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servée parmi les religieuses populations «le ces contrées. Auvm, à peine l'Cglise commençait-elle à respirer que l'archevêque ue Vienne ouvrit cette maison à Saiut-Swophorien, près iJe ce pèlerinage célèbre, à cause •lu tombeau .Je saint François li t*^i s . Trois prêtres adoptèrent son idée et commencèrent, dans une étalée, à enseigner lesélémcuis du latin à de pauvres pavsans tirés de la charrue pour être appelés plus tard à la vigne du Seigneur. Tel fut I humble lien-eau de l'humble institut à une époque où ITiglise, sortantde la persécution, n'avait pas en- ore d'existence légale en France, où les temples étaient fermés et où les établissements ecclésiastiques n'avaient pas droit de vie.
Ce fut donc à Saint- Symphorien que quelques ecclésiastiques pris dans les diocèses de Valence, de Grenoble et de Viviers se réunirent : ce fut là que Mgreréa.sous la direction fJe M. l'abbé Actorie, ancien professeur de philosophie au séminaire de Die, et de M. Lapierre, un établissement où devaient se former les élèves du sanctuaire, en môme temps qu'il serait une ressource au v familles catholiques pour l'éducation religieuse de leurs enfants. M. Lapierre fut nommé curé de la paroisse, tandis que les maîtres et les élèves s'abritèrent, comme ils purent, dans le presbytère et dans les humbles habitations des paysans du village.
Le saint et illustre prélat, qui avait établi la maison d'éducation de Saint-Symphorien, ne négligeait rien pour entretenir, parmi les élèves, un grand fond de piété, un excellent esprit, et l'émulation nécessaire pour le succès des études.
Celle œuvre importante commencée par un homme qui a laissé tant de souvenirs et de regrets, ne pouvait manquer de prospérer pour la gloire de Dieu et le bien d'un diocèse qui lui était si cher. Aussi, les bénédictions abondantes que la Providence daigna répandre sur celte entreprise, avaient été pressenties dès .son origine, et le nom du saint archevêque, confesseur de la foi, que le concordat de 1802 transféra sur le siège de Bordeaux, est toujours reslé et sera toujours en vénération parmi les successeurs de ceux qui travaillèrent les premiers sous ses ordres.
Les premiers succès furent suivis d'un temps d'épreuve pour l'institut, et en 1821 plusieurs associés quittèrent la communauté des Basiliens pour adopter la vie de paroisse. Cinq prêtres seulement restèrent unis, soit qu'ils eussent plus d'esprit religieux, soit que l'avenir leur parût plus encourageant qu'aux autres ; ils se formèrent en association religieuse, liés seulement par leur parole, sans aucun vœu.
A la seconde année de sa fondation, le nouvel établissement, où l'on se rendait de tous côtés, quoiqu'il fût placé à la cime des montagnes, et d'un accès très-diflicile, comptait plus de cent élèves, parmi lesquelles les enfants des première» familles du Midi de la France. Alors deux autres confesseurs de la
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foi, le vénérable M. Léorat-Picansd, turé d'Anuonay, et, lors delà suppression du siège de Vienne, vicaire général du diocèse oe Meule, auquel Viviers venait d'être réuni; et M. l'abbé Durci, archipièire, qui tenait, par sa parenté, aux premières familles i Jt- la ville, usèrent l'un et l'autre de leur influence auprès de l'autorité civile, pour attirer l'établissement de Saint-Symphorien dans l'ancien couvent des Cordeliers, à Annonay, la première ville du Vivarais. Ce fut là que, depuis 180-2, jusqu'en 1822, c'est-à-dire pendant vingt ans, «l'abord sous le lilre <ÏEcule secondaire ; et à !a création de l'I'niversité, sous celui tl'Jnttituliun, celle maison d'éducation qui eut, dans certaines années, jusqu'à près de quatrecents élèves, travailla avec succès à remplir les vides du sanctuaire dans le diocèse.
En 1822, M. I'; bbé Actorie, vicaire général et supérieur <b* plusieurs communautés religieuses, se relira; et ses confrères furent réunis en congrégation, sous le vocable de S'tint-Iiasile, par feu Mgr Brulley-de-la-Brunière, évéque de Mende et administrateur de Viviers.
Celte congrégation a pour but l'éducation chrétienne de la jeunesse en général, et eu paiticulier l'œuvre des petits séminaires. Klle embrasse aussi tout le ministère sacerdotal compatible avec la vie commune et la dépendance d'un chef. Les premiers membres élurent un supérieurà vie, assisté d'un conseil de quatre d'entre eux , lesquels devaient être réélus tous les trois ans. Tous les prêtres formant la congrégation faisaient la promesse d'y passer toute leur vie, et s'engageaient à ne la quilier qu'en avertissant le supérieur général de leur projet de sortie, trois ans d'avance, el renouvelant leur demande chaque année et par écrit. Ils se contentaient de recevoir une somme annuelle de 200 fr. pour leur vestiaire. Ces engagements restèrent les mêmes jusqu'au mois d'octobre 1852. Alors les membres de la congrégation crurent devoirresserrer leurs liens par des vœux qui sont temporaires après la première année d'un noviciat de quatre ans; et perpétuels quand les novices s'engagent dans les ordres sacrés.
A cette inèiiie époque, Mgr l'évêque de Mende charga la congrégation naissante de la direction du pelit séminaire qu'il fonda pour l'Ardèche dans le château de Mnison- Seulc, canton de Lamastri.
