RED DICTI
décidé qu'il quitterait le inonde pour embrasser la vie cléricale. Mais il convenait que don Jos-.-ph, son pèle, y coti-< n1it ; cl ici , <|uc d'obstacles à vaincre, que d'atl'ections a hrisei! Alphonse ne recula pas; grAeo à ses généreux ell'orls et h la protection île tpielques pieux parents, il eut bientôt triomphé des alarmes d'un père déçu dans ses espérances ; et. le 27 octobre 17*23, à l'Age de 27 ans, après avoir renoncé a son droit de primo^éniturc, il déposa 1rs livrées du monde et revêtit l'habit ecclésiastique.
Mais celle carrière nouvelle n'était pas encore le terme définitif où l'attendait la Providence. Di u le voulait religieux el fondateur d'ordre. Neuf ans de vie sacerdotale dans le siècle furent consacrés à le préparer à celte Imite vocation. On peut dire en ell'el que ces neuf années de la vie d'Alphonse, prêtre séculier, furent un vrai noviciat où, a l'école du céleste Mailre lui-même, il acquit, nourrit et consomma dans sou Ame, cet esprit du parfait IléJcmploriste, dont nous le verrons rempli dès les premiers jours de sa vie religieuse. Successivement tonsuré, minoré et sous-diacre en 1721, diacre et prêtre en 1726, il se livra jusqu'en 1727, c'est-à-dire pendant quatre ans, à ces fortes études ecclésiastiques qui firent de lui la lumière de son siècle. Agrégé, dès son sous-diaconat, à la congrégation des missionnaires de Naples ; entré, en 1721), dans la maison des Pères de la sainte famille dite des (Illinois, il préluda dans ces dillcrenles positions aux entreprises sacrées que le ciel lui réservait ; et, tandis qu'au dehors il se livrait au ministère de la parole et aux saintes fonctions du sacré tribunal, tandis qu'il devenait par son zèle, ses talents, sa sainteté et ses succès l'apôtre et la gloire de Naples ; au dedans, l'esprit de Dieu, travaillant et façonnant sa grande Ame, formait peu à peu l'imitateur parfait de Jé.Mis-Chrisl, le Hédemptorisle. (le fut -dors surtout, durant ces neuf ans d'une sainte préparation, qu'il conçut ce zèle brûlant des Aiii»'s, celte connaissance et cet amour de la grande icuvre des missions, cette ardeur sacrée pour le ministère du confessionnal et pour la simplicité de la prédication évangélique, cette intelligence profonde des mystères de Jésus-Christ, cette tendresse pour les Ames abandonnées, cet amour pour la croix, cet esprit d'humilité, de pauvreté et de simplicité religieuses, e»t ensemble, en un mol, de lumières et de saintes ardeurs qui formèrent plus tard la substance des régies de son ordre. Fidèle aux leçons de son Maître intérieur, il ne cessa durant ce temps de coopérer, avec une générosité parfaite, aux exigences de la grâce. Prières, pénitences et austérités ell'ravantes, il n'épargna rien pour se préparer, sans qu'il le sut lui-même, au rôle sublime que lui réservait le Hédempteur,
Enfin, lorsque l'apôtre fui jugé suffisamment préparé, le Seigneur se mil à IVeuvre et songea à faire son troisième et définitif appel. Celte fois, ce ne furent plus les salutaires avertissements d'une humiliation sévère, ni les saintes révélations d'une cxtase,qui éctat-
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rèrent Alphonse, l.a Providence, qui aime H varier Ses iudn-lries, employa, pour app<kt son serviteur , le concours caché d*> circonstances en apparence fortuites, el l'humble voix d'une sainte religieuse ignorée du monde et connue de Dieu seul. Au m'u> de mai de l'an 1731 , Alphonse , étant revenu des missions, épuisé de fatigue, dut, pour complaire à ses amis, songer h hretirer dans quelque campagne solitaire pour prendre du repos. On choisit un ermitage près la ville il'Amalti. Mais le Seigneur, qui voulait Alphon.se ailleurs pour fi app> r son coup, lit en sorte que, par un hasard apparent, les nouveaux solitaires d'Ainalfi tiv sent la rencontre du grand vicaire de Scala. Celui-ci leur oiïrit, avec une gracieuse bienveillance, un autre ermitage [dus spacieux, dit de Sainte-Marie-des-Monts , et situé sur une montagne dont Scala n'était pas éloignée. 11 ajouta, pour les décider, qu'ils trouveraient là des familles de pAlres abandonnées, auxquelles ils pourraient faire quelque bien. C'en était assez; la proposition fut accueillie avec empressement , surtout par Alphonse. On se rendit donc sans tarder & Sainte-Marie-des-Monts. La chapelle , annexée à l'ermitage, fut ornée ; on obtint «Je l'évêque la permission d'y exposer le tressainl Sacrement ; les pAtres de la montasse accoururent en foule; Alphonse, doublement heureux de posséder son Jésus et les pauvres, se livra avec délices aux élans de son zele ; il évangélisa ces Ames abandonnées, et le Seigneur voulut qu'il ressentit en son oiur un bonheur jusque-là inconnu pour lui.
Sa grande réputation portèrent aussi l'évoque de Scala à lui demander quelques piroles pour son peuple. Alphonse se rendit à ses désirs ; et uu seul sermon qu'il fit d.m> l'église cathédrale suflit pour produire <!'•> merveilles de grAees. Les religieuses duTre>- Sainl- Sauveur obtinrent de même quelquev unes de ces paroles bénies, dont il était samlemenl prodigue. En un mot, le repos de l'ermitage se convertit en un apostolat laborieux et fécond. Alphonse quitta sa retraite avec la joie dans l'Ame , el en laissant aux heureut habitants la promesse de les revoir au hh .> de septembre suivant. Mais en les quittai:, il emportait dans son cunir [dus que de l;i j<>'e : son séjour à Sainte-Marie-des-Monts avaii déposé eu lui un g'nne, une idée, qui et.nt le comuienvement de la grande onivre, l'idée île se vouer au salut des pauvres Anus atandonnées. Cette lumière divine le suivit et ne le quitta plus; et, trois mois après, quand»» revint à Scala, la pensée secrète n'arait |*> disparu; le moment de la vocation éu:\ enlin venu. Parmi les religieuses du Snut- Sauveur se trouvait une sieur, que Pi" favorisait rie révélations et de dons «•"roaturels. Sa vertu reconnue , et le< épreu»»'* nombreuses que des maîtres habiles d,m> l<i direction des Ames lui avaient fait subir, rc: laissaient aucun doute sur la vérité de y> faveurs célestes. Son nom était Marie-Mrftine Caslarosa. Ignorant complètement qu'. Alphonse avait éprouvé et comi»n« *