‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 237 sur 323 · PI II · texte numérisé non relu

PI II

rificalion, e* des Victimes du Sacré-Cœur do Jé<us.

Dans h» myslèrc do la Purification on voil Marie présenter son Fils, et co divin Enfant s'offrir lui-mèmo 5 Dieu son Père en holocauste et comme victime d'expiation, pour réparer les outrages faits à la majesté de Dieu et rendre la vie et le salut au monde chargé de crimes. Marie est dans ce grand mystère le parfait modèle de ce que doit C;re une fille de la Purification, victime du Sa. ré-Cœur de Jésus...

Holocauste et expiation, voilà ce que la foi découvre dans le mystère de la Purification et dans l'oblalion figurative que Marie lit au temple de deux tourterelles...

Holocauste et expiation, c'est l'esprit et la fin du mystère do la Purification, qui eut son accomplissement sur le Calvaire pour Jésus cl pour Marie; c'est aussi l'esprit et la fin des religieuses de la Purification et des victimes du Sacré-Cœur de Jésus...

El comme depuis le moment où le Père céleste eut accepté le sacrifice de son Fils dans lo temple, celte victime adorable ne cessa pas d'accomplir sa grande mission jusqu'à ce qu'elle fut consommée sur le Calvaire... ainsi le sacrifice des filles de la Purification est continuel, elles doivent ôtro toujours prèles à accepter do la main du Père toutes les peines extérieures et intérieures qu'il lui plaira de leur départir, et elles doivent sans cesse les lui offrir en union aux soulfrancos de Jésus-Christ pou. réparer les outrages faits à la majesté di vine

Les Kcligieuses do la Purification, victimes du Sacré-Cœur de Jésus portent toutes et chacune en particulier le saint nom do Marie pour exprimer la parfaite union qui doit exister entre elles et leur auguste Mère... Au nom de Mario qui leur est commun, on ajoute un nom dislinctif...

L'habit est de couleur blanche : manteau blanc, au chœur dans les cérémonies et pour la communion; robe blanche, voile blanc pendant le noviciat (les jjeunes professes de chœur portent sur le voile une petite croix noire, ainsi qu'il se voit sur le dessin); guimpe blanche, bandeau blanc, ceinture de |<eau blanche avec boucle d'argent, chapelet blanc attaché au côté gauche, bas blancs, pantoulles blanches à talons élevés; enfin, au jour de la profession, crucifix d'argent sur la poitrine.

Ce vêtement est le symbole de la pureté et de l'innocence dans lesquelles doivent vivre les filles de la Purification, etc.

Le chapelet de la congrégation n'est pas celui de cinq dizaines, qui est cependan toujours en usage, uiais pour la dévotion de iliaque sœur, c'est celui de sept septaines en 1 honneur des sept douleurs et des sep ''égresses de .Marie...

«s postulantes ne '•ont admises à prendre îinl habit que trois mois apiès leur cn-

daus la communauté

jux ans après leur entrée les novices admises à faire leur protv»un '.Um>

laquelle elles prononcent les trois ncm perpétuels de pauvreté, de chasteté et d'obéissance

La charité e<l une dans son principe, une dans sa nature : elle émane de Dieu, et'e esi Dieu lui-même. Dans un degré élevé elle voit l'exemple qui lui est montré sur li montagne, et voudrait, en l'imitant, s'immoler et se rendre en quelque sorte anathème pour ses frères, afin de les sauver.

L'institut de la Purification, dans sa lia spéciale renferme cette charité haute, généreuse, héroïque

Pour remplir cette fin particulière de leur institut, pour réparer les outrages faits à !a majesté de Dieu, expier les crimes des pécheurs, obtenir leur conversion et leur salut, les Religieuses de la Purification, virtimes du Sacré-Cœur de Jésus, s'offrent à Dieu comme victimes, deux ans après leur profession. Du reste elles prennent des engagements pour les souffrances et non pour l'objet de leurs prières, elles restent libres pour demander les grîces d'une autre nature, comme la guérison des maladies

Du moment qu'on a prononcé cette offrande de soi-même, comme victime, avec vœu ou sans vœu, lo voile blanc est changé en voile noir, en mémoire de la Passion >.'e Jésus-Christ, et de la compassion de la trèssainte Vierge, en signe de mort à soi-même, en signe de consommation parfaite et de parfaite soumission à la règle de la Purification.