Les temps commençaient à être mauvais, et ie mal s'aggrava d'année en année jusqu'en 1828, où une déclaration fui demandée à tous les membres des communautés religieuses. M. l'abbé Tourvieille, chef de l'institution d'Anuonay depuis 1822, élu ensuite supérieur général" au décès du vénér iblo M. Lapierre en 1838, après avoir cousu. té les évêques circonvoisins, et en particulier celui de Viviers, sur la forme de la déclarationqu'avaient à faire les prêtres de Saint-Basile, l;i transmit à M. le recteur de l'Académie du re>sort, dont la bienveillance n'était pas suspecte. Dans celle déclaration, neii
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n'était dissimulé, ni les obligations desmembres de la communanlé, ni leur dénomination de prêtres de Saint-Basile. Rien aussi de plus ne leur fut demandé, et ils continuèrent leur œuvre sans être inquiétés.
Cette épreuve de la déclaration ne fut pas ta seole par laquelle eut a passer la nouvelle congrégation; elle en eut bien d'autres de i»lus d'un genre et plus sensibles; niais l'expérience montre que c'est là une conduite ordinaire de la Providence sur les congrégations religieuses, particulièrement lorsqu'elles commencent ou qu'elles sont encore à leur berceau.
A la prière de Mgr de Viviers, leur évêqoe: de Mgr de Pins, archevêque d'Amasée etadminisialeur de Lyon, et de M Mgr s de Valence et de Grenoble, Sa SaintetéGré^oire XVI, sur le rapj*>rt de S. E. le cardinal Sala, préfet de la sacrée congrégation préposée »ox consultations des Evêques et des Réguliers, daigna approuver, le ISseptembre 18:17, aa décret qui déclarait digne d'éloges l'institut des prêtres de Saint -Basile : Instituts* societatis socerdotum a Sancto-Basilio , mm lamdandum.
En 1827, Mgr Bonnet, successeur de Mgr Mol m, premier évêque de Viviers depuis le rétablissement du siège, avait confié sesdeux petits séminaires à des prêtres sans engagercenu religieux, mais avec l'espoir de faire énger l'une des maisons de la congrégation en petit séminaire. Celui de Maison-Seule, oom il a été parlé ci-dessus, avait été trans- ?Wà Vernoux, et un autre avait été ouvert i loarg-Saint-Andéol. Sa Grandeur pria dors les prêtres de Saint-Basile de se rendre lot «ceux de M. le baron de Monlureux, préfet de l'Ardèche , et de M. le maire «Je Privas, afin d'ouvrir un établissement d'instruction publique dans cette dernière fille, chef-lieu du département , où l'on transféra le personnel du petit-séminaire de Muton-Stule.
Vers la même époque, Mgr de Bruillard, étêque de Grenoble, leur facilita le moyen déformer, près de Lyon, dans son diocèse, au château de Feysin, un établissement qui fut ensuite fermé, à l'époque où Mgr Guibert, successeur de Mgr Bonnet, et évéque actuel de Viviers, rendit a la congrégation U direction des petits séminaires du diocèse.
En 1853, appelés par Mgr de Charbonnel, leur ancien élève, les prêtres de Saint-Basile établirent à Toronto, dans le Haut-Canada un petit séminaire qui est aujourd'hui en grande prospérité. Cette maison, commencée arec onxe élèves, en comptera au moins une centaine, a la fin de l'année 1856. Des bâtiments pour le pelit séminaire auxquels e»t annexée une église, sont déjà bien avan- Bés, et lurent occupés à la rentrée des < la$ses. Jusqu'ici le palais épiscopal, cédé ra grande partie par Mgr do Toronto aux l«-êires de Saint-Basile, avait servi de petit séminaire. Cet établissement porte le nom de collège Saint-Michel, et la nouvelle église e&t sous le vocable de Saint-Basile.
Depuis 1802 jusqu'à ce jour, presque tous
BAS li6
les prêtres employés au service des paroisses dans le diocèse de Viviers, et plusieurs autres appartenant aux diocèses voisins, ont fait leurs premières étudesdau? la maison d'Annonay ou sessuccursales.Elles ont aussi fourni des sujets aux Trappistes, aux Chartreux, aux Capucins, aux Lazaristes, aux Obl.-ils, aux Maristes, aux Sulpiciens et particulièrement aux Jésuites. Plusieurs membres distingués de la hiérarchie ecclésiastique ont étudié à Annonay. Dans toutes les autres carrières, et dans les hauts r?ng», un nombreassezgrandde jeunes gens,'élevcs par les prêtres de Saint-Basile, soit avant, soit après la réunion de ceux-ci en congré-
f;ation, servent honorablement la société par eurs principes religieux et leurs talents remarquables, en même temps qu'ils font la consolation et la gloire de leurs anciens maîtres.
BAS1L1ENNES.
De l'ordre de» religieuse» Batiliennet.
