‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 25 sur 323 · REG · texte numérisé non relu

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leur enceinte, indépendamment des sœurs qui rivent en communauté, sous un même babil religieux, des personnes du sexe de tout âge et de toute condition, qui peuvent v demeurer comme locataires, et qui trouvent dans ces établissements, soit un asile de préservation dans l'âge de l'inexpérience, soit nn séjour calme et paisible, où les âmes goûtées du monde passent leurs jours sèus autre règle que celle do la vie chrétienne.

Ainsi au grand béguinage de Gand, où plus de 600 Béguines vivent en communauté, on compte près de 200 locataires séculières qui vivent en particulier ou en société a«rc les Béguines.

Trois choses ont toujours été nécessaires pour opérer son salut : la fuite du monde, pour tequei Noire-Se*gneur Jésus-Christ n'a pt» voulu prier, et qu'il a maudit à cause de ses scandales, de son orgueil et de sa cupidité;/« travail, qui est la pénitence imposée à tous le» ûls d'Adam comme châtirurnt spécial de la faute originelle, et la fhére, qui est la condition essentielle à laquelle il a promis sa grâce. Or, dans le béguinage, bien que l'on ne s'engage point h observer la clôture, on la garde cependant, autant que possible, c'est-è-dire en ne sor- Unt que rarement et lorsque la nécessité, le» œuvres de zèle ou des convenances rigoureuses en fout un devoir; on y travaille trty-isMduiiienl. et en travaillant, on prie, pour «tirer une double bénédiction.

Cesi en suivant celte règle si simple et si «tairibie sous tant de rapports, que les Bé- £ume» s'affermissent dans les vertus relipeuses, donnent au monde de constants exempte* d'humilité, de détachement, de péoiteoce, de zèle et de charité.

Nous croyons seconder les pieux desseins 4e N"S*eigneurles évéquesenlaisant connaître celte œuvre, dont le premier établissement, pour le midi de la France, existe àCast-isaudarv, diocèse de Carcassonne, déparleo*r:.i de l'Aude, où se trouve un noviciat, renfermant des professes, des novices et des [«stuljntea. Voici comment se fonda cet établisse ment :

« A la fin de l'année 1847, un pieux ecc&tattique du midi de la France, M. Louis à* Soubiran -la- Louvière, chanoire honowre de Carcassonne et ancien vicaire général, quitta CasU'Inaudary, sa patrie, pour parcourir la Belgique. Se trouvant è Gand, >1 visita avec un grand intérêt les deux béyi nages de cette ville, et il fut si touché de tout ce qu'il vit dans ces pieux asiles <foe la capitale de notre Flandre possède depuis tant de siècles pour Je plus grand "antage spirituel et temporel de ses lidbi- ^u, qu'il conçut le dessein d'en fonder de partit* jans son pays.

■ A peine de retour à Castelnaudary, il se ou à l'œuvre : il acheta d'abord danf la partie sud «je la ville un enclos de 150 mètres, et il y bâtit quelques petites maisons et une modeste chapelle domestique. Vers W milieu de l'année 1854, on y comptait déjà

il) Voj. i b fin du vol., n»« 14, 13.

DlCTIO**. des Ordres relig IV.

10 maisons et 14 Filles de la Vierge, qui prirent ensuite le nomdeFïoV* compagnes du Bon-Secours. Elles suivaient l'ancienne règle dn grand béguinage de Gand et les règlements particuliers des couvents où se fait le noviciat. Toute la contrée put apprécier* bientôt les nombreux bienfaits de cette école de religion efcde vertu, et l'estime singulière dont jouissait le zélé fondateur, appartenant à une très-ancienne famille noble du Languedoc, valut à l'œuvre naissante l'appui de plusieurs personnes pieuses. Sa famille même lui fournit, par la vocation religieuse d'une nièce, Mlle Sophie-Thérèse de Soubiran, jeune personne d'un grand mérite, un nouveau moyen de réaliser le projet qu'il nourrissait depuis 1847, de donner à sa congrégation l'esprit et les traditions des béguinages belges.

« Vers le mois de septembre 1854, il se rendit à Gand avec sa nièce et une autre personne du département de l'Aude, pour étudier de nouveau les béguinages de Gand. D'après le conseil de Mgr Delebecque, les deux jeunes françaises, passèrent un mois tout entier au grand béguinage de celte ville, afin de s'exercer dans toutes les pratiques qu'elles allaient introduire à Castelnaudary.

