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Après dix ans de terreur et d'anarchie, la France religieuse commença a respirer au commencement du xix.' siècle. Toutefois, pendant quelques années encore, Mlle Jamiu fournil !e logement et la nourriture au clergé paroissial. Kile'pourvut, après le concordat de 1801, aux premières nécessités du culte catholique.
lin détruisant les communautés, la révolution de 1790 avait empêché Mlle Jamiu de suivre son attrait pour la vie religieuse. Le rétablissement de la tranquillité publique et la liberté rendue à l'exercice de la religion lui permirent euliu de suivre la vocation à laquelle elle se sentait appelée depuis sou enfance.
Tous les maux, suites du bouleversement de la France, ucsaient alors cruellement sur
. i \. '.<: j-r- ri.\.r • as. La /Minore ètvi f v. -- ^•.rJ-.:!s vt de tmie instruction; .•.-> v.-.- ,.ir .s .-t !:-s malades lan^uîs^itt'ut sa a S j ï , 3aas au. un sOUiag-UK-til;
ua » ia . t c d'i alaf tu.aés pn\e> par la
re-'- •• i! .-n i?ur tiai ou de leur fortune u* tr-.- ;-..v ; '. i.: ;a:n ni a.sile. Ml'.e Jajaia c .>:i s ;t .r ar-;a-t d'an éîaLîis-ement où toutes ■ - taSer-.?, qu'-.die >i-uia»*ea;t chaque j.jar, ]■* :av-/.-,t etiM-rô a; rès elle. Sa coulianoe • . .-;-» a ,ae l'roviijen-.-e, Pempô. ha >k re- «• u-er •tevir.t -es diilj.-u'tés nombreuses ^ la: •Os^.erit so.i peu de ressources, le îa'i a ur i-,-s te:n;>s et plusieurs eiubarras-ie fa:a,..e. l'ar 1; couse: 1 de son directeur, ei e se- pr-esouta »-n quai dé de nos: niante à la coaaaua nité -les incurables de Beauté, v ût ua n ■ ">v t. aat, afin d'ex3miner sa vocation arec maiurtte. et se former aux vertus religieuses.
-r-.fua de l'expérience et des lumières
de [ilusienrs vénérables prêtres qui s'y trouva n-nt, tou> confesseurs de la foi aux jours d'eareuve qui venaient de s'écouler. Revenue à la Fie. lie, Mlle Jamiu, en commençant sou œavre. fut puissamment aidée jur Je • oncours et le dévouement de M. i'ierre Hot-he , nom né à la cure de la Flèche, pu .Mgr de Pidoll, évèque du Mans. Ce prêtre, pu!->aut en vertus et en œuvres, était destiné par la bouté- divine à être en celte ville l'instrument de ses miséricordes. Ea eUet, outre les secours abondants qu'il no ne ccs>a d'accorder h la Providence \mr sulivenir h ses besoins et ses eirorls pour établir celte congrégation sur des bases solides, l'homme apostolique rétablit encore, à force de zèle et de courage, la communi ai des hospita ières de la Flèrhe, celle de n congrégation de Notre-Dame; il finda 11 maison des frères de la Doctrine chrétienne. Il mourut en odeur de sainteté après un ministère de trente années. Vénéré île tous s» paroissiens, l'objet des regrets el des éloges môme des indifférents et des impies.