Il y a en Occident des religieuses de Saint- Basile. 11 y en a eu Pologne, en Allemagne, surtout en Italie, à Naplos, en Sicile, où est le célèbre monastère des religieuses de Saint-Basile de Païenne, composé ordinairement de cent religieuses, appartenant aux premières familles du royaume. Elles récitaienten commun l'Office eu langue grecque, mais Alexandre VI les en dispensa à cause de la difficulté qu'elles éprouvaient d'apprendre cette langue. Il leur permit de faire l'Office en langue latine et de réciter également l'Office des religieux Dominicains. Lo Pape Innocent XI, par un bref de l'année 1680, leur recommanda de se servir de préférence du bréviaire romain. Il leur permit cependant de célébrer toutes les fêtes de l'ordre de Saint-Basile ou d'en faire l'Office Les religieux du monastère de Messine ont continué à suivre le rite grec, tandis que tous les autres suivent le rite latin.
L'an 365, le monastère de Saint-Patrille fut fondé à Naples, celui de Saint-Gallois près de la basilique de Saint-Pierre dans le champ de Mars fut établi en 504, sous le règne du Pape Symmaque. C'est celui dont nous |«rlons à l'article Bénédictines. On fonda à la même époque celui des Annonciades, ordre de Saint -Basile, qui est aujourd'hui un couveut de Dominicaius tri bien d'autres encore qui existent en Italie et ailleurs.
Le costume de ces religieuses est le même que celui des religieuses d'Orient, quoique dans quelques maisons les couleurs soient ditrérentes. Dans les uns on use du noir , dans d'autres du blanc, tous de laine commune. Elles portent sur la tête une tegatura assez modeste à l'usage des Grecs comme l'assure dans son institution Camille Tuliu.
Vers l'an 1566, elles commencèrent à porter les habillements couleur noire avec un scapulaire et un grand voilequi descend jusqu'aux jambes. Ellesontaussi devantla figure un voile qui descend jusqu'à la poitrine, mais les sœurs Converses ont le dernier voile blanc. foy.Bo-
DES ORDRES RELIGIEUX
«27 BEA dictio:
non i . Ordinis reliijiosi. Apollinaire* «l'Agnosla , Vie de saint Basile; (ioar., Eucholog. Griecorum; Sigisnioud. Baro, in Tici beslain rerum Museoritarum commenlar.; Paul (Meboni, \ te de saint Basile ; Oleai lus, l oyages des Moscovites ; Thcvcnot, Voyage da Levant.
BÉATES DE LA H Al I E-LOlliE,
dans le diocèse du Puy.
Parmi les institutions dont la France est redevable ou dévouement religieux , il en est |ieu d'aussi intéressâmes, d'aussi touchantes même une celle d'»s Braies ou inslilulriccs de village de la Haute-Loire. V«>iri en quelques ligues quelle en est l'origine et l'oinineiit elle fonclionne.
Un vénérable prêtre de Saint-Sulpicc, M. l'abbé Trouson, direelcur «lusémiiiaire du Puy, dans la deuxième moitié du dix-septième siècle (HiGli/, et en même temps eurô de la paroisse Saint- lîeorge, voyait avec douleur que ses paroissiens de la elas>e inférieure étaient d'une grande ignorant e en fait de religion. Il engagea une de ses pénitentes, nommée Mlle Martel, a s'occuper de leur instruction. Mlle Martel entra avec empressement dans les vues de son directeur, •tlle commença l'exercice de sa mission par ies hôpitaux. Le succès dépassa ses espérances. Les malades accueillirent ses paroles avec reconnaissance et cherchèrent dans l'accomplissement de leurs devoirs religieux un adoucissement à leurs souffrances. Elle tourna alors ses .soins vers les jeunes tilles de la ville et obtint des résultats non moins satisfaisants. Elle les réunissait par quartier, dans la semaine, et les conduisait le dimanche aux instructions de M.
l'abbé Tionsou. Le nombre de ces réunions, auxquelles on donna le nom d'assemblées, s'éleva successivement jusqu'à neuf.
M. l'abbé Tronson, craignant avec raison que la santé de Mlle Martel ne résistât pas longtemps a un apostolat aussi fatigant, lui adjoignit un certain nombre de compagnes avec lesquelles elle forma une congrégation religieuse, mais sans faire des vutux. Ou les appela les demoiselles de l'instruction.
Mlle Martel ne vit dans celle aide que le moyen de multiplier ses bonnes œuvres ( 1 ). La "plus importante de celles qu'elle entreprit fut celle des ouvrières en dentelle.
(!) L'une «les demoiselles liait chargée «l'instruire les mendiâmes mu stationnaient au\ poilcs «les église*. Lue autre n i uoill ni les enfants qui vagabondaient dans les rues, leur enseignait quel* ques passages ilu catéchisme ou les conduisait a t'é^lise pour entend le la Messe. Une troisième avant remarque que des servantes stationnaient des heures entières devant une fontaine pour allendie que leur tour d'y puiser fût arrivé et que cela les empochait quelqueluis d'assister a la Messe le dimanche, allaii s'établir, ce jour-là, auprès de celte funlaiiic, ei se chargeait de garder et de remplir le» cruches de n lies qui voulaient aller satisfaire a i elle «d»liçalion.
ii) Elle n'omipe pas moin* de CO.O ;u ouvrières de tout âge. sur une population totale de TiUO (MW M>Haiil>. (Théodore Kalcou, Cala te de la dai til .)
