‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 256 sur 323 · S.VC · texte numérisé non relu

S.VC

maîtres; mats ayant reconnu plus lard son erreur, il s'empressa de témoigner hautement son attachement à l'Eglise et sa soumission aux décrets des Souverains Pontifes. Cette démarche dictée par une foi vive et une grande droiture de cœur, fut mal interprétée, et provoqua contre M. Aguldes rigueurs qui eussent abattu une Ame moins forte que la sienne. Victime pendant quelques mois des reproches les moins mérités et du mépris le plus accablant, il ne lui fut pas mémo permis de puiser dans la célébration des saints mystères un adoucissement a ses maux. Pour calmer la douleur dont il était oppressé il entreprit le voyage de Rome.

A son retour, les Carmélites de Maçon

Jst avaient eu l'occasion d'apprécier ses minemes qualités, souhaitèrent de l'avoir pour guide dans les voies du salut. Les supérieurs ecclésiastiques ne voulurent point d'abord qu'il exerçât dans la monastère d'autres fonctions que celles de chapelain , mais ils lui rendirent enfin justice, et lui tonnèrent la direction des religieuses. Suivant alors sans obstacles l'impulsion d'un zèle ardeut que modérait une piété solide et éclairée, il fit de rapides progrès dans la vertu et acquit de grandes lumières pour la conduite des Ames.

Dès les premières années de son sacerdoce, on l'avait vu sa réunir au célèbre P. Brydaine, pour donner une mission dans la froisse de Matour; plus tard, il exerça seul son xèle à Tournus et à Bagé en Bresse. Les fonctions de secrétaire du chapitre noble de la collégiale qui lui furent confiées, semblaient incompatibles avec une vie tout apostolique; il sut néanmoins s'acquitter avec ponctualité de tous les devoirs de sa nouvelle charge, sans cesser de travailler b la conversion des pécheurs. Il établit même dans l'église des Carmélites des conférences, où régulièrement, les dimanches et fêles, les grandes vérités de la religion étaient traitées à fond. Dans la suite, il substitua a ce genre d'instruction des discours simples, omis pleins d'onction. Plus d'uue fois son zèle fut béni au delà de ses espérances, et les soins qu'il donnait aux pécheurs repentants, achevèrent d'assurer en eux le inom-

Ce de la grâce. On raconte qu'il eut lo nheur de ramener dans le sein de l'Eglise plusieurs protestants dont il reçut l'abjuration solennelle.

M Agul ne négligeait rien de tout ce qui pouvait contribuer à honorer la religion. A certains jours, il disposait lui-même les apprêts nécessaires pour donner de l'éclat aux grandes solennités. D'autres fois il employait ses courts instants de loisir à dessiner et à graver des images propres à nourrir la piété. Chaque jour il avait un temps marqué pendant lequel il étudiait les langues anciennes, s'exerçait aux mathématiques et composait des ouvrages. LexèledontM. Agut donna tant de preuves prenait sa source dans «ne ardente chanté; ce saint prêtre, qui » efforça pendant toute sa vie d étendre le

SAC lôtfi

royaume de Jésus-Christ, s'appliquait en même temps à soulager les misères corporelles de ses membres souffrants.

Les pauvres qui habitaient en grand nombre le faubourg de la Barre, étaient souvent

E rivés des secours temporels et spirituels, 'éloignement de la paroisse de Charnay les empêchait de recevoir les sacrements, et quelquefois le genre de leurs maladies mettait obstacle à leur admission à l'Hôtel-Dieu. M. Agut, que tant de maux affligeaient profondément, conçut le dessein de fonder un

fient hôpital pour le soulagement des maades abandonnés. 11 communiqua son projet à plusieurs personnes qui applaudirent à ses vues. Encouragé par leurs suffrages et par l'espérance de leur concours, il n'hésita pas de présenter une requête au vicaire général de Mgr do Val ras, évêque de Maçon. Cet acte fut appointé et homologué le 15 mars 1733. Les chanoines de Saint-Pierre, hauts justiciers de cette partie de la ville, et le curé de Charnay, dont la paroisse comprenait le faubourg de la Barre, s'empressèrent de consentir à tout ce qui était nécessaire pour ld réussite d'une aussi bonne œuvre. M Agut loua d'aborJ une petite maison et y reçut trois ou quatre incurables, les aumônes du chapitre de la collégiale l'aidèrent à soutenir cet établissement naissant ; mais bientôt il fallut une maison plus spacieuse et des secours plus abondants. La charité du saint prêtre pourvut à tout. Il fit des quêtes à Mâcon, intéressa plusieurs évêques à son œuvre, et parvint à construire un bâtiment pour le logement des pauvres, et une chapelle qu'il dédia à Saint-Jean de Dieu. La première pierre fut posée en 1748.

