‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 230 sur 323 · WO DES ORDRES · texte numérisé non relu

WO DES ORDRES

Jimi bonnet autres ; alors il arrive ce que dit lotre-Seigneur , Que toute maison divisée tombe en ruine. Si cel ennemi, qui sème l'ivraie dans le champ du père de famille, vient a y jeter entre vous quelque semence <ie discorde, priez le Dieu de la paix qu'il écrase bien vile Satan sous ses pieds. Aimez la pauvreté, vous êtes les enfants de la Providence; vous devez, par con>équenl, mettre toute votre confiance en elle. Rap-

1>elez-vous ces paroles adressées du fond de a chaire par le P. Moye aux religieuses de la Providence de tous les temps et du tous les lieux : Je n'ai que deux chemises que je porte depuis environ trois ans; vous pouvez vous imaginer dans quel état elles sont au milieu des sueurs, des voyages continuels, dans un pays chaud et sur des montagnes d'une hauteur prodigieuse; j'ai encore un mouchoir et un drap; quant à l'habitation, les plus pauvres parmi vous en ont une cent fois plus commode Lorsque je puis avoir dn pain de sarrasin cuit sous la cendre, c'est là ma bonne chère. Dieu soit béni en tout et partout.

■ Aimez la chasteté; avec elle, sans cesser d'être vierges, vous serez mères de tous les enfants et de tous les malheureux contiés à vos soins; veillez avec la plus grande attention sur une fleur si précieuse, si fraîche, si belle; le moindre souille peut la ternir, Je moindre vent peut la briser, car si la pureté a l'éclat du cristal, elle en a aussi toute la fragilité.

a Aimez l'obéissance, le maître sur les traces duquel nous devons tous marcher s'est fait obéissant jusqu'à la mort, et à la mort de la croix; aimez l'obéissance : en la raliquant, vous n'aurez que des victoires raconter.

«Aimez, en outre, l'humble simplicité , compagne de celte candeur que notre divin Maître se plaisait à caresser dans les enfants. La «implicite est la droiture d'une âme qui s'interdit tout retour sur elle-même et sur ses actions; la simplicité est l'ignorance de son propro mérite; c'est elle qui vous a soutenues dans les laborieuses épreuves des

Eremieres années de votre établissement, •ans nos montagnes, c'est elle encore qui vous gardera des écarts de la propriété et du relâchement qu'apportent trop souvent l'aisance et le bien-être. Aimez votre règle, aimez-la comme la loi de Dieu, de tout voire cœur, de toute votre âme , de toutes vos forces. Afin de vous meure dans l'heureuse impossibilité de l'oublier jamais , qu'elle soil comme un miroir très-pur, dans lequel vous vous verrez telles que vous devez être, pauvres, chastes et obéissantes, orncVs de toutes les vertus qui forment la rel i gieuse cl la conservenldansla ferveur. »(1)

PROVIDENCE (Congrégation des Soeurs de la), à Nice (Etats-Sardes).

Une congrégation de filles sous le titre de Sœurs de la Providence, a été fondée à Nice depuis environ vingt ans. Elle a été instituée uour la direction d'une maison établie

(l) Votj. 1 la lui du vol., n» Ï00.

RELICIEll. PAO f ISS

depuis quarante ans pour servir d'asile à des jeunes tilles pauvres, orpbelinos, ou abandonnées ou exposées aux dangers de la corruption, sous le titre d'Hospice de la Providence. On y accueille les jeunes personnes de dix à seize ans, de toutes les nations, qui se trouvent exposées dans la ville de Nice ; elles doivent demeurer dans l'hospice jusqu'à l'âge de 18 ans au moins, et ne peuvent en sortir qu'après k ans de résidence. On ne les force point à quitter la maison, et elles n'en sortent que pour être placées, ou à la demande de parents qui puissent les prendre avec eux.

Les Sœurs de la Providence ont pour première et principale occupation le devoir d'élever, instruire et soigner les tilles de l'hospice; elles ne font point de vœux, mais se consacrent par une cérémonie religieuse à Dieu pour le service des pauvres protestant de vouloir vivre idans la pratique de la pauvreté, de la chasteté et de l'obéissance.

