SS7 REO DES OU DUES
tauer à l'œuvre. Ce fui à Vienne qu'il alla se axer en sortant d'Italie. Mais il ne tarda pas a comprendre que le"gouvernèinent de Joseph II rendait impossible l'établissement d'une maison religieuse dans celte ville. Après donc qu'il eût parcouru en esprit toute l Europe pour y trouver un asile où il rencontrât encore quelques restes de liberté, il is décida pour la Pologne, qui, quoique trafiiliée aussi par des passions ennemies, permettait encore néanmoins la libre expansion des ordres religieux. Il alla donc se fixer à Varsovie, avec le P. llùbl son confrère, et un de ses anciens amis, nommé Emmanuel kuntamann, qui Je suivit comme frère Laique. Le nonce apostolique leur assigna l'église et le monastère de Saint-Bennon. Bientôt le seigneur commença à répandre ses bénédictions sur la fondation naissante. La grâce sut aller chercher quelques élus, et les amener à HufTbauer, pour qu'ils devinssent ses enfcnts. Elle les réunit des différents points de l'Europe, pour préparer ainsi à la congrégation des éléments duniversnlité. Un noviciat Couvrit a Varsovie. Parmi les novices se fit remarquer surtout le P. Passerat, qui plus lard succéda au P. Hotrbauer dans la charge de vicaire général. Joseph Passerat était né Je 30 avril 1772, à Joinville en Champagne ; séminariste à ChAions-sur-Marne lors de la ré- Tolution, obligé de fuir comme tant d'autres devant les armées révolutionnaires, et poussé toujours en avant par la main de Dieu, ce fut à tarsovie qu'il trouva le lieu de son repos. Ses vertus, ses talents, ses travaux et ses succès ont fait de lui la troisième grande personnalité do la congrégation. Cependant la saison de Varsovie, en môme temps qu'elle s.' peuplait de bons sujets, se livrait aussi aux travaux apostoliques avec les plus heureux résultats. Les Ilédemploristes ne tardèrent pas i être les apôtres de la ville et de toute la contrée. Leur église devint le théâtre d'une mission contiuuelle, et l'on y voyait affluer ans relâche une foule innombrable de fidèles. Plusieurs Messes solennelles chaque jour, plusieurs sermons en plusieurs langues, des associations, des confessions sans nombre, et, «coté de cette étonnante activité, une admirable ferveur : tel était le spectacle que présentai Saint-Bennon. Aussi Pie VI, en apprenant tant de merveilles, s'était-il écrié: < On voit que Je zèle du fondateur
• s'est transmis dans ses enfants. » A cet éclatant témoignage, vinrent s'en joindre bien d'autres encore. Mgr Saluzzo, nonce «postolique écrivait au Kecteur Majeur en 1<93: «Je puis vous assurer, pour votre « grande consolation, que, parmi les religieux « existant dans ce pays, les sujets de votre
• congrégation brillent autant par leur zèle
• que par leur vie exemplaire. » Après lui, NgrLtta, plus tard cardinal, écrivait en ces termes : ■ J'ai vu à Varsovie que la maison du
• Très-Saint Rédempteur y devieut de jour en 'jour plus florissante par l'acquisition de « nombreux sujets, par le concours du peu- ' pic, et par les fruits les plus admirables. « Les fidèles affluent dans Jour église sans
« discontinuer; on n'y fait que prêcher, con- « fesser, donner la bénédiction du T. -S1. Sa- « crement. v A des témoignages si glorieux, il est facile de reconnaître combien Dieu ché • rissait l'œuvre d'Alphonse. Bientôt on put songer à de nouvelles fondations ; deux autres maisons furent fondées en Pologne, et une troisième en Courlande. En même temps la Providence offrit au P. Hoffbauer sur les contins de la Suisse, à Yestetten, un ancien monastère situé sur une montagne appelée le mont Thabor. Il y envoya, en 1803, une petite colonie à laquelle il donna pour supérieur le P. Passerat. En 1804, une nouvelle fondation se fit à Triberg, petite ville située dans la Forêt-Noire. Là, comme au Thabor, ce furent, pour les Rédemptoristcs, travaux et sacrifices bénis de Dieu.
