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L'ES ORDRES RELIGIEUX
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li od te mit A évoquer les anciens souvenirs de ce lieu. Ensuite on disait qu'on Tiendrait un jour s'y établir : qu'on rebâtirait la chapelle; ce n'était qu'un rêve , un jeu d'imagination. Ce qui cependant s'accomplit plus tard.
Vers cette époque elle mit A exécution ridée qu'elle avait déjà eue d'envoyer des filles dans les campagnes pour soulager les pauvres et instruire les petites filles. Elle établit ainsi trois maisons, l'une A Langueux, l'autre A Plouvara, la troisième à Cesson. Après cela survinrent encore des tribulations intérieures et extérieures qui furent pour elle une sensible épreuve. De plus le typhus visita sa maison, et du dehors elle eut A essuver des tracasseries.
En 1836, Mgr l'évêque l'autorisa A former dans son établissement un petit oratoire où pourraient se confesser ses élèves, et leur éviter ainsi la peine de courir les rues pour rem plir ce devoir. A la suite survinrent de nou villes tribulations; et le 15 octobre de cette année, l'institution de Naiareth vint lui foire une redoutable concurrence. Il v eut des désertions parmi -ses élèves. Elle ne se u& ou ragea pas.
A celte époque la Mère Julio porta ses foes sur le terrain et les ruines de Notre- Dame de la Fontaine. Dans le vi" siècle, ce fut la que saint Brieuc vint s'établir; et, selon la tradition, c'est la qu'il bâtit sa première église. Elle fut dédiée a la sainto Vierge; et comme elle était sur le bord dune fontaine, elle prit le nom de Notre- Dame de la Fontaine. Au xv" siècle, elle fut retdtie dans le beau style de l'époque par Marguerite de Clisson, duchesse de Penthievre. A l'époque de la révolution de 93, elle Tut fermée et abandonnée, et démolie en 1799. Autrefois les abords en étaient couverts d'arbres. Mais dans le temps où la Mère Julie en poursuivit l'acquisition, ce n'était qu'un tertre nu et couvert d'immondices. On ne saurait dire combien de difficultés elle ent A vaincre pour venir à bout de »n dessein. Ce ne fut que par une conduite voûte merveilleuse de la Providence, et une protection sensible de la sainte Vierge. Lo 19 mai 1838, on lui permit de disposer du terrain. I* lendemain se passa en actions de grâces. C'était un dimanche. Le jour suivant, tous ses. enfants se rendirent sur 'emplacement pour en retirer les débris et les ordures. Car la procession des Rogations «van y passer le lendemain; et elle avait coutume de s'arrêter devant les ruines pour y chanter une Antienne à la sainte Vierge. Les orphelines profitèrent de cette occasion P°uf prendre possession du terrain. Dès cioq heures du matin, elles y établirent un reposoir où elles placèrent une statue de la sainte Vierge qu'on avait fait mouler précédemment. Elle fut bénie solennellement; c* qui causa une grande joie dans toute la
Kocession. On ne pouvait retenir ses laren voyant Marie reparaître dans son
«•«en domaine. Une vieille femme de qua-
ire-vingts ans, qui avait vu l'ancien état de
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choses, demeura là une demi-heure A genoux et fondant en larmes. L'on continua de déblayer l'emplacement, et en même temps on faisait des économies ; on recueillait des aumônes; on redoublait d'ardeur pour le travail, afin d'amasser des fonds. Car il fallait ensemble construire une grande maison et relever une chapelle.
Le 9 septembre 1838, on bénit la première pierre de l'édifice religieux. On y mit cette inscription sur une plaque de cuivre : Chapelle de Notre-Dame de la Fontaine. — Au V siècle, oratoire de Saint- Brieuc.— Au xv\ rebâtie par Marguerite de Clisson. — Démolie en décembre 1799. — Reconstruite en 1838 sous l'episcopat de Mgr Le Groing de la Romagère. Ensuite les travaux furent interrompus jusqu'en 1840. Ils furent repris le 22 mars de cette année; et la chapelle fut bénite le 7 septembre 1845.
