‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 244 sur 323 · H ET H · texte numérisé non relu

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soins perpétuels et assidus, incompatible» avec les retraites continues, comme serait l'éducation des enfants, la tenue des hospices, la visite des malades et les autres œuvres du même genre auxquelles la charités déjà suffisamment pourvu.

XL Elle s'efforce d'ailleurs dans les retraites de porter les personnes qui les font à propager de tout leur pouvoir autour d'elles l'instruction religieuse, et elle tâche de les mettre sur la voie de tout le bien que chacune peut respectivement procurer dans sa famille, sa paroisse, sa profession, selon la mesure que comporte son caractère, sa capacité, sa situation et sa condition.

XII. Toutes les fonctions de la Congrégation sont gratuites et uniquement inspirées parle zèle. Ses établissements se bornent à recevoir, à la fin des relraites, par rentremise de quelqu'un de confiance, l'équivalent des frais d'entretien occasionnés par les retraites. Ils sont fixés sur différents taux, conformes a leurs diverses conditions, pour donner lieu dans les relraites générales, au classement convenable des personnes, qui choisissent elles-mêmes la classe qu'elles jugent le plus à leur convenance.

XIII. Si, à la lin de chaque année, les rentrées dépassaient les dépenses, le superllu ne devrait pas profiter à la maison, tuais être immédiatement employé l'année suivante à recevoir et nourrir gratuitement de pauvres retraitantes. On ménagera d'ailleurs, dans la mesure des facultés de chaque maison, des relraites spéciales, exemples de tous frais d'entretien, pour les personnes indigentes disposées à en profiler. On recevra également pour les retraites préparatoires de première communion, les jeunes filles de pauvres ouvriers qui ne pourraient autrement jouir de cet avantage.

XIV. C'est en vue de ces oeuvres de miséricorde, dont l'occasion e>t continuelle, que la dol des dames de la retraite est fixée de telle sorte, que leurs maisons se suffisent sans rien demander à la charité publique en faveur «les membres de l'œuvre, qui doivent d'ailleurs consacrer on bonnes œuvres annuelles, le revenu du surplus de leur |>atrimoiue.

XV. L'esprit de la Congrégation caractérisé dans ses Règles, e.4 vis-à-vis de Dieu un esprit d'adoption et d'oblalion à tous les intérêts de sa gloire r vis-à-vis de l'Eglise el do ses pasleurs, un esprit «le déférence, «le dévouement el de soumission filiale; vis-àvis du prochain, un esprit de zèle qui s'intéresse et s'emploie dans la mesure de son pouvoir et les limites «le la prudence chrétienne à tout ce qui peut procurer le salut des âmes; vis-à-vis de la congrégation, de ses supérieures el de ses membres, un esprit de famille, fondé sur l'union des cœurs et la subordination. Enfin pour chacune visà-vis d'elle-même, l'esprit de simplicité et d'humilité, établi sur l'oubli de soi et le renoncement.

XVL Ia manière de vivre extérieure de la Congrégation est commune, pour des rai-

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sons prises de l'intérêt de sa fin. Elle n'a conséauemraent point d'autérilés obligées, oiis cnacune bit en ce genre, sous la direction de l'obéissance, ce qui est jugé plus utile pour son avancement spirituel.

XVII. Le personnel de la Congrégation do Notre-Dame de la Retraite, est partagé en deux classes : les religieuses de chœur et les converses. Celles-ci sont admises pour les fonctions les plus laborieuses, qui concernent le service de la maison et des retraitantes; elles font aussi les commissions du dehors. Toutes sont liées par les mêmes vœux, mais les dernières dans leurs offices sont subordonnées aux premières, qui partagent néanmoins avec elles plusieurs de leurs travaux.

Le temps des épreuves préparatoires à la profession est partagé en divers intervalles successifs d'une ou de plusieurs années qui donnent lieu pour chaque classe à la distinction de divers degrés.

XVIII. On n'admet parmi les religieuses de chœur que les personnes douées de qualités qui les rendent propres à traiter avantageusement avec toutes les classes de la soc iété. Les conditions personnelles demandées en celles qui se présentent sont les suivantes :

Famille honnête, sans tache ni maladie héréditaire corporelle ou mentale; — naissance légitime, âge convenable, ni trop jeune ni trop avancé; — position libre de toute obligation extérieure incompatible avec les Hens religieux; — conduite personnelle antérieurement irréprochable et exempte d'inconséquence; — constitution saine, sans infirmité contagieuse, ni altération sérieuse dans aucun organe; — extérieur modeste, prévenant et exempt de défauts notables ; — intelligence, instruction, éducation, forces I hysiques suffisantes pour les fonctions respectives de chaque classe, jointes à l'esprit «l'ordre et è une certaine dextérité; — esprit j»»*te, jugement solide, cœur droit et volonté généreuse; — foi pure, dévotion simple, • onscience timorée sans scrupule; — vocation décidée et exclusivement fondée sur des motifs surnaturels.

