‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 242 sur 323 · RELIGIEUX. RED USA · texte numérisé non relu

RELIGIEUX. RED USA

il leur aurait peut-être rendu toutes ses faveurs, si des considérations plus élevées, relatives au bien général du royaume de Naples, ne l'en eussent empêché. Mais il leur accorda du moins communication de tous les privilèges dont jouissaient les maisons des Etals pontificaux, avec permission d'en user, eux et ceux qui entreraient chez eux dans la suite. Cette dernière clause était une reconnaissance au moins indirecte de la congrégation dans le royaume , non pas précisément comme institut du T. -S. Rédempteur, mais comme un corps de missionnaires digne des faveurs du Saint-Siège. Cette demi - approbation adoucit un peu les peines du saint fondateur et de ses Frères ; mais ce fut tout ce qu'il obtint jusqu'à sa mort.

Quatre ans encore devaient le séparer de ce terme si désiré; et, qui le croirait! un calice , plus amer encore peut-être que celui qu'il venait d'épuiser, lui était réservé. Jusque-là Alphonse, parmi toutes ses peines, avait au moins conservé la sérénité de la conscience. Duraut ses deux dernières années , Dieu , qui voulait en faire un miracle de patience, lui fit soulTrir une souslractiou de lumières et de grâces sensibles, mille fois plus pénible que la mort. Alphonse tomba dans une tristesse profonde, dans une obscurité entière, et la pensée, la pensée affreuse pour lui, qu'il déplaisait a Dieu, qu'il l'offensait en tout et qu'il ne se sauverait pas , s'attacha à son âme pour la torturer, et lui faire endurer, selon ses expressions, les tourments de l'enfer. Enlin, après deux ans, le Seigneur jugea que son serviteur avait assez souffert. Le 19 juillet 1787, Alphonse fut attaqué d'une fièvre ardente, jqui fut l'avant-courcur de sa mort. Aussitôt les peines intérieures disparurent, et le calme rentra dais son âme. L'heureux vieillard put alors penser que le temps de son exil allait finir, el que la patrie allait s'ouvrir pour* lui. A la première nouvelle d'un danger imminent, ses enfants,

3ui n'avaient pas cessé do l'aimer et d'être ignés de lui, accoururent de tous côtés, pour recueillir sa dernière bénédiction. Dans la nuit du 31 juillet, l'agonie commença; mais une agonie douce et sans trouble. De-

f>uis lors jusqu'au dernier soupir, ce fut dans e saint patriarche une union continuelle avec Dieu, avec Jésus, Marie et Joseph; les colloques les plus tendres, la paix la plus céleste adoucirent et préparèrent son dernier passage ; enfin, le 1" août 1787, vers midi, au moment même où Ton sonnait V Angélus , il expira doucement en produisant un dernier acte d'amour. Jésus-Christ, Rédempteur, reçut sa sainte âme el couronna son serviteur : l'fr^glise ne tarda pas a glorifier sa mémoire; le nom de saint Alphonse-Marie de Liguori devint bientôt un nom chéri et vénéré ; on reconnut et on honora en lui le saint, l'évéque, l'apôtre, et la lumière desuii siècle.

Quant à la congrégation , son œuvre et sa fille chérie, elle recueillit avec son dernier soupir l'héritage de la paix. Bientôt après la mort du saint , toutes les difficultés s'aplani-

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rent ; le roi Ferdinand IV approuva enfin la règle de Benoit XIV; Pie VI permit la convocation d'un chapitre général dans le but d'élire un Hcctcur Majeur pour toute la congrégation , et, le 11 mars 17118 , fut élu le P. Pierre Blasucci. Le P. François de Paule renonça à sa charge, et la congrégation, si ballottée, se replara enfin sur sus bases naturelles, pour entrer dans une nouvelle période , que nous allons rapidement parcourir.

§1. — Le Père Ifoffftaurr, ta vacation. Etablissement de la congrégation hors de l'Italie. Epreuves.

I. — Vocation du P. Hofflmucr. — Ainsi que nous l'avons vu, saint Alphonse avait dit qu'après sa mort la congrégation commencerait h s'étendre. Voici sur ce sujet une prophétie bien remarquable du saint Patriarche, que nous a conservée son confesseur le P. A olpicelli : s'entretenant un jour avec quelques Pères sur la triste situation dans la-

auellc se trouvait l'institut (e'était au temps e la séparation mentionnée plus haut), le saint leur dit : « N'en doutez pas ; la congrégation « continuera à subsister jusqu'au jour du ju- « gement, car elle n'est pas mon œuvre, mais « elle est l'œuvre de Dieu. Tant que je vivrai « elle restera daus l'humilité et dans l'hu- « miliation; mais après ma mort elle ne tarit dera pas à étendre lesailes, et h se répandre, « surtout dans les contrées du Nord. » Le moment était venu où cette prophétie allait commencer à se réaliser. Mais quoique, d'a-

Î)rès la parole du saint, cette propagation dut itre plus rapide que la première fondation, elle n'en fut pas moins également pénible, et soumise h bien des difficultés. Pouvait-il en être autrement , a moins que le Ciel n'ait voulu opérer un miracle, permanent? On était alors a la lin du xvin' siècle. Quel temps nour propager un ordre religieux ! L'incrédulité en Fiance , le joséphisme en Autriche, la diplomatie tracassière partout ! Bientôt le feu de la révolution eu France et dans toute l'Europe, puis les guerres de l'empire! et établir une cité de paix parmi tant de bouleversements ! Néanmoins l'œuvre de Dieu s'accomplit.

