SAC DES ORDRE
inale départementale dont on lui avait fait espérer qu'il obtiendrait la direction. Sur avis qu'on crut de bon augure, on pourvut i l'agrandissement du local, en faisant élever a grands frais un vaste bâtiment approprié aui vues qui avaient déterminé sa construction. Il ne fallait plus que le concours et l'anpui de certaines autorités ; cet appui fit défaut, et l'institut de Saint-Fuscien fut contraint «Je s'en tenir à son pensionnat professionnel, et à l'ouverture d'une école normale libre, qui, on le sent assez , ne saurait rivaliser avec l'école oflicielle.
C'est dans cet état de choses qu'il attend , avec soumission et patience, les jours meilleurs que lui ménage sans doute cette sago et maternelle Providence qui a présidé h sa création , et qui l'a maintenu pendant près de quarante années-au milieu d'épreuves et de traverses de toute espèce.
Court exposé de$ Règles et des Constitutions.
Comme on a pu le voir dans la notice précédente, ce fut sur l'invitation de Mgr l'archevêque deMalines que furent dressées les Constitutions définitives de la Congrégation. Jusque-là, elle n'avait eu que des Règlements provisoires. Voici en substance les princijuui points que contiennent ces Constitutions, revêtues des approbations de six pontifes, dont quatre sont a présent archevêques, parmi lesquels deux cardinaux.
Outre la fin commune de toutes les associations religieuses, savoir : la gloire de Dieu et le salut des Ames, la Congrégation des Sacrés Cœurs de Jésus et de Marie se propose pour fin particulière l'éducation chrétienne de la jeunesse (1 ). Pour s'attirer une plus grande abondance de grâces, elle se consacre d'une manière toute spéciale aux sacrés cœurs de Jésus et de Marie, et honore aussi d'un culte singulier le glorieux saint Joseph, dont elle avait primitivement porté le nom; mais qu'elle a changé pour des raisons importantes , sans toutefois cesser de le regarder comme son principal protecteur.
L'esprit de simplicité, d obéissance et de pauvreté, doit faire le caractère et le principal objet des soins de ceux qui entrent dans cette petite société.
Les autres moyens surnaturels que la congrégation emploie pour parvenir a sa tin sont, en premier lieu, les trois vœux de pauvreté, d'obéissance et de chasteté , auxquels elle en ajoute un quatrième par lequel chaque membre s'oblige formellement à étendre de tout son pouvoir le culte des très-saints cœurs de Jésus et de Marie, surtout en se livrant A l'éducation de la jeunesse. En second lieu, elle recommande l'exercice des vertus solides, principalement la foi, la charité, l'humilité, la simplicité, l'abnégation, le zèle du salut des Ames , l'ail) Les Coosiiiuiions ne spécifient pas les modifications que peut recevoir celle fin particulière,
Krce quelles ont été rédigées dans un temps :nl pendant lequel il fallait, de lonie nécessité, se restreindre à ce que les circonstances permettaient de faire. On a vu dans la notice que la Con-
RELICIEUX. SAC 151*
mour de l'oraison et l'imitation de la vio cachée de Jésus- Christ, se proposant en tout pour modèles les saints cœurs de Jésus et de Marie. En troisième lieu, elle prescrit l'oraison d'une heure le malin et d'une demi • heure le soir, l'assistance journalière & la sainte Messe, l'examen deux fois le jour, le chapelet, la lecture spirituelle, la prière du soir et la préparation de la méditation du lendemain, la confession hebdomadaire, la communion lesdimanches, les fêtes solennelles et d'autres jours déterminés, la récitation du petit Office de la sainte Vierge chaque semaine, la récollection d'un jour chaque mois, la reddition du compte de conscience deux fois l'an et chaque fois que le supérieur l'exige; enûo la retraite de huit jours chaque année.
Parmi les membres de la Congrégation , les uns sont appliqués aux sciences et è l'instruction de la jeunesse; plusieurs sont élevés à la dignité du siicerdoce; les autres, appelés frères coadjuteurs, sont destinés aux travaux manuels. Les uns et les autres portent le même habit religieux.