XIX. Les Dames de la Retraite, après deux ans de noviciat, font les vœux ordinaires de religion temporaires d'abord, puis perpétuels ; — elles joignent à une heure d'oraison i liaque jour le petit Office de la sainte Vierge et les autres exercices de la vie religieuse ; — elles ont une clôture tempérée en vue des exercices de zèle; — l'Office et la clôture ne comportent pas d'obligations strictement canoniques, mais sont simplement de règle; en sorte qu'une permission de la supérieure peut en dispenser, dans les cas particuliers, en voe d'un plus grand bien.

XX. Us dévotions de la Congrégation sout les plus généralement usitées dans l'Eglise.

Elle diffère des communautés purement contemplatives par l'activité qu elle met dans les œuvres de zèle, et elle se distingue des institutions dirigées vers la vie active

par le mélange qu'elle tâche de faire des exercices de la contemplation, avec l'action, en proportion suffisante pour leur perfectionnement réciproque.

Elle a, dans In succession de ses retraites, des intervalles de temps périodiques, où tantôt l'un et tantôt l'autre de ces deux genres de vie domine, selon que le demande sa double Gn, la sanctification de ses membres et le salut des âmes.

Pour ménager une plus grande union en Jésus-Christ, entre toutes les maisons do l'institut, pour soutenir la ferveur, la confiance et le dévouement de leurs membres qui travaillent en faveur du prochain, et pour utiliser devant Dieu dans la même fin celles qui, è raison de leur âge, no sauraient encore, ou ne pourraient plus s'employer aussi activement aux œuvres de zèle, la congrégation se mettra en mesure, dès uuo l'état de ses œuvres et de son personnel le permettra, d'obtenir de l'Eglise l'adoration perpétuelle du saint Sacrement dans la maison de son noviciat. Chaque maison particulière aura une heure différente de la journée pour s'unir a cette adoration continuelle qui se fera selon l'esprit de la dévotion au Cœur de Jésus. Elle députera en outre un de ses membres au pied des autels pour vaquer plus formellement, durant la même heure, au nom de toutes celles qui la composent, a cet acte commun de piété.

XXI. Toutes les maisons de l'Œuvre no forment conséquemment qu'une même famille extérieurement dispersée pour le service de Dieu, mais intérieurement réunie aux pieds de Jésus-Christ et de sa sainte Mère, dans une prière persévérante. Toutes se secourent charitablement au besoin, dans la proportion des facultés et des nécessités respectives de chacune, et elles se secondent également dans tous les genres de bien qui demandent un concours réciproque. Toutefois, pour mieux assurer l'ordre et l'économie au temporel, chaque maison a ses intérêts propres, indépendants de ceux des autres. Le but est d'ailleurs partout le même, l'action et le régime uniformes autant que le comportent les conditions de chaque localité.

XXII. «Tous les membres de l'association et toutes ses maisons sont soumises è une supérieure générale qui nomme les supérieures locales, et est elle-même nommée par le chapitre. Il lui désigne pour sa résidence ordinaire le lieu jugé le plus convenable au bien commun de la Congrégation dont il devient le chef-lieu.

C'est à la supérieure générale, assistée d'un conseil, que sont réservés l'admission des sujets, leur placement et leur emploi, aussi bien que la fondation et la visite des maisons; l'administration principale de leur temporel, la répartition entre ellos des fonds disponibles dans la proportion correspondante a leurs besoins.

XXIII. Le chapitre est composé d'un nombre fixe de professes, qui sont soumises à la réélection. Il se renouvelle lui-même par

DES ORDRES RELIGIEUX

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licrs, tous les cinq ans; c'est à lui que sont réservés les règlements perpétuels et les décisions de grande i m portail ce qui intéressent tonte la Congrégation.

Ses Statuts n'ont néanmoins force de Règle définitive qu'autant qu'ils sont approuvés par l'évéquc du chef-lieu. Ils ne peuvent d'ailleurs rien changer aui points substantiels de l'institut.

XXIV. Les maisons do la Congrégation sont soumises, comme toutes les mitres du môme genre, à l'autorité diocésaine, qui veille à l'observation de la règle, cl fait toutes les prescriptions nécessaires pour la maintenir.

C'est au prélat du chef-lieu qu'on s'adresserait, de toutes les maisons de la Congrégation, dans le cas d'abus auxquels la supérieure générale ne pourrait, ou ne voudrait pas pourvoir. 11 peut convoquer le chapitre quand il le juge nécessaire.

RETRAITE CHRÉTIENNE (Société de la).

Cette Société s'esl formée, en France, dans la paroisse des Fonteucllcs, diocèse de Besancon, ilès l'an 1787, à la veille de la révolution française.