■ Quand elles y revinrent, M. le chanoine de Soubiran agrandit par une nouvelle acquisition l'endos de 1847, et y jeta lesfondementsd'une chapelle assez vaste, placée au centre même de la communauté. Quatre nouvelles postulantes ne tardèrent pas à } entrer, et toutes portèrent d'abord un simple costume noir, comme celui que choisissent d'ordinaire les personnes spécialement adonnées aux œuvres de piété. Mgr de La Bouillerie, évéque de Carcassonne, accorda à la congrégation sa paternelle assistance et ses conseils, et bientôt il jugea que te moment était venu d'en faire une institution diocésaine, en le reconnaissant sous son titre particulier de : Filles compagnes du Bon-Secours, et en célébrant avec solennité son installation définitive. Il voulut, à cette fin, présider luimême la cérémonie de la prise d'habit des premières Béguines, qui eut lieu le mercredi 14 novembre 1855.

« Les Béguines qui ont fait profession portent exactement l'habit en usage au béguinage de Gand, avec cette seule différence qu'elles ont sur la poitrine un Christ en bronze sur une croix de bois noir. Leur costume avec celte addition, qui a reçu l'approbation des supérieurs, est regardé de bon œil dans le pays, où ou le trouve très-religieux et trè»-cbhvenable. (1)

« Le 8 décembre 1856 a vu une nouvelle profession et une prise d'habit; la cérémonie a été présidée par l'ardu prêtre de Castelnaudary, au milieu d'une assemblée d'élite pleine de recueillement.

« A la On de l'année 1856, il y avait au nouveau béguinage de France, sous l'obéissance d'une supérieure ou grande dame, trois professes portant l'habit, et huit autres sujets, qui habitent le béguinage eu sui-

m BEG

vnnt la règle des Béguines, mais en étant jusqu'à présent vêtues simplement de noir; le noviciat en compte plusieurs, ainsi qu'une postulante; il y a en outre un certain nombre de locataires séculières, comme cela se pratique à Gand.

« Quelques-unes des Béguines, qui occupent une maison, ont adopté de jeunes orphelines dont elles font elles-mêmes l'éducation, et quand elles seront plus nombreuses, elles se proposent d'organiser une école gratuite quotidienne, et de se livrer à toutes lés œuvres de dévouement pour lesquelles leurs sœurs de Belgique ont toujours montré, comme nous l'avons vu, uo si louable empressement. En attendant, elles réunissent le dimanche, aprè3 vêpres, plus de trois cents jeunes filles qu'elles s'emploient à instruire et è récréer, afin de leur faire éviter/Iles dissipations et les plaisirs dangereux.

« C'est un raison des services de tout genre rendus déjà par l'institut naissant avec 1 ingénieuse industrie d'un zèle véritable pour le bien des âmes, que les autorités locales lui ont accordé d'une manière signalée leur protection. Pour permettre d'établir une entière clôture, le préfet de l'Aude a autorisé la suppression d un chemin qui traversait une partie de l'enclos, et qui a été rétabli à une certaine distance • il a motivé son arrêt sur l'utilité de l'établissement des Béguines, qui « rendent de grands ser- « vices aux jeunes personnes du sexe pour « la pratique des principes religieux et mo- « raux. » Le béguinage figure maintenant dans VOrdo du diocèse et dans l'Annuaire du département.

• La cour des Béguines de Castelnaudary comprend plus d'un hectare, qu'on entoure de murs, en se servant des pierres trouvées dans le champ lui-même ; elle a son église, son aumônier, et l'on y célèbre régulièrement la Messe et les saints Offices.

« Mgr l'évèque de Carcassonne a confié l'administration spirituelle de l'église et de l'institut au pieux ecclésiastique qui peut dès maintenant être regardé comme ayant restauré l'ordre des Béguines en France. Les rares qualités de la jeune grande Dame, Mlle Thérèse de Soubiran, auront une heureuse influence sur les progrès de l'œuvre, qui commence sous les plus favorables auspices. Aux yeux des gens du monde, qui sont si vite portés à regarder comme inutiles toutes les œuvres qui ne produisent pas immédiatement un résultat pratique, des services déterminés et appréciables , il faut sans doute insister sur tout le bien que peuvent faire les Béguines pour l'éducation, l'instruction, les soins divers que la charité sait prodiguer à tous les genres d'infortune; mais il ne faut pas oublier non plus quelle destinée heureuse est assurée à celles qui, ayant la vocation d'entrer dans un béguinage, y passent uue vie laborieuse, simple et modeste, en travaillant à leur salut, en donnant l'exemple des vertus chrétiennes, •ans se refuser pour cela à tous les services auxquels les gens de peu de foi veulent

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restreindre le caractère d'utilité. La requête de la régence de Gand que nous avons citée, fournit sur ce point une éloquente et solide justification des opinions que nous venons de rap|>orter, et qui n'ont pas manqué de se produire au moment de la fondation du nou* vel'élablissement religieux.