Pour son gouvernement, la Congrégation doit avoir un supérieur général élu pour la vie, par un conseil composé de dix-huit des principaux membres. Il est aidé de trois assistants désignés par le conseil.
Chaquo maison doit avoir un supérieur
S nrticulicr, assisté de plusieurs conseillers, 'un ministre, d'un moniteur, d'un préfet des choses spirituelles et des études, des professeurs, tous nommés par le supérieur général.
La Société doit toujours rester d'une manière spéciale sous la dépendance des ôvêques, alors même qu'elle serait approuvée par le Saint -Siège.
Lo genre de vie est simple et commun, sans austérités de rigueur autres que celles prescrites par l'Eglise. L'habit consiste en une soutane de drap commun, fermée par des agrafes, en un cordon do laine noire pour ceinture, en un petit manteau et uu tricorne. (1)
SACREMENT ( Cosghéoatio* des frethes missionnaires ou TUES-SAINT-), à Ro-
Quelque disposé que l'on soit d'ordinaire à juger trop favorablement des inclinations du premier Age, il faut convenir cependant que l'on remarque quelquefois dans la conduite des enfants des traits caractéristiques qui décèlent en quelque sorte ce qu'ils seront un jour. On peut mettre au nombie de ces heureux présages la dévotion que Christophe d'Authur de Sisgaud eut, dès sa plus tendre jeunesse, pour l'adorable sacrement de nos autels. Ne A Charleville, le 6 avril 1609, d'une famille noble et pieuse, cet enfant de bénédictions avait A peine commencé
{[régatioo a toujours eu pour in : 1* de former de* nsuiuleurs religieui ou taujues pour la leoue des écoles paroissiales ; î* de tenir des pensionnats professionnels pour l'éducation chrétienne des ei.fault de la elasse moyenne de la société.
(1) Voy. a la fin du vol., n" 219, «0.
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ses éludes au collège «les Jésuites d'Aix, qu'il se sentit pénétré d'un esprit extraordinaire pour l'auguste mystère de l'Eucharistie. La pensée de la présence de Jésus-Christ dans nos saints tabernacles le remplissait do bonheur, il en parlait sans cesse 5 ses condisciples et les conduisait souvent au pied de*, autels pour y prier avec eux ; acte de dévotion dont il s'acquittait avec tant de recueillement que ceux-ci aimaient à se tenir à genoux auprès de lui, comme s'il eût dû les forcer à la piélé par la double influence de ses leçons et de .ses bons exemples.
Celle ferveur augmentant de jour en jour, Christophe conçut bientôt le dessein d'instituer une congrégation .spécialement destinée à honorer Jésus-Christ dans le trèssaint Sacrement. 11 avait alors terminé son «•ours de philosophie dans le collège d'Avignon et se livrait a l'étude de la théologie avec un zèle qui n'était é^alé que par celui qu'il mettait à *c perfectionner dans la pratique de toutes les vertus. Un jour qu'il [•riait dans l'église des religieuses de Sainte- Claire, il conjura le Seigneur de lui faire connaître sa volonté sur le projet qu'il avait conçu. C'était le 25 mars de Vannée IG3I, après une longue et pieu>e méditation, il crut voir clairement quo Dieu approuvait son dessein et lui commandait d'instituer un corps d'ecclésiastiques qui, par leur zèle, •eur dévouement, leurs nous exemples et leur dévotion envers la sainte Eucharistie, pussent travailler de concert avec lui au salut des âmes et à la propagation de la foi, et, comme pour l'affermir dans celte résolution, le Seigneur lui lit voir en esprit celui qui devait être son premier collaborateur.
Christophe, qui ne le connaissait pas, fut merveilleusement surpris, le lendemain matin en se rendant en classe, de l'apercevoir dans la cour du collège tel qu'il lui avait été représenté pendant son oraison. Ce jeune homme était alors accompagné de sa mère qui venait prier le préfet de lui procurer une condition où il lui fût permis de continuer ses études, alin qu'il pût arriver au sacerdoce auquel Dieu semblait le destiner. Le préfet, voyant en ce mement entrer le jeune d'Aulhùr, lui demanda s'il n'avait pas besoin d'un domestique, ajoutant que le jeune homme s'offrait à le servir sans autres gages qu'un peu de temps chaque jour pour vaquer M'élude. Christophe, sans laisser paraître l'impression qu'il éprouvait, se borna à remercier le préfet de la bouté qu'il avait eue de penser à lui, et accepta le jeune homme avec empressement, assurant sa mère qu'il en aurait un soin tout particulier.