Ce nouvel hospice ne s'établit pas néanmoins sans de grandes difficultés; mais le fondateur supporta toujours avec calme les contradictions qui lui furent suscitées. « Si cette entreprise, » disait-il, « doit contribuer à la gloire de Dieu, les hommes les plus puissants et les plus malintentionnés ne pourront la détruire. » Tant de dévouement, de persévérance et de résignation ne pouvaient manquer de triompher de tous les obstacles. En l'année 1770, des lettres patentes furent expédiées pour l'érection de l'hospice de la Providence. Le soin des malades avait été confié dès le principe à quelques personnes dévouées. Leur nombre s'accrut, et elles répondirent si bien à ce qu'on avait attendu d'elles, que M. Agut résolut de former une société de pieuses tilles qui, sous le nom de Sœurs du Saint-Sacrement, s'appliqueraient a soulager les infirmes et à instruire les enfants. Cet homme de Dieu voyaitavec effroi les progrès toujours croissants de l'impiété; il avait compris les éminenls services que pouvait rendre à la religion une congrégation sagement dirigée. Dès l'année 1751, les Sœurs du Saint-Sacrement avaient des établissements hors de Mâcon.

M. Agut écrivait à quelques-unes d'entre elles, dont le zèle excitait la haine des méchants : Soutenez génértusement un* puni-

SAC mcTn

cation que l'enfer ne nous suscite (/ne parce qu'il toit celte sainte association comme un

ftetit corps d'année, toujours prêt A combattre rvice et à soutenir la vertu. Quel bonheur de tous trouver associées aux apôtres, ces premières colonnes de l'E'jlise!

Quand celle OEuvre, qui couronnait loutes les outres, cul fait assez «le progrès pour cire désormais suffisamment établie, il no resta plus au saint prêtre (pie d'achever sa propre perfection. Il reçut alors une de ces grâces dont les âmes privilégiées connaissant seules le prix. Vers r.mnée 1770 il devint inlirme; son corps se couvrit de plaies ; il eut à supporter de cruelles douleurs. On put admirer dans cette circonstance la force de miii humilité et de sa confiance en Dieu. Cet étal pénihle dont il sut profiter pour acquérir de nombreux méritas, dura près île huit ans. Enfin le 19 juin 1778, M. Agut fut appelé h recevoir la récompense due à tant de généreux travaux. On dépo>a son corps dans une chapelle de la Providence.

Ce fut en 17V8 que fut fondé l'hospice dos Incurables ou la Providence qui fut comme le noyau et le berceau de l'institut. L'intention de M. Agut n'avait pas été de fonder une congrégation religieuse; il n'avait en vue que son seul hospice des Incurables de MAcon; mais la bonne odeur des vertus de ses premières Filles se répandant au loin, plusieurs évèqnes lui en demandèrent avecinstance, de sorte qu'il se vit comme forcé «le donner à sou OEuvre une extension qui faisait souirrir sa profonde humilité ;car il put avant sa mort voir déj!i de ses veux un certain nombre de ses maisons établies dans différentes provinces : la Chaise-Dieu, Saint- Cengoux, Sa i ut- Amour, Condrieux, Perreux, etc.

Comme l'esprit d'irréligion faisait alors de grands ravages, M. Agut voulut, dans les intérêts de la gloire de Dieu et du salut des finies, quo sa congrégation joignit au soin îles incurables, des vieillards et des malades, l'éducation des enfants; ainsi on la vit a son berceau et sous les yeux du saint fondateur présenter à la fois des hospices, des charités, des clas>es et même des pensionnats, et la Congrégation du Saint-Sacrement fut autorisée par lettres patentes, sous le double but du soin des malades et de l'éJulûtion des enfants. La grande dévotion que M. Agut eut dès sa plus tendre enfance pour le ires-saint Sacrement, lit qu'il voulut que se* Ui-s furent spécialement consacrées à • et -ni j'i^U: stère et qu'elles en portassent je nom. 'louYk-s jouis eih s en récitent le l'etu-Oi.Ve, et le samt fondateur voulut même que l'a ioration perpétuelle du jour et de. la nuit lût pratiquée dans son institut; mais dans la maison mère seulement. Celte pieuse coutume que la première révolution a vue disparaître, n'est pas un point de règle, car celte congrégation ne doit pas être confondue avec les sœurs du même nom qui pratiquent la clôture, et où a lieu l'adoration perpétuelle du saint Sacrement.