Les sœurs converses, au lieu du voie noir, portent sur le sommet de la tête ui.croix noire plus longue et plus large que celle qui est sur lo devant du voile «le* jeunes professes.

Les constitutions suivantes prescrivent et facilitent la pratique des vertus, et particulièrement celles qui constituent une véritable Fille de la Purification, etc., tellesquela charité, l'humilité, le silence, le compte^ conscience à la supérieure, les coulpcs en public, l'esprit do communauté, la clôture, etc.

L'intention du respectable fondateur étant que les personnes d un faible tempérament ne fussent point exclues de sa congrégation, il n'a point prescrit d'austérités, laissant* la discrétion des supérieures de régler le zèle de chacune sur ce point. Ainsi il n'a prescrit que quelques jeûnes en snsdeccui ordonnés parla sainte Eglise, et l'abstinent du men redi. Les sœurs usent de linge; rependanlellesontpourlit une paillassc.etfour couchette trois planches sur deux trei^ux. L'Office est celui de la sainte Vierge. Les sœurs, autant qu'elles le peuvent, gagnent leur vio en travaillant de leurs mains, recevant les ouvrages qu'on leur apporte du dehors.

Le oluer et le souper sont suivis d'une1 heure de récréation; dans le cours Je la journée il est permis de parler pour les choses utile?, après en avoir obtenu il permisMon. Un grand silence c>t oriiomo •.le une heure à deux heures, cl depuis Km!

DES ORDRES REL1C1F.UX

heures du soir jusqu'au lendemain après

l'oraison.

La confession est hebdomadaire, et le nombre des communions est réglé pour chaque degré; par exemple, les postulantes, une fois chaque semaine; les novices deux fois; les professes du premier degré trois fois, et celles du second quatre fois.

En outre, chaque jour, suivant le nombre des sujets, il y a deux ou quatre communiantes, dont le sort décide.

Il est permis aux sœurs tant novices que professes de voir leurs pères, mères, frères et sœurs, oncles et toutes a visage découvert; niais pour les autres parents elles ne peuvent les voir qu'avec leur grand voile. Ce voile couvre la personne entièrement.

Les sœurs se lèvent tous les jours à cinq heures.

A cinq heures et un quart elles se rendent au chœur, récitent en commun les litanies du saint nom de Jésus, et font oraison jusqu'à six heures et un quart.

A six heures et un quart, temps libre jusqu'à six heures et demie.

A six heures et demie, Prime.Tierce, Sexte et No ne.

A sept heures précises, la Messe conventuelle. Après la Messe elles se retirent à leurs occupations : celles qui ont communié font leur action dû grâces jusqu'à huit heures.

A huit heures, le déjeuner en commun.

On ne mange point hors du réfectoire, à moins qu'on ne soit retenu à l'infirmerie.

Après le déjeuner chacune retourne à son travail.

A onze heures vingt minutes on se rend au chœur \*ouc l'examen particulier.

A onze heures et demie, le dluer suivi d'une heure de récréation.

A une heure grand silence.

A deux heures. Vêpres, qui sont suivies de ta récitation des litanies de la sainte Vierge et du chapelet de Notre-Dame des sept Douleurs; ensuite la lecture en commun, après quoi chacune retourne à son travail.

A cinq heures et un quart ont lieu Compiles, qui sont suivies de «'amende honora-

ble; ensuite oraison jusqu'à six heures et

demie.

A six heures et demie, on se rend au réfectoire en récitant le premier psaume de la

Sénilence (en s'en allant dîner on récite le fûerere), on y fait la lecture pendant les deux principaux repas. Après le souper on se rend à la récréation en récitant le De profundis, ainsi qu'après le dîner. La récréation dure jusqu'à huit heures.

A huit heures, temps libre pour prier, etc. Grand silence.

A huit heures et demie. Matines et Laudes suivies d'un demi quart d'heure d'examen de conscience et de la lecture du sujet de la méditation pour le lendemain, puis on se relire dans ses cellules. Un quart d'heure après on doit être couché et toutes les lumières éteintes.

La seconde partie des Constitutions traite du gouvernement et des devoirs particuliers

La supérieure est triennale et peut être réélue. Elle seule et son assistante portent ie nom de Mère.