AIltK BEA leH
L'inoustrie de la dente .0, qui est de nus> jours la ressource d'un si grand nombre de familles dans la Haute- Loire ( '2 ), y ét.m déjà très-llorissanle à celte époque, grflee .surtout aux encouragements que lui avait donnés saint François Uégis, l'apôtre du Velav, qui l'introduisait dans toutes les localités où il donna. I des missions ( 3 h Les lilles de la campagne venaient passer l hiver dans la ville du Puy, alin de s»; livrer exclusivement à la fabrication et d'en écouler plus facilement les produits. Pilles se réunissaient, pour habiter et travailler en commun, dans tle vastes maisons de la haute villo dont le lover ne leur coûtait presque rien. Mlle Martel s'introduisit dans leurs chambrées et leur persuada de suivre une règle qui, sans leur rien faire perdre de leur temps, leur fournissait les mm eus de s'instruire, de sanctifier leur travail, d'y apporter même de la diversion. « Elle leur apprenait, » dit un pieux historien de mi Vie, « à lire, à chanter des chansons dévoles, leur enseignait la doctrine el les prières de l'Eglise, et surtout leur faisait quelque bonne lecture proportionnée à leur capacité et qu'elle leur expliquait {'*). » Le silence avait aussi ses moments déterminés. Lhaque réunion était présidée, en son absence, par une ouvrière qu'elle désignait, el avait une école annexée pour les (.élites lilles du quartier.
La sollicitude do Mlle Martel pour le bien des ouvrières s'étendait même au temporel. Alin de ménager leurs moments, elle se chargeait d'aller l'aire leurs provisions dans la ville basse 1 5) et, ce qui était bien plus important, de vendre leurs dentelles. Elle s'y entendait, à ce qu'il parait, parfaitement bien, car elle vendait toujours mieux et plus promplement que les autres (Oj. Pour apprécier l'importance de ce service, il faut connaître la peine qu'ont ces malheureuses ouvrières a se défaire de leur marchandise et l'exploitation dont elles sont souvent l'objet. Aussi Mlle Martel ne manquait-elle jaunis de se recommander , chaque fois qu'elle allait au marché pour cet objet, au P. Kégis, mort naguère en odeur de sainteté, et qui, «le son vivant, pratiquait celte bonne «jbuvre. Les ouvrières de la ville, vuvanl tes avantages que celles du dehors trouvaient «lans ces réunions, demandèrent à eu faire
(ô) Une ordonnance du parlement de Toulouse, en lliit), défendait, tout peine d'amende, a toute personne de quelque sexe, qualité ,1 conditiiin qu'elle fût, de porter sur se* rètemenis aucune iicntelle de sute que filet blanc. Celait la ruine île lonics les (.«briques «lu Puy. Les ouvrières décidées allèrent chercher des «'«insolation» auprès «lu P. Itegis qui leur «lit: < Ave* «on liante en Pieu ; b dnilclle ne périra pas. 1 Le ciui ne larda pas à se vctiliei .
[il M. Tronson, Vie manuscrite de M Ile Martel.
(.'>) Elle leur achetait le Me, le faisait inond e cl leur rendait le pain tout cml. On la voyait venir «le la ville Passe chargée «i«; viande, il'huile, «te chaihU lle et dit choses scc.ildalilos. (ld.)
(til Elle ne manquait jamais «le se rc< oininaïukr a» P. Hec'is eu allant au marche. < ht.)
DES ORDKES RELIGIEUX.
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rartie. Elles ne rentraient chez elles qu'an* kture* des réfections et pour le repos de la ntïr 1 1 )
Cependant le nombre des demoiselles allait toujours croissant. La ville fut trop étroite pour leur zèle. Elles se répandaient, le dimanche surtout, dans les villages voisins, et réunissaient les personnes du sexe dan» une chambre spacieuse , quelquefois dans une grange, pour leur faire rinstructi«n , c'était le terme consacré. Elles leur laissaient en partant quelques feuilles délarbéas du catéchisme et chargeaient celles d'entre elles qui savaient lire d'en faire réciter le contenu aux autres dans les soirées, nais souvent il ne s'en trouvait aucune <fo» la localité. C'était un grand chagrin pour les demoiselles. Elles eurent la pensée «le former des institutrices et de se les donner pour auxiliaires. Ce projet fut immédiatement mi» à exécution, et l'on vit, peu de temps après, sortir de leur maison un es- Mitu de jeunes institutrices, qui allèrent s'établir, sous la surveillance des curés, dans les villages ou hameaux dépourvus d'école. Le pays les appela du nom de Béates.
Les Béates portent un costume religieux. THes sont sous le patronage et sous la direction de la supérieure des demoiselles, qui •«place et les déplace à volonté, mais elles nelmt pas partie de la congrégation. Leur non* est inscrit, après une épreuve de quatre oo cinq ans. sur un livre qui se conserve à II maison-mère. Elles peuvent quitter la wriété dès qu'elles le veulent, mais elles profilent rarement de cette liberté. Elles doivent aller faire une retraite d'un jour, le premier jeudi de chaque mois, et une de nuit jours, tous les ans, à l'époque indiquée, dsns une maison dépendant de l'institution. On exhorte même les plus jeunes a venir y pis>er un ou deux mois, dans la belle sai- ««ia, pour se perfectionner* dans leur état.
Lrs nouvelles écoles furent d'autant plus aùJes, que les communes de la Haute-Loire sont très-étendues. Il en est qui sont formées de cent , cent-vingt et jusqu'à cettt trente agglomérations de maisons (21, éloignées du chef-lieu de 8, 9, 10, 11 et jusqu'à H kilomètres. L'hiver est d'ailleurs fort rode et fort long; il dure généralement cinq
ou six mois, et pendant ce temps le pays est couvert de neige, en sorte que les écoles du chef-lien ne peuvent être fréquentées que par un petit nombre d'enfants. Celles des Béates en sont comme les succursales.