Un jour de l'année 1784, deux pèlerins Allemands arrivaient dansla ville de Home. L'un se nommait Clément Marie lloffbauer ; l'autre Thadée Hubl. Le premier, Agé de 33 ans, était fils d'un simple laboureur des campagnes de Moravie. Comme Dieu ne consulte pas la naissance pour dispenser ses dons, Clément avait reçu de lui un beau naturel, dans lequel dominaient la force, l'énergie et la constance; et son Ame était ornée, des plus précieuses faveurs de la grAce, d'une foi vive, et d'une piété solide. Il avait jusqu'alors passé sa vie à chercher la volonté de Dieu qu'il ne connaissait pas. Thadée son compagnon était plus jeune de dix ans, et aussi pieux que lui. Tous deux faisaient le pèlerinage de Home pourconnaitre enfui quel» desseins le Seigneur avait sur eux. En entrant dans la ville éternelle, ils se recommandèrent au Ciel avec une grande ferveur; et, comme ils n'avaient ni plan arrêté, ai asile déterminé . ils convinrent ensemble

qu'ils regarderaient comme la voix de Dieu première cloche qui, le lendemain h leur r veil. se ferait entendre a eux. La nuit et.ti! peine écoulée, qu'un son aigu vint fra|.;. leurs oreilles. Ce son descendait des hauin; du mont Esquilin. Sans perdre un iiMm les deux fervent* jeunes gens s'avancent <b cette direction, et bientôt trouvent une [»>•!; église. Ils y entrent et aperçoivent qu- l.ji;. prêtres à genoux, en méditation. C'était 1 glise de Saint -Julien , qui, un an aupamar avait été cédée au I». François de Pau!-:,? périeur général des Hédeniptoristos dans I Etats pontificaux. Nos deux pèlerins y pn rent quelques temps avec ferveur. En soil,? iis trouvèrent h la porte un jeune enfant. G< ment lui demanda à qui appartenait r*:

Eglise : « Elle appartient, » répondit JVnfar <« aux Pères du Tres-Saint Rédempteur, etv.vj Monsieur, ajouta-t-il , vous serez un jour 4 leurs. » Dieu avait parlé par sa bouche. Cii ment frappé et touché de la grAce se sentit i attrait. Il demanda à parler au supérieur. 1 nom d'Alphonse de Liguori déjà connu de )< redoubla son désir; non content de sentir vocation dans son Ame, il pria toute ur nuit et l'obtint pour son ami llubl; et «in ques jours après, tous deux commençai''! leur noviciat h Saint-Julien nièuic. Alphona qui l'on fil part de ces particularités se cria dans une joie extrême : « Dieu ne ïïm\ quera pas de procurer sa gloire par im moyen dans les pays du Nord. » Des son non ciat, en etfet, Clément se sentit un arl^n désir de retourner comme missionnaire ei Allemagne et d'y établir la congrégation ; i s'en ouvrit h ses supérieurs qui furent )< î de rejeter ses pensées. Admis à l'oblation vieux le 19 mars 1785, noffbaueretlluhl.a. : lèrent Saint-Julien , et se rendirent à Fn m none où ils firent leurs études lliéologviquc* ils furent ordonnés prêtres en 1788, et immédiatement renvoyés en Allemagne pour »

fonder une maison et y exercer le saint jr nistère. Quelques années plus tard, en 1"' ; le P. Hoffbauor, qui n'avait été jusque-li w simple supérieur, fut nommé vicaire çénrr.'J

r)our toutes les maisons de l'ordre fc'» 'Italie ; et reçut avec cette dignité tott> " pouvoirs du Hecteur Majeur, à l'exception i quelques cas seulement, tels que l'éivr^n de nouvelles fondations, la dispense defv.p.i et le renvoi des sujets. La création de dignité fut encore une nécessité piwu' 1 des circonstances politiques ; elle n'en M pas moins favorable à la congrégation. J,JI acquit par là hors de l'Italie un second f> ■■<dateur, digne en tous [.oints d'être a[»P-'V' '•' coopérateur de saint Alphonse, et le**"11; nuateur de son œuvre. Adorable Prownoo qui cherche et qui produit ses instruit'par des voies toujours admirables et s^ " fallait un propagateur zélé, un autre Alphonse qui lit en Europe ce que lesainta"1 fait en Italie. Dieu choisit le (ils d'un laboureur, le conduit par la main, le façonne même, et dirige ses pas jusqu'au ternit1 *'«-'•' 'J II - Établissement de h co*y<^ h» s de r Italie. - Voyons maintenant^'

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