Cette maison est encore la seule de l'institut. Quant au personnel il n'est pas déterminé et la maison compte actuellement vingt-deux sujets, y compris les sœurs tourières. Déjà douze d'entre elles, après avoir édifié la communauté par la pratique constante des solides vertus, sont allées recevoir des mains de Jésus le prix de leur amour et de leurs sacrifices.

La Au spéciale de cet institut étant la réparation, tous les jours le saint sacrifice est offert dans l'intention de réparer les outrages faits à Jésus au très-saint Sacrement. Une fondation à perpétuité existe dans ce but. De plus l'intention du respectable fondateur était d'établir l'adoration perpétuelle. Jusqu'ici son désir n'a nu être réalisé; mais on espère que le bon Dieu levant les obstacles, on pourra jouir de cette précieuse faveur.

Chaque jour, à la suite des Compiles, a lieu l'amende honorable au sacré cœur de Jésus : les dimanches et toutes les fois qu'il y a salut, elle précède la bénédiction.

Chaquo jour aussi le Salve Regina est chanté après Complies.

REDEMPTOÏUSTES (ou LIGUORIENS).

Congrégation du Trft-Saint Rédempteur , fondée par saint Alphonse de Liguori.

Parmi toutes les gloires dont est entouré buts l'Eglise le nom béni de saint Alphonse de Liguori, une des plus pures et; des plus ça nues, sans doute, est d'avoir donné à l'Epouse de Jésus-Christ une nouvelle famille, un nouvel ordre religieux. Les Souverains Pontifes se sont plu à proclamer cette gloire du grand saint des derniers knnps. « Parmi

les familles religieuses qui ornent aujourd'hui l'Eglise de Jésus-Christ, » nous dit Léon XUt « on ne doit pas mettre au dernier rang la congrégation du Très-Saint Rédempteur, fondée par le bienheureux Alphonse-Marie de Liguori.» (Bref du 11 mars 1828.) Et Pic VIII. dans un décret du 31 juillet 1830, déclare à son tour que, ■ pour l'ornement de l'Eglise militante et l'utilité des fidèles , est venue s'adjoindre aux autres ordres religieux la congrégation du Très-Saint Rédempteur. »

Ces témoignages, et d'autres encore, en éte-

IÎU RED DtCTIO

vanl îaint Alphonse à la dignité de fondateur d'ordre, déterminent en même temps quelle était la nature de son œuvre.

Avant de commencer l'histoire de cette œuvre divine, une réflexion, mise ici en avant et tirée des faits eux-mêmes, jettera sur tout le récit une lumière dont il a besoin. Knfanls de l'Eglise, les ordres religieux ressemblent tous à leur Mère, et tous leurs fondateurs sont des images vivantes de Jésus-Christ. Mais, outre leur commune similitude, chacune de ces corporations sainles a en soi un trait paiticulierde ressemblance, que les autres n'ont pas, du moins au même degré. C'est ainsi qu'on admire dans la famille de saint Hruno, quelque chose de l'immutabilité de l'Eglise ; dans celle de saint François, une image de sa prompte fécondité; dans celle de s;iinl Ignace, quelque chose de son universalité. L'ordre îles Itédemptoristes a donc reçu, lui aussi, son cachet divin, sa marque dislinctive. Nous croyons la découvrir dans une analogie frappante qui se trouve entre l'Eglise et lui, sous le point de vue des dilîicultés de sa formation primitive. L'Eglise en ell'ct, quoique tout entière conçue, vivante et formée dans le cœur de Jésus, a dit néanmoins attendre la mort de son auteur pour paraître au grand jour, et elle n'est arrivée que lentement à la pleine possession de sa grandeur parfaite. La congrégation du Très- Saint Rédempteur, sous ce rapport, ressemble parfaitement à sa Mere. Elle aussi a été, dans le cu'urde saint Alphonse, conçue et formée tout entière. Mais il a fallu que* le fondateur mourût, avant qu'elle put sortir de ses langes et arriver à cet état de corps parfait, pour lequel elle était née. Le même phénomène se reproduisit dans la personne de celui qui fut le principal propagateur de l'ordre. Le P. lloifhauer (c'était son nom), à l'exemple de son glorieux père et maître, travailla trente ans dans la douleur et les larmes, et mourut, lui aussi, sans avoir achevé , mais en prédisant comme Alphonse (pie l'heure de sa mort serait le signal des bénédictions divines. Et c'est ainsi, nous le répétons, que la congrégation a reçu de Jésus-Christ le glorieux privilège de n'arriver 5 ses fin.? que par de longues souHranees, mais avec cette sûreté et ortie solidité divines, qui caractérisent les œuvres crucifiées.

