salées. Jamais de viande ni de liqueurs du pays. Elle avaitdans la physionomie une douceur, une candeur et une modestie qui la rendaient admirable; toutes les vertus étaient peintes sur son visage. Kl le portait la haire, se donnait la discipline, passait presque tous les jours en prière, en méditation et souvent les bras en croix; elle avait le don de faire passer ses vertus dans le cœur des enfants et de toutes les personnes qu'elle enseignait. Tous les membres de sa famille, sa mère, sa sœur, sa tante, consacraient tout leur temps aux bonnes œuvres ; elles recevaient môme dans leur maison, les pauvres femmes, les nourrissaient, les instruisaient et les formaient a la piété. Dieu favorisa et multiplia tellement ces établissements qu'ils obtinrent bientôt un assentiment universel. Tout le monde comprit que c'était le moyen le plus efficace pour répandre la bonne nouvelle de l'Evangile, et de la faire parvenir par la jeunesse aux oreilles des parents.
Lorsque M. Moye habitait la France, il était l'âme de ses communautés et de tous les membres qui travaillaient a l'instruction et è la sanctification de la jeunesse dans les diverses communes; les avis qu'il ne cessait de leur donner de vive voix leur servaient de règles ; mais quand il quitta sa patrie pour aller évangéliser des peuples encore assis dans l'ombre de la mort, ayant grandement à cœur la conservation et la propagation de son institution et de la maintenir dans le bon esprit qui en dominait tous les membres, il entretint avec les sœurs de la Providence une correspondance régulière, il leur adressa constamment des lettres où il les entretenait des devoirs de leur état., et des vertus qui le ronstituent essentiellement. Aussi la réunion de ces lettres forme un corps d'instructions qui doivent diriger leur conduite. Nous voudrions pouvoir inscrire ici quelques-unes de ces lettres; quoique écrites dans un style simple et négligé.ellesn'enferaienlque mieux connaître l'esprit d'humilité et d'abnégation de cet homme de Dieu, et l'uniquedésir qu'il avait de projvager sa gloire, de le faire connaître et aimer par les pauvres surtout et par les ignorants. Il devint ainsi par ses exemples et par ses préceptes le modèle de ces admirables filles qui, renonçant à tous les biens du monde, a toutes les douceurs de la vie, se vouent a une œuvre si pénible et si méritoire.
A son retour de la Chine, M. Moye trou va singulièrement accrue la congrégation qu'il
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avait-fomlee ; il en bénit In Providence, et «Je concert avi-c M. Baulin, il travailla à multiplier encore les écoles, mais surtout à renouveler dans l'esprit do leur étal ses pieuses filles éporses dans le* hameaux et sur Jes montagnes; comme l'Apôtre des nations, il pouvait compter ses courses, ses veilles, ses naufrages et les supplices qu'il avait endurés pour conserver et établir la foi ; accablé d'infirmités, couvert de glorieuses cicatrices des persécutions qu'il avait essuyées en Chine, il ne crut pas avoir encore le droit «le se reposer; il se plaisait h donner des missions danslcs hameaux abandonnés ; il allait dans la chaumière du pauvre, le consolait et lui apprenait à souffrir avec résignation. Il continua ses travaux apostoliques jusqu'à l'époque funeste de la révolution. Alors il fut obligé do sortir de France, il se retira à Trêves où il nomma pour son successeur M. Feys, curé de Portieux, il recommanda de réunir ses efforts à ceux de M. Baulin pour maintenir l'œuvre qu'il avait entreprise ; ses jours étaient remplis, la couronne de justice l'attendait; il mourut entre les bras de son successeur et fit la mort d'un prédestiné, le samedi h mai de l'année 1793.