Il le conduisit ensuite dans sa maison, le présenta à quelques autres jeunes gens qui avaient coutume de s'y réunir tous les jours pour vaquer à la prière, et profita de celte circonstance pour leur communiquer le dessein qu'il avait conçu. Neuf d'entre eux t'offraient à l'instant môme pour partager
SAC iv.-:.
ses travaux ; Christophe leur («na «t«* beaucoup do ferveur de l'étendue et do l'importance des engagements qu'ils allaient contracter, il leur fit entrevoir qu'ils devaient s'engager à le suivre partout, à souffrir toutes les rigueurs de la vie apostolique et à renoncer à tout pour se consacrer entièrement à Dieu, et afin qu'ils pussent y réfléchir sérieusement, il leur conseilla de tair* une retraite de quelques jours.
Mais bien loin de se décourager,ccs pieux jeunes gens éprouvèrent bientôt un tel redoublement de zèle et de ferveur qu'ils no soupiraient plus qu'anrès l'heureux jour où il !eur serait permis de se dévouer pour jamais a la gloire de Dieu et au salut des âmes.
Christophe leur fil néanmoins subir encore quelques éprcuves.el le jeudi saint, 25 avril lG32,il les réunit dans la chapelle des Carmn où ils entendirent la Messe et Grenl la saint» communion, et les appelant ensuite l'un après l'autre devant lui, il reçut le vœu par lequel ils s'engagèrent tous à le reconnaître pour supérieur et à lui obéir pendant toute la durée de sa vie promettant de le stmre partout, de partager toutes ses fatigues et de renoncer aux honneurs, aux richesses, aux dignités, à leurs parents el amis, et généralemenl à toutes les créatures pour l'aider à accomplir le pieux dessein que le Soigneur lui avait inspiré. (Vie de Mgr Christophe d'Authur de Sisgaud, évôque de Bethléem, par M. Nicolas Borcly. Lyon, Jean Cate, 1703. — Exordia et institula Congregulionis sancti Sacramenti. (iralianoi oli. Fiemon, 1(558; Manuscrits de la préfecture de Valence, conservés en grand nombre dans les archives du département.).
Telle fut l'origine de la Congrégation des prêtres missionnaires du Très-Saint-Sacremenl. On y remarquera sans doute quelque chose d'assez extraordinaire; aussi le pubbe bientôt informé de ce qui venait de s* passer aux Carmes ne manqua pas de blâmer Christophe el de taxer sou zélé de fanatisme; on calomnia ses intentions, on le noircit auprès de ses supérieurs, on persécuta ses pieux disciples qui furent contraints de s'éloigner de lui.
Cet orage n'étonna point M. d'Authur, il savait que les œuvres de Dieu souffrenteontradiction,el il endura tout avec unepauenc* inaltérable; son cours de théologie achevé, il reçut les saints ordres et dit sa première Messe le 10 juin 1633, el partit aussitôt |>«iur Home afin de soumettre au jugement do Saint-Siég^ lo dessein de sa Congrégation. Le Pape Lrbain Y M! eu fut Irès-salisfait. H exhorta le vertueux prêtre à ne pas se laisser décourager par les obstacles, el lai re« commanda spécialement de se consacrer lui et ses disciples à l'œuvre dos mission* et à la direction des séminaires, en attendant que l'Eglise, mieux informée des motifs et de l'organisation de l'institut, t/ou»âi bon de l'honorer d'une approbation *o'e"" nelle. L'abbé d'Authur, désespérant dej««voir obtenir davantage partit sans dè'n ^
un
DES ORDRES RELIGIEUX
SAC
Rome et revint en Provence où il fui reçu par Louis deBrelel, archevêque d'Aix, qui, informé de son mérite, le retint dans sou diocèse pour l'employer à la réforme de son clergé et à la conversion de ses ouailles. Ses compagnons, qui altendaicnl son retour avec impatience, ne tardèrent pas de se rendre auprès de lui et lui amenèrent de nouveaux disciples qu'ils avaient gagnés à Dieu i>ar leurs bons exemples et qui furent reçus a bras ouverts. Christophe les établit dans une maison voisine d'une chapelle que l'archevêque lui donna et où commencèrent,
laie venait de mourir. Le P. Joseph, on
effet, fui frappé d'une attaque d'apoplexie le 18 décembre 1638.