Avant de commeocer son établissement, Mlle Jamin avait voulu de nouveau attirer les grâces du Tout-Puissant sur une au-si grande entreprise. Elle fit, sur la lin de f*"», utie retraite de dix jours dans la communauté de Saint-Joseph de la Flèche. Retenue ensuite à sa maison, elle commença à recueillir gratuitement et moyennant de faibles rétributions, des femmes infirmes, quelques personnes de piété avancées en ige et voulant se retirer du monde. Peu de teit.j'* après, Mlle Jamin obtint de Mgr de Pidoa" ti permission d'établir, dans son établissement, un oratoire, et d'y conserver l'auguste cremenl de nos autels. La fondatrice ne tjrda pas à réunir au personnel de sa nuis-n quel |ues orphelines placées par le bureau de charité el que les grandes pensionnaires formaient à divers ouvrages manuels. Vers 18DG, quelques demoiselles pieuses durèrent partager les travaux do Mlle Jaura.ét commencer avec elle une association religieuse. Cellu-ci, de concert avec le -Ji-*Jjr M. de la Koche, dressa un règlement p ur les tilles pieuses qui voulaient s'y préparer
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DES ORDRES REL1G1EI X
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) l'état religieux, en se dévouant au service (JfS enfants »«t des pauvres. Les aumônes des l*rsonnes bienfaisantes permirent alors 5 la f riijatrire de faire bâtir une chapelle et un •ha»ur h l'usage des sœurs el des jeunes i les de l'établissement; ce qui, sur la degarnie de l'ordinaire, fut autorisé par décret oe l'empereur Napoléon, du 25 janvier 1807. Depuis celle époque jusqu'à l'année 1812, Mlle Jamin, surchargée de travail et de sollicitude, portait tout le poids des divers offres de h maison, pan e que la jeunesse des Heurs, leur inexpérience les empêchaient do non faire sans l'assistance de leur supérieure.
Oatre les dépenses extraordinaires dans une maison renfermant alors quarante personnes, la supérieure avait acheté six mai- Kins voisines pour agrandir h sienne et élevé diverses constructions d'une valeur de plus de 30,000 fr. Ce fut alors que la famine, dont tonte la France et une partie de l'Europe ressentirent les suites funestes, vint désoler les populations, et consommer li ruine de la Providence. Abandonnée dos *e:irs découragées par uno misère extrême, i!es orphelines qu'elles ne pouvaient plus nourrir, des pensionnaires effrayées d'un ie! état de choses, Mlle Jamin se trouva *'ule, sans ressources, sans secours aucun, atteinte d'une maladie grave causée par un irnail excessif, par les angoisses de la pauvreté, jvar les chagrins et par les privations de toute espèce.
Dans une semblable position, le respectable y. de la Rochn vint lui-même passer plusieurs nuits au chevet de la fondatrice expirante. Les supérieurs ecclésiastiques et t ïiU, tous les gens de bien, convaincus du zèle de la pureté d'intention de Mlle Jamin, s'empressèrent de la consoler, de l'encouragera supporter toutes les douleurs qui lui tiaiejil encore réservées. Loin de perdre («urage. MMc Jamin, seule, chargée d'une mère octogénaire, de trois orphelins, de ses '•ereux et nif-co, reçut de nouveau, dans sa nukon, quelques infirmes aussi pauvres qu'elle. Tons vécurent de l'aumône des personnes bienfaisantes et du produit du tra- "d des personnes valides de la maison.
Bientôt les ressources augmentèrent par l'arrivée de quelques pensionnaires. Mlle Jamin put s'aider de deux filles à gage dans les travaux multipliés qui l'accablaient. Peu à f«u, Dieu envoya è la fondatrice quelques laines personnes, qui, loin d'être rebutées f*r l'extrême pénurie de la communauté, ^ulurent en faire partie, et s'y préparer à '^>i religieux. A partir de ce moment, et Kndant plusieurs années, Mlle Jamin et ^ compagnes eurent b supporter toutes les Kivatîoijs de la plus extrême pauvreté. Sans |j*l>its, sans couvertures, manquant souvent ' e («in, elles continuaient avec le mémo ^lme leurs travaux et leurs soins auprès ''«orphelines, des malades de leur maison ei des campagnes voisines. Enfin, plusieurs 'u-.uards des deux sexes vinrent finir leurs jours h la Providence, y laissèrent leur mo-
bilier et quelquo argent. Un ou deux legs en argent el en immeubles, la présence de quelques pensionnaires, des aumônes que la Providence leur ménageait, firent presque cesser l'état précaire où se trouvait ccllo maison depuis tant d'années. On put, en> 1824, acquérir quelques maisons et les jardins nécessaires a l'extension de l'établissement. Ce fut cette année, 1826, que sévit, a la Flèche, ce fléau si terrible, que pendant cinq mois, les prêtres et les médecins de la ville no pouvaient plus suffire au soulagement du grand nombre des victimes que la mort enlevait chaque jour. Les sœurs de la Providence se livrèrent toutes à l'assistance des malades et des mourants avec un courage que la religion seule inspire el peut soutenir. FJles les veillaient loules plusieurs nuits de suite, assistaient les pauvres et prodiguaient à tous les soins les plus affectueux, avec les consolations de la piété chrétienne. Cn pareil dévouement acquit, aux sœurs de la Providence, l'estime et le respect unanimes de toute la ville. Les autorités civiles et judiciaires appuyèrent de tous leurs pouvoirs, dans leurs vœux exprimés au gouvernement d'alors, les efforts de M. de la Roche, pouroblenir l'autorisation légalede la maison de la Providence.