L'oeuvre des écoles avait été interrompue en France par sa désastreuse révolution. Les sœurs avaient disparu avec tous les ordres religieux; tout exercice do piété avait cessé, on voyait l'abomination de la désolation jusque dans le lieu saint, mais la Providence veillait au maintien de l'institution qui avait coûté tant do peines à son fondateur. Plusieurs sœurs étaient sorties de France, n'ayant emporté avec elles que la confiance qu'elles avaient en la divine Providence dont elles étaient les enfants, et rien ne leur manqua. El les formèrent le noyau d'où est sorti ce grand arbre qui étend aujourd'hui si loin ses rameaux. M. Baulin rentra d'abord avec quelques sœurs h la faveur du sénatus-consulledu26avril 1802; il les établit dans des paroisses avec un grand nombred'aulres sœurs qui s'étaient retirées dans leurs familles et qui se remirent sous sa direction. M. Feys que M. Moye, en mourant, avait nommé pour lui succéder en plaça d'abord deux à Porlieuv., dont il fut nommé curé, dans l'évéché de Nancy , et d'après le conseil île M. Baulin on forma un noviciat dans cette paroisse et une congrégation de (ou tas celles qui existaient. On élut une Supérieure générale, sœur Cécile Colart, une confirma Mgr d'Osmond. Sa Grandeur délégua M. Feys pour être supérieur ecclésiastique de celte communauté naissante.
Dieu bénit ses travaux; les sœurs se multiplièrcntd'une manière prodigieuse, car 27 ans après leur nombre s'élevait à 1,200 ; une ordonnance royalo du 2 août 1816 avait donné une existence légale à cette congrégation cl confirmé ses statuts, et en 182», dans le seul département des Vosges , on comptait 89 établissements.
PROVIDENCE (Congrégation dg la), maison mère à Langres (Haute-Manir).
CcUo congrégation fut établie à Langres
NAIRE PRO W.l
(Haute-Marne) en 1802, au mois de janvier. Elle eut pour fondateur M. l'abbé Lecler^, ancien directeur du grand séminaire, et ficaire général do Mgr lo cardinal de la Luzerne, évôque de Langres.
Retiré en Suisse avec ce prélat, pendant la tourmente révolutionnaire, il forma, de concert avec lui, le projet de fonder à leur rentrée en France une communauté rte filles dévouées à l'éducation des enfants pauvres et au soin des malades dans les villes et u-< campagnes. De retour en France, M. l'abbé Lcclcrc se hâta de réaliser son pieux dessein. H fut secondé par Mlle Roger de Ungres , dont la maison fut comme le bereeai tic la nouvelle congrégation, et il voulut que ses filles portassent le nom de Sœurs de !» Providence. 11 établit comme règle fondamentale qu'elles n'iraient jamais moins de deux dans les établissements qui leur .seraient confiés : le- Seigneur ne tarJa pas» bénir la congrégation naissante: les vocations se multiplièrent ; des maisons nombreuses se formèrent dans les diocèses de Langres et de Dijon. Ce ne fut qu'au bout do onze ans que le pieux fondateur Iraça définitivement les règles et constitutions «Je son institut. Il mourut en 1817, avec la consolation de voir en pleine prospérité l'œuvre qu'il avait établie. Sa mémoire est en vénération dans le diocèse de Langres, et la réputation de sainteté qu'il y a laissée eM justifiée par une vie entière de pauvret, de mortification , de dévouement à la gloire de Dieu et au salut des Âmes.
La congrégation des sœurs de 1a Providence de Langres, distincte, sous tous le> rapports, de celles qui portent en France le môme nom, compte actuellement près de cinq cents sœurs et cent cinquante à deui cents établissements, relevant tous de U maison mère établie dans la ville do Langres.
Conformément au but de leur institut, le* sœurs dirigent des classes externes, des pensionnats, des ouvroirs et des asiles ; ell**-* soignent les malades à domicile, ou dans les hôpitaux qui leur sont confiés.
Depuis leur fondation, elles n'ont p* cessé de montrer un dévouement à toute épreuve dans l'accomplissement des devoirs que leur imposo leur vocation. Au milieu des épidémies qui ont ravagé le pays, elle* ont fait preuve d'un courage surhumain.
Plusieurs ont succombé victimes de leur zèle, heureuses de mourir dans l'exercise de leur charité.
La congrégation, dirigée par une so; *irieure générale, a été reconnue légalement par le gouvernement, en 1826. Depuis mort de son vénérablefomlateur, elle e>t restée sous la conduite immédiate do ré»é<j"e diocésain, qui se fait remplacer par un 'Jirecteur qu'il nomme lui-même. Mgr Paria*, pendant les dix-sept ans qu'il occupa le siège de Langres, porta le plus vif intérêt à celte congrégation, et elle prospéra be*a' coup sous sa haute et sage direction.
