SAG DES ORDRES
finit par cette demande dérisoire : « Voulezvous vivre et mourir dans la religion catholique, apostolique et romaine? » A ces mots, toutes se lèvent et répondent avec respect : « Oui , moyennant la grâce de Dieu. » Après celte réponse sublime de simplicité et de résignation, elles furent conduites en prison, où l'excès de la misère en fit périr quelques-unes; d'autres furent transportées à Nantes et y furent guillotinées. Sur tous les points, c'étaient les mômes vertus , le même courage, et aussi la même guerre, les mêmes traitements. Douze autres filles de ia Sagesse périrent en différents lieux par le fer ou la misère. Presque toutes eurent à confesser leur foi avec plus ou moins de danger, et pas une ne manqua à son devoir : plusieurs subirent des interrogations qui rappellent ce qu'il y a de plus beau dans les actes des martyrs.
Sans attendre que le calme se rétablit, les Filles delà Sagesse s'empressèrent de se réunir sur les ruines encore fumantes de leurs maisons, ou de rentrer, souvent aux (dus pénibles conditions, dans les établissements Je charité dont la violence seule avait pu les arracher. L'hôpital maritime de Brest était Tunique maison où elles fussent toujours restées au nombre de près de soisante-dix, parce qu'une épidémie avait rendu leurs services indispensables. Elles avaient dû renoncer, pour gagner cet honorable privilège, à leur habit religieux; ruais rien n'avait pu faire obtenir d elles aucune autre concession.
La sœur Sainte-Praxède remplaça sœur Sainte-Flavie en 1798; elle avait eu elle aussi l'avantage de vivre deux ans sous la Mère Marie-Louise de Jésus. Durant tous les désastres de la communauté , elle était restée dans les environs de Saint-Laurent, è portée d'en sauver quelques débris, ou 'lu moins de saisir le moment d'en relever les ruines. Dès 1890, elle sollicita du premier consul Bonaparte la liberté légale d'habiter cette sainte et chère maison, ou plutôt celle masure sous l'abri de laquelle s'étaient déjà réunies, avec un admirable empressement-, ses anciennes habitantes an instant Uis|iersées par la violence de l'orage. Elle n'eut pas le temus de recevoir la réponse, ayant été enlevée à l'affection de toute la Congrégation dès le mois d'août de cette même année 1800 (1).
On compte la sœur Avé pour huitième supérieure générale, quoiqu'elle ait obtenu d'échapper a la supériorité, mais au bout de quelques mois seulement. Elle gouvernait I hospice des Incurables de Poitiers quand éclata la grande révolution. Elle montra dann ces temps de déplorable mémoire une fermeté d'Âme que la religion seule peut inspirer. Dans les fers et sur l'échafaud même,
(I) Le décret qui rendit à la congrégation son existence légale, fui signé te 87 février 1811. La plupart des anciennes maisons se rouvrirent, et leaucoup d'établissements nouveaux furent confié* aux Filles de la Sagesse, qui purent répondre de
Dictiorn. des Ordres rrlic. IV.
ELIC1EUX. SAG «54
elle conserva le calme et la dignité d'une conscience noble et pure. Attachée au carcan, qui, pour une criminelle ordinaire, eût été une punition infamante, elle travaillait tranquillement à son tricot, sans s'occuper ni de ce qui se passait autour d'elle, ni du sort qui pouvait l'attendre. Dès qu'elle eut été rendue a ses chers pauvres, et jusqu'à sa moft arrivée en 181%, son active et industrieuse charité lui attira de la part de ions les hommes et de tous les partis un respei* et une confiance dont on trouve peu d'exemples.
M. de Beauregard , depuis évêque d'Orléans et alors curé de l'église cathédrale de Saint-Pierre de Poitiers, montra en celte circonstance toute l'estime qu'il lui portait; les administrateurs des hospices de Poitiers voulurent aussi témoigner leur reconaissance, en lui élevant aux Incurables, où on peut la visiter, une tombe avec une épitaphe destinée à perpétuer le souvenir de ses services.
Cédant aux instances si humbles, si charitables et si touchantes de la sœur Avé, la congrégation la remplaça, en mai 1801 , par la sœur Saint-Méeu. Ce généralat est peutêtre celui qui a été le plus rempli de sollicitudes : il y avait partout tant de ruines à relever, tant de plaies à guérir ! Non-seulement les sœurs rentrèrent alors dans presque toutes leurs maisons anciennes, mais elles lurent appelées dans vingt-trois nouveaux établissements.