III. — Epreuves. — Mais il entrait dans les destinées de la congrégation que tout, pour elle, s'accomplit à travers mille entraves. Des circonstances malheureuses forcèrent le P. Hotrbauer à abandonner en 1805 les deux fondations du mont Thabor et de Triberg; et on alla se fixer à Babenhausen, dans le diocèse d'Ausbourg. Ce ne fut encore que pour un instant. Les troubles des guerres en 180Gdispersa la fondation. Il fallut alors songer à> se retirer dans la Suisse ; les religieux fugitifs y obtinrent le couvent de Saint Lucien près de Coire. La persécution les en chassa de nouveau. Le P. Passerat partit avec ses enfants, et traversant les Alpes au péril de sa vie, il arriva sain et sauf (dans le Valais, où la Providence, qui les voulait toujours fugitifs, mais jamais anéantis, leur procura un asile à Viéges. Ils s'y établirent le 1" décembre 1807. Les choses en étaient là, quand ailleurs un coup plus terrible encore vint frapper la congrégation, comme autrefois du temps d'Alphonse, au moment où elle allait se fixer. La communauté de Varsovie, centre et vie de toutes les autres, fut détruite , anéantie, par l'effort simultané des passions politiques et des troubles de la guerre. Ce déplorable événement arriva en 1808. La nerle de Saint-Bennon entraîna avec elle celle des autres maisonsdo la Pologne et de la Courlande. Dès lors la vie du P. HofThauer devint semblable a celled'Alphonse, vie d'épreuve et d'attente , avec la perspective que sa mort serait le signal d'un changement, dont lui-même ne serait pas le témoin sur la terre. N'ayant donc plus à lui que la chère, mais bien chétive colonie de la Suisse, avec son digne supérieur le P. Passerat, il comprit, comme Alphonse l'avait fait autrefois, que jamais la congrégation ne pourrait s'établir en des temps si funestes, qu'avec l'appui d'une grande nation catholique. Il n'y avait que l'Autriche seule sur laquelle il put alors jeter les yeux. Ce fut donc à Vienne qu'il se relira ; mais seul, sans communauté, sans habit religieux, cachant avec soin ce qu'il était ; car le joséphisme ne l'aurait pas toléré. Ainsi exilé, le généreux prôlre se constitua, comme Alphonse, martyr pour la congrégation, et attendit en patience le moment marqué par Dieu. A Vieune, il consola son zc!o, ou se livrant à la direction des
UZO HKD DICTIO;
âmes et aux travaux du ministère ; sou in— lluence personnelle y fut immense, il devint l'ouïe de tout ce mf il y avait de plus distingué parmi les catholiques d'Autriche, et son action ne fut rien moins qu'étrangère à l'heureuse régénération qui s'opère aujourd'hui dans cet empire. Cependant, que devenait le cher petit troupeau de la Suisse, la seule et dernière ressource de la congrégation hors de l'Italie ? Chassé de Viéges en )81u,|i! l'ut obligé de se disperser pendant quelque temps, et ce fut 15 la plus terrible épreuve. Elle dura 7 ans; Dieu eut enlin pitié de ses enfants persécutés, (il la congrégation, qui, dispersée, vivait toujours, fuf de nouveau réunie en 1K17, dans un couvent nommé Valsaintc, situé dans le canton de Fribourg. Là, sa position devint un peu moins précaire, gr;ke à l'existence légale que lui accorda le gouvernement cantonal" de Fribourg. Vers ce temps le P. Uolfbauer, toujours cMtenlif à ce qui pouvait procurer la gloire de Dieu et le bien de l'ordre, eut l'occasion d'envoyer quelques Pères en Valachie pour y fonder une mission ; mais ils eu furent bientôt chassés ; et ce fut la dernière tentative que lit le Père hors de l'Autriche ; dès lors il concentra plus que jamais tous ses efforts survienne, où il travailla avec un zèle infatigable h préparer les esprits, et à disposer toutes choses pour obtenir enfin ce qu'il jugeait avec raison nécessaire, la reconnaissance de la congrégation dans tout l'empire. Il allait atteindre ce terme tant désiré, quand la mort vint lui enlever cette couronne de la terre pour lui donner celle du ciel. LeP.Hotfbauer mourut le 15 mars 1820, a l'Age de 69 ans, comblé de vertus et de mérites devant Dieu et devant les hommes. Il mourulcommc Alphonse, en laissant à ses enfauts des paroles prophétiques.. . «Ayezpatienecct persévérez,» leur avait-il dit; «j'aurai à peine fermé les yeux, et vous aurez des maisons et des fondations en abondance. »
Durant cette période, la congrégation en Italie eut aussi bien à souffrir des malheurs du temps. Ou comprend que l'invasion des armées françaises n'était pas de nature à favoriser l'expansion d'un ordre religieux. Sous la restauration, le P. Rlasucci recouvra quelques maisons qui avaient été enlevées à l'ordre, et ayant h Home quitté St.-Julien, il obtint du Pape Pie VII la maison de Saucta- Maria in Montcrone, au centre de la ville. Le P. lilasucci mourut à Notera en 1817, à l'Age de 80 ans, et eut pour successeur le P. Mansione. Ce fut sous son gouvernement que commença pour la congrégation la 3* période, celle du développement, tant en Italie, que dans le reste de l'Europe.