En 1852, Mgr P.u isis, transféré à l'évêclte
H73 PRO DES ORDRES KELItilEl'X. PRO U*|
d'Arras, demanda des sœurs à la maison Pour atteindre ce but, on exige des sœurs
mère de Langres, pour fonder dans sou nou- un dévouement entier, un détachement coui-
renu diocèse une congrégation du même plot.
ordre. Elles reçoivent un nombre d'enfants aussi Conformément à son désir, des sœurs grand que leurs facultés peuvent le permettiorent de Langres pour établir h Arras une tre. de sorte que leur maison ne puisse jaiitsison mère. L'ouverture s'en fit le *• mai mais s'enrichir. L'âge exigé est de sept a dix 1832, dans l'ancien Hôtel-Dieu en cité. De ans. On suit avec ces enfants un régime ma- 14 le nom que prirent les nouvelles sœurs, ternel, de sorte que l'esprit de famille est ike Sueurs de la Providence do l'Hôtel-Dieu , proprement celui de la petite communauté, à Arras. On leur apprend élire et à écrire; les M. l'abbé de la Tour - d'Auvergne , principes du calcul, la couture, le raccomvicaire général , nommé , par Mgr Parisis, modage, le repassage du linge, et en génédirecleur de la communauté naissante, se- ral tout ce qui est nécessaire a une femme tonda puissamment les vues du prélat, par de chambre. Quand elles ont atteint l'âge de ion zèle et «on dévouement infatigables vingt et un ans, on les place dans des maiaux intérêts tant spirituels que temporels sons chrétiennes et sûres, après leur avoir •le la congrégation. La dignité d'auditeur de donné un trousseau convenable. Dans le Rote, Tarant appelé à Rome, lui fit quitter, monde, elles continuent encore à être l'obtu commencement de l'année 1856, une di- jet des soins de leurs anciennes maîtresses, rrction qui avait été si heureuse pour les autant que la position de celles-ci et les cir- «»ars : son départ laissa dans les cœurs les constances peuvent le permettre, plus vifs regrets. Les personnes qui ont fondé cet établisse- La congrégation d'Arras, reconnue léga- ment avaient un double but : celui d'être louent en 185», a le même but que celle de utiles à la classe pauvre, en recueillant ces Libres, c'est-à-dire l'éducation des enfants enfants, et celui de procurer aux familles et le soin des malades; elle est aussi dirigée riches des femmes de chambre et des doptr une supérieure générale. Quoiqu'elle ne mestiques bien formées sous tous les rapfompte encore que trois ou quatre ans d'exis- ports.
teoce, elle a déjà dix-huit établissements , Les Sœurs de la Providence ne sont pas un noviciat d'une quarantaine de sujets, et cloîtrées ; mais l'esprit de recueillement et quarante-deux religieuses professes. L'HÔ- de retraite leur est spécialement reoomtel-Dieu, qu'elles occupaient en location, mandé. Elles doivent aussi faire une proa été acquis par Mgr Parisis, comme pro- fession particulière de la simplicité évangépriétô diocésaine. lique : leur digne fondatrice et première L'heureux début do cette congrégation supérieure, décédée l'année 1856, à l'âge de naissante fait espérer que Dieu la bénira quatre-vingt-six ans , leur a légué cet esprit comme il a béni celle de Langres. Les sœurs, Je simplicité et d'humilité dont sa conduite quoique jeunes encore pour la plupart, et offrait un type admirable comme un prénovices dans l'exercice de leur vocation, cieux héritage. Son bonheur était de vivre ont imité avec un courage admirable celles inaperçue avec sa petite communauté. «Mes le Langres, dans les soins donnés aux cho- sœurs , » disait-elle souvent , « sovons pelériques de 1855. Demandées par l'autorité tites, restons dans la simplicité, et Dieu sera civile, elles ont été envoyées par leurs su- avec nous. Il se retirera, si nous en sorpérieurs dans plusieurs paroisses allligées tons. »
par l'épidémie, et elles se sont constamment Depuis quelque temps, les supérieurs oui montrées à la hauteur de la mission de cha- jugé à propos , dans l'intérêt de l'œuvre, denté qui leur était confiée. (1) l'aire quelques modifications aux premiers pitAt'iftro/*»/.» - jl .c règlements. Les sœurs ont ajouté au vœu
1 9 . (LOnGRÉGATIOM DES SOEURS DB u *qu0 de slabj,il0 , auque) ^lleS SC bor-
uj, a Annonay, ûxoctoe ae Viviers (Ar- najent dans le principe, ceux de pauvreté ,
C"(J- de chasteté et d'obéissance. En continuant
La maison de la Providence a été établie à pratiquer ces vertus religieuses avec la
<hns la ville d'Annonay, par les soins de même perfection» elles le feront avec plus
