PRO DES ORDRE
n fondation, qa*il fut établi a Troyes par lo double concours de l'autorité spirituelle et do pouroir civil. 11 comptait déjà à cette époqua plusieurs maisons de dépendance, tant dans le diocèse que dans les diocèses foisins ; et depuis le nombre s'en est accrû dans les mêmes proportions.
Tels furent l'origine et les progrès de cette congrégation. Elle est véritablement l'œuvre de Dieu, et c'est à juste titre qu'elle a reçu le nom de Filles de la Providence.
Les succès obtenus et le changement de position n'ont dérogé en rien aux nabitudes de simplicité et de dévouement des religieuses;aussi la bénédiction de Dieu ne s'est point retirée d'elles. Leurs services sont de plos en plus appréciés des populations; elles oot l'estime et l'affection des paroisses dans lesquelles elles sonlappelées a remplir leurs importantes fonctions ; la reconnaissance des lirtots égale le tendre attachement que leur notent les enfants élevées par leurs soins; les pauvres et les malades bénissent la reli-
Eoo pour les consolations que leur procure charité de sœurs, non moins occupées des besoins de l'âme que de ceux du corps; les [«sieurs les regardent comme de puissantes auxiliaires pour le salut de bien des âmes, <|ui, tans la coopération de ces saintes ulle.% «Japperaient à leur zèle et à leur sollicitude. En un mot, la congrégation remplit aujourd'hui les vues et les espérances de ses fondateurs.
La congrégation a été approuvée par ordonnance royale en date du 13 décembre 1S35, sous la dénomination de Smurs de la Providence de Troyee.
Les sœurs s'occupent généralement des autres de charité chrétienne; elles s'appliquent a l'instruction et à l'éducation des odes, a la visite et au soin des malades : elles iirigent des pensionnats, desouvroirs et des ulies d asile.
La congrégation est gouvernée par une supérieure générale qui réside a Troyes. La supérieure est élue pour trois ans, et à l'expiration de ce terme, elle est rééligible. On n'a Toix pour élire qu'après un an de profession: l'élection n'a son effet qu'après qu'elle a été confirmée par l'évèque.
La supérieure a uu conseil composé d'une assistante et de deux autres sœurs pour l'aider dans le gouvernement de la congrégation. Il appartient à la supérieure de choisir l'assistante et les sœurs du conseil, comme aussi de nommer à tous les emplois et offices, tant de la maison mère que de celles qui en dépendent, et de faire au besoin, pour tescboii, tous les changements qu'elle juge nécessaires ou utiles.
Le noviciat est de deux ans, non compris le postulat. Les sœurs font à leur profession les vœux ordinaires de religion qu'elles re- Boutelle o tchèque année. Les sœurs professes ne peevent jamais être renvoyées que pour des causes très-graves et avec l'autorisation le Mgr l'évèque. Celles qui ne pourraient
0) V«,. à h Ho du vol., n«» 198, 199.
Rlus travailler, è raison de l'âge ou des inrmités, ont le droit de rentrer dans la maison mère et d'v être entretenues et soignées jusnu'à la fin de leurs jours.
Mgr l'évèque de Troyes est le premier et principal supérieur de toute la congrégation: un ecclésiastique délégué par lui s'occu|>e spécialement, sous son autorité, de la direction générale tant de la maison mère que des maisons de dépendance. Cet ecclésiastique a le titre de supérieur ou père spirituel : son approbation ou son avis sont requis pour tous les actes importants.
Les sœurs ne vont jamais moins de deux ensemble. Il y a tous les ans à la maison mère une retraite générale è laquelle toutes les sœurs des maisons de dépendance doivent assister. Elles n'en sont dispensées que pour de graves motifs.
Outre les personnes destinées h l'instruction des enfants et au soin des malades» on peut en recevoir quelques-unes spécialement destinées pour les gros ouvrages. Elles sont désignées sous le titre général de sœurs converses. Elles ont un costume (tarticulier mis en rapport avec leur genre d'occupation. Elles n'ont point de dot è fournir.
