IS49 SAC DES ORDRES RELIGIEUX. SAC
elles étaient parvenues a produire une par- elle, affaiblie par l'âge, un véritable marrie de l'effet qu'elles attendaient; mais Dieu lyre.
permit qu'après avoir supporté avec une «a- Elle était a peine remise de ses souffran-
tienco angélique ces accusations imméritées, ces, lorsqu'une chute fâcheuse produisit un
te sœur Marie-Louise de Jésus fût compté- déboîtement de l'épaule qui ne put être
tement justifiée aux yeux du supérieur, qui guéri. A dater de ce jour, (tt décembre
punit les coupables et regretta vivement 1758), la sœur Marie-Louise de Jésus com-
u avoir prêté l'oreille à leurs perfides insi- prit que le temps de son pèlerinage ici-bas
ouations, était fini, et elle se prépara par un redou-
La sœur Marie-Louise de Jésus se corn- blement de ferveur à la mort dont ellesen-
plaisait dans ces croix, et, dès qu'elles vinrent tait les approches. Enfin, le 21 avril 1759.
* lui manquer, elle y pourvut en demandant elle fut saisie d'un violent frisson et d'une
à sou directeur de lui désigner parmi les fièvre dont rion ne put arrêter les progrès,
Meurs une supérieure personnelle a qui elle et, après huit jours de souffrances, suppor-
ohéirait comme a Dieu lui-même; il lui en tées avec une héroïque résignation, elle ex-
iodiqua une en effet, et il eut soin de la pira doucement dans les bras du Seigneur,
choisir d'une humeur brusque, bizarre, in- qu'elle avait servi sous l'habit religieux
quiète, scrupuleuse, la plus propre en un depuis cinquante-six ans ; elle en avait
mot à lui faire souffrir, même involontai- alors près de soixante-quinze,
rement, une sorte de martyre continuel. Celte mort arriva le 28 avril 1759, sur les
Ces épreuves journalières, dont sa vertu huit heures du soir, quarante-huit ans après
parfaite la firent triompher sans peine, ne celle du vénérable de Monifort, au même
firent que mettre en relief sa résignation, mois, a la même date, à la même heure, au
son égalité d'humeur, sa mansuétude et sa même lieu eldans les mêmes sentimeuts que
charité. Mais Dieu lui en réservait de plus son père et son modèle,
pénibles, quoiqu'elles fussent moins per- Avant de mourir, la sœur Marie-Louise
tonnelles, en lui enlevant successivement de Jésus voulut transmettre à ses pieuses
les guides sur lesquels elle avait dû comp- filles l'expression de ses dernières volontés,
ter pour la diriger dans l'accomplissement Voici ce testament tel qu'il fut dicté par la
de sou œuvre, et qui devaient supporter mourante et signé de sa main :
avec elle le poids et les fatigues d'une vaste r#«//,™*«» w# /„ •/.«•- %tn»i. r„„;..
n.Jministration. C'est ainsi qu'elle eut a Testament de la sœur Marte-Louise de
pleurer sur la tombe du P. Mulot, successeur du vénérable Monifort, et sur celle du Au nom de Noire-Seigneur Jésus Christ. P. Audubon, qui avaient rempli avec zèle et Etant sur le point de rendre compte à mon sagesse la mission si bien commencée par Créateur de la manière dont je me suis conteur saint modèle. duite à l'égard des Filles de la Sagesse, dont
D'autres tribulations l'assaillirent en même j'ai eu te bonheur de porter la première
temps : elle perdit un grand nombre de ses l'habit, et voyant se vérifier clairement tout
tilles en différents établissements; et si leur (I ) ce que M. de Monifort m'avait dit : que
mort édifiante fil l'éloge de la mère qui les je serais un jour à la tète d'une nombreuse
avait initiées aux vertus de leur état, ello communauté, et qu'on verrait dans la suite
n'en fut pas moins douloureuse pour son des temps une pépinière de Filles de la 5a-
tœur. gesse, je me crois obligée de leur recomman-
Au milieu de ses douleurs, la sœur Marie- der à toutes, présentes et à venir, de ne s'é-
Louise de Jésus ne perdait pas de vue les carter jamais de l'esprit primitif de notre
nombreuses maisons confiées à ses soins, saint fondateur, qui est un esprit d'humilité,
et, pour y maintenir l'esprit qui les avait si de pauvreté, de détachement, de charité, o"u-
bien dirigées jusqu'alors, elle résolut d'en nion les unes avec les autres.
faire une visite générale, avec l'approbation Je leur recommande en outre, au nom de
de P. Audubon, qui vivait encore à cette Notre-Seigneur Jésus-Christ, d'avoir toujours
époque. une dépendance sons réserve de- la commu-
Klle partit au mois d'avril 1750, et visita nauté établie à Saint-Laurent- sur-Sèvre, de Avec de grandes fatigues tous les établisse- laregarder comme le chef-lieu de toute la conméat* du Poitou, de l'Aunis et de la Sain- grégution, d'en regarder la supérieure et toutonge, au nombre de quinze. Partout elle tes celles qui lui succéderont en cette charge éditia ses filles par l'exemple de sa piété si comme leur supérieure générale; vive et si expansive ; partout elle les raffer- De respecter et obéir au supérieur des Mismil dans leur sainte vocation, et les rai ta- sionnaires du Saint-Esprit, aussi fondés par « ha plus que jamais à la Règle dont elle pro- M. de Monifort, et à ses successeurs dans la clamait les bienfaits religieux par ses exe m- même place, comme celui qui leur a été donné pies plus encore que par ses paroles. par lui pour y gouverner généralement et
On ne saurait dire tout ce que la sœur maintenir la vigueur de la règle dans toute
Marie-Louise de Jésus éprouva dans ce la congrégation ; d'avoir du respect et de la
voyage de deux mois , fait à cheval, à Ira- reconnaissance pour celui des missionnaires
yc'rs des chemins difficiles, et qui fut pour qui aura la charité de tenir la place de con-
,1) A l'époque de la monde la sœur Marie-Louise de Jésus, la Congréfalion de la Sagesse actscrraU oeja ol) éiaWi^ments.