M. l'abbé Duret, ancien chanoine de la collé- de mérite.
gialeet archiprêtre, de concert avec M. Léo- communauté est sous le patronagedu ai-Picansel, curé et vicaire général du dio- sai(Jt noin lJo Mnrie e| de MjnVVincent de cfce Us sœurs Marie et Thérèse Lioud ont PauK E||e nonore aussi d-une dévotion paroles premières à s engager par le vœu de ticulière le Sacré-Cœur et la Sainte-Enfance S1" • «» «1». La règb men tracé par de Jésus ainsi que ,c glorieux saint Joseph. '« fondateurs fut, en grande partie, tiré de „ . j ... » , j„.A' «lui que Bossuet avait dressé ,>our le sémi- „ déPe?d de Mgr I évêouo du diocèse. Miw 3es Filles de la Propagation de la Foi, C'est lui qui nomme le supérieur, ou Père toblies a Metz. spirituel.
Le but que se proposent les Sœurs de la Les sœurs font tous les cinq ans nne nou-
Providence, est de donner un asile à de pau- velle élection do la supérieure et de son as-
,T*s entants de leur sexe, orphelines ou sistante; les mêmes peuvent être réélues.—
«Camionnées de leurs parents, ou dont les Cette élection doit toujours être approuvé*
nœnrs suaient exposées. par l'Ordinaire.
W » la fia du roi., n* 196.
PKO DICTIONNAIRE PHI l|T«
les conseillères sont nom- faire aucun sacrifice; et puis comment faire
apprécier une œuvre jusqu'alors
L'économe el niée» par la supérieure.
Le costume des sœurs est fort simple : il consiste dans une robe de laine noire , à manches larges, tablier et châle de même couleur. — Coiffure blanche avec bord plissé sur les côtés, recouverte d'une calèche en crêpe noir. Les sœurs professes portent suspendu au cou un cœur en argent, sur lequel est gravé d'un côté le saint nom de Jésus, et do l'autre celui de Marie.
Les sœurs converses ont, à peu de choso prés, le môme costume. Les unes ei les autres portent un manteau long pendant l'hiver. (1)
Les Sœurs de la Providence d Annonay
dans leur maison ,
ont en ce moment
soixante - deux enfants, qu'elles élèvent, nourrissent et entretiennent à leurs frais, comme le portent leurs Règlements.— Elles ont éprouvé en bien des circonstances que Dieu vt'illo sur leur œuvre d'une manière qui doit les engager h la continuer, avec uno confiance sans bornes et le plus religieux dévouement.
PROVIDENCE (Congrégation obs Soeurs de la}, maison mère à Troyes (Aube).
La congrégation des Sœurs de la Providence de Troyes a été l'ondéo en 1819, à Pargues, canton de Chaource, arrondissement de Bar-sur-Seine. Elle eut pour fondateur M. l'abbé Boigegrain, alors curé de la petite paroisse de Pargues, décédé en 18i5 chanoine de la cathédrale. Les constitutions qu'il lui donna ont été approuvées le 2 juillet 18i8 par Mgr Debelay, aujourd'hui archevêque d'Avignon.