§ III. — Rapide extension de la congrégation, son centre est fixé, à Home, et son organisation définitivement obtenue.
Le P. Uolfbauer, ainsi qu'il l'avait luimême prédit, avait à peine quitté la terre, que s'ouvrit pour la congrégation une ère nouvelle. Le temps des promenés était pas>é; on allait voir maintenant leur réalisation. Moins de deux mois après la mort du saint
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homme, le 30 avril 1820, l'empereur d'Autriche publia un manifeste, par lequel il reconnaissait légalement la congrégalioa du Très-Saint Rédempteur, et lui assignait une église avec, un couvent. Le 20 niai do la même année, le P. Joseph Passerai reçut du P. Recteur Majeur, Nicolas Mansione, sa nomination a la charge de vicaire général, et il vint se fixer sans délai à Viennc.où une cmiimunauté nombreuse ne tarda pas à se f<»rui< r des éléments qu'avait préparés le P.llolTbauer. Aussitôt on commença les travaux apostoliques, et l'on ne vit plus de tous côtés que de nouvelles fondations. Ce fut d'abord l'entrée des Rédemptorisles en France,et leur établi>sem»Dt dans le diocèse de Strasbourg, en 1820; i.ui3 la translation de la communauté de la Valsainte à St. -Sylvestre, près de Fribourg, d enfin à Fribourg même ; ensuite, en Uîd, l'établissement de la congrégation dans le Portugal, qu'elle dut quitter bientôt par suite des événements de 1823. Tandis qu'en Italie, au P. Nicolas Mansione, succédait en 1824 1<î P. Célestin Codé, cl eu 1832 le P. Camille Ri poli, et que sous ces deux Recteurs Majeurs, la congrégation, dans le royaume des Deui- Siciles voyait s'accroître le nombre de ses sujets et de ses maisons, la propagation suivait aussi son cours dans le vicariat général du P. Passerai. Au printemps de l'année 1833. les Rédemploristes s'embarquèrent pour '"Amérique, où ils possèdent maintenant, dans les Etats-Unis, une province florissante. L'année 1831, fut celle de l'entrée des Pères en Relgique, où ils s'établirent et se propogèreu' avec une rapidité merveilleuse. A peu près a la même époque ils pénétrèrent dans le duché de Modène, et en 1832 ils entreprirent une mission dans la Bulgarie, où ils restèrent 8 ans.