La sœur Saint-Valère succéda, en 1810, à la sœur Sainl-Méen. Elle accepta seize nouvelles maisons, entre autres l'hôpital de Confolens (Charente) et la maison d instruction de Châtelleraud ; mais combien d'autres elle fut obligée de refuser faute de sujets ! Et cependant les novices arrivaient en si grand nombre, qu'on fut alorsobligé de bâtir un nouveau noviciat. Sous ce généralat. c'està-dire en 1816, se fit la cérémonie du centième anniversaire de la mort du Vénérable Grignon de Montforl , fondateur des Fille» de la Sagesse et des prêtres missionnaires de la Compagnie de Jésus. Elle fut accompagnée de guérisons tout au moins très-surprenantes.
En mai 1819, la sœur Saint-Valère fut remplacée par sa propre sœur Sainl-Calixte.
Celle-ci , après être sortie des prisons^ de Brouage, était rentrée è la Rochelle, à l'hôpital d'Auffrédy, avec la vénérable sœur Eugénie, dont la Rochelle conservera le souvenir à jamais. De là elle fut envoyée, en 1813, dans la ville d'Anvers, où l'exemple de son courage et l'amabilité de son caractère soutinrent puissamment .«es sœurs dans leur admirable conduite au milieu des horreurs, des privations et des dangers de l.i guerre. Même après la pacification , la sœur
suite à rappel de la religion et de la politique. En échange de leurs services, Napoléon les aida à relever les ruines de leur maison de Saint-Laurent sur-Sévre.
r :'u mi» bh.Tio
Sj [:•: - (' uif u'sla jtisipi'eti > e | «t t*in I »io 1 S I V » atee dix-neuf mi uts, auprès dos blessés que leur élal ne pci -mettait pas île ramoner en Framc. Nommée supi 'ricuro générale, elle vil les ioiij;i -égalions s'accroître * * •* quinze nouvelles maisons , quarante-six autres furent refusées, «;i < nu>e «le l'impuissance nù l'un était de fournir des .sujets. I.;: communauté s'augmentait pourtant d'année «h année, au f km ni qu'on iltil alors agrandir considérablement l.i « La ; <* i 3 e.
La nomination île la douzième supérieure générale, sceur Saint-Lin, avait l'ait concevoir les plus belles e>j éiai:ie> ; mais elle inouï ut au bout <le dix-huit nous. Sous ce trop court genéralat commencèrent, par autorité »lê l'ordinaire, ies pimédures pour la béatification du P. Monti'o: t.
La sti'ur de la Résurrection fut élue supérieure eu niai 18.J0 , et, durant les neuf années de sa supériorité, quinze maisons nouvelles lurent acceptées, tandis qu'on eu refusa cinquante-cinq. En 1832, la communauté fut, à deux lois dilférentes, cernée il envahie par plusieurs centaines de soldats doiil les chefs mêmes, cela e-t triste h dire, ne remplirent pas leur pénible mission avec toute la délicatesse que l'on eût été endroit d'attendre d'eux. On venait cherchera Saint- Laurent nous ne savons quels personnages politiques el pioMiits; mais toutes les investigations de la | o'.ice la plus sévère ne découvrirent rien là où il n'y avait rien à dérouvrir. A la deuxième visite domiciliaire, il était trois heures de l'après-midi, et le Meurs, rigoureusement gardées à vue, n'avaient pris aucune nourriture depuis le souper de la veille. Lutin o:i leur donne quelque hherié, et la supérieure en prolile pour faire sonner le diner. Le général culte avec son état-major dans le réfectoire; mais -n présence ne change rien aux habitudes d'ordre de îa communauté : la lectrice poursuit sa lecture, les samrs restent assises, el, /unis lever les \en\, continuent leur modeste repas : du h ouf bouilli et des pommes de terre cuites à l'eau en faisaient tous les frais. Les olliciers lu eut en silence le tour des laides et se retirèrent en disant « qu'ils .m aient trouvé dans la communauté de Sainl- Laureni plus de dévotion quo de conspiration. «
A la su'ur de la Uésurroeliou succéda la so'iir Saiul-Flaviru, sous laquelle la congrégation prit encore un plus merveilleux dévol op pe mou t . De cent dix-huit maisons nouvel; •> qui lurent proposées, ou en a -copia trente-cinq; le noviciat dépassa le chiffre de cent. C est s«»us ce géneratat que s'mstruiMi, p.ir i--.dre du Pape Crégoire XVI, le procès a. .jsi , | jue tendant à la UvtiticaLoti ou v.-u,: P. ne Monti'o: t.