« La Bretagne, ce pays à la foi vive et aux mœurs simples, qui a fourni un si grand nombre de vocations à l'héroïijue congrégation des Petites-Sœurs des f>auvres, et qui rappelle d'une manière si étonnante les Flandres, alimentera sans doute bientôt par ses pieuses filles un institut qui répond sous tant de rapports aux besoins et aux vœux des populations; elle a déjà envoyé à Castel naudary une postulante qui promet de devenir rapidement une digne fille de sainte Begghe. Les diocèses de Poitiers, d'Angers, de vannes, toute la Vendée chrétienne, ont applaudi à la restauration des béguinages en France, et l'on peut espérer de les voir sous peu s'y recruter, non-seulement dans l'ouest de la France, mais aussi dans le midi et jusque dans les Basses-Pvrénées, par la parole de prêtres zélés, sous Vimpulsion des congrégations religieuses, telles que celle des Missionnaires du Sacré-Cœur de Toulouse, qui portent le plus vif intérêt à la restauration des béguinages. Us y voient, comme beaucoup d'ecclésiastiques pleins d'expérience dans la vie spirituelle, un moyen simple et sûr de fortifier et de diriger les vocations religieuses à divers degrés, d'astreindre à une règle facile et utile les personnes dévouées aux bonnes œuvres, et ne se sentant cependant pas portées a adopter tes statuts des diverses congrégations existantes; en un mot, à régulariser, pour ainsi dire, les bonnes dispositions d'ut, grand nombre d'âmes, dont les forces doubleront pour leur propre bien et pour le bien des autres, quand elles se seront librement associées à un institut comme celui des Béguines.

« Puisse le nouveau béguinage de Castelnaudary continuer à produire Tes fruits de piété et de charité qui l'ont déjà rendu cher aux habitants de la contrée! Puisse-l-il, transplanté de nouveau de notre patrie sur le sol de la France, y grandir sans cesse à l'honneur de notre foi et pour le bien de tous I »

BÉNÉDICTINES DE CALAIS (diotisê d'Arras).

Les religieuses Bénédictines, de la Réforme du Val-de-Grâce, furent établies à Calais le 28 octobre 1641. Leur monastère fut dédié à Notre-Dame de Compassion, pour apprendre et rappeler aux religieuses qui s y consacraient à Dieu, qu'elles doivent être dévouées à la croix et à la pénitence tous les jours de leur vie. Leurs anciennes mères vécurent dans une rigoureuse pauvreté, et pratiquèrent les vertus que saint Benoit recommande à ses enfants, surtout l'obéissance, l'humilité, l'abnégation, la mortification et le silence.

t*l BEN DES GRDRI

La communauté était composée de vingt et uoe religieuses de cbaur et de quatre sœurs converses, lorsque la suppression des couvents fut décrétée. Le 2 octobre 1792, elles sortirent de leur monastère qui fut immédiatement vendu, ainsi que leurs meubles, immeubles et effets; on s'empara de leurs titres, et l'on supprima leurs rentes sur l'Etat.

La divine Providence ne .es abandonna pas néanmoins : la faveur des magistrats de ta ville leur facilita Jes moyens de rester ensemble, séparées toutefois* en deux maisons (ce qui ne se permettait nulle part). Elles restèrent ainsi jusqu'en 1795, où le temps étant devenu moins orageux, elles purent tenter d'établir un externat, ce qui Jeor avait été interdit jusqu'alors, et qui devint pour elles une grande ressource, étant privées de toute pension et de toute assistance : cette école leur procura enfin la facilité de se réunir toutes ensemble, en septembre 1796; les habitants virent avec satisfaction cette réunion, et ils iajfavorisèrent.