Dans cette fâcheuse coujonclure l'abbé d'Authur jugea qu'il était inutile de poursuivre son chomin et résolut de retournera Marseille ; mais le Seigneur qui dans les desseins de son admirable providence destinait ce vertueux prêtre à renouveler la face des diocèses de Valence ot de Die, en ordonna autrement. Avant de se mettre en roule, Christophe se sentit intérieurement pressé d aller offrir ses hommages à Mgr Jacques
avec une parfaite régularité, les exercices de de Leberon, évêque de Valence qu'il n'avait
l'institut. Quelques jours après il alla avec
3uelques-uns d entre eux au village de Caenet, ouvrir le cours de ses missions suivant l'ordre qu'il en avait reçu du Saint- Père. Ils parcoururent tout le diocèse d'Aix et fondèrent un second établissement dans la ville de Brignoles auprès d'une chapelle
pas l'honneur de connaître, et si vif était ce désir que malgré les instances de ses compagnons qui voulaient le détourner de ce dessein, il ne put résister à la voix intérieure qui lui disait de l'accomplir.
D'un autre côté, le Seigneur qui avait suggéré cette pensée au vertueux prêtre
dédiée à la très-sainte Vierge. Ce fut là que afin de le reteuir à Valence, fil voir au prél'abbé d'Aulbur revint après ses missions lat, pendant son sommeil, l'intérieur de la
cathédrale éclairée par un grand nombre de flambeaux et le chœur rempli d'ecclésiasli-
3ues d'une éminente sainteté, ce qui Téton na autant plus que depuis longtemps il gémissait sur les désordres que 1 hérésie avait occasionnés dans son diocèse et qu'il priait instamment le Seigneur de lui envoyer des ouvriers évangéltques capables d'y remédier en le secondant efficacement ; le prélat était encore tout préoccupé de ce qu'il venait de voir, quand l'abbé d Authur et ses mission-
ses
pour former à la piété el à l'exercice du mi nistère apostolique ceux que le Seigneur appelait à son institut. Il consacra deux ans à ces importantes tondions qu'il interrompit néanmoins quelques jours |>our aller évangéliser la ville de Marseille où il fonda un troisième établissement. C'est assez dire les bénédictions que Dieu se plaisait à répandre sur l'Œuvre qu'il avait inspirée. Le nombre des missionnaires allait tous les jours augmentant, comme leur zèle et leur
ferveur, et en dépit de tous les obstacles, naires entrèrent dans la cour du palais épis- Christophe avait déjà fondé trois maisons copal. Dès qu'il les eut aperçus Leberon
sans autres ressources que sa confiance en Dieu et l'inaltérable docilité de ses collaborateurs.
Ces heureux succès Grent tant de bruit en Provence qu'on ne larda pas d'en parler jusque dans la capitale du royaume. 11 y avait alors à la cour un des personnages les plus célèbres de l'époque, François Le Clerc de Tremblay, si connu, dans la suite, sous le nom de Père Joseph qu'il prit en se faisant Capucin. Cet homme extraordinaire ayant appris les grands biens que l'établissement, fondé à Marseille par l'abbé d'Authur, opérait dans toute la Provence, pensa dans l'intérêt de la religion qu'un établissement de ce genre ne serait pas moins utile
ne douta plus de la vérité du songe qu'il interpréta aussitôt en leur faveur, mais il ne voulut s'en exoliquer qu'après avoir pris connaissance des motifs de leur voyage et des raisons qui avaient pu les forcer a lui rendre visite.