Dans l'intervalle, la Mère Julie fit fermer entièrement le terrain, et jeta les fondements de son établissement. La construction était considérable, mais la Providence vint A son secours. Quelques dames se montrèrent généreuses; ses orphelines redoublèrent de zèle et de travail; et les ressources augmentèrent progressivement A mesure qu elle en avait besoin.
Les bâtiments furent en état de recevoir la petite communauté le 1" février 1840. Ce fut la pour elle comme une ère nouvelle.
Cet institut, sous la protection de la Sainte- Famille, a quatre buts principaux :
1* Empôcner le vice, en tarissant la source du vagabondage des petites filles ;
2* Soulager les pauvres dans l'abandon ou le délaissement ;
3* Honorer Notre-Seigneur, oublié dans un grand nombre d'églises presque toujours désertes;
A* Implorer la divine miséricorde pour les pécheurs les plus délaissé.
Les Sœurs de la Sainte-Famille ne sont obligées A aucun office particulier de religion; mais elles font ensemble les exercices communs de la vie chrétienne. Elles s'engagent cependant au service des pauvres, A la pratique de l'obéissance et de la pauvreté religieuses.
L institut reçoit des élèves externes; mais elles sont séparées des orphelines.
Mgr 1'évôque do Saint-Brieuc s'est réservé la direction de l'établissement des pauvres orphelines. Ce n'est que le 26 mars 1835 qu'il a reçu publiquement, dans la chapelle de Notre-Dame, les promesses religieuses de la Mère Julie et de deux de ses élèves. Trois ans auparavant, il leur avait donné le nom de Sœurs de la Sainte-Famille, en leur prescrivant un habit simple de couleur bleue. (1)
PROVIDENCE (Soeom de la), è Evreux.
Un des caractères propres aux œuvres de Dieu dans l'ordre de la grAce est d'avoir de faibles commencements, et d'être, pour ainsi dire, fondées sur la faiblesse et le néant. C'est ainsi qu'est né le christianisme : pour
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l'établir, notre divin Sauveur a choisi ce qu'il y avail de plus petit, de plus vil, de plus faible, do plus iucapable d'une telle eulreprise.
C'est ainsi qu'est née la congrégation des Sœurs de la Providence; simple parcelle du christianisme, et appelée à être une de ses œuvres, il était juste qu'elle commençât comme lui, et, qu'animée du môme esprit, elle poursuivit comme lui sa carrière dans la suite des Ages et à travers les vicissitudes, les épreuves, les obstacles que l'enfer et le monde nu manquent jamais d'opposer à tout ce qui porte le sceau de la religion, du zèle et de la piété.
L'année 1702, six pauvres filles d'une vertu rare et d'une ardente charité, se réunirent >ous la conduite de Justine Duvivier et sous la direction de Jean-Baptiste Duvivier son frère, curé de Caër, près d'Evreux, dans la vue de se dévouer à des œuvres do miséricorde, et de se consacrer tout à la fois à l'instruction des jeunes filles et au soulagement des pauvres malades de la campagne. Le premier théâtre de leurs travaux fut cette môme paroisse de Caër, où durant plusieurs années elles s'acquittèrent de ces fonctions de zèle avec tant de désintéressement et de charité que les paroisses voisines, jalouses de se procurer le même avantage, ne se donnèrent plus de repos qu'elles n'eussent obtenu pour elles-mêmes quelques-unes de ces édifiantes Sœurs, maîtresses des écoles chrétiennes et gratuites; c'est le nom qu'el- Jes portèrent d'abord et qu'elles conservèrent jusqu'en 1778. La nouvelle congrégation croissait en nombre aussi rapidement que sa réputation de piété et de zèle. Déjà répandue dans une partie du diocèse, elle ne pouvait manquer de iixer sur elle l'attention et l'intérêt de M. Jean Lenormand, alors évêque d'Evreux; ce digne prélat ne l'eut pas plutôt connue qu'il I honora d'une protection particulière, et se fil un devoir de lui procurer des établissements dans J'autres paroisses où l'éducation était fort en souffrance. Les sœurs y travaillèrent avec autant do succès que de dévouement. En peu de temps, ces paroisses jusqu'alors si négligées, changèrent entièrement de face; la jeunesse régénérée régénéra elle-même les familles où l'on vit retlcurir les bonnes mœurs avec la religion. Des fruits de salut si précoces et si abondants touchèrent singulièrement le premier pasteur. Ne doutant pas qu'une œuvre si féconde dès sa naissance ne fût destinée de Dieu à soutenir et à rétablir la foi dans son diocèse, il résolut de lui donner une approbation solennelle et de l'ériger en congrégation.