Depuis longtemps M. i'abbé Roigegrain, curé de Pargues, était préoccupé de la pensée de procurer à sa paroisse un établissement de sœurs pour la visite des pauvres, le soin des malades et l'éducation des jeunes filles. Cette œuvre lui paraissait d'autant plus nécessaire qu'à son retour de l'exil, après dix années d'absence, il avait trouvé Lieu des ruines a réparer. Sa chère paroisse, autrefois si attachée aux pratiques de la piété chrétienne, n'était plus telle qu'il l'avait laissée en partant pour la terre étrangère. Et ♦"'tnbien d'autres étaient, sous ce rapport, dans une situation incomparablement plus déplorable!
Le vénérable curé de Pargues ayant appris tout le bien que les religieuses, vouées à l'instruction de l'enfance et au soulagement des pauvres et des malades, opéraient en d'autres contrées, son grand désir fut d'en obtenir deux seulement pour sa paroisse. Il était persuadé que la coopération de ces saintes lilles, utile dans tous les temps, devenait en ces circonstances, où l'action du pasteur snr le troupeau n'était plus le même, le complément, pour ainsi diro, nécessaire du ministère pastoral.
Du projet à l'oxôcution il y avait loin. Les ressources les plus indispensables manquaient; il n'y avait rien a attendre de la municipalité qui était dans l'impuissance de (I) Yoy à la lin du vol., n" 197
i peu près
inconnue dans les campagnes? Les plu* grandes difficultés étaient à vaincre. Cependant le zélé pasteur ne désespéra pas : dans la simplicité de sa foi et dans l'ardeur de &a chanté, il osa croire qu'une entreprise, oui avait pour objet la gloire de Dieu et le .««lut des âmes, devait nécessairement réussir; il en recommanda le succès aux soins de la divine Providence, et il fut exaucé au delà de ses modestes désirs.
Son pieux dessein fut approuvé de toutes les personnes auxquelles il s'en ouvrit; tout le monde entrait dans ses vues. Ses vertus, que k s épreuves de la persécution et plus de trente années d'un ministère fidèlement rempli avaient fait briller du plus vif éclat, exercèrent uno haute influence sur les âme» généreuses. L'homme de Dieu obtint pour ses projets la plus entière confiance, et la confiance amena bientôt les ressources.
Ses plus puissants coopérateurs furent, son vertueux ami, M. l'abbé Andriot, curé de Lanlages, et le pieux auteur du Mémorial de la vie sacerdotale, M. l'abbé Arvisenet, chanoine, vicaire général du diocèse. Ce lut spécialement d'après leurs conseils et leurs pressantes sollicitations qu'il se vit obligé de donner d'autres proportions a son plau primitif, et qu'au heu d'un établissement particulier il eut à jeter les fondements d'une congrégation.
Aidé de leurs libéralités, autantqu'il l'était de leurs lumières, soutenu ot encouragé par le concours d'autres ecclésiastiques également dévoués et de plusieurs personnes charitables, il se détermina enfin à commencer son héroïque entreprise. Le début fut ou souvenir de l'étable de Bethléem: une p*urr» chaumière avait été choisie pour ôtre le berceau de la congrégation naissante, el le personnel se composait de trois jeunes postulantes qui n'eurent à offrir pour toute dot que le dévouement de leur bonne rolonté.
Cependant l'œuvre bénie de Dieu grandit, et, malgré l'opposition des hommes ennewis el les contradictions des hommes de peu de foi, ou plutôt, à l'aide de ces deux obstacles qu'elle ne tarda pas de rencontrer, conwio on devait s'y attendre, elle jeta de profondes racines.
Il fallut bientôt songer à remplacer l'humble chaumière par uno habitation, sinon plus riche, du moins plus en rapport arec le nombre toujours croissant des vocations. De nouvelles ressources étaient nécessaire*; mais comme les tilles de la divine Provider ne cherchaient que le royaume de Dieu et sa justice, le reste ne leur manqua jamais: d'autres offrandes, d'autres aumônes, et puis le travail et les privations des bonnes sœurs pourvurent à toul.
L'inslitut continua de prospérer, et I*5 nouveaux développements qu'il prit nécessitèrent sa translation à la ville épisco^e. où il devait trouver, sous les yeux de l>"t(>" rité première, un appui qui lui était deve»m indispensable. C'est eu 1835, seize ans apw