Mlle Martel mourut peu après l'établissement des institutrices, h l'Age de 28 ans, virtime de son zèle. Son œuvre, loin de périr avec elle, fit de jour en jour de nouveaux progrès (3). Elle gagna bientôt tout le diocèse du Puy et même une partie des diocèses voisins (k). Elle eut pourtant aussi ses moments d'épreuve. L'évéque Armand de Béthune, qui l'avait vue naître et l'avait autorisée, fut sur le point de l'interdire et, ce qui étonnera sans doute, il avait pris cette détermination sur la plainte de quelques ecclésiastiques qui voyaient avec une certaine défiance ces évangélistes d'un nouveau genre. Un de ses grands vicaires l'en détourna. Les successeurs de M. de Béthune» mieux inspirés n'ont cessé de l'encourager. Celui qui gouverne en ce moment le diocèse (5) l'entoure delà sollicitude la plus éclairée, et par de sages mesures l'a notablement perfectionnée et agrandie.
Le nombre des Béates de l'instruction est aujourd'hui de 1,100, sur lesquelles 756 sont établies dans la Haute- Loire Les autres sont répandues dans le Cantal, le Puyde-Dôme, la Loire, le Rhône, dans Saône-et- Loire, etc...., et jusque dans la Charente- Inférieure. Les demoiselles de l'instruction, de leur côté, multiplièrent leurs maisons afin de mieux surveiller les institutrices et de leur faciliter les moyens de faire leurs retraites. Elles y reçoivent des pensionnaires et des caméristes (6), mais le noviciat soit des demoiselles , soit des institutrices, doit toujours se faire au Puy.
Pendant 66 ans, la congrégation n'eut pas de règle écrite. Elle se dirigeait par les traditions dont la supérieure était à la fois la gardienne et l'interprète. M. de Chaumeys, grand vicaire, les recueillit et les fit imprimer vers 1730, de peur Qu'elles ne vinssent è s'altérer.
Le noviciat des institutrices dure deux ans. Pendant ce temps, elles doivent s'entretenir à leurs frais. Presque toujours elles le font avec le produit de leur travail, ce qui nuit beaucoup à leurs études. Lorsqu'elles
tl) H. Taoxso*. Vie oui nu terile de Nlle Èlartêl. ii) Eo voici quelques-une* :
Tenee, 130 Usingeaui, 120 Mootrepard, 86 Monisirol, 84 St-Jeurre, 80 Kiotort, 72 .Sw-Sifloléne, 70
Raucoules, Sl-Voy. Lbimbon, S<- Romain, Aurec,
St-JuIlM»
Si-Dfdier.
St-Paldc-Mona, Ittauzac, 51 Lapie, 51
(3) Six ans après Ja mort de Mlle Martel, le» demoiselles étaient déjà au nombre de soiianledix.
(4) Là congrénaii»» a été reconnue comme établissement d'utilité publique par ordonnance du 25 janvier 1845.
(5) Mer de Morlhon. Sur la demande de ce prélat, les Béates placées loin du chef-lieu de la com-
j ont été autorisées a recevoir les jeune* garçons pendant l'hiver, et un certain nombre d'entre ellea ont même été chargées de diriger les écoles do quelques communes peu importantes.
(6) Pensionnaires qui apportent leurs provision» et les font préparer dans la maison.
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ne peuvent pa* y suffire , h maison leur vtenl ••(! aide pour le tout ou pour une partie, ('.énéialeinent elles remboursent relie avance peu à peu, h mesure que leurs modestes revenus le perinelienl. Du reste . alors comme toujours, leur vie est fort sobre.
La soupe trempée par la maison, quelques fruits, un peu «Je fromage, composent ordinairemeiit le menu de leurs repas.
Les Béates, d'après l'esprit de leur institution, ne doivent s'établir que dans les villages et les hameaux. Lorsque les habitants de quelqu'une de ees localités veulent en avoir une, ils s'adressent à la supérieure de l'instruction par l'intermédiaire du curé, et s'ils n'ont pas une habitation convenable, ils mettent immédiatement la main à l'œuvre. L'un donne le terrain, un autre, quelques pièces de bois, un troisième des pierres, des ferrures, ses bœufs et sa charrette pour le transport des matériaux (1); les plus pauvres olfrenl leurs bras. La bourse du curé, on le pense bien, est aussi mise à contribution. Souvent il se charge seul de la construction et conserve la propriété qu'il transmet a ses successeurs. Il est des curés qui en ont fait construire jusqu'à dix. Quelques-unes appartiennent aux demoiselles, qui en concèdent la jouissance moyennant I entretien et le paiement des contributions.
La maison de la Béate s'appelle l'assemblée. Quel qu'en soit le propriétaire, elle doit avoir deux pièces au moins, n'être assujettie à aucun passage ni servitude de ce genre (2), et renfermer un modeste mobilier, dont une cloche et une pendule, pour régler les heures, font nécessairement partie.