Ce fut le 26 janvier 1719 qu'il lui donna des lettres d'institution canonique, où il confirma Justine Duvivier comme supérieure générale, l'autorisa à recevoir des novices, à envoyer des sœurs dans toutes les paroisses du diocèse avec pouvoir de les rappeler durant le temps de In moisson à la maison mère pour s'y reposer de leurs fatigues, s'y recueillir par la retraite, et &*y
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renouveler par l'esprit de foi. de zèle «t de piété, enfin, pour rendre compte de leurs dispositions spirituelles.
Le principal coopérateur et le premier supérieur des pieuses maîtresses, Jean-Baptiste Duvivier, était mort l'année précédente 1718. L'évêque nomma pour loi succéder M. Bertrand James, prêtre de la congrégation des Eudistes, directeur du grand séminaire, homme tout rempli de 1 esprit de Dieu, et confirma dans la charge de supérieure générale Justine Duvivier, qui continua de gouverner la congrégation avec beaucoup de sagesse et de piété jusqu'à sa mort arrivée en 173i. Ce fut sous son gouvernement que les règlements faits pour les premiers temps de la congrégation ne suffisant plus & une administration plus étendue, M. Bertrand James dressa sous l'autorité de l'évêque un corps de statuts et de règles, dont un des points fondamentaux est que les sœurs ne seront point liées en* tre elles età leur congrégation pardes vœux religieux, mais par une simple promesse. Ces statuts furent approuvés et confirmés avec de justes éloges par tous les évêques qui se succédèrent jusqu'à la révolution. Mais il manquait une chose essentielle au bien de la congrégation; c'était de lapartdu roi des lettres patentes qui, en lui douuant une existence légale, la rendissent capable d'acquérir et de posséder, et la missent à l'abri des persécutions. Plusieurs lentatiies faites a ce sujet échouèrent : il fallait de nouveaux services et même des traits héroïques de dévouement pour disposer le gouvernement a accorder celte grâce.
En 1768 et 1769 plusieurs paroisses do diocèse d'Evreux, et notamment celle de Cruley, furent allligées d'une maladie contagieuse qui ût de grands ravages partout où elle pénétra. Les médecins et chirurgiens refusèrent opiniâtréiuent de visiter et de soigner ces pauvres malades : saisis de terreur, ils n'osaient pas même approcher de leurs villages. Il n'eu fut pas oe même de ces filles génère usos que leur amour jour Jésus-Christ avait consacrées au soulagement de ses membres souffrants. Elles se dévouèrent au service des pestiférés, passèrent les jours et les nuits à les soigner, h les encourager, les uns a la résignation, les aoiros à la patience, tous à la réception des sacrements : elles eurent la consolation d'ea tirer un grand nombre des |>orles du tombeau, mais ce fut aux dépens de plusieurs d'entre elles qui, victimes de leur chanté, succombèrent à la place de ceux qu'elle» avaient arrachés à la mort.
Appuyé sur les faits et tant d'autres services rendus parla congrégation, M^r a* Narbonne, évêque d'Evreux, présenta use nouvelle requête au roi pour obtenir les lettres patentes si longtemps attmdues. Ce* lettres, datées du mois d'août 1778 et enregistrées au mois de janvier 1779 au parlement de Houcn, renferment le plus gra«l éloge de la congrégation, et rendent un témoignage solennel aux services iuiportaû-»