L'hospice de* Incurables de Macuii ou la

«MAIRE SAC. «a

Providence, avant été la première maison, en fut aussi la maison chef-lieu jusqu'en 1836. A cette époque le noviciat avec le cheflieu d'ordre fut transféré de Maçon i Aulun, sous Mgr d'Héricourl, dans l'ancienne al>bave royale de Saint-Andoche, et une ordonnance royale, en dale du 30 juillet 1857. a autorisé cette translation. Mais l'hospice d< s Incurables de Mficon, dans l'église duquel repose le corps du vénéré fondateur, n'en est pas inoins regardé par ses heureuses Filles comme la première maison de son institut.

M. Agut fonda lui-même plusieurs maisons de son vivant, celle de la Chaise-Dieu, diocèse du Puy. fut une des premières Filles de la Providence de Mficon ; bientôt le faible institut commença h se répandre, des établissements s'élevèrent dans le llouergue, le Languedoc, l'Auvergne et aulrcs provinces.

Cependant, dii ans h peine après la mort du vénérable fondateur, les orages de la révolution vinrent s'abattre sur son OEuvre; l'arbre perdit quelques rameaux, mais il conserva la séve et la vie ; si plusieors établissements disparurent dans la tourmente, toutes les sœurs restèrent fidèles è l'Egli<e et à leur sainte Règle; aucune ne prêta le serment ; la supérieure générale fut mise en prison et ensuite gardée à vue dans l'hospice des Incurables à Mficon; on força partout les religieuses à quitter le costume, mais en général, on respecta leurs maisons dont on se contenta de prendre les biens. « Renvoyez vos pauvres, mettez vos malades dehors, leur disait-on. » Elles n'en firent rien, et comptant sur la Providence, elles les conservèrent tous, quoique privées de toute ressource. Elles firent, pour leur venir en aide, des actions d'un héroïsme digne du motif qui les produisait. Pour secourir leurs pauvres et leurs malades, les unes s'adressaient à leurs parents, qui en général étaient tous riches, et y employaient les pensions annuelles qu'elles en recevaient, les autres vendaient au profit de leurs chers incurables les objets précieui qu'elles tenaient de leurs familles : linge, argenterie, etc. Celles-ci travaillaient le jour et la nuit à divers ouvrages; celles-là plus robustes, Quoique élevées dans la délicatesse, se livraient aux travaux les plus pénibles. Qu'il me soit permis de citer quelques faits :

A Sennecey le Grand, diocèse d'Autun, la supérieure de Y hospice, femme d'un mérite très-distingué, nourrit pendant les années les plus difficiles de la révolution ses pauvres et ses malades, presque uniquement par le produit d'un vaste jardin qu'elle cultivait elle-même de ses propres mains, se levant pour cela à une heure ou à deux heu res du matin, et faisant à elle seule l'ouvrage de deux domestiques. Il n'est pou" de genre de travail que ces saintes Mères si dignes de leur saint fondateur, n'aient entrepris; point de privations qu'elles ne si soient imposées, pour conserver les n" m

iCtt SAC DES ORDRES

bres souffrants de Jésus-Chf Isf, soit daos les hospices, soit dans les charités,

Ces privations étaient grandes cependant : l>lus d'une fois, après avoir servi leurs pauvres, il ne leur restait rien pour ellesmêmes : « Souvent, • nous a dit une pauvre femme qui était attachée à In maison de Mâion eu qualité de fille de peine, « quand nos pauvres étaient servis, il ne restait rien pour le diner des sœurs, pas même du pain. » La Mère de Ligny, religieuse de la même maison, qui avait eu le bonheur de voir M. Agut et d'être guérie par lui, touchée des besoins de ses incurables, avait le courage d'aller à pied dans la mauvaise saison, solliciter la pitié d'un de ses parents qui demeurait dans une campagne voisine. Un jour, à peine fut-elle rentrée qu'une fluxion de poitrine se déclara ; il ne restait dans la maison qu'une fiole de sirop, on la destinait à la vénérable Mère, mais elle protesta qu'elle n'y loucherait qu'autant qu un des pauvres, qui était malade en ce moment, la jariagerait avec elle.