En effet depuis vingt-deux ans, ce prêtre infatigable poursuivait ardemment le succès de celte affaire importante pour l'institut dont il est le père. Mémoires déiaillés,sollicitalions verbales et par écrit auprès des personnes influentes de la ville, de b préfecture oude la capitale; pétitions aux divers gouvernements qui avaient régi la France depuis vingt ans, M. de la Roche avait tout tenté pour assurer a la Providence la base nécessaire à sa perpétuité. Enfin une ordonnance du 23 mars 1828 couronna sou zèle et sa persévérance.
Les sœurs autorisées à faire des vœux publics, les prononcèrent au nombre de quatorze, le 16 octobre de la même année dans l'église paroissiale de la Flèche. La cérémonie fut des plus solennelles et rehaussée per le concours bienveillant de la majeure partie de la ville.
Pendant les douze années qui s'écoulèrent depuis cette heureuse journée jusqu'au 16 novembre 1840, époque du décès de la vénérable fondatrice de la Providence, cette maison s'accrut peu à peu, malgré les difficultés de toule espèce, qui presque toujours s'opposèrent a son 'développement comme h sa prospérité. Mais à peine la Mère Jamin fut-Hlo allée recevoir au ciel le nrix de ses vertus et de ses travaux, que l)ieu voulut aussitôt récompenser chez ses filles les humiliations et le long dénûment dans lesquels il les avait éprouvées pendant trente-quatre ans. l.a profession de plusieurs sujets précieux à l'institut, nombre toujours croissant de pensionnaires des deux sexes» offrant a la maison de nouvelles ressources, les dons fréquents de la générosité chrétienne fournirent autant de moyens deut
fJH3 PRO IdCU
Dieu so sert aujourd'hui pour souicnir c«*t rublisfenicnt et le faire servir aux desseins de sa miséricorde sur les pauvres et les cipholines qu'il y nourrit, et sur les religieuses qui y sont appelées à la pratique des t.onscils évangé'iquos.
Depuis quelques années, In maison do la Providence a pu ajouter aux nombreuses maisons acquises par la fondatrice plusieurs bâtiments, jardins et pièces de terre indispensables au plan général de l'établissement cl de ses vastes déi cndnnccs.
Des bAtimenls spacieux et commodes pour les pensionnaires, les salles des hommes et des femmes, le chœur des religieuses sont disposés autour d'une magnifique chapelle (style du xn' siècle ) accompagnée d'un clocher en pierre «le la môme époque cl du plus bel effet. Les cuisines et leurs accessoires, les lieux réguliers, les pièces propres aux orphelines et jeunes pensionnaires sont établis avec symétrie devant un enclos assez étendu, traversé par un fort courant d'eau vive. Tout l'établissement au surplus est borné au midi et au couchant par les riantes campagnes qui bordent la rivière du Loir.
Il convient de terminer celte notice en disant quelques mots sur les fuis que s'est >roposéc la fondatrice de la Providence et es œuvres de piété et de miséricorde auxquelles se livrent les religieuses do cette maison.
L'institut est établi pour trois fins principales :
La première, qui regarde Dieu, consiste À l'honorer par un culte spécial au sacré cœur de Jésus, par l'adoration continuelle, pendant le jour, du très-saint Sacrement do l'autel , par la récitation quotidienne de l'Office du très-saint cœur do .Marie, lête principale de l'institut et titre religieux de la congrégation des sœurs de la Providence.
