SAC DES ORDRE
lièremefti noire opinion sur la destination exclusive du séminaire de Valence. En second lieu, l'auteur de la Vie de M. Olier s'est encore trompé lorsqu'il a dit que le collège fut annexé au séminaire et fixé dans la même maison. A la vérité la direction du collège fut confiée aux missionnaires du Saint-Sacrement, le 14 octobre 1643; mais on lit dans le procès-verbal de sa fondation, pièce authentique que nous avons sous les yeux, qu'il fut établi dans un local tout a fait séparé de celui qui était destiné aux exercices des pieux ecclésiastique*, et qu'il reçut une destination toute spéciale que nous croyons n'avoir jamais été adoptée dan* les séminaires-collèges, celle de recevoir le» jeunes gens de diverses religions. [Exorûia et instituta Congregationis Sancti Sacramenti, p. 94, 95 Proces-verbal de la fondation du collège de Valence; archives de ta préfecture.
Dès que leséminaire de Valence eut été définitivement organisé, l'évéque pria M. d'Anthur de commencer les exercices d'une mission générale dans tout le diocèse. Le vertueux prêtre se mit en route avec les missionnaires vers la fin du mois de décembre, et son zèle produisit partout des fruits admirables de conversion. Il évangélisa ensuite les diocèses de Viviers, d'Orange, d'Usez et de Saint-Paul Trois Châteaux. Ce fut après ses travaux apostoliques qu'il fut nommé par le Saint-Siège préfet des missions de France, puis recteur des deux collèges d'Avignon.
Celte bienveillante attention du Souverain Pontife fil espérer à M. d'Autbur qu'il en obtiendrait aisément la confirmation de son pieux institut.
Jusqu'alors le Sainl-Siége avait cru plus convenable de perfectionner les anciennes congrégations que d'en approuver de nouvelles; mais les avantages signalés que l'Eglise retirait de celui des Missionnaires du Très-Saint-Sacrement déterminèrent le Pape Innocent X à la confirmer par un décret solenuel. Il nomma d'abord une commission de cardinaux qui en soumirent les Statuts h un examen rigoureux. Tous jugèrent d'un commun avis que cette OEuvre méritait l'approbation du Saint-Siège, et sur le rapport qu'ils en firent, le Pape fit expédier, le 20 septembre 1647, la bulle de confirmation qui érigeait l'institut en congrégation ecclésiastique.
L'abbé d'Aulhur obtint celte bulle sans argent, sans amis, sans faveur, sans intrigues. Ce succès qu'il n'avait osé jusqu'alors se promettre le surprit tellement qu'il ne put s'empêcher d'y voir un signe manifeste de la protection que le Ciel accordait à son œuvra; c'est lui-même qui nous 1 1 apprend dans une lettre qu'il écrivit à toutes ses communautés pour les exhorter à en remercier le Seigneur.
Après quelques détails sur le but de la Congrégation qui est d'honorer d'un culte particulier l'auguste Sacrement de l'Eucharistie, la bulle énumère les moyens que les disciples de M. d'Aulhur devront mettre en
Dicnoaa. des Ordres relig. IV.
œuvre pour atteindre la Gn qu'ils se proposent. Ces moyens sont : 1* la direction des séminaires, soit pour les jeunes ecclésiastiques, soit pour les prêtres qui s'y rendront de leur propre mouvement ou y seront envoyés par leurs évêques pour se retremper dans l'esprit du sacerdoce; 2* les missions dans les pays des hérétiques ou des infidèles; 3" le soin des Œuvres dans le gouvernement des paroisses qui leur seront confiées.
La bulle veut de plus que la Congrégation possède dans chaque province ecclésiastique une maison de solitude destinée & former à la science et b la vertu les jeunes clercs qui demanderont à y être agrégés. Elle la déclare ensuite apte h posséder des rentes et des bénéfices et à jouir des autres privilèges du clergé. C'est pourquoi elle l'assujettit à la juridiction des évêques pour tout ce qui regarde la correction des mœurs, la discipline canonique, l'administration des sacrements et la conduite des âmes, mais elle laisse à l'entière disposition de ses supérieurs le gouvernement temporel des communautés, la gestion de leurs revenus, l'observation de la Règle, la réception ou l'exclusion des sujets, etc. Elle change enfin le nom de Congrégation des Missionnaires du clergé en celui ^Congrégation du Très-Saint' Sacrement pour les missions et la direction des séminaires. Dans la suite on la désigna sous le nom do Congrégation des Prêtres missionnaires du Très-Saint-Sacrement.