En 1805, M. Tribou, curé doyen de Calais, louché de la profonde ignorance des enfants pautres, faute de persounes dévouées è leur instruction, sollicita de tout son zèle, audes magistrats, le rétablissement des écules chrétiennes, ce qui lui fut accordé; « les religieuses Bénédictines, pour se conformer au désir de leur vénérable supérieur, acceptèrent la direction de cet établissaient, de l'avis de Mgr l'évéque d'Arras, «ju roalut bien les favoriser de sa prolectioa; j| leur accorda en même temps tous les avantages que les religieuses peuvent désirer. Le 15 octobre 1805 fut le jour de Jeor nouvel établissement; le saint sacrifice 4e la Messe fut célébré dans leur chapelle, qui fut bénite et dédiée sous l'invocation «es SS. Anges; les écoles furent ouvertes le niéuie jour, les élèves s'y présentèrent en «rand nombre. Depuis lors la maison s'est rtwservée dans les mêmes conditions; la viile de Calais continue de lui confier la direction de l'école primaire communale, qui se compose d'environ 400 élèves, fl)

BÉNÉDICTINES DE FLAVIGNY-SUK- MOSELLE (Monastère dits).

Cette communauté succéda a l'ancienne abbaye de Vergavilte, actuellement canton de Dieuze (Meurthe). Cette abbaye fut fondée par le comte Sigeric et la comtesse Bmbe sa femme, qui étaient de la famille des princes de Sa lui : le titre de celte fondation que nous conservons, porte la date de 966; et aux termes de ce titre, le monastère existait déjà lors de sa dotation.

L'église du monastère fut d'abord consacrée par Thiéry, évéque de Metz, sous l'invocation de la sainte Vierge et de tous les af4tre>. Par la suite, elle fut dédiée à* saint Eusiase, abbé de Luxeuil, dont elle possédait les reliques : on ne sait pas l'époque où «Ht* y furent apportées; mais dès le commencement du xm* siècle, il y avait près de

(I) f«f è la no du vol., n» U.

5 RELICIEUX. BEN Uf

l'égjise un hôpital, sous le nom de ce saint, dans lequel on recevait les insensés et les énergumènes que l'on amenait pour être guéris. Le Pape Clément IV, par une Bulle ue l'an 1265, permit aux religieuses de l'abbaye de Vergaville de faire quêter pour les pauvres de cet hôpital.

L'abbaye était fondée pour vingt-quatre religieuses, dont douze devaient être prises dans les rangs de la noblesse, et les autres dans le haut tiers. D'après les traditions de la maison, la règle de Saint-Benoit y aurait été observée dès l'origine, mais avec des variations; il y aurait même eu un temps où l'abbaye aurait été mise en chapitre ; on ne sait pendant combien d'années, ni si ce changement avait eu lieu par l'autorité royale ou sur la demande d'une ahbesse : on croit qu'il dura peu.

Vers 1330, Mme Hildegarde de Ban, abhesse, fit divers règlements, l'un desquels portait que la maison serait rétablie en communauté régulière, selon l'esprit de la fon- ' dation, ce qui fut exécuté. Le malheur des temps et la faiblesse humaine rendirent bientôt une nouvelle réforme nécessaire : elle eut lieu sur la On du xv* siècle.

La clôture, do nouveau interrompue, y fut rétablie à la demande et par les soins de Mme Dieudonnée de Lignéville de Tantonville, le jour de saint Matthias de l'année 1633; et tous les ans, le 24 février, on chantait un Te Deum en actions de grâces. A la réforme austère que Mme de Lignéville avait introduite, succéda une miligation que les temps difficiles dans lesquels on se trouvait semblaient rendre nécessaire ; mais on conserva les usages monastiques, l'esprit de retraite, et la clôture dans toute sa ri* gueur.

Outre les droits temporels, les privilèges et les nombreuses indulgences accordés à l'abbaye de Vergaville, elle était encore célèbre par les reliques de saint Eu s ta se, qui y furent vénérées jusqu'à la révolution française, où les religieuses se virent enlever avec tous leurs biens Jes plus précieux ornements de leur église ; elles purent cependant conserver les saintes reliques qu'elles confièrent à des personnes d'une vertu éminenle qui mirent ce trésor en sûreté, et les religieuses, au nombre de vingt-deux, après avoir donné des preuves d'une foi ferme et inébranlable, et d'un constant attachement à leur saint état, furent dispersées par la le m pète révolutionnaire. Mme de Lamarche gouvernait alors l'abbaye, qui comptait trente-neuf abbesses depuis sa fondation.

