‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 26 sur 323 · BÉNÉDICTINES DU SAINT-COFXK DE MARIE · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTINES DU SAINT-COFXK DE MARIE

A P radines, diocèse de Lyon.

La vie de la vénérable Mère de Bavos a été on de ces dons que le ciel fait de temps en temps à la terre , pour la gloire de son nom, pour l'édification de son Église, pour le salut d'un grand nombre, et qui pour le bien de la religion devraient demeurer des siècles. Elle naquit en Savoie le 2 juin 1768, de parents encore plus distingués par leur piété que par bar noblesse. Comme un nouveau Zacharie, le vénérable prêtre qui la taptisa, déclara qae cette enfant de bénédiction serait un j*»or une fervente épouse de Jésus-Christ, et retracerait l'illustre Thérèse dont elle reçut te nom.

H le crût en grâce et en sagesse pour la consolation de ses parents qui no négligèrent rie:i pour lui inspirer dès sa tendre

(!• Vof. à la fin du vol., n" !a.

jeunesse des sentiments d'une piété solide, de dévotion à la sainte Vierge, et de compassion pour les pauvres. Dieu l'enrichit des dons de l'esprit et du cœur qu'elle employa plus tard pour sa gloire. La vertu était dans la jeune Thérèse revêtue de tous ses charmes. Elle avait l'art de gagner les cœurs par l'attrait lie sn douceur, et on aurait pu dire d'elle comme de son admirable compatriote, François de Sales : « Tout plaît, tout attache dans cette noble enfant de la Savoie. » On * remarquait dans elle un grand amour pour la prière; elle allait tous les jours, avec sa pieuse mère, assister à l'auguste sacrifice de nos autels, sans que le temps le plus rude pût jamais l'en détourner, et jamais l'obéissance ne lui parut plus difficile que lorsqu'on la privait d'assister aux divins mystères. A l'âge de dix ans, ses pieux parents, dont elle était l'idole, durent s'en séparer pour la confier aux religieuses Ursulines de Grenoble. Un extérieur agréable joint à un air de grandeur, de raison précoce, tempéré par une extrême douceur, lui mérita l'affection de ses compagnes et de ses maltresses ; ses progrès dans la piété et dans les connaissances convenables à une jeune personne ne démentirent pas les espérances qu'on avait conçues. Elle obtint le même succès dans les arts de pur agrément.

A peine Agée de quinze ans elle dut quitter une maison où elle laissa les plus précieux souvenirs, parce qu'elle y avait été l'objet de l'estime générale, et dé l'affection Ja plus tendre. Elle parut dans îe monde avec tous les agréments qui peuvent y foire briller. Une autre aurait attaché du prix aux suffrages qu'elle y obtint dès les premiers pas qu'elle y fil, une sagesse prématurée les lui ht mépriser, et à l'aurore de la vie elle connut ce que le plus sage des rois n'avait compris qu à la fin de la sienne, que tout sur la terre n'est que vanité. Aussi décl8ra-t-elle courageusement l'inviolable résolution où elle était de se consacrer, à Dieu en renonçant à tous les avantages que le monde pouvait lui offrir.

Ses parents étaient tous « une foi trop vive et d'une piété trop sincère pour s'opposer à cette généreuse résolution; mais qu'il en coûta à leur tendresse 1 El le se rendit à I abbaye de Saint-Pierre de Lyon, où elle avait deux de ses tantes religieuses. Un grand nombre de princesses, renonçant aux lampes terrestres, s'y étaient consacrées à Dieu. Celte maison n'était ouverte qu'aux filles de haute naissance. Quoique à cette époque la règle de Saint-Benoit n'y fût observée, qu'avec une grande mitigation, cependaut on y observait une régularité très-exacte, et la clôture y était gardée avec édification; le jansénisme n'y pénétra jamais.

Mlle de Bavos commença son noviciat le premier du mois de mai 1786; dès ce temps d'épreuves elle fut un modèle de perfection, et celles qui l'avaient connue à cette époque disaient longtemps après : « Elle a toujours été une sainte. » La vêture cul lieu le 26 oc- 1

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