La congrégation compteaujourd'bui trentetrois maisons de dépendance. (1)
PROVIDENCE ( Congrégation dbs Souche dr la) , établies au Plan de Vitrollee, diocite de Gap.
Les Sœurs de la Providence, dont la maison mère est à Portieux, furent appelées, en 1823, dans le diocèse de Gap, avec l'autorisation de Mgr Arbaud.
Grâce è la pieuse munificence de la famille de Vitrolles, qui ûl bâtir une maison pour les sœurs et qui assura une somme fixe |>our l'entretien de l'école, le Plan de Vitrolles fut la première à jouir de ce bienfait. Dans le cours de l'année suivante, les paroisses de Saint-Bonnet, de la Saulée, de Cellerd, du Poet, demandèrent et obtinrent aussi des sœurs de la Providence pour institutrices; mais de tous ces établissements, celui de Saint-Bonnet, qui devint comme un second noviciat , au sein duquel un grand nombre de jeunes personnes vinrent se former è la vertu sous l'habile direction de la sœur Constance, religieuse aussi pieuse qu'instruite , et qui a laissé dans tous les cœurs les plus précieux souvenirs. Cependant des raisons particulières firent transporter le noviciat de Saint-Bonnet au Plan de Vitrolles; mais un grand obstacle au développement de l'œuvre , c'est que chaque postulante devait aller faire quelques mois de noviciat dans la maison mère , d'où naissaient une foule de difficultés pour le spirituel comme pour le temporel de cet établissement, difficultés qui 1 auraient lait infailliblement avorter si la Providence ne lui avait envoyé un puissant protecteur.
Ce fut Mgr de la Croix d'Azoletie, nommé à l'évèche de Gap, qui, comprenant, dès son arrivée, tout le bien que procurerait une
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semblable institution , si, devenant diocésaine, il pouvait lui donner tout l'accroissement qu'il désirait, travailla de toulo l'ardeur de son Ame à la réalisation de son pieux désir. Après avoir écrit plusieurs lettres pressantes à Mgr Jépharinon , alors évètpie de Saint-Dié, il fit lui-même un voyage en Lorraine, et peu de temps après la séparation fut décidée, et du consentement des autorités respectives, les religieuses de Portieux rentrèrent dans la maison d'où elles étaient venues, et le noviciat de Gap fut institué pour celles des Alpes. Kn parcourant ces monts , on rencontre souvent dans les fentes des rochers et sur les lianes des coteaux des plantes odorantes qui embaument les lieux d'alentour et qui renferment dans leur sein la vertu la plus salutaire. Comment sont-elles venues là, et quelles mains lésa plantées? Secouées par I orage et battues par la tempête, les graines qui leur ont donné naissance se seraient perdues dans les pierres; mais si humbles qu'elles soient, Dieu leur a donné des ailes, et poussées par le vent, elles ont été déposées dans un terrain propice; la les pluies fécondes du ciel les ont arrosées : elles se sont multipliées et ont donné cent pour un.
Ainsi en est-il des Filles de la Providence : la plupart d'entre ces tî i les qui se consacrent à la vie religieuse végéteraient dans d'obscures vallées, inconnues dans ce inonde, et sans produire aucun bien; mais Dieu leur donne les ailes de la foi et du dévouement : le vent de la grâce les pousse, et les voilà qu'elles s'en vont, Ileurs célestes, embellir et parfumer le jardin de l'Epoux ; c'est ce qui s'accomplit pour la millième lois dans ce diocèse.
Mgr de la Croix trouva un digne coopératour dans M. l'abbé Lagicr, pour le développement de l'institution de la Providence. Supérieur du grand séminaire, cet homme de foi et de bonnes œuvres donna tout ce qu'il avait do force et de santé. Après lui , l'abbé Verd in, prêtre distingué par ses vertus, J ni succéda; son dévouement et son zèle furent des plus actifs pour la communauté naissante. Sa charité industrieuse sut toujours encourager et soutenir celte œuvre chancelante. Plus d'une fois, dans des moments de détresse, sa main fut l'instrument nar lequel la Providence envoya à ses enfants le pain de chaquo jour.