La pièce originale de la bulle d'innocent X confirmée par lettres patentes de la cour, en 16'i8, éveilla la susceptibilité de quelques évêques;c'est pourquoi, au lieu d'être remise au fondateur, elle resta dans les archives de la cour et fut oubliée assez longtemps. Enfin elle fut envoyée à la maison de Valence par le l'.Lachaise, parordre de LouisXlV. M. d'Aulhur était religieux de Saint-Victor de Marseille. Ce litre i.eful |>as un obstacle à la confirmation de son institut, mais il empêcha néanmoins qu'on nommât dans sa bulle un directeur général qu'on avait demandé pour son gouvernement, parce que le Saint-Siège ne jugea pas convenable de mettre un religieux profès à la tête d'une congrégation ecclékiVtique. Cependant en considération de l'excellence de l'OEuvre et du mérite de son fondateur, il permit aux membres de l'institut de s'élire un supérieur en temps opportun; ce qu'ils no manquèrent pas de faire en nommant M. d'Aulhur, dès qu'il eut été élevé a la dignité épiscopale. Sacré à Rome, le 26 mars 1631, M. d'Aulhur revint bientôt en France et prêta entre les mains du roi serment de fidélité pour la chapelle d»* Pantenot-les-Clamecy, appelée Notre-Dame de Bethléem, dans le duché de Nevers; chapelle que Guillaume III, duc de Nevers et d'Auxerre, unit, en 1147, è son retour de la croisade, à l'évêché de Bethléem en Palesline, pour servir de cathédrale à Raynaud, évêque de celle ville, chassé de son siège par les Sarrazins. Depuis lors, on établit dans la petite ville de Clauiecy, aujourd'hui sous-prefecture du département de fa Nièvre,
ivr. su: dut
nn tilrc d'évèquc «le Rethléem, à la nomination «les comtes et ducs «le Nevers qui a subsisté jusqu'à la révolution.
Le nouveau prélat, depuis son retour en France, no s'occopait plus que de sa Congrégation, lorsqu'une affaire importante l'obligea de retourner h Rome pour la troisième fois ; mais h peine fut il revenu qu'il rentra nu séminaire de Valence pour reprendre ses premiers travaux et former, pour les missions, de nouveaux ouvriers dont il avait besoin.
Il profita de ce temps pour mettre la dernière main à la Règ'e de sa Congrégation. Hien de plus mûrement réllécbi et de plus sage que les Statuts qu'il avait donnés à ses disciples et qu'il crut devoir perfectionner encore à l'époque dont nous parlons. Il le* caractérisait lui-même d'une façon bien énergique, lorsqu'en les expliquant h ses missionnaires, il leur disait • « Autant d'articles de notre Règle, autant de coups mortels nue reçoit le vieil homme pour l'obliger ?i céder sa place au nouveau. En effet, la Règle des Missionnaires du Saint-Sacrement n'était qu'une continuelle exhortation à la pratique de l'obéissance et du dépouillement évangélique. On n'y apprenait qu'à rompre sa volonté pour accomplir uniquement celle de Dieu, et à bannir de son âme tout intérêt, tout amour-nropre, toute attache naturelle, tout désir déréglé qui n'auraient pu compatir avec le pur amour de Dieu et la parfaite confiance en la Providence, vertus si nécessaires aux hommes apostoliques.
Le pieux fondateur élnit si convaincu de l'importance de cette vie de renoncement, que s'il eût prévu, disait-il, qu'après sa mort on dût modifier la Règle h cet égard, il eût mieux aimé la réduire en cendres et anéantir entièrement la Congrégation.