Parmi toutes ces consolations, la Providence en préparait une, plus précieuse à elle seule que. toulfs les autres ensemble. Le 26 tuai 1830, Alphonse-Marie de Liguori fut solennellement canonisé, et la congrégation jouit des lois de l'inappréciable avantage d'avoir un saint pour fondateur. Celte glorieuse fêle réunit à Rome des Rédemploristes de tous les points de l'Europe ; et l'on songea alors h réaliser dans l'institut toutes les formes de gouvernement qui avaient été indiquées et prévues par le chapitre de 1764. Des députés furent envoyés près du Saint- Siége par le P. Camille Ripoli, et par le P. Passerai. En vertu d'un décret -de Grégoire XVI, sous la date du 2 juillet 1841, la congrégation fut divisée en un certain norois «le provinces, et sa position s'organisa de plus en plus. Néanmoins il ne fut pas pos*ibleencore d'abolir la charge temporaire devicaire général ; il fallait pour cela transférer la résidence du Recteur Majeur à Rr>mc ; et celte grave a traire était pour lors loin d'être exécutable. Des raisons politiques firent aus>i<jue les dispositions du décret relatives à la création des provinces ne purent pas s'eiécuitr dans le royaume des Deux-Siciles. En ntèm temps que In congrégation s'a vançail ainsi pt J U peu vers la réalisation définitive de sa constitution naturelle, elle continuait merveilleuse
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iient à se propageret à travailler pour les Ames. En 1841, elle pénétra dans lu Bavière, et un peu plus tard en Angleterre. Les événements de [^arrêtèrent un instant sa marche; on chassa 1rs Pères de Fribourg et de Vienne : mais bientôt les ( hoses reprirent leur cours ; la congrégation rentra un Autriche, par la faveur de François-Joseph, pénétra dans la Hol Uorfe, dans là Prusse rhénane, la West pha lie, I Irlande et la Suède, et, à l'heure qu'il est, le mouvement d'expansion continue. Quant au travail d'organisation intérieure, il ne fit que s'activer de jour en jour, depuis les dispositions de 1841. La position naturelle et fixe de l'institut était d'avoir, comme tous les ordres religieux, son centre à Rome. Il y tendait depuis longtemps; saint Alphonse qui n'avait ni voulu ni pu s'y fixer de son vivant, avait parlé d'un moment où la Providence y appellerait les sieos. Ce moment était venu. Le P. Camille Ripoli étant mort en 1850, avait été remplacé parle P. Vincent Trapanèze ; d'autre part le P. Passerai ayant renoncé a sa charge a cause do si grande vieillesse, avait eu pour successeur lu P. Rodolphe Smetana. Un grand changement était à faire et le temps de l'opérer semblait être arrivé. Mais aussi des circonstances bien critiques étaient réunies pour l'empêcher. 11 fallait transférer le généralat de Nocer.i à Rome, et les principes du gouvernement Napulitain, joints au caractère exclusif de cette nation, rendaient la chose doublement diflicile. ht IX, usant d'une fermeté apostolique, après avoir tenté en vain tous les moyens, frappa •lors un grand coup. Il décida par un décret iMseptembre 1853, que les maisons existant iinsle royaume de Naples seraient, en attendant des temps meilleurs, gouvernées séparément; et que, pour le reste de la congrégation, e'-st-a-dire, pour la presque totalité, le Saint- Siége aviserait. Peu de temps après, un Mire décret décida qu'une maison de l'institut serait établie à Rome, que le supérieur général de la même congrégation y résiderait, et qiïun chapitre général y serait incessamment télébré. Ces dispositions furent exécutées sans retard. On vit , clans l'espace de moins de deux m, une vaste et superbe villa achetée, et en maison généralité; un chapitre
cnvooué et célébré en 1855; un supérieur ç^néral et Recteur Majeur élu, presque h l'unanimité ; la congrégation définitivement fixée, <t saint Alphonse, du haut du ciel, témoin de "île heureuse conclusion de toutes choses, pour laquelle il avait tant souffert, tant prié, a tant mérité.
Ici finit le passé de la congrégation. Ce ;«ssé, si fécond en mérites et en croix, et ' rminé par un événement si heureux , per- ' ut a ses enfants de lire avec confiance les croies de leur saint Père Alphonse, qui a dit l écrit : • Je tiens pour certain que Jésus-
• Christ regarde d'un œil fort amoureux notre ' |*tite congrégation ; qu'il l'aime comme la
• prunelle de ses yeux. Nous le voyons en « ••lîet par expérience. Au milieu de tant d
« persécutions , il ne cesse de nous protéger,
• d de nous rendre plus dignes d'aller tia-
• Tailhr pour sa gloire dans beaucoup de
« royaumes divers. Je ne le verrai pas, parce « que ma mort est proche; mais je suis cer- « tain que notre petit troupeau croîtra tou- « jours de plus en plus, non pas en devenant « plus riche et plus considéré du monde, « mais en procurant la gloire de Dieu, et eu « obtenant, par ses œuvres, que les hommes « aiment et connaissent davantage Jésus- « Christ Notre-Seigneur. *>
Qu'il en soit ainsi, et que l'histoire des Rédemptoristes se termine ici par l'adorable nom de Jésus-Christ Rédempteur!