Quand l'abbé d'Authur eut fait part au
f>rélatde ce qui venait d'arriver, celui-ci prit a parole et leur dit que c'était dans des vues particulières que la Providence avait permis leur départ de Marseille, qu'elle voulait les fixer à Valence où elle les destinait à opérer ia réforme de deux diocèses et à prendre la direclion d'un séminaire dont il projetait la fondation depuis longtemps. Leur ouvrant alors son âme tout entière, il leur exposa
è Paris, et sur le rapport avantageux qu'il en ce que son zèle voulait entreprendre pour fît au cardinal Richelieu, le ministre résolut le salut de son troupeau, et il les exhorta d'appeler Christophe auprès de lui el de dans les termes les plus affectueux a rester lui donner le collège de Bourgogne aveu les auprès de lui, afin de partager sa sollicitude revenus nécessaires à l'entretien de vingt- et ses travaux, ajoutant que, puisqu'ils ne quatre prôtres dont les uns seraient em- pouvaient s'établir a Paris, ils fonderaient ployés aux missions et les autres à l'instruc- une maison à Valence, et que cet élablissetlon du clergé ment, quoique moins considérable que ce- Peu de jours après, c'est-à-dire au com- lui quils avaient projeté, n'en serait pas mencement de décembre 1638, l'abbé d'Au- moins utile à l'Eglise ni moins agréable au
ihur reçut du cardinal-ministre l'invitation de partir de suite do Marseille pour se rendre è Paris. Il se mit donc en route vers la fin du même mois avec vingt de ses missionnaires, mais arrivé à Valence, il apprit que le puissant prolecteur duquel dépendait le succès de son établissement dans la capi-
Seigueur qui ne fait acception de personnes et auquel toutes les âmes sont également chères.
La nature de cette proposition et les termes dans lesquels elle était conçue touchèrent profondément l'abbé d'Authur qui s'empressa de se mettre entièrement à
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ta disposition do l'ôvôque, lui et toute sa pieuse colonie. Le prélat leur dit alors ce qu'il avait vu la nuit précédente durant son sommeil, et les embrassa tendrement, puis il ordonna à un de ses officiers de leur préparer de suite une maison auprès do la cathédrale et de leur fournir tout ce qui serait nécessaire U leur entretien.
L'évèque de Valence, convaincu que la réforme du troupeau devait commencer par « elle des pasteurs, s'occupa sans retard des préparatifs nécessaires pour la fondation d'un séminaire. Quinze jours s'étaient à peine écoulés qu'il publia un Mandement, a celle occasion, pour annoncer à ses diocésains l'ouverture de ce premier établissement.
Après avoir parlé des devoirs que les pasleurs sont tenus de remplir envers leurs troupeaux, de l'état déplorable où l'hérésie et le malheur des temps avaient réduit son diocè>c, ainsi que des efforts qu'il n'avait cessé de faire pour raviver la piété et la foi au sein des populations confiées a sa sollicitude, le prélat dit avec bonheur que la congrégation du Très-Sainl-Sacremcnt fondée par M. d'Authur remplira d'autant uiieux ses internions, qu'indépendamment «les pr édications et des missions, elle se propose surtout d'ériger des séminaires ou les aspirants au sacerdoce, élevés dans les sciences ecclésiastiques et l'esprit de leur état, puissent devenir de saints prôlros et consoler l'Eglise des malheurs qui la désolent depuis longues années. Il ajoute qu'exactement informé do la bonne réputation dont ect institut s'est acquise dans les diocèses d'Aix et de Marseille, il a conçu le dessein de le fixer àj Valence; qu'il a été édifié de la lecluro de ses règles manifestement inspirées, dit-il, par l'esprit de Dieu et Irôs-propres à atteindre le but que M. d'Authur se propose, et qu'en conséquence il lui donne la direction spirituelle du séminaire de sa ville épiscopale, ordonnant à tous les jeunes ecclésiastiques de s'y rendre sans délai.