« Cot Ôllico d'une grando brièveté, à cause des travaux multipliés des sœurs, est récité chaque jour depuis la seconde moitié du xviii» siècle, avec l'approbation des évêques d'Angers parles religieuses des Incurables de fieaugé. Il est un abrégé du grand Office du très-saint cœur de Marie autrefois composé sous la direction du P. Jean Eudes, fondateur des missionnaires de Jésus et do Marie en Normandie et l'un des premiers propagateurs en France de la dévotion au saint et immaculé cœur de Marie. »
La deuxième fui qui a rapport aux sœurs de la Providence tend à procurer un lieu de relraile, où certaines ômes choisies, désireuses de leur salut et de la perfection, puissent se mettre à l'abri do la séduction du siècle et pratiquer les conseils évangéliques.
La troisième fin qui se rapporte au prochain soit dans la communauté, soit au dehors, a pour but toutes les œuvres de miséricorde auxquelles les sœurs se consacrent, comme le soin des vieillards des deux sexes, infirmes et incurables, l'éducation chrétienne dos orphelines et jeunes pen-
(I) Voy. a la Ûn du vol., n° iOG.
OiAlUE PRO tîOt
sionnaires ; l'admission d'anciennes personnes âgées des deux seies, qui veulent finir leurs jours dans la retraite et dans la piété ; l'école aux petites filles du voisins^ et des campagnes environnantes; la Wte à domicile des malades de la ville et îles environs. Des ecclésiastiques, vieux ou infirmes et obligés de renoncer aux tnv.nu du saint ministère, îonl aussi reçus dans la maison et entourés des soins les \>^u attentifs. Tels sont les travaux des sœurs de l'institut que sou utilité fait appré.i'-r chaque jour davantage dans le pavs où il est établi.
Depuis quelques années, une coromanautédecel institut s'est formée dans la ville de Yandôme, diocèse de Blois, par suite d'arrangements conclus entre Mgr l'évêqm de Blois, le ric he et libéral propriétaire de Vendôme, fondateur du nouvel établissement et la communauté de la Providence de la Flèche qui y a envoyé quatre religieuses professes pour cette fondation. Tout porte à croire que la d illusion de l'institut des filles du très-saint cœur de Marie s'éien- Jra encore dans la seconde moitié du siècle qui l'a vu naître.
Outre les trois vœux ordinaires, ces religieuses font celui de soigner les malades. Ces vœux sont annuels et après dix ans de profession ils sont perpétuels.
Elles sont vêtues d'une robe de laine noire, d'une coi Ile plaie et d'un mouchoir de mousseline blanche, avec un tablier de laine noire 5 bavette, sur la coi ITe un voile noire et jeté sur les épaules. Le costume est complété par une croix p'ate en argent avec un christ. Au bas de la croix se trouve un cœur en argent sur lequel est gravé le cœur de Marie et ces deux mots pour légenue : Humilité, Charité. Elles portent extérieurement au côté un chapelet noir à gros grains, orné d'un christ et do deux médailles en cuivre. (1)
La maison mère est aujourd'hui composée de trente religieuses et de ceut quaraow pensionnaires.
PROVIDENCE DU CANADA (Soecks dbi4 au Chili.
Co fut l'année 1853 que les dignes So--irs de la Providence de Montréal doublèrent le cap Horn et arrivèrent au Chili. Parties du bas Canada, elles allèrent jusque dans le» lointaines contrées de l'Orégon dit relier des misères à secourir et des larmes à essuyer. Elles arrivèrent sans être attendue*, sans avoir été demandées, conduites uniquement par la main de la Providence r*ur soigner et recueillir des orphelins prises des soins maternels. L'hospice des Enfonu trouvés des deux sexes, que ces sœurs dirigent avec tant d'habileté, est une j>reii« de leur ardente charité. Bientôt cet f tassement prendra des proportions p us considérables, attendu que les édiûcesqui étaïf"1 eu voie de construction vont être teroiia^ Ces augmentations que réclament des nécessités impérieuses, permellrout d« fo're