La congrégation du Soint-Rédempteur est établie actuellement (1859) dans soixante-deux diocèses, dans lesquels elle compte quatrevingt-deux maisons. En Italie elle a fondé 28 maisons reparties en 24 diocèses; e.n Savoie elle n'a qu'une maison à Annecy ; en France 8 maisons ; en Belgique 7 maisons; en Autriche 9 ; en Bavière 7 ; en Prusse 2 ; en Hollande et les duchés qui en dépendent, 5 ; en Angleterre 2 et en Irlande 1 ; aux Etats- Unis 10 et une aux Antilles.
Nous ne pensons pas qu'il soit utile do laire connaître tous les diocèses qui ont l'avantage de posséder une maison de la congrégation ; voici néanmoins ceux de France : Arras, Bourges, Cambrai, Metz, Nancy et Strasbourg.
RETRAITE (routas historique sur l'œuvre des).
(Yoy. Notre-Dame delà Retraite, col. 989.)
L idée d'une institution régulière exclusivement destinée a faciliter aux personnes du sexe, l'usage des retraites et à leur faire prendre des mystères et de la pratique de la vie chrétienne des notions suffisantes pour leur état res|>eciif, n'est rien moins que nouvelle dans l'Eglise, vu que les siècles les plus voisins de son origine, nous en olfrenl le modèle dans la condition des personnes consacrées è Dieu pour former à la vie chrétienne les catéchumènes et les néophites adultes de leur sexe, qu'on disposait, par une instruction spéciale, a la réception des sacrements.
L'Eglise, dans sa sagesse, avait jugé quo l'assiduité nécessaire à ces fonctions, leur convenait mieux qu'à ses propres ministres qui, en se réservant l'exhortation publique et la conduite des âmes an saint tribunal, se bornaient pour lu reste a une prudente direction.
Des institutions analogues se renouvelèrent dans différentes formes, dans lesderniers Âges de l'Eglise.
L'Italie a été la première à en donner l'exemple; elle fut imitée par les autres contrées catholiques, et l'OEuvre des retraites porta des lruils de salut pour l'un et l'autre sexe jusqu'aux deux extrémités de l'Amérique méridionale
Kilo fut également organisée en France, il y a deux siècles, par les soins du P. Huby, que l'activité de sa charité, aussi bien que Ponction de ses œuvres spirituelles ont ren due célèbre. Cet homme apostolique eut la
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consolation de voir dos maisons de retraite, se former sur le modèle de In sienne dans presque toutes les villes de Bretagne.
Mine de Miramion en établit une?) Paris, avec le concours des membres les plus distingués du clergé île tous les ordre.*. Les communautés fondées à cet effet obtinrent, dès l'origine, des succès qui dépassèrent toute espérance. Klles se soutinrent dans leur esprit primitif et continuèrent à fructifier, jusqn au moment de la révolution, qui les renversa avec toutes les autres. Quelques-unes se sont depuis rétablies en Bretagne, où l'OKuvre des retraites était devenue et reste encore populaire ; mais ces pieuses associations, privées du lien des vœux religieux, et n'ayant reçu de leurs fondateurs que des règles de discipline régulière, qui laissaient chaque maison à ellcinôine, n'étaient pas dans des conditions favorables pour un développement étendu.
Aussi se restreignirent-elles aux limites de la Bretagne, qu'elles n'ont guère dépassées.
Néanmoins le besoin des retraites étant partout le même, des communautés, principalement vouées à renseignement, ont en différents lieux lâché d'y subvenir, on admettant des retraitantes dans leurs maisons, soit en particulier, suit en commun, durant les vacances, à la place île leurs élèves. Des fruits satisfaisants de salut ont toujours récompensé leur zèle, et l'afiluenio croissante des retraitantes a fait voir que la moisson était partout plus abondante que n'étaient nombreuses les mains disponibles pour les recueillir.