Dieu bénit l'abnégation, le zè'e et la tendre charité de ses fidèles servantes; la maison mère de MAcon fut un asile où se réfugiaient lévêque du diocèse et plusieurs religieuses chassées de leurs cloîtres. Mgr Gabriel - François Moreau y passa dans le secret tous les jours mauvais de la révolution. Ce prélat fut assez heureux pour rester ainsi constamment au milieu même de son troupeau, et il put y foire quelques ordinations. C'est dans celte retraite que la voix du chef de l'Eglise vint le chercher, pour renouer la tbalnesi tristement interrompue de nos cvfques d'Autun. En 1802, immédiatement après le concordat, le Souverain Pontife Ne VU le nomma à l'évêché d'Autun dont il prit possession le 30 mai do la même an- Née. Il vint dans sa nouvelle ville épiscopale au mois de juillet, se rendit peu do temps après è MÂcon et y mourut le 8 septembre 180-2 à l'âge de 8z ans. Ce doux et pieux pontife avait connu pendant quinze ans le vénérable fondateur do la congrégation; il avait su a pprécier ses ve rt us apostol i ques et sa sainteté; il avait voulu honorer de sa présence les obsèques du serviteur de Dieu, qui, en fondant la maison de Mâcon, préparait providentiellement un asile à son évôque pour le temps de la persécution, conservait dans ces jours difficiles le pasteur à »on troupeau et resserrait de plus en plus les liens qui unissaient ses Filles de la Congélation du Saint-Sacrement è l'évêque de Mâcon leur supérieur général. C'est au milieu d'elles que Mgr Moreau avait passé les années de sa vieillesse et de ses épreuves; ce fut au milieu d'elles, qu'il voulut rendre son âme a Dieu. Elles reçurent sa dernière bénédiction, ton dernier soupir, et déposèrent ses restes vénérés auprès de leur pieux fondateur, et de M. de Sigorne un de leurs Mipérieurs ecclésiastiques.

Cependant l'humble Congrégalionconserva l'esprit de son fondateur. Mgr d'Héricourt, heureux de posséder dans sou diocèse un

institut appelé à seconder sa charité et son zèle apostolique, voulut avoir dans sa ville épiscopale la maison mère qu'il y transporta, comme nous l'avons dit, en 1836, et jugea a propos de coordonner les règles du vénérable M. Agut. Elles ne vous sont point inconnues, nos chères Filles, disait-il aux sœurs dans le Mandement qu'il leur adressa a cette fin, ce n'est pas un Joug nouveau que nous vous imposons ; déjà depuis longtemps, vous aimez à incliner votre cœur à leur observance. Ce sont presque en entier celles que vous donna votre pieux fondateur. Par la lecture assidue que nous en avons faite, nous avons cherché à les reproduire autant qu'il était possible. Le Seigneur avait béni son œuvre et répandu sur elle ses grâces spéciales aux âmes dont la piété ne se ralentit pas. La congrégation avait vu s'accroître ses établisse • ments et ses membfes, de là quelques légères modifications étaient devenues indispensables, nous avons cherché à Us régler sur les besoins généraux de f ordre.... Notre intention a donc été de rendre V édition plus complète et le plan plue régulier... Après avoir recommandé aux Sœurs du Saint-Sacrement, ce Recueil de leurs saintes Règles qu'il leur donne, et dont elles graveront affectueusement les préceptes et les conseils, au plus intime de leurs cœurs : A Dieu ne plaise, ajoute-t-il, que nous ayons la crainte de ne pas voir celles-ci affectueusement observées! le pas né nous est garant de l'avenir.

En effet, il portait à sa chère Congrégation le plus tendre intérêt, et ses filles aiment à regarder comme leur second Père ce saint évèquc, de si pieuse mémoire; il avait voulu avoir constamment près de lui dans sa dernière maladie une de nos Mères assistante?, morte plus tard en odeur do sainteté. Dieu permit qu'il confirma, avant de quitter la terre, cette parole adressée à ses t illes : le passé nous est un garant de l'avenir. Autour de son lit de mort étaient agenouillés la révérende Mère générale et quatre prêtres.

Ordeux d'entro eux, le supérieur et l'aumônier étaient les témoins de ce passé, les deux autres qui ignoraient les desseins de Dieu, étaient ceux que la Providence destinait à l'être de l'avenir.

Mgr MoreAU avait béni la Congrégation eu mourant. Mgr d'Héricourt en cette circonstance solennelle la bénit encore dans la personne de la révérende Mère générale et dans la personne des ecclésiastiques appelés a seconder son zèle.