Parsuite de celle consécration, elles font, lorsque l'occasion s'en présente, l'école et le caiéchisme à de pauvres filles, soignent les cholériques dans les épidémies, veillent les malades au profit de la maison, et se prêtent à toute œuvre de ebarité selon les circonstances; elles sont sous la direction d'une supérieure qu'elles élisent parmi elles, choisissant trois sujets qu'elles présentent au supérieur de la maison, qui donne la préférence à celle des trois qui lui parait plus propre à être supérieure. Jusqu'à ce jour ce supérieur est le fondateur de la maison, qui vit encore.

Elles ont une Règle qui leur a été donnée par ce fondadeur, mais qui n'a pas encore été soumise aux autorités ni séculière ni religieuse. (2)

PROVIDENCE (Institut des Filles de la), a Modine {Italie).

L'Eglise catholique, dans son admirable fécondité, no cesse de produire des instituts religieux qui rô|K>ndent aux besoins particuliers de chaque époque, et viennent au secours de quelque infirmité humaine jusqu'alors délaissée

Depuis nom)>re d'années il s'est formé à Modène, sous le nom d'Institut des Filles de ta Providence, une congrégation de femmes qui se dévouent spécialement à l'éducation des sourdes-muettes. Comme la plupart des fondations les plus saintes et les plus utiles a l'humanité, elle n'a eu qu'une origine obscure et d'humbles commencements. Ce ne fut d'abord qu'une école particulière, ouverte en 1822 par les soins de Mgr de Baroldi, évêque de Modène, qui a laissé de glorieux souvenirs dans son diocèse. Son digne successeur, Mgr Reggianini, accepta avec empressement el entoura de sa plus tendre sollicitude ce précieux héritage de la charité épiscopale. Bientôt le jeuno et généreux souverain prit sous sa protection les saintes tilles qui se consacraient à celle belle œuvre, et il Tilde leur modeste écoleunélablissement public. Le 18 août 18M, il les approuva \at

(i) Voy. \ la fin du vol., n° 101.

MHS

un décret, sous le nom d'Institut des filles de la Providence pour l'éducation des sourdrs-mue(tfs: il les dota lui-même avec la générosiléd'nn souverain, elchar^ea l'évôque de Modène de solliciter l'approbation du Saint-Siège.

Le 20 décembre de la même année, la congrégation des évôques et réguliers, sur le rapport do Son Eminence le cardinal Oslini, (ce qui est peut-être sans exemple}, rendit un décret portant approbation du nouvel institut. Celle glorieuse exception fut remarquée nar le cardinal préfet, qui voulut so charger lui-même du rapport de cette demande. « La congrégation, » dit Son Eminence, « n'approuve jamais un institut que bien des années après sa fondation, et lorsque les maisons du nouvelordre.se sont multipliées; jusque-là elle se borne à les louer, mais trois circonstances ont déterminé la congrégation a s'écarter de ses maximes et de sa pratique à l'égard de l'Institut des Filles de la Providence : 1* la nature même et l'objet de l'institut si manifestement recommandable ; 2" le nom et la piété de l'auguste souverain qui l'a érigé, qui l'a entretenu jusqu'ici et qui se propose de le doter: 3* enfin les progrès inervetlleuxqu'il a faits dans le court espace de 22 années. »

Ce décret de la congrégation des Kvôques et Réguliers reçut l'approbation du Pape (irégoire XVI, le 9 janvier 1815. Outre les trois vœux simples d'obéissance, de chasteté et de pauvreté, les tilles de la Providence font le vœu [wirliculier de se consacrer à l'éducation des tilles sourdes-muelies; le bien qu'elles ont déjà fait et celui qu'elles produisent tous les jours est immense; leur maison de Modène peut servir de modèle à tous les établissements qui sont destinés à ces malheureuses et si intéressantes jeunes lilles.(l)

PROVIDENCE (Maison des orphelinks nu Notrb-Damb de la), à Saint-Brieuc {Côtesdu-Nord).

But et naissance de l'établissement.