Il inspirait h ses prêtres ces pieuses maximes de la perfection sacerdota'e, quand les consuls de Thiers en Auvergne lui écrivirent pour lui demander un établissement de ses missionnaires dans leur ville. Toujours plein de confiance en Dieu, il accueillit cette requête avec empressement et fonda en effet une nouvelle maison a Thiers durant le cours de l'année 1657. Il revint en- Miite h Valence, sa demeure ordinaire et v resta jusqu'en 1659, époque où il commença a donner des retraites ecclésiastiques, qui affaiblirent peu à peu sa santé et bâtèrent le jour de sa mort arrivée à Valence en
Avant de mourir, le vénérable fondateur <:e la Congrégation du Saint-Sacrement avant f perçu auprès de lui les directeurs du séminaire qui fondaient en larmes les exhorta pour la dernière fois h persévérer dans la ferveur et à travailler avec zèle h l'affermissement de la Congrégation. « Hélas! » dit-il, « j'ai bien du regret d'avoir fait si peu pour elle, mais j'ai celte confiance en Dieu que s'il agrée notre OEuvrc et qu'on soit fidèle à le servir, il en sera le protecteur et il lui fera part de ses grâces. Qu'on prenne garde seulement, ajoula-t-il, d'y conserver
>NNA.fir. SAC r.fi
l'union et d'élever le» novice» dans loi>ei sance et le détachement recommandés par la règle, c'est l'unique moyen de la maintenir et de la rendre agréable aux yeux de sa divine majesté. »
Ces dernières paroles résumaient toutes les exhortations qu'il avait adressées à ses cher* enfants depuis la fondation de l'institut. Ceux-ci les accueillirent avec un profond respect et on peut dire qu'ils en ont fait constamment la Règle de leur conduite.
Le séminaire de Valence et tousksautres établissements que la Congrégation avait fondés ou fonda dans la suite, en grand nombre, produisirent un bien immense dan» l'Eglise durant tout le cours du xviii* siècle. Ils llorissaieul encore et semblaient s'affermir tous les jours davantage, quanj la tempête révolutionnaire vint les ébranler jusque dans leurs fondements. Les prêtres missionnaires furent dispersés, leurs maisons vendues, leurs biens confisqués, et la Congrégation du Saint-Sacrement disparut sans retour au milieu de celte horrible tourmente
SACREMENT (Congrégation desSoccksim.
SAINT-), maison mère à Autun [Saôneet- Loire).
L'institut des Sœurs du Saint-Sacrement, nommées dans le Midi Sceurt de M&con.
doit son existence au zèle d'un saint préirv, dont la mémoire sera longtemps bénie dans celle ville, berceau de la Congrégation.
M. Louis Agut naquit dans cette ville en 1695. Doué d'une constitution forte et vigoureuse, d'un esprit sérieux, d'un cœur généreux et du plus heureux caractère, il montra, dès ses plus jeunes années, des dispositions singulières pour l'étude et pour la piété. Son père, honnête artisan, ne pouvait, sans s'imposer de grands sacrifices, lui procurer les avantages d une éducation soignée. Le jeune Agut n'hésita pas néanmoins à solliciter ce bienfait, persuadé, disait-il. que Dieu pourvoirait à ce que ses parenb ne pourraient faire eux-mêmes. Admis au collège, il ne cessa d'édifier ses condisciples j»ar sa ferveur et son application. Des succès constants furent la récompense tic ses elftrls.
Docile aux impressions de la grâce, il sut distinguer de bonne heure quelles étaient à son égard les volontés du Seieneur; et s» jeunesse entière fut une préparation fervente à la réception des saints ordres. En 1730, il était prêtre, exerçant les fonctions de son ministère dans l'église collégiale de Saint- Pierre.
Dieu, qui appelait M. Agut à de haute» vertus et aux œuvres du zèle, voulut éprouver sa constance en permettant qu'il eût à supporter d'amères tribulations.
Le petit séminaire de Mâcon était du peu' nombre de ceux où l'on enseignait les doctrines condamnées par la bulle VnigeniM- M. Agut avait été élevé dans celte on et avait soutenu de bonne foi, dans une d»è-e publique, les opinions théologiques de se<