L'institutse développa de plus en plus; il continue a se dilater, soutenu comme il l'est par notre vénéré ponlife, Mgr do Marguerye, qui a reçu la Congrégation comme l'hériia^o particulièrement aime de son saint prédécesseur. Le nombre actuel des établissements dépasse cinquante; ils sont répandus dans le diocèse de Lvon, de Grenoble, du Puy, do Rodez, do Ne vers, de Saint-Claude, deSaiut- Flour, de Clermonl, etc.; celui d'Autun en compte è lui seul plus de trente. Chaque maison doit renfermer au moins trois ou

su:

quatre religieuse». Elles >onl au nombre d'environ cinq cents pour tout l'institut.

Les sœurs se dévouent au soin des malades, des pauvres cl des enfants. Hospitalières, elles dirigent des providences, des hospices, des maisons de charité. Klles ambitionnent avant tout le soin des incurables : ce fut la première pensée de leur saint fondateur, et la première maison, la Providence de Mâconesl un hospice d'incurables. Depuis ta transition du chef-lieu d'ordre à Autun, elles appelaient de tous leurs vœux le temps où il leur serait donné de former en celte ville un établissement destiné à celle fin. C'est pour y parvenir qu'elles construisent en ce moment une vaslemaison où Dieu leur permettra bientôt, elles l'espèrent, de voir leurs désirs se réaliser. Institutrices, elles ont îles exlernats gratuits et pavants;elles dirigent des salles d'asile, des pensionnats.

Le noviciat dure au moins dix-huit mois sans compter le temps du postulat. Il est établi dans la maison mère à Autun. C'est là que doivent se rendre toutes les prétendantes pour s'y former à l'espril religieux (pie le vénérable fondateur a cherché à inspirer à ses Pilles.

Les religieuses se divisent en sœurs de chœur et en sœurs converses. Les prétendantes qui auraient été au service, ne peuvent point être admises parmi les sœurs de l lueur.

Les sœurs s'engagent par les trois vœux de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. Kn vertu du vœu de pauvreté, elles ne se dépouillent pas de la propriété de leurs capitaux ou de leurs rentes, mais elles ne doivent pas en user comme leur étant propre et n'eu disposent qu'avec l'autorisation de leur supérieure. Ces vœux ne sont qu'annuels. Ils doivent être renouvelés chaque année. Quand les sœurs ont atteint l'Age do trente ans, après dix ansde profession, elles peuvent être admises à émettre les mêmes vieux à perpétuité. La Congrégation se com- •ose donc de sœursdedeux degrés, de celés des vœux annuels et do celles des vœux perpétuels.

Les supérieures locales peuvent être choisies indistinctement parmi les unes ei les autres; mais les charges supérieures établies pour veiller aux intérêts généraux de l'institut doivent ôlre remplies pardes sœurs du second degré.

Le premier supérieur de la Congrégation est Mgr l'évêque d'Autun, qui la gouverne par lui-même ou par son délégué. Les sœur.*, soiimi.es du reste en tout, comme les autres fidèles aux ordinaires des diocèses qu'elles habitent, et vivant comme religieuses sous leur dépendance spéciale , reconnaissent sa juridiclion.

Une supérieure générale régit l'institut selon les Règles et les Constitutions; elle nomme à tous les emplois ; toutes les sœurs lui ont promis pleine et entière soumission. Elle doit être réélue tous les six ans à la pl lirait) Yoy. ;« l.i lù) du vol.. n«« 22!, Zll,

■SAC 1SJ

lité de» suffrages par toutes les supérieures locales et par toutes les sœurs des vœux perpétuels; car ces deux sortes de religieuses composent son grand conseil , ou le chapitre général. La supérieure générale le réunit tousles troisans dans la maison mère à Autun, où elle-même est tenue de résider. Elle a en outre pour l'aider dans son administration son cmseil, corn posé de deax assistantes, de la Mère des novices, de la proeuratrice générale et de quelques conseillères. Le gouvernement de la suj>érieure générale peut se prolonger indéfiniment.

Seulement il doit être soumis aux élections voulues par les Règles.

Le costume des sœurs sera sn (Essaiment indiqué par les modèles dont l'un présente une religieuse de chœur et l'autre une sœur converse. 11 consiste en une robe d'escot noir et tablier de même étoffe, une guimpe blanche do calicot en faconde pèlerine, et un voile noir en élamine. Une ganse noire soutient sur la poitrine une croix de cuivre doré. Le costume des novices est absolument le même que celui des religieuses, sauf la croix qu'elles reçoivent le jour de leur profession, et le voile noir qui est remplacé par le voile blanc. (I)