Mme Marie-Jeanne de Lamarche naquit le 28 juillet 1755, au château de Lamarche, eu Voivre. Ses premières années furent confiées à Mme de Mussey, sa grand'tante, qui gouvernait l'abbaye de Vergaville avec autant de piété que de prudence. Mme de Lamarche demanda et obtint de s'y consacrer au Seigneur; à vingt ans elle avait fait profession, et bientôt après sa douceur, sa piété, son exactitude, la tirent choisir pour aidei Mme do Mussey, en qualité de coadjuii ice

i ir. i:i;n ihctio

Après la mon de sa taule, \,me de Lamarche, qui n'était pas encore âgée de trente ans, se trouva abhesse en ti Ire. Le calme dont jouissait la communauté sous son administration ne dura pas longtemps; la révolution vint forcer les religieuses et l'abhcs*e à quitter leur pieux a<ile ; le titre de Mine «le Lamarclin l'avait mise trop en évidence pour qu'elle pût demeurer sans inquiétude dans le pays. Après avoir mis (irdre a tout ce qui concernait sa communauté disperse, elle se retira dans l'abbaye royale de Vienne en Autriche; mais elle l'ut bientôt forcée de rentrer en France, par la mort do M. de Lamarche. Pendant ce voyage, elle fut arrêtée avec M. de Fiquelmonl, son heau frère, et détenue quelque temps; mais bientôt remise en iiherté par les soins de Mine de Mouturcux, sa nièce, Mmel'abbesse vécut dan< la retraite, partageant son temps entre (Heu et ses enfants quelle souhaitait ardemment de réunir pour reprendre avec elles les exercices de la vie religieuse.

Ce moment heureux arriva etilin, et dès que la paix et la liberté furent rendues à 1 Eglise, Mme de Lamarche on profita pour réunir ses religieuses qui s'empressèrent de répondre a son appel. Ce fui d'abord à Lunévitle, en 1802, qu'elle vit avec bonheur se reformer sa communauté; elle y ouvrit un pensionnai dans le double but de se rendre utile à la société, et d'obienir une autorisation que le gouvernement n'accordait qu'aux congrégations enseignantes. En 1810. elle transporta sa petite colonie dans le local de l'évèché de Sainl-Dié qui se trouvait alors inoccupé; et dont elle lit l'acquisition. Là elle commença à recevoir de nouvelles religieuses; les anciennes qui avaient commenté la réunion étaient : Mesdames Henry, de Maillard, do Sailly, Duprécl, DuvivieV, de Schlick, de Bruyère, Humberl, d'Aflinicourl, d'Huarl et Hun, auxquelles se joignirent Mine de Kavreux, religieuse de la Pitié de Vassy, et Mme Robert, religieuse de Sainte-Elisabeth de Lunévillo, qui édilia <nii>t;iuimenl la communauté jusqu'à sa mort, arrivée le 30 avril 1825. 11 y avait aussi plusieurs sieurs converses.

Lu 1820, la communauté comptait treize religieuses de chœur et huit sœurs converses, malgré les pertes qu'elle avait faites. Madame l'abbesse songea à lui donner des constitutions qui fussent en rapport -avec les devoirs qu'imposait le pensionnai. Klles furenl approuvées par Mgr d'Osmond , qui avait aidé Mme de Lamarche, par ses conseils et ses encouragements, dans l'œuvre du rétablissement de sa maison, que les circonstances et le manque de ressources rendaient si difficile Cependant, le local prélait peu à la régularité; la Providence conduisit la nouvelle communauté dans une ancienne maison religieuse de l'ordre de Saint-Benoît. Ln 182V, l'évèché de Saint-Dié ayant été rétabli. Madame l'abbes>e crut devoir olïrir au gouvernement l'ancien palais épiscopal, et elle transféra son élabli-.-cment à Flavigny.

«AI1SK RKK u»

Ohijine du monastère tic Flavigny.

\ ers le commencement du \' siècle, Flavigny, (pii était un lise royal, fut donné, par l'empereur Otlion . à l'abbaye de Saint-Vannes, de Verdun; l'abbé Humhert, qui gouvernail celte abbaye, lit bAlir un monasiére h Flavigny, et y envoya un nombre sullisanl de religieux pour y chanter l'ollicc divin. Lan 052, époque- de celle fondation, les reliques de saint Firmin furent apportées \\ Flavigny, et déposées provisoirement dans l'église de SaintHilaire; on en bâtit une auprès du monastère, qui, par les soins d'Odou, premier prieur de Flavigny, fut bientôt ei état de les recevoir. L'église étant achevée, elle fui consacrée par Bruno, évéque île Toiil, depuis Pape, sous le nom do Léon IX, et dédiée à la sainte Vierge et 5 saint Firmin.