Cette lettre pastorale était datée du 1G janvier 1639. Quelques jours après, l'abbé d'Authur lit l'ouverture des exercices du séminaire dans une maison de location, en attendant que la Providence y eût pourvu d'une manière plus convenable. Les jeunes clercs s'y rendaient de toutes les parties du diocèse. Plusieurs y accoururent des diocèses limitrophes, et le nombre en fut bientôt si grand qu'on fut contraint d'en renvoyer plusieurs dans leurs familles.
lin vénérable ecclésiastique de Saint- Sulpice a publié en 18if une Vin do M. Olier dans laquelle il soutient que l'établissement do Vaugirard est le premier séminaire qui ail été fondé dans le royaume, et il.ajoule que les auteurs qui ont dit que le séminaire de Valence est la première institution de ce genre ont émis une assertion démentie par les monuments contemporains, (lie de M. Olier, fondateur du semimire de Saint -Sulpice, t. I", p. km. Paris, 18V!. ) « Les renseignements que l'on
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nous a donnés à Valence môme, dit-il, semblent supposer que le séminaire de cette ville ne fut d'abord qu'un séminaires ollége, comme tous ceux que dirigeaient alors Te» Oratoriens. »
En énonçant une opinion aussi affirmative le savant sulpicien a été mal servi par ses souvenirs ou bien a pu.sé à des sources qui n'étaient pas authentiques. Borcly, qu'il traite d'auteur trop récent, avait été élev* dans la congrégation de M. d'Authur, parle ministère duquel Dieu l'avait retiré du »iècle; cet auteur, dans la vie qu'il nous a laissée de ce vénérable prélat, ne dit et n'affirme rien sur l'établissement du séminaire de Valence, qu'il n'ait vu de ses propres yeux, ou qu'il n'ait appris de témoins qui avaient connu M. d'Authur dès sa plus tendro jeunesse; consacré, touto sa vie, par étal, a l'instruction des aspirants au sacerdoce, il devait savoir jusqu'à quel point on avait négligé en France de se conformer aux sages règlements du concile de Trente, il connaissait sans doute les institutions de Saint-Vincent de Paul de M. Olier et <if» Oratoriens. llalVirmetoutefoisçue/ejfWiwirc de Valence a été le premier qu'on a érigé dt la aorte dans le royaume. [Me de M. d Arthur, p. 7-2 ; Vie du P. Eudes, par le P. Martigny, p. 110.
Pour s'en convaincre il n'y qu'à jeler on coup d'mil sur l'histoire. Le séminaire de Saint-Sulpico ne lut fondé qu'en 1GW et ne fut définitivement constitué qu'en 1615 ou 16V6. Ceux de Rhodez et de Limoges en 16V7; celui de Nantes en 165i8, celui d'Aix en 1650; ceux de Viviers et de Ljoo en 1651: celui d'Avignon en 1652; ceux du Pu/ cl de Clermont en 1653.
Saint Vincent de Paul ne fonda celui de Saint-Charles, près de Saint-Lazare, qu'en 16^2. P. Eudes éiablil celui de Caen en 16U, et celui de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris, en 165V.
Il est donc manifeste quo le séminaire de Valence a l'honneur d'avoir précédé tous les autres établissements de ce genre, puisqu'il fut fondé en 1639. Mais, dit-on, ce ne fut u'un séminaire-collège, du moins le collège e Valence, ayant été établi en 16W, fut annexé à perpétuité au séminaire et fixé dans la môme maison. {Yiede M. Olier, fondateur du séminaire de Saint Sulpice, t. I", i». W; Paris, mi.)
Ces deux assertions sont également fausses : d'abord le séminaire ne fui pas, dés l'époque de sa fondation, un séminaire-collège comme ceux des Oratoriens, puisque* collégo de Valence ne fut établi qu'en l&W; d'ailleurs la teneur des lettres de Jacques de Leberon ne permet pas de soupçonner que lo séminaire pût avoir d'autre destination que l'enseignement de la théologie en faveur des jeunes clercs du diocèse. On n'y trouve pas un mot qui décèle un autre but, pas une seule allusion aux soins destinés aux élèves qu'on réunissait alors dans les collèges. Si te n'est là une preuve irréfragable, c est M moins une présomption qui fortifie siog'i-