Les Règles et Constitutions des sœur» du Très- Saint-Sacrement sont en général les mêmes que celles des antres instituts voués comme elles au soin des pauvres et des enfants. Toutefois, nous observerons que le vénérable M. Agut, qui fut jusqu'à ses dernières années aumônier et directeur des Carmélites de MAcon, étant profondénunt imbu de l'esprit de sainte Thérèse, imprima à son OEuvro un caractère spécial d'énergie et de simplicité ; il s'efforça de communiquer à l'institut naissant l'esprit intérieur qui animait sa chère cotnmunauié du mont Carmel. L'impulsion du pieux directeur et la vraie affection qui unissait entre elles les Filles de sainte Thérèse et celles de M. Agut contribuèrent puissamment à le soutenir et à le développer. Chaque point de ses Règles, et plus encore chaque ligne des instructions qu'il a laissées, prouvent jusqu'à l'évidence queson intention était que son insiitutfûl comme un corp* wijrfequioorlt tout à la fois dans chacun de ses membres, l'activité de Marthe et le repos de Marie. Il voulut que ses Filles joignissent aux travaux si multipliés de la charilé la perfection des vertus du cloître.

SACREMENT (Religieuses ijcstititbicis ct

HOSPITALIÈRES UK LA CONGREGATION

TRES-SAINT-) à Romans (Dràmt).

Vers la fin de l'année 170i, un jeune homme, plein d'ardeur et d espérance, ém à Cenève pour s'y former au minittirt é$**geli'jue. Né à Privas, d'une lanulle honnêw, mais aveuglée par l'hérésie, il avait de bonne heure conçu le dessein de se consacrer aui pénibles travaux de l'apostolat, et ses pecents lui avaient ménagé un accueil ftw

m sac

rable auprès de «eux gui devaient l'initier an secrets de la parole de Dieu.

Monté sur un cheval , il traversait les frontières du royaume quand tout a coup il aperçoit, à quelque* pas de lui, un prôire qui portait le saint viatique à un malade Je la cawpague. Sa première pensée fut un sarcasme, son premier signe un mouvement Ja pitié. Il s'avance hardiment comme pour braver la présence des saints mystères ; on le prie de s'arrêter, il sourit ; ou insiste , il s'irrite ; aussitôt son cheval s'aLbat et le jeune calviniste étendu par terre est subitement frappe de terreur. Nouveau Saul, il entend la voix de la grâce, une transformation générale s'opère dans toutes ses idées, il ne se reconnaît plus. Revenu a lui P«ua peu, il remonte a cheval, rentre en France et se dirige vers le séminaire de Viviers où quelque temps après il abjure ses erreurs, et commence ses études ecclésiastiques, malgré ses parents qui font de vains toerts pour l'en détourner.

Une pareille vocation présageait un heureux sace ni oce. M. Vigne, c'était le nom du néophyte, n'y fut point infidèle. A peine ses cours de théologie furent-ils achevés qu'il se consacra avec un zèle sans bornes, au salut des Ames. Dieu bénit ses efforts et donna en sa personne un infatigable et saint missionnaire à l'Eglise de France.

Notre des>ein n'est pas de raconter ici les travaux de M. Vigne. Sa vie nous offrirait sans doute bien des détails intéressants; mais nous les renvoyons à l'histoire du diocèse de Valence auquel ce vénérable prélat a appartenu par son cœur et son apostolat. Nous voulons seulement parler de sa Congrégation dont il est le fondateur et qui mérite de trouver place dans l'histoire de celles qui honorent le xix' siècle.

Avant de se livrer aux missions , M. Vigno retiré pendant quelque temps à Boussieuxle-Roi, petit village du Vivarais, y avait trouvé plusieurs personnes vertueuses et libres qui ne soupiraient qu'après le moment de faire quelque chose de glorieux à Dieu et d'utile au prochain. Instruit de leur dessein et heureux de pouvoir le seconder, il les réunit dans une maison qu'il Gt construire à ses frais, leur prodigua ses conseils et se* encouragements, et eut bientôt la consolation do les voir familiarisées avec la pratique de toutes les vertus. Jaloux alors d'assurer leur persévérance, il leur traça un élément de vie et en forma une congrégation à laquelle il donna le nom de Re- Hgieuit$ du Tris-Saiitf~Sacrement.

Ce fut le 30 novembre de l'année 1715 que l'habit de religion fut donné aux premières sœurs qui, sous la conduite de M.