M. Sylvestre-Antoine Receveur, curé de cette paroisse, en fut le fondateur. Convaincu de î'cllieacité des retraites spirituelles pour le salut des âmes, il se livra à ce ministère apostolique, d'abord en faveur de ses paroissiens, et ensuite des populations voisines, auprès desquelles il fut appelé.

Ces conversions évidentes et nombreuses qui éclatèrent sur ses pas, pendant dix ans, à !a suite des mêmes exercices des retraites, répétées plus de deux cents l'ois, le décidèrent à se démettre des fondions do pasteur, pour se consacrer entièrement à donner des retraite*. Kn même temps, il désira former une société de solitaires, hommes et femmes, qui le seconderaient dans cette entreprise, et dans l'éducation chrétienne de la jeunesse.

Une douzaine de courageuses filles entrèrent dans ses vues, reçurent de lui un règlement de vie qu'elles observèrent avec exactitude, vendirent leur patrimoine, vécurent dvj travail de leurs mains, et, pauvres volontaires, elles partagèrent leur nainnJe chaque jour avec des jeunes filles qu elles élevèrent gratuitement. Ainsi se forma le berceau de la Société, en 1787, aux Fonlenclles.

Quelques jeunes gens, animés des mômes dispositions, se préparaient a marcher sur leurs traces. L'un d'eux réunissait, chez lui, b.s petits enfants pauvres, et les élevait gratuitement. Lue des plus précieuses bénédictions, celle des contradictions du monde, encouragea les premiers essais dos uns et ues autres, et les décida à continuer résolument leurs saintes entreprises.

Pendant roi essai, Al. Receveur faisait construire deux vastes maisons : une pour Us hommes, l'autre pour les femmes; destinées et à abriter ses enfants spirituels, et à recevoir, plus lard, ceux qui, retenus dans le monde, voudraient y suivre les exercices

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des retraites. 11 vendit son patrimoine pour subvenir aux frais do construction, et compta, pour achever l'œuvre commencée, surla Providence de Dieu. Des secours inespérés et multipliés, et surtout la continuation dis railleries et des mépris, lui prouvèrent que Dieu se déclarait en sa faveur.

Dès fan 1789, les bâtiments furent achevés, et il en prit possession solennelle le 19 novembre de la même année, suivi de GO personnes environ, qui se rangèrent sous l'étendard roval do la croix de Jésus-Christ.

Le 1" février 1791, Mgr de Durfort, archevêque do Besançon, approuva, pour son diocèse, le nouvel institut, el permit aux solitaires de faire tous leurs exercices spirituels, dans leur chapelle domestique; à AI. Receveur d'y célébrer les saints mystères et d'y eiercer toutes ses fonctions sacerdotales, soit en faveur des solitaires, soit en faveur tJe ceux qui y viendraient faire retraite. Dans le courant' do la même année 1791, plus de 1200 personnes prirent part à ces saints exercices, el y trouvèrent le repos et la paix de la conscience. Al. Receveur supportait seul la fatigue des confessions et des prédications presque incessantes. Des prêtres en nombre voulurent prendre part à ces exercices, sous la direction de AI. Receveur, et, dans une occasion, il y en eut dix-huit. Tous se montrèrent attachés a la sainte Eglise romaine plus qu'à leur vie et refusèrent le serment sehismalique.

Les nouveaux solitaires prirent un hahit religieux, pauvre et grossièrement façonne, lo vendredi saint 1792, ce jour- là nièu.o qu'à Paris les révolutionnaires proscrivaient, sous de graves peines, tout coslume rel.gieux et ecclésiastique. Est-ce sans dessein que Dieu permit cette coïncidence frappante ? Cet habit religieux est d'une étoile commune; c'est un tissu de laine blanche et d'étoupes. Il se compose : 1* d'un sac ou robe qui enveloppe tout le corps, el descend du haut de la poitrine jusqu'aux pieds : une ceinture le serre autour des reins, et supporte un chapelet; 2* d'un seapulaire de même longueur; 3* d'une coitTe (pour les personnes du sexe), à laquelle lient une pèlerine qui descend jusqu aux coudes (ua |>etil Christ ligure sur la poitrine); 4* enfin, d'un manteau à capuchon, et qui ne sert que pour quelques exercices de 'a chapelle.

Ils choisirent do préférence le nom de Solitaires de la Retraite chrétienne, parce que celle dénomination indique mieux leur origine, leur but, les exercices qui les distinguent, et les règlements qui doivent fair^u base de tous les établissements de leur société.

D'ailleurs, ils ne firent point de vœoi, |** môme simples et temporaires; ils ne se lurent à leur saint étal que par la charité et par la bonne volonté à s'entr'aider dans l'alfairo du salut.

Voici eu quels termes leur fondateur indique leur position : « Nous sommes bien loin de prétendre fonder un ordre nouveau dans l'Kgii-e, mais seulement une coi>5lv*

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