Lorsque la maison de l'assemblée est prête, deux notables de l'endroit, suivis d'un cheval pour porter les effets, vont prendre la Béate au noviciat. U supérieure leur présente le sujet qu'elle leur destine, lui remet une lettre d'obédience et la recommande à leurs soins. Ils l'emmènent et l'établissent dans la demeure, au milieu de la population joyeuse qui est venue à leur rencontre.
Dès le lendemain, à 7 heures en été, à 8 heures en hiver, la cloche de la Béate se f.:il entendre. Elle appelle les jeunes filles du village 5 l'assemblée. Elles arrivent, portant les unes leur livre et leur carreau pour faire de la dentelle, les autres, leur carreau seulement (.1). Chacuno en entrant va saluer par un Ave Maria l'image de la Vierge. Elles forment deux groupes séparés. Celui des plus âgées no s occupe que de dentelle et d'exercices religieux. Les plus jeunes disent leur leçon par bande» (4). récitent le catéchisme et font aussi de la dentelle, quelque jeunes qu'elles soient.
(I) Tous ces détails sont copies sur les devis qui ont passe sous mes yeux.
<i) Hègle de conduite. Usages à observer.
l7>) Djns les cantons de Saint-Didier, Monislrol et Montfaucon, votons de Sainl-Kiiennc. la faluï-
HJ A 1-1
Le mercredi et !e samedi, on lit les papiers (.'ii, et on revoit les leçons de la semaine.
Lï maison de la Béate est donc à la fois école et onvruir. Elle < st aussi quelquefois salle d'asile. C'est lorsque la Béate a une ciiiiipagne, ce qui arrive assez fréquemment. L'une des deux réunit les enfants des deux sexes , âgés de moins de six ans.
A dix heures, une des ouvrières sonne la cloche pour avertir les mères de famille qu'il est temps de s'occuper du repas de midi.
A onze heures et demie, même avertissement, pour porter le diner aux champs.
On fait ensuite une lecture pieuse suivie d'un quart d'heure de silence, et on sort à midi.
A une heure, la classe recommence; mêmes exercices , mêmes avertissements. Les jeunes filles confiées à la garde de la Béate ne la quittent que lorsque la nuit arrive.
Après qu elle a pris elle-même une heure de repos ou deux, la cloche se fait entendre de nouveau. Cette fois, c'est pour les uwres de famille nui viennent à leur tour travailler dans la maison d'assemblée. Elles se groupent par cinq autour d'un guéridon sur lequel est placée une lampe dont (a faible lumière est augmentée par l'interposition de bouteilles de verre blanc pleines d'eau. On dit le chapelet, on chante des cantiques. La Béate fait une lecture, suivie d une demi-heure de silence, et pendant tout ce temps, le travail continue. La journée finit à onze heures par la prière du soir. L'ordre le plus parfait règne dans ces réunions. On n'y admet ni les nourrices, ni les femmes enceintes, ni les lilles qui on» donné du Scandale. En être exclue pour ce dernier motif est une grande honte; aussi les exemples sont fort rares.
Le dimanche, la Béate conduit les jeunes lilles à la paroisse, se tient au milieu d'elles pendant les offices et les ramène au village. Après qu'elles ont pris leur repas, elle Tes réunit de nouveau, leur. demande compte de l'instruction qu'elles ont entendue a l'église, leur donne quelques avis et les conduit à la promenade jusqu'au soir. On est ce jour-là plus sévère qu à l'ordinaire sur l'exactitude. A huit heures, elle les rappelle encore pour faire la prière.
Mais si le temps est orageux, si la neige encombre les routes, et que l'on ne puisso aller à la paroisse, les fidèles se réunissent dans la maison d'assemblée et passent une partie de la journée à prier avec la Béate, à écouter ses instructions, à faire le chemin de la croix.
La Béate n'est pas seulement institutrice : elle est encore sœur de charité. Dans les
cation du ruban a remplacé celle de la dentelle.
(1) renseignement simultané. Règle d$ tt>nduile.
(.'») Manuscrits réels. Hègle de conduite.
DH'.TIONNAIUK
«35 BEA DES ORDRES RELIGIEUX* BEA ISI
courts moments qoe lui laisse sa principale pavsans abusent trop souvent de cette facifnndion, elle va visiter les malades, leur lité. Pour un grand nombre d'entre elles, porte des consolations, quelquefois des se- celle rétribution ne rap|K>rte pas même 30 rour>. fait exécuter en sa présence, ou plu- fr. nar an. A ce produit, elles joignent celui tôt exécute elle-même les ordonnances du de leur travail , qui n'est guère plus fort (4). médecin (1); elle les dispose surtout à re- C'est avec ce modique revenu qu'elles doirevoir les derniers sacrements, et, quand vent se vêtir et vivre toute l'année. On dele moaient est venu, c'est elle qui approprie vine sans peine les privations qu'elles s'irait maison , qui dresse l'autel sur lequel doit posent. Souvent, le curé est obligé de leur reposer le saint viatique, qui couvre les venir en aide, et, quand il est lui-même à murs de draps blancs qu'elle a exprès pour bout de ressources, il s'adresse au premier cela (2). Il lui est dérendu de veiller; elle pasteur du diocèse, dont le secours, comme oe pourrait pas faire sa classe du lende- celui de la patronne de sa cathédrale, n'esi main, mais elle désigne les personnes qui jamais invoqué en vain, doivent le faire. Ce sonl deux jeunes filles Malgré cet état de gêne, il est plusieurs pour une femme, et deux femmes mariées de ces saintes filles, même parmi celles qui pour un homme. S'il y a danger de mort, sont brevetées, et il y en a un assez grand m» l'appelle; elle redouble alors ses soins nombre, qui onl refusé des positions bien «ses exhortations; elle reçoit le dernier meilleures qu'on leur offrait avec l'agrément vmffle du mourant, lui ferme les yeux et deleursupérieuregénérale.posilionsqui leur ne le quitte que pour aller consoler sa fa- assuraient un revenu de 400, 500 et même ■"•le. 600 fr., avec des droits à une retraite. D'au-
II en est de même lorsque quelque autre très ont d'abord accepté, mais au moment
ma heur vient affliger une maison. C'est la de la séparation, le cœur leur a failli. Com-
Beate qui apporte les premières consola- ment voulez-vous, me disait l'une d'elles,
lions. Elle est l'intermédiaire discret entre que j'aie le courage de quitter mes enfants;
(e toit de chaume el le cliAteau ou le près- je suis au milieu d'elles depuis trente ans?