* igné, jetèrent les fondements de ce pieux édifice. Elles n'étaient encore qu'au nombre do sent. Elles n'avaient point d'oratoire publie dans leur communauté et se rendaient

* l'église paroissiale les jours d'œuvre et le dimanche. Mais en 1722 le fondateur bénit une chapelle qui leur fut destinée. Bientôt un grand nombre de personnes pieuses, at«

SAC

tirées par la nonne odeur de leurs vertus, se joignirent a elles et furent reçues dans la nouvelle Congrégation. M. Vigne ne voulut pas qu'elles fussent cloîtrées, parce qu'il les destinait a l'éducation des jeunes filles de Boussieux et des villages voisins.

Telle fut leur unique occupation dans le principe. Plus tard, elles y ajoutèrent le service des pauvres malades dans les hôpitaux que l'on s'empressa de leur confier.

Soutenues par le zèle de leur pieux fondateur et encouragées par l'heureux succès de leurs efforts, les Religieuses du Saint- Sacrement virent se multiplier peu à peu leurs établissements dans le Vivarais et les

f>ays limitrophes. Elles furent autorisées par ettres patentes de Louis XVI, en 1787, pour le service des hospices et l'instruction des jeunes personnes.

Mais la révolution française, en détruisant toutes les corporations religieuses, n'épargna pas celle du Très-Saint-Sacrernent. Les. Filles de M. Vigne furent bientôt dispersées* on vendit leurs biens, on Jes chassa de Boussieux et des différentes maisons qu'elles dirigeaient avec tant de dévouement; on leur substitua des mercenaires qui, en leur succédant, ne purent jamais les remplacer.

Quelques-unes d'entre elles seulement furent maintenues dans un petit nombre d'hospices, où elles eurent à subir mille avanies qui u'eurent d'autre résultat que d'activer leur zèle et de rendre plus méritoire leur pieux dévouement. Ce fut à l'aide de ces premiers débris quo l'édifice put Ôtre relevo après la tempête. Il ne fallait que les réunir et former de nouveau les nœuds qui les avaient liés jusqu'alors. Un respectable magistrat conçut ce dessein et fut assez heureux pour le réaliser. Nous devons dire son nom avec reconnaissance. Ce fut M. Marie Descorebes , préfot du déparlement de la Drôme.

Sensible au malheur d'un grand nombre de pauvres qui souffraient et gémissaient sans consolations dans toute l'étendue du déparlement, il résolut de rétablir a leur faveur la congrégation fondée par M. Vigne, communiqua ce projet à l'empereur et en poursuivit la réalisation avec aulant de zèle que de persévérance. Enfin ses vœux furent entendus et exaucés par un décret impérial du 11 thermidor, an XII de la république.

La maison de Saint-Just, à Romans, ancienne abbaye des religieuses de ce nom avant les troubles révolutionnaires, était le seul édifice national propre à cette destinalion, qui restât disponible dans le département. Ce décret l'a liée ta aux religieuses du Saint-Sacrement, qui s'y réunirent en 180fc. Le zèle et le courage de ces vertueuses filles firent tout le reste. La Providence les en récompensa, leur confiance en Dieu soutient leur bonne volonté, et il en fallait beaucoup pour surmonter toutes les difficultés d'un premier établissement dans une maison belle, vaste, mais entièrement délabrée, et qui , depuis un certain temps , n'avait servi que de caserne de secours. Bientôl elle

[>LS OKDRES RELIGIEUX.

SAC

SAC

13SJ

fat réparée et offrit dans tous ses détails le tableau le plus satisfaisant comme le pins agréable d'ordre, «te bonne tenue, en un mol, de communauté organisée de manière à justifier toutes les espérances et à garantir tous les succès qu'on devait en attendre.

La supérieure, femme de grand mérite et d'une vertu éprouvée, eut bientôt rallié auprès d'elle tontes les sœurs qui restaient encore et qui se bâtèrent de venir partager ses travaux. Elle jugea avec raison que In tète et le cœur de la Congrégation devant être h Saint-Just, de leur vigueur et de leur santé dépendaient le sort de la Congrégation tout entière et tous leurs intérêts unis aux siens. Klle crut donc sagement devoir subordonner toutes les considérations è la plus essentielle de toutes, qui était de bien constituer avant tout la maiton mère. C'est pourquoi elle mit h contribution toutes les ressources dont il lui fut possible de disposer. Plusieurs classes furent ouvertes, les jeunes sœurs s'y exercèrent h l'enseignement, et toutes les dispositions furent prises pour préparer aux écoles et aux hôpitaux du département des maîtresses instruites et des directrices dévouées.

Aussitôt M. Descorches en donna avis, par une lettre circulaire, aux sous-préfets, aux maires et aux membres descommissions

auront été méritoires devant lui et conformes à «on précepte: « Aimez vont lei «ni le$sutres. {Joan. xm, 3i, et alibi.)* La charité fut, etl et tera toujours et partout humainement, moralement et chrétiennement regardée nomme la première de toutes les vertus.