L'opportunité d'une institution consacrée h unir par des liens religieux, les personnes qui se sentiraient un attrait particulier pour celle OKuvrc salutaire, et h les former spécialement aux conditions qu'elle demande, s'ist fait d'autant plus sentir, que les retraites communes données dans les maisons d'éducation ne peuvent avoir lieu qu'à de rares époques, et pour certaines classes de personnes ; que celles qui y prêtent leur charitable concours, étant partagées par d'autres soins et préparées à d'autres fonctions, se bornent habituellement a exercer l'hospitalité envers les retraitantes, dont les exercices consistent d'ailleurs généralement plutôt à écouter ta parole de Dieu, comme il se pratique dans les paroisses, qu'à la méditer en particulier, ainsi que l'exigent les conditions d'une véritable retraite.
Ce n'est donc point tant parle mérite de la charité, commune à toutes les œuvres do zèle, que se recommande la Congrégation de Notre-Dame de la Betraile, vis-à-visdes autres institutions religieuses, que par la spécialité de son objet et les moyens qu'e'ile emploie soit pour se disposer à sa fin, soit pour l'atteindre. Ainsi elle diffère des hospitalières consacrées à l'exercice des œuvres de miséricorde, en ce que les soins extérieurs qu'elle donne aux retraitantes, reçues dans ses maisons, ne s'arrêtent pas
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aux besoins de la vie, mais «ont directemenl coordonnés au bien des âmes.
Kl le diffère des communautés d'instituts divers qui prêtent leurs maisons aux retraites, par l'unité de son objet, d'où résulte plus defacilité de le soigner, par l'éducation et la préparation de ses sujets, proportionnées à ce seul but; elle en diffère encore par la périodicité, la variété et la popularilcdo ses retraites, par la diversité des méthodes qui y sont employées et par les différents genres de biens qu'elle tâche d'en faire sortir.
Knfiti elle diffère des anciennes associations de retraite par ses vœux et son institut religieux, par l'union de ses maisons sous une même autorité, union qui, en consolidant l'OKuvrc des retraites, lacilite les moyens de la généraliser.
Celte courte exposition des caractère»
propres de l'OKuvre de Notre-Dame de la Retraite et des motifs de son institution, montrent assez qu'en tendant à propager l'usage de ces saints exercices, bien loin d'entraver en rien le bien que peuvent produire, dans le même genre, les autres communautés qui y concourent, elle vient au contraire seconder leur zèle, le suppléer en tout ce qu'il ne peut faire avec la même commodité, et lui prépaper même de nouveaux aliments, en popularisant de plus eu plus l'usage des retraites. Pendant qum ouvre aujourd'hui de toutes parts, des écoles spéciales aux adultes, pour leur communiquer les connaissances usuelles, relatives à quelques besoins do la vie présente, il doit sembler encore plus expédient, de leur en ouvrir d'autres, aussi nombreuses que possible qui, se proportionnant aux besoins particuliers des âmes, à leur degré d'instruction, d'intelligence et de bonne volonté, les initient ou les rappellent à la science si peu commune et d'ailleurs sitôt oubliée de la vie éternelle. Or c'est là, comme on l'a vu, l'unique objet de l'OKuvre de Notre-Dame de la Retraite; d'où il suit que celte œuvre envisagée dans le développement auquel sa constitution est coordonnée, peut devenir comme une sorte de complément des insiiluttons religieuses qui ont pour Gula formation de la jeunesse chrétienne, attendu qu'elle aide à faire fructifier dans la maturité de l'âge, la semence de salut, quecellesci ont antérieurement jelée, et qu'elle Iroine d'ailleurs souvent l'occasion de semer elltmèrne et de recueillir là où les soins du autres n'ont pu atteindre.
Telle est l'idée qui a présidé à l'établis*ment de cette congrégation et qu'une livreuse expérience a déjà sanctionnée.
C'est près du tombeau de saint Jean-François Régis, apôtre du Velay et du Vivrais qu'elle a pris naissance, Dieu voulant qu'elle eût pour père, un des plus grands «>,nu* des derniers temps de l'Eglise, formé luimême h l'école des exercices, qui servent de base aux retraites et sanctifié par lf"r limage, où il a puisé avec ce zélé ardent du
ulot des âmes dont il fui dévoré, les ressources pour les convertirai» ont rendu ses travaux évangéliques dansles Cévennes si fructueux.
De là le nom de Retraite de Saint-Régis donné a la première maison de l'OEuvre, et qu'elle conserve en mémoire de celui qu'elle ténère, comme son fondateur.