bvtfre. Si, dans une année malheureuse. On concevra sans peine que je n'ai pas en,
an fermier ne peut pas payer sa redevance, moi, celui d'insister,
c'est à la Béate qu'il s'adresse pour obtenir Cependant la vieillesse arrive, les forces
»ii ajoucissement qui lui est rarement re- commencent è trahir la bonne volonté de la
îosé. Il n'est pas, en un mol, de bonne Béate; sa vue s'affaiblit; elle comprend
omvrequi lui soit étrangère. Elle est l'ange qu'elle doit céder la place à une de ses
doues. compagnes. Elle, si courageuse, si active,
vowi maintenant ce que les habitants lorsqu il est question de soliciter pour les
pour la Béate en retour de tant de autres , ne sait pas demander pour olle-
iCIOi - même; elle s'en va frapper a la porte de
On lui donne d'abord huit cartons de l'hospice voisin pour obtenir de mourir grain, environ deux hectolitres, et sa pro- parmi les pauvres. Quelques-unes sont révision de bois, tant pour elle que pour l'as- cueillies dans la maison-mère du Puy. D'auwmblée. Les notables de la localité fixent très, en petit nombre, rentrent dans leurs U part contributive de chacun pour le grain familles qui les avaient presque oubliées, et se chargent de la recueillir. Quelquefois Heureuses sont celles qui meurenl dans w sonl les élèves les plus avancées qui, l'esercice de leur saint ministère 1 On leur par un soin pieux, vont elles-mêmes faire rend une partie des soins qu'elles ont donu collecte et en déposent le produit chez nés, et des mains amies leur ferment les >tur institutrice pendant qu'elle est ab- yeux.
*»te. Telle e.<t la vie, telle est la fin de la Béate.
Dans quelques localités, on ajoute a celte L'esquisse que j'en ai tracée n'est que la redevance une livre de beurre par élève ou reproduction de ce qui se passe tous les jouis ^elqnc* œufs. sous les yeux des habitants de la Ha u tell lui est défendu de manger chez les ha- Loire. J'ai écarté avec soin tous les traits du bitanis , même chez le curé. zèle particulier; je m'en suis tenu aux obli- Chaque élève admise è l'école (il n'est salions d'une règle fidèlement remplie, qoestioo que de cellesqui apprennent è lire) Grèce à ces saintes filles, il n'est presque «ou donner 0 fr. 50 c. par mois. Outre qu'il pas de village, pas de hameau dans le déy a beaucoup de gratuites , c'est l'article le parlement qui n'ait une institutrice consens mal payé. 11 lui est recommandé de ne ciencieuse , dévouée , une seconde mère pas exiger ses droits avec dureté (3), elles pour les filles de l'endroit, sans ou'il en
t) Un en voit fréquemment tirer four anique <tnp4e leor lit el le porter dans celui du malade-
ilj Ces draps, ainsi que les chandeliers dorés et tonnée*, sont la propriété du village.
(3) KÎgU de conduite. Maximes et avis.
Il) li»e femme, travaillant a ta dentelle du mata au soir, gagne 33, 40, 45 cenUmes ; quelquefois 5a t.» Je voyais nu jour, dans une école de Béates, a Ktatlt (je désigne la localité pour les gens du une toute petite enfant, âgée de six »?< seu-
lement, il est vrai, mais faisant aller ses petits doigts sur le carreau comme une fée. Je demandai à la Béate combien cette enfant gagnait par jour : 1 centimes et demi ! me répondit-elle. Puissent ces lignes tomber sous les yeux de quelqu'une de ces personnes <|ui dépensent des sommes énormes en plaisirs frivoles I Voilà une toute petite charmant* créature qui s'étiole pour gagner une pièce de monnaie qu'on ne se donne pas (a peine de ramasser, lorsqu'on la trouve sous ses pas.