Huit religieuses entrèrent au noviciat le 5 juin 1838. Le lendemain, on procéda à l'élection d'unesupéricure générale; la majorité des voix nomma sœur Elisabeth, native do Montbrand. Pour les distinguer des religieuses de la maison de Porlieux, un voile noir remplaça le voile blanc. Jusqu'en 18V3, il ne leur avait pas été accordé de se vouera Dieu par les trois vœux de pauvreté, de charité et d'obéissance. Une requête fut adressée de la part des sœurs à Mgr Rossat,succcsseurdeMgr de la Croix, pour obtenir celte autorisation. Le pieux évôquc, comprenant toute la gravité u'une pareille demande, voulut auparavant
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consulter toutes les sœurs profères eltelies ciui avaient le saint habit depuis trois nn>. On vola au scrutin secrel, et la dépouille donna quarante -deux boules Manches et deux boules noires. Heureux de iou la presque totalité des sœurs réunies <!an> le môme sentiment et dans le même désir, lo vénéré Pontife s'empressa d'autoriser les vœux pour cinq ans à celles qui feraient profession, et pour toujours à celles qui, étant dans la congrégation depuis dix ans, en témoigneraient un grand désir; ce fut l'objet d'une ordonnance épiscopale du 2i septembre 18W; cl dès le lendemain, vingt-quatre religieuses prononcèrent, au pied des saints autels, les vœux de pauvreté, de charité et d'obéissance. Dieu favorisa d'une manière surprenante celle institution. Dès lors, sa prospérité fut toujours croissante, et Je 4 mai 18'»6 la première pierre d'une chapelle fut posée, el elle fut consacrée, lo 22 septembre 18V7, par Mçt Louis Uossat.
Mgr de la Croix , transféré n l'archevêché d'Auch, brûlait du désir de faire jouir la Gascogne du bienfait dont i! avait doté le diocèse de Cap par l'institution de la Providence. Il écrivit h ce sujet une lettre louchante à son successeur; elle finissait par ces mots ; « Vous ne me refuserez pas quelques rejetons de la vigne que j'ai plantée dans les Alpes, » Sa Grandeur fut elle-même, à la tin de l'automne, faire choix de quatre religieuses qu'il établit à l'ancien séminaire de Lectoure, où la petite colonie rivalise activement do zèle el de succès avec la maison mère.
Cultivée par des mains paternelles et habiles, échautTée par le soleil de la grâce, fertilisée par la rosée céleste, colle vigre poussa de profondes racines, étendit rameaux féconds el produisit connue eiie produit chaque jour le vin généreux qui fait germer les vierges.
Dans le Mandement qui accompagnait l'ordonnance du 2V septembre 18w, Mgr Louis Hossat donne à tous les membres oe cette congrégation d'excellents avis sur la nécessité de l'union , sur la fidélité à Icirs vœux, à l'observation de leurs nouvel règles, qui sont la force, la gloire et l'ornement de tous les ordres religieux.
«On vous l'a dit souvent, mes chères filles, » leur dit-il : « Séparé de la souche qui lui communiquait la séve et la vie, le sarment languit, se dessèche et n'cM t*>n qu'à être jeté au feu; évitez donc un s"u" blable malheur, et pour cela, bien que ^* parées par fa distance, que la mère el la ù]]e soient toujours unies par les liens de I* charité chrétienne et fraternelle. Que la mère prodigue à la fille protection; que la fille')' pour la mère, obéissance, respect et vénération. C'est cet esprit d'union que votre saint fondateur vous recommandait dès la naissance «Je l'institut, quand il disait : U moyen dont se sert le démon pourdétruirt It» a>uvres de Dieu , c'est la division qu'il ticilt parmi les personnes qw travaillent à jtid-
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