Eclairés par cette lumière, abordons les faits. Nous les diviserons en trois parties, parce que l'histoire de la congrégation nous offre trois tableaux distincts: dans le premier c'est saint Alphonse lui-même, c'est sa vie, et avec lui la vie primitive de l'ordre ; dans le second, c'est la congrégation travaillant a se poser, là où elle devait être , c'est-à-dire dans les différentes parties du monde catholique. Ici, tout se rattache encore à une personnalité, à la vie du grand serviteur de Dieu, Je P. Clément Marie llotlbauer. Le troisième tableau nous montre la congrégation se fixant, se propageant, se consolidant, et arrivant enfin à sa position définitive, par l'établissement de la maison généralice et du gé-

ÏAIRE RED nu

néral de l'ordre au centre même dû la catholicité, à Home.

§ I. Saint Alphonse; sa vocation et le triple appel de Dieu ; commencement de la congreyation ; ses développements intérieurs; sa nature intime ; épreuves terribles.

I. Saint Alphonse; sa vocation; le triple appel de Dieu. — Faire l'histoire d'un ordre religieux, sans la commencer par la vie de son fondateur serait, sans nul doute, uik étrange aberration; puisque la Providence, quand elle veut donner à l'Eglise une famille religieuse, commence par déposer dans celui qu'elle choisit pour chef la plénitude de l'esprit qu'elle veut y voir régner, de façon que tout fondateur est essentiellement modèle et type idéal de son ordre ; et c'est en lui que l'on trouve la plus parfaite personnification de l'œuvre. Etudions donc saint Alphonse, si nous voulons comprendre les Rédeniptorisks. Mais, comme la vie de ce grand saint c>l a elle seule une réunion de plusieurs vies; comme il est tout à la fois évêque, docteur, prêtre séculier, religieux et fondateur, sachons nous borner; et ne prenons dans cette munense carrière que ce qui se rapporte di- •ectement à notre sujet, laissant aux biographes proprement dits le soin d'édifier les lideles par l'histoire complète de cet admirahle saint. Né à Naples, le 21 septembre 16'Jti, Alphonse-Marie de Liguori reçut le jour de parents illustres par leur naissance et leur piété. Son père, don Joseph, quoique trèssensible à l'honneur et aux avantages temporels de sa famille, était néanmoins le modèled'un bon Chrétien ; sa inère, dona Anna, de la noble famille des Cavalîeri de Brindo, faisait revivre en elle le souvenir de ces illustres et saintes femmes dont parle l'histoire des saints. Encore au berceau, Alphonse fut l'objet d'une prophétie mystérieuse, lu saint, le P. François de Hieronymo, l'avant un jour reçu dans ses bras des mains de *a mère qui demandait pour lui une bénédiction , s'était écrié en le bénissant: « Cet enfant parviendra à une grande vieillesse ; il ve rra sa quatre-vingt-dixième année, il sera évêque, et Jésus-Christ se servira de lui pour opérer de grandes choses. » Bientôt Alphonse, prévenu des dons de la grâce et comblé de ceux de la nature, commença à réaliser ces prophétiques paroles. Son enfance et sa première jeunesse ne furent qu'innocence, piété, horreur <! i péché et tendre amour pour Dieu; et chez lui la science elk> t>elles-leltres marchant de pair avec les vertus firent bientôt du saint jeune homme 'es délires du ciel et l'admiration de la terre. Reçu dateur en dn i; avant la (in de sa dix-seplkiuo année, réunissant en lui la connaissance dei langues grecque, latine et française, la sriemu des mathématiques et de la philosophie, h poésie, la rhétorique, la peinture, l'arclii'teture et la musique, Alphonse vovait s'ouvrir devant lui toutes les carrières à l'a fuis. Pour plaire à ses parents.il choisit celle du barreau; et tout promettait en lui un de ces avenirs q«« le monde appelle brillants et heureux, l^n Joseph, son père, était au comble du l«flû-

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