Mlle Julie Bagot obsorvait depuis plusieurs années que des jeunes filles, orphelines ou abandonnées de leurs parents, demeuraient sans ressources et sans asile, exposées à la séduction du vice. Leur triste sort la loucha. Elle essaya d'en soulager quelques-unes : mais elle n'y réussit qu'imparfaitement. Elle passa l'année 1815 et uno partie de 181G au fond d'une pauvre campagne. La elle rit de plus près la misère, l'ignorance et l'abandon des pauvres. Mais elle comprit en même temps qu'un elfet constant et un effet suivi pouvait 6eul y apporter un remède.

Elle résolut de se fixer à la campagne dans le but de visiter les malades ot de s occuper de l'instruction des enfants. Ce fut à Longueux, près de Saint-Brieuc. Elle y passa quelque temps. Mais la pensée d'un élnblis- 5ement pour les orphelines abandonnées demeurait toujours dans son esprit. Elle avait sollicité pour plusieurs l'entrée de l'hû-

t\) Voy. à la fin da vol., n° 202.

pital sans pouvoir l'obtenir. Voyant a la, elle se proposa de former une association de charité pour leur ouvrir un asile. Elle revint h Saint-Brieuc et tomba malade; trois de ses amies étant venues la voir, elle leurcoronmniqua son dessein. Elles y entrèrent unanimement; et M. de Lamennais, alors vicaire général du diocèse de Saint-Brieur, institua cette association sous le litre de Notre-Ikmt de la Providence le 13 décembre 1817, et U nomma directrice. U paya lui-même la lésion des premières petites filles qui devaient commencer l'établissement. La" cérémonie s'était faite au milieu de la chapelle delà congrégation de la Sainte-Vierge. Celle congrégation était presidéo par une des amies de la Mère Julie, car c'est ainsi qu'elles désormais désignée, et celle pieuse société lui fournit un logement dans lequel elle entra avec cinq ou six petites filles.

Huit jours après ces trois compagnes entreprirent d'autres œuvres qui absorbèrent tout leur temps; et la Mère Julie resta seule. Au bout d'un an il fallut chercher un autre logement. Là, seule avec ces enfants, elle les forma de son mieux. Quand elle les vit sorties de leur profonde ignorance, elle leur prescrivit parmi leurs principaux devoirs!* dévotion envers Jésus-Christ au Saint-Saeremenlde l'autel. Elle élail frappée de l'état de solitude et d'abandon où elle avait vu plusieurs églises. Elle tâchait donc de leur inspirer assez de zèle et de charité pour en f.iire dans les paroisses îles adoratrices de Nolro-Scigncur et des servantes des pauvres. Dans celte vue, elle s'appliqua à les former à une vie humble et laborieuse.

Dans l'intervalle, ses amies qui s'étaient séparées d'elle, fondèrent une maison d'école qui prit le même nom, ce qui forma une fielleuse rivalilé, surtout pour les secours et les aumônes. Heureusement, elle avait appris à se contenter de peu. En outre ella travaillait jour el nuit. Elle était obligée d'apprendre mot à mot à ses enfants les prières et le catéchisme. En 1818, l'établissement comptait une vingtaine d'élèves. Bientôt il eut à subir de nouvelles épreuves. Il survint des déceptions el des contrariétés, des ingratitudes de ia part des personnes que l'établissement avait comblées de bienfaits, des manifestations de mépris de la part du monde. 11 eut aussi à souffrir du côté de la mortalité. La Mère Julie éprouva ensuile une perte douloureuse dans sa famille : elle

fierdit une tante bien-aimée. Elle eut aussi >ien des peines et des contradictions la direction môme de sa maison. En të» après vingt ans de malaise et de travsui continuels, elle acquit la maison de salante- Eu 1828, celle maison devint troo étroite a cause du nombre des enfants.

Le 9 septombre 1823, il survint un éréne^ ment qui fut comme un présage de ce oui devait bientôt arriver. Elle vinl un jour, cétait celui de la Nativité de la sainte Vienjtf, se reposer avec ses enfants sur les ruines de la chapelle de Notre-Dame de la Fonta»'^ chapelle détruite par la révolution d« W-

Page 1