Nous applaudissons h ce noble langage, il honore autant le souvenir de celui qui l'a fait entendre que la religion qui l'a inspiré.

M. Descorches justifie ensuite l'établissement de la maison mère dans l'ancienne abbaye de Saint-Just par diverses considérations pleines de sens et d'à-propos; elles regardent principalement la formation do noviciat, l'esprit général de la congrégation et l'instruction théorique et pratique des jeunes hospitalières. Parlant ensuite des secours à domicile, il dit que l'empereur a voulu que la maison de Saint-Just devtnt comme une succursale de celle des saurs dites de In Charité, « t qu'il l'a chargée, en conséquence, de combiner son organisation de manière à rendre l'instruction des religieuses appropriée à ce genre de service.

Enfin il insiste, en particulier, «or les avantages que recueillera le département de la création des petites écoles pour les filles, et il termine en disant: « Puissions-nous voir bientôt une de ces écoles , attachée à chaque bureau central, établie dans chaque bourg et village. C'est un vœu dont notre

administratives des hospices et des bureaux de charité delà Drôme. Cette lettre est datée

du 27 juillet 1806. Il avait différé jusqu'alors cœuMie peut se défendre. »

de leur notifier le rétablissement de la con- Il exhorte ensuite les sous-préfets, .

grégation, parce qu'il voulut attendre qu'elle et administrateurs de toutes les commune*,

eût pris assez de consistance pour leur an- il encourager l'institution des Sœurs du

tioncer le bien qu'elle était en étal de faire Saint-Sacrement, è la faire connaître, a Jase-

et leur en montrer l'utilité, non comme un conder dans sa marche et ses progrès, et

projet en perspective, mais comme uneréa- leur recommande de procurer des noms

!ilé dont il ne s'agissait plus que de favori- a 1a maison mère, en s'associnnl pour cette ser le développement.

Après quelques détails historiques sur l'o-

bonne œuvre tous les prêtres de leur connaissance qui, sans doute, prêteront 4 leurs efforts un concours empressé.

Celte circulaire fut accueillie partout atee un plaisir et réhabilita pleinement l'humble Congrégation du Saint-Sacrement. Mme I* la formation de sujets pour le service des nolt, qui en était alors supérieure, vit anv hôpitaux, pour l'administration de secours verauprès d'elle de nombreuses prétendantrt

rigine de la Congrégation et la manière dont elle s'est fixée à Romans, le îréfet exposa le but que l'empereur s'était proposé en approuvant son rétablissement. Ce >ut était, dit-il.

è domicile et pour la tenue des petites écoles.

Voici comment il s'exprime sur le premier article: Chacun sait combien les soins des femmes sont précieux pour les malades, les infirmes et les enfants: combien il y a de consolations, pour celui qui souffre, dans la> douceur de leur langage et de leurs manières, dans V adresse de leurs mouvements, dans la sensibilité prompte, active de leur Ame naturellement bienfaisante; combien ces soins repoussés par tant de dégoûts gagnent encore à être inspirés par les sentiments religieux, par la ferveur d'une vocation vraiment chrétienne, par le témoignage d'une conscience bien pénétrée de cette vérité que Dieu présent partout, juge supérieur de toutes les actions des hommes, même de leurs plus secrètes pensées, pèse sans cesse dans les balances ae sa *ustice leurs a>urres et leurs intentions, et résine des récompenses éternelles à celles qui

el favorisa de tout son pouvoir les gét^rem désirs de M. le préfet. Celui-ci, a son tour, fut secondé por M«r Bécherel, évéque Je Valence, qui, en 1807, adressa de pressai recommandations au clergé de son d,0o*f En peu d'années, la Congrégation prit de teu accroissements, qu'il fallut agrandir le 1** où l'avait fixée le décret de l'an partie de l'ancienne abbaye avait été au logement de gendarmerie.* Elle futçWW aux religieuses par ordonnance de W*»

XVIII, le 13 mars 1816.

Le gouvernement avait approuvé, tw" ans auparavant, les Statuts de la Coogr»'" lion présentés par M. Bécherel. Ces staw modifiaient, en quelques points, la donnée par M. Vigne, mais ils ne la dew saient pas, car elle avatt paru ■nfi"'a!r sage à tous ceux qui l'avaient examinée changements qu'on luiavait fait subira»»

donc uniquement pour objet divers um:

Page 1