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coûte un centime a l'Etat, su département, ni même a la commune (1). Cette admirable institution, que le monde entier envierait, s'il la connaissait, fonctionne depuis bientôt deui cents ans avec une régularité toujours croissante. Elle produit un bien immense , et cependant elle est deroeurée jusqu'à ce jour à peu près inconnue au reste de la France. Les habitants du pays eux-mêmes paraissent ne pas en avoir compris tous les avantages, ou plutôt ils en jouissaient comme de la lumière du soleil, comme de l'air pur de leurs montagnes , ne se figurant pas qu'il pût en être autrement. Il a fallu que des hommes venus du dehors, et en particulier l'habile et zélé administrateur qui dirige en ce moment le département (2), vinssent la leur faire apprécierl Le conseil général , répondant è celte initiative, l'a recommandée, dans sa dernière session, à la bienveillance de l'autorité supérieure, qui s'est empressée d'envoyer un inspecteur général, et, sur le rapport de ce haut fonctionnaire, aussi distingué par l'élévation de l'esprit que par celle du caractère (3), une somme de 3,000 fr. a été distribuée entre les plus nécessiteuses de ces institutrices du pauvre. Rarement un secours fut aussi mérité et reçu avec autant de reconnaissance. Là ne se borneront pas, il faut l'espérer, les effets de cette haute bienveillance. Etendre les bienfaits d'une œuvre aussi éminemment utile est une pensée digne du gouvernement qui montre tant do sollicitude pour les intérêts du peuple confié à ses soins.
BEGUINES.
Des sœurs Béguines établies à Castetnaudary
(Aude).
Aux yeux de ceux qui savent la puissance de la prière, l'une des plus grandes jgrâces que la miséricorde infinie de Dieu ait accordées à l'Eglise de France, c'est le rétablissement des ordres religieux.
Lorsque des événements, ménagés par la Providence, permirent aux prêtres longtemps proscrits, de rentrer dans leurs églises spoliées et profanées, les religieux demeurèrent bannis perdes lois iniques et |*ar des préjugés que, depuis Luther, l'esprit du mal favorise avec trop de haine et d'intelligence. Des temps meilleurs pour la liberté religieuse sont venus après un demi-siècle d'attente, et bientôt, s'il plaît à Dieu, nous ve'rons refleurir dans toute leur ancienne
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prospérité, ces ordres célèbres dont Talu sence a été pour l'Eglise un si grand matheur.
il est même des associations religieuses que la France ne possédait pas, et qui se nnluralisent parmi nous. C'est ainsi que les Béguines (4) ont vu s'établir un nouveau béguinage, à Castetnaudary, dans le diocèse de Carcassonne.
Les Béguines ne sont donc pas une congrégation nouvelle : elles existaient en Belgique en 1240. Dans le diocèse de Gand, il y en a jusqu'à 1,200 en divers béguinages.
Il en existe aussi à Anvers, à Malines, à Bruges. N. S. P. le Pape Pie IX. a recommandé d'une manière particulière à Mgr l'évêque actuel de Gand de continuer ses soins
(éternels à cette institution excellente, et klgrde la Bouillerie, évêque de Carcassonne, que son zèle pour les bonnes œuvres rend célèbre, a vu avec bonheur dans son diocèse une congrégation qu'il avait admirée en Belgique.
On se demandera, peut-être, l'utilité d'un Institut nouveau en France, alors que de nombreuses familles religieuses v sontidéjà établies, et que plusieurs y prospèrent d'une manière si consolante.
C'était une pensée qui ne pouvait manquer de venir à l'esprit de l'ecclésiastique qui a prié et consulté Dieu pendant plus de vingt ans, afin de comprendre si, en effet, l'introduction des Béguines en Fiance ne serait pas une œuvre superflue et inutile.
Il lui a semblé, que s'il y a en France une grande variété de familles religieuses, elles se ressemblaient, pour le plus grand nombre, par leur destination et par leur règle, et que la différence entre les unes et les autres n'existait guère que dans les accessoires de la vie religieuse. Il n'en est pas ainsi dans la congrégation des Béguines, dont l'organisation offre des différences essentielles avec toutes les autres.
Les faibles santés, les petites fortunes y ont un accès facile, le travail des mains pouvant suppléer à l'insuffcance de la dot.
Le but de l'institution est île fournir aux Ames qui veulent assurer leur salut, et qui ne se sentent pas ap|*elées aux rigueurs d'une vie austère, un moyen de sanctification eu s'appliquant à la pratique de la perfection par les exercices de la vie religieuse, sous une règle mise à portée des plus faibles tempéraments.
Les béguinages admettent en outre, dans
(1) Les Béates de l'instruction ne sont pa» les seules ; il y a encore celles du lier» ordre de êminl Dominique, de la Présentation, de la Croix, du
Mont-Carmel, ele Les localités, tant soit peu
impartantes, ont une communauté religieuse, sou- \*ut deui, quelquefois trois, et chacune de ce* communauiés a une école gratuite de Ailes. Quelques-une* y joignent une salle d'asile. Il n'est pas de purs «»o le» écoles de Biles soient au* si nombreuses et coûteut si peu : aussi les écoles communales y août, pour ainsi dire, superflues.
(3) M. de Chcvretitonl.
(5) M. Maglii.
(i) Le nom de Bécnine, si extraordinaire parmi nous, est honoré en Belgique à régal de celui des Filles de la charité. Nous aurions cependant en France quelque raison de le relever du discrédit dans lequel Ta tenu l'esprit moqueur et sceptique du siècle dernier, puisqu'il aurait été prn, selon le* document» les plus digne» de foi, en mémoire de sainte Begglie. tille de Pépin, duc de Brabant et maire du palais d'Auslr^sie. Elle était sœur de teinte Gertrude. et elle épousa Ansegise, fils de xaint Arnoutd. C'est de ce mariage que serait »>*»»• ta lignée royale des Pépin.