C'est sous ce nom et à cette fin expresse des retraites que l'institution naissante fut d'abord autorisée par Mgr Pierre-François Bonnel, évôque de Viviers, le 11 mai 1836, nuis confirmée par son immédiat successeur Mgr Joseph, Uippolyte Guibert à qui elle doit en outre l'approbation de la dernière forme de sa constitution. C'est encore sous ce même litre de la retraite qu'elle fut admise a Lyon, près du sanctuaire de Notre- Dame de Fourvières, le 15 septembre 18H, l*arson Eminence le cardinal de Bonald, archevêque de cette ville, qui, encore évoque du Puy, n'avait omis aucune occasion d'encourager ses premiers essais.
Rien ne manquait plus dès lors à l'entier affermissement de l'OEuvre que la bénédiction du Père commun des fidèles, et ce bonheur ne tarda pas à lui être encore procuré par Mgr l'évêque de Viviers, qui sollicita en personne pour elle près du Saint-Siège, cette laveur, et l'obtint de notre très-saint Père le Pape Grégoire XVI, d'heureuse mémoire, avec deux brefs d'indulgences pleinières accordées par Sa Sainteté aux membres de l'institut, l'un pour chacune des principales époques de leur vie religieuse, l'autre pour douze fêtes particulières de l'année.
L'OEuvre des retraites ainsi bénie par le vicaire de Jésus-Christ, protégée par les fleurs de l'Eglise, favorisée surtout par une assistance de Dieu merveilleuse qui la soutienne et fait croître parmi les épreuves inséparables de toute origine, s'étant enfin assez fortifiée et développée pour pouvoir être, selon son but, érigée eu congrégation religieuse, devait dans celle nouvelle forme d'existence adopter un titre qui fût propre à indiquer son objet avec précision et au besoin à le justifier. Nul autre n'a semblé mieux convenir À ces lins que celui qui est stugéré par les saintes Ecritures, dans l'idée qu'elles nous donnent du premier modèle des retraites au Cénacle, où s'est opérée la descente du Saint-Esprit, sur l'Eglise, tous les auspices de la divine Mère de grftce. Jésus-Christ, montant au ciel, avait dit à ses disciples : Tenez-vous en repos dans la tille, jusqu'à ce que vous soyez revêtus de ut force d'en haut { Luc.xxiv, W.) Alors, disent les Actes des Apôtres (i, 12. 1»), ils retournèrent de la montagne des Oliviers à Jérusalem, et étant entrés dans le Cénacle, ils y perlétéraient tous unanimement dans la prière «vec les saintes femmes et avec Marie, Mire *e Jésus.
De là le nom adopté par l'association de Congrégation de Notre-Dame de ta Retraite oudu Cénacle, nom de bénédiction qui, tout en lui rappelant l'origine, la fin et les con-
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ditions des retraites, offre h ses membres, dans la première assemblée de l'Eglise naissante, réunie autour de Marie, en un cœur et une Ame, le modèle parfait d'une congrégation religieuse. Ce titre fut authenliquement décerné à l'OEuvre pour la première fois, par Mgr l'évêque de Viviers, dans une supplique adressée par elle à notre trèssaint Père le P«»pe Pie IX, qni daigna aussitôt l'enrichir d'une double faveur, consistant en deux indulgences plénières, accordées l'une aux retraitantes qui vaqueront, au moins pendant trois jours, aux soins de leur salut, dans les maisons de l'institut; et aux membres de ces mêmes maisons, à l'occasion de toutes les retraites publiques qui s'y feront. Ce glorieux mystère de Marie au Cénacle mentionné le dernier dans les Ecritures comme le terme auquel, dans l'ordre de la grâce aboutissent tous les autres, est celui que la congrégation se fait un devoir particulier d'honorer, y vénérant et tendant a y foire glorifier son Titre de Mère de grâce et de miséricorde envers les fidèles.
Idée de l'OEuvre des Retraites.
I. La Congrégation de Notre-Dame de la Retraite a pour objet spécial : l'instruction religieuse des personnes du sexe de toutes conditions, qui en sont plus ou moins dépourvues, et les retraites de différents genres usitées parmi les fidèles, en préférant les (plus populaires. Ses maisons peuvent être considérées comme des écoles de doctrine chrétienne, ouvertes à toutes les femmes adultes qui seront amenées à l'y chercher, et comme des asiles de recueillement où celles qui veulent se former à la vie chrétienne trouvent, pour cet effet, loutes les facilités et les divers genres d'assistance désirables.
