SAG DICT
fe steur aux Fillct de la Sagesse. Ce faisant , elles seconderont mes désirs ; elles feront ce que Dieu m'a fait la grâce de pratiquer pendant que jai été sur la terre, et elles accompliront ta dernière volonté d'une mère qui les a toujours aimées, qui les aime encore et les aimera et ne les oubliera point après sa mort. Ne pouvant écrire moi-même tout au long mes susdites pre'sentes volontés, à raison de ma grande faiblesse, je les ai fait mettre sur le papier par la saur Honorée, maîtresse des novices, et les ai signées de ma main. A Saint-Laurent , le 25* jour <f avril 1759. Maris-Louise de Jésus, supérieure gêné" raie.
Suivant le vœu de la mourante, son confesseur donna lecture à haute voix des préemptions touchantes qu'elle laissait è ses chères filles, puis elles furent ratifiées et signées par les sœurs présentes au nom de toute la Congrégation. On peut dire que nul de ses membres n'a oublié depuis les engagements que, dans cet acte solennel, d'autres avaient pris pour eux.
Après le décès de la sainte fille, on pensa nue ceux qui avaient été si intimement unis dans le Seigneur pendant leur vie ne de» vaient point être séparés par la mort; c'est pourquoi le corps de la sœur Marie-Louise de Jésus fut placé près de celui du vénérable Montfort, au milieu de la chapelle de la Sainte-Vierge.
Le concours des fidèles qui assistèrent en larmes aux funérailles de la vénérable fondatrice, l'empressement que l'on mit a se procurer quelques fragments des objets qui lui avaient appartenu, tout prouva le respect et la confiance qu'avaient inspirés ses vertus.
A la Mère Marie-Louise de Jésus , fondatrice et première supérieure de la Congrégation de la Sagesse, succéda , en 1759, la sœur Anaslasie, originaire de Niort, au diocèse de Poitiers. Elle avait alors vingthuit ans de profession. Son généralat fut trarersé par de nouvelles tracasseries de la part des officiers du seigneur de Mortagne ; mais elle eut la consolation de voir les affaires se terminer à l'avantage de la eoromunaulé. Ce fut de son temps, en mai t700, que les novices commencèrent à porter le chapelet blanc. Elle fonda onze maisons nouvelles, et mourut le 31 mars 1773.
Dès 1768, c'est-à-dire au bout de ses neuf ans de généralat, elle avait été remplacée par la sœur Sainte-Claire. Celle-ci comptait alors vingt ans de religion , et , par conséquent, en avait passé neuf sous la fondatrice. Elle était précédemment supérieure à l'hôpital de Saint-LÔ. Elle retourna le gouverner a sa sortie de chargo , et y mourut en 1800. La Congrégation obtint, sous cette supérieure (mars 1773), les lettres patentes qui lui assuraient une existence civile. Onze
(I) Loin de chercher ailleurs sa propre xûrelé durant la dévastation et l'incendie de la communauté, la supérieure générale ne sortit pas même de l'enclos, et, découverte dans sou réJuit par des
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nouvelles maisons furent acceptées , entre autres l'hôpital maritime de Brest et la petite maison do ChAteau-Larcher.
La sœur Marie de Saint-Bernard avait déjà treute-huit ans de profession , dont vingt ans passés sous la Mère Marie de lésas, quand elle succéda, en 1777, à la sœur Sainte-Claire. Elle ne gouverna la congrégation que trois ans, étant morte en 1780. C'est durant lo cours de ce triennat que commença la construction de la maison actuelle de la Sagesse. Dans ce même temps, les Filles de la Sagesse furent appelées a I hôpital de Châlillon-sur-Sèvre et dans trois autres maisons.
La cinquième supérieure générale fot sœur Saint-François-Bé^is. Dès la deuxième année de son généralat, elle vit bénir («r Mgr de CrussoT, évêque de la Rochelle, la chapelle de la maison mère. Sous celle supérieure, onze nouvelles maisons furent encore confiées aux sœurs, et entre autres l'Hôtel -Dieu de Poitiers. En sortant de charge , la sœur Snint-François-Régis alla gouverner l'hôpital Saint-Louis a la Rochelle, et c'est de là que la révolution l'arracha avec les procédés les plus indignes, ainsi que toutes ses compagnes des hôpitaux de Saint-Louis et d'Auffrédy, pour les jeter dans les prisons de Brouage. Le récit de tout ce qu'elles eurent à souffrir dépasserait de beaucoup les bornes de cette notice; il nous suffira de dire que rien ne put altérer ni leur confiance en Dieu , ni leur charité |>our le prochain, ni même la sainte gaieté de leurvertu. 11 yavail là d'autres religieuses qui n'étaient pas dis|>osécs à partager leurs amusements et leurs joies ; mais elles disaient agréablement à leurs plus jeunes compagnes : « Allez, nos sœurs, allez vous réjouir avec les chères sœurs «le Saint-Laurent; maintenant la folie est à la Sagesse. •
A la sœur Saint-François-Régis succéda, en 1789, la sœur Klavie. Elle avait fait profession en 1730, et, par ronséquent, elle avait connu la Mère Marie- Louise de Jésus durant neuf ans.
La Congrégation comptait plusieurs centaines de religieuses, distribuées en près de quatre-vingts maisons, quand éclata l'orage révolutionnaire. La maison mère se trouvait au foyer de la guerre de la Vendée; elle devint un hôpital où tous les blessés, *ao« distinction de camp, étaient assurés d« trouver près des sœurs tous les secours «la la charité la plus tendre. Tant de dévouement ne put la préserver du meurtre et <*• la dévastation. Le 31 janvier 1794, la msisra fut envahie, pillée, incendiée (1); plusteors religieuses furent hachées par œorcewi; vingt-six, liées deux à deux, furent traînées sans pitié devant le tribunal révolutionnaire de Cholet, où, après bien d'autres questions accompagnées d'injures de tout geore. on
soldats républicain» qui lui demandèrent ce je'* faisait la, elle leur répondit tranquillement : »«* regarde brûler ma maison. >