Lu 1230, rjom Guillaume, qui en était prieur, répara la maison, qui était en ruines, et rebâtit l'église à neuf. Le monastère de Flavigny fut gouverne par des prieurs réguliers jusqu'en 1550, qu'il tomba en couimende. Alors la règle de Sainl-Benoîl en fut bannie avec toutes les autres observances régulières; quatre ou cinq prêtres séculiers y furent placés pour acquitter les charges de la maison.

Varrv de Lucy, second prieur corunend;itaire, ùl faire les vitraux peints de l'église, dont il ne reste qu'une partie, et une châsse d'argent pour le corps de saint Firmin. Le prieuré demeura en commende jusqu'en Ifiil. Les religieux de Saint-Vannes y portèrent la réforme; mais les princes de Lorlaine s'en eiiq ar èrent, et ce ne fut que quelques années plus tard que donj Charles Noirel, premier (trieur régulier, depuis la réforme, y rétablit sa règle. Doin de Vacimont, qui lui succéda, en 1712, peut être considéré comme le restaurateur du prieuré de Flavigny. On doit à son zèle l'embellissement de l'église, l'augmentation de la nef, ei les collatéraux qu'on y voit. Il mourut en l'.'W, après avoir gouverné le prieuré pendant vingt-deux ans, avec autant de sagesse (pie d'éditicatiou. Doin Hemi Cellier, célèbre par son Histoire des auteurs ecclésiastiques, lui succéda. On lui doit le niait re-autel de marbre, ei les belles stillcs qui ornent le chœur.

A cette époque, le corps de sainte Emérite fut envoyé de Home, et déposé dans l'église, où il resta, avec celui do saint Firmin, jusqu'à la révolution française. Les Renédidins furent alors obligés de quitter leur maison, qui n'eut pas, toutefois, le sort de beaucoup d'autres maisons religieuses. Lille fut vendue à un laïque, qui en pril un certain soin, et la conserva à peu près dans son entier jusqu'en 182'*, époque où Mme de Lamarche eu lit l'acquisition pour sa communauté, qu'elle y transféra dans l'automne de la même année.

Lorsque la communauté fut installée 5 Flavigny, ou s'occupa de (oui ce qui pouvait contribuer à la régularité. Ou y Ul des

DES ORDntS lîKLIGIEUX.

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parloirs, et la elouvre put «ire établie le il décembre 18-25. L'ancienne église fut Itentôi restaurée et embellie, par Tes soins «le Madame labbesse, et dédiée à saint Fustase. dont les reliques y furent placées solennellement. Le pensionnat prit de nouveaux accroissements, ainsi que la communauté; Mme de Lamarche eut la satisfaction de Toir le nombre des élèves s'élever à cinquante, celui des religieuses à vingtdeq, et des sœurs converses è dix, sans y comprendre deux tourrières, engagées par no vœu annuel d'obéissance. Ce fut au milieu de cette nouvelle famille spirituelle que > eiùulèrent les dernières années de Madame l abbesse , heureuse de la vocation qu'elle a«ait suivie, faisant son bonheur de l'accomplissement de ses devoirs religieux, aimant toutes ses religieuses comme ses sœurs ou ses enfants. Elle se fit. jusqu'à la fin, un plaisir al un devoir d'encourager l'éducation de td jeunesse confiée aux soins de la maison. De longues souffrances épurèrent sa vertu; jusqu'à, la dernière heure, elle conserva le caractère de bonté, d'affabilité, qui l'ont reoiiuc chère à tous ceux qui l'ont connue.

Elle rendu son âme h Dieu le 12 janvier Mi, dans la 87' année de son âge, la 67* de m profession, après avoir gouverné la communauté, en qualité d'abbesse, pendant 71 ans 9 mois. Elle fut inhumée dans le coietière du monastère.

Depuis celte époque, la communauté est gouiernée |>ar une supérieure à vie, et suit i> régie mitigée de Saint-Benoit. Depuis la tvuoton, eu 1802, trente religieuses ont teraune leur carrière, et la communauté compte aujoard hui vingt-cinq religieuses de chœur, et seize converses. Le pensionnat se soûlent, s'augmente même, quoique rien de cillant n'attire des élèves.

Le costume des Bénédictines de Flavigny est à peu près celui des religieuses de la '-L.n^re^ation de Saint- Joseph, dite de la Trinité créée. (1)

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