II. Telle est l'œuvre de charité à laquelle les Dames de la Retraite se sont vouées, et c'est pour y concourir plus efficacement qu'elles se sont liées par des engagements religieux. Elles suppléent pour l'instruction des retraitantes aux soins de détail nécessaires à plusieurs, utiles à toutes, que les ministres de l'Eglise ne peuvent pas toujours leur donner, en s'arrêlant aux limites qu'ils leur tracent et ne faisant rien que dépendammenl de leur direction.
Les principales fonctions des Dames de la Retraite consistent conséqueniment à catéchiser en commun et en particulier, dans l'intérieur de leurs maisons, les personnes ignorantes, et à communiquer à celles qui sont plus instruites les exercices approuvés pour les retraites, dans la proportion respeclivo de leurs besoin»; a exercer enfin, vis-àvis des unes cl des autres toutes les œuvres de miséricorde spirituelle et môme corporelle dont les circonstances peuvent indiquer la nécessité ou l'utilité.
III. Les retraites qui réunissent un nombre suffisant de personnes, sont présidées par un directeur qui leur donne en commun la mesure de soins proportionnée à l'importance de la réunion, tes retraites iiidivi-
RET DES ORDRES RELIGIEUX
iUl lit!
«luellcs so it dirigées par le cunfcsseur ordinaire des retraitantes.
Toutes les l'oiictions du saint ministère, ;*eiativcs aux retraites, telles (|ue l'exhortation. In confession cl les cérémonies, ont li«u dans la chapelle de la communauté et sont réglées par le directeur qui y préside; celles «pie peuvent exercer en particulier les Daines de la Itetraite lui sont subordonnées et réglementées en outre par un directoire approuvé.
IV. Une personne des plus expérimentées de la maison est préposée aux autres «laus les tondions qu'elles |» uvenl exercer vis-àvis des retraitantes : elle reçoit les recommandations du directeur et les l'ait exécuter C'e>l par elle que se font auprès de lui toutes les communications de ses aides, dont elle reconnaît l'opportunité.
Y. Les maisons de la Congrégation reçoivent pour les retraites le concours des membres de tou> les ordres du clergé qui veulent bien le leur prêter. Elles donnent aux retraitantes pour le choix de leurs confesseurs et .le leurs directeurs particuliers, la liberté et toutes les facilités que comporte la proximité «les églises du voi>iuage.
VI. Elles reçoivent pour les catéchiser les personnes de tout âge que les pasteurs, les confesseurs et les Ames zélées peuvent à cet elfet leur adresser. Elles admettent chez elles, pour le temps nécessaire à leur instruction, les protestantes et autres personnes infidèles ou égarées, qui sont eu voie de conversion.
Enfin elles reçoivent toute personne qui veut, pendant au moins trois jours, s'y retirer pour vaquer uniquement aux soins de son salut, soit en pailieulier, devant Dieu, *oil dans les exercices d'une retraite.
VU. Les retraite» qui se font dans les maisons de l'Œuvre sont individuelles ou communes; celles-ci sont dites générales ou spéciales, selon qu'elles se donnent à des personnes de tout'S conditions, ou à celles d'une profession particulière.
Les retraites générales sont périodiques, et ont lieu au moins une fois tous les mois, li jours fixes, indiqués dans des annonces.
Les relraites spéciales sont aussi multipliées que le demande la diversité des besoins, ii.ms chaque localité.
VIII. Les Jonctions rtdalives à l'instruction «les retraites, à leurs autres nécessités spirituelles et corporelles, à la discipline des relraites et aux besoins de la maison, sont partagées entre ses membres de tous les degrés, qui s'aident mutuellement en suivant la direction marquée par les règles do chaque emploi.
IX. La Congrégation s'intéresse et se prête ;i toutes les œuvres compatibles avec son institution qui concernent le service do Dieu, et elle tâche de seconder dans la mesure do son pouvoir celles qui sont à sa portée, dont elle ne peut elle-même directement se charger.
X. Elle s'abstient de toutes les œuvres étiangè:cs à son butf qui demandent des