La s j ,; », ,j;.,t. j-'j,-, vun \ilenco e; c'en est atv.-z , : i*. c: .ger à nous taiie sur les
•t, \ -. „ •:. ,••< ou f«> tri'uvrnt actuellei !'.«.■ m •',,<-,..» i.jivjus ite Im-niul : Amiens. An.-;., A; . . .il:::, i-, U .uix.ns, Uloi>, Bordeaux, « oiil . . < cit:,r,> Kiejus. I.imi.f^s Luç.nt. .Yt.il-. 0 : .mf, Y Ly'vrs, Q'iwp.-r. Ren-
naii'.l s.\t; r.'»;
utiles et grand-» choses qui se sont iniu-s sous sou administration.
La supérieure actuellement en cii.tr;.' , c'est-à-dire la quinzième en comptant' :n vénérable fondait ire , est la souir Sau:t»-- Vitalme. Mlle n'était en I8'i3 qu'au .
mcnrcuirut de sa septième année, et iii-.i vingt-huit maisons nouvelles avaient tie fondées; et les novices, quoiqu'elles M.'m.t au nombre de près de deux cents , s utli-t m à peine au quart des demandes. Mais fapprobalion apostolique de la Congrégat.na sera le grand événement de ce générait . < t à elle seule elle suHuait pour le rendit \u& morable.
La Société de la Sagesse continue de prendre un développement de jour eu jour plu. heureux. Lu 185V, elle comptait déjà k-m mille cent cinquante membres, formant deux cents maisons en viiut-nenf diocèses de France cl «le Belgique (1). Chacune de re> maisons comprend plusieurs oeuvres, souvent tout à fait distinctes, mais dirigées cependant par une même supérieure locale.
Voici le tableau de ces différentes œuvre*: en même temps qu'il indiquera les occupations des Filles de la Sagesse, il pourra faire apprécier l'importance de la congrégation pour l'instruction des enfants, le soin do malades et le soulagement de toutes Us misères humaines : soixante asiles de l'enfance, deux cents écoles primaires, vingt pensionnais, neuf écoles normales ou class<s d'adultes, sepl écoles de sourdes-inuetU* ou d'aveugles, quarante ouvrons ou orphelinats, six maisons de retraites spirituelle.', cinq liaisons de grandes pensionnaire- .
quatre crèches, trois maisons de uialerntts soixante-dix-huil hôpitaux civils, maritim s ou militaires, quinze bagnes, maisons ce i , traies ou maisons d'arrêt, huit asiles public? d'aliénés, trente bureaux de bienfaisant. A soixante autres maisons sont atladiéfdes -a-urs chargées de secourir les pauvr s à douncile.
li' jlrs </<• la CoHjrt'ijtition de la Sagfar.
La Congrégation des Filles de la Sagesse* été solennellement approuvée, en ruéae temps que la Compagnie de Marie, par ur, bref en d,ùe du 1G décembre 1853, cl leur* vo-ux sont uesorinais entre les ujains «in Souverain Pontife.
Leur Règle lt>s oblige a un très-grsai éloignement pour le monde, à l'observation même de Sa clôture, autant qu'elle est roispatible avec le service du prochain, et. to général, à se rapprocher en loul de la ut? religieuse proprement dite. Elles ne \t* veni sortir, même pour aller visiter les jauvres, que re\êiues d'un ample niant» ^ i noir qui les couvre - e la tète aux pica Les vieux de pau\rc'.é et d'obéissance \ soj.i tnten dus et | ra:: p. es dans t.iute la n-'utur
re s, l.i Ruclivlir', SjuiI-Ui i*uc. Soi son*. T»rt*s T«ui!oiim*, T< Ufs, loiuiiav. Van-irt ft V«t«jiIW- L i Mlle lie IVntu-rs i tv.\> t. rwiur ki d""f>
ci.d.ltssoiiu-iiis ciUi* fu-s.jt il SvîK'iu pt,r>emicl d ■ plt-s de o.i.i r • jicusc*.
SA« 1»ES ORDRES RELIGIEUX
SAl 1358
des orares les plus sévères, sans ménagement et sans restriction. Les sœurs ne jouissent en aucune façon de revenus patrimoniaux, et ne peuvent avoir l'usage exclusif d l'aucun objet, quelque minime qu'il soit; le linge même est en commun. Toute» les maisons particulières sont tellement unies avec le chef-lieu, qu'on n'y connaît absolument qu'un seul intérêt, celui de la corn-» mnnaulé, qu'une seule actiou, celle des supérieurs généraux, eu sorte que toutes les maisons ne sont pour ainsi dire que les emplois dilférenis d'une même maison dirigée par une seule autorité.
Il n'y a qu'un seul noviciat, qui est toujours à la maison mère. Toutes les novices y restent de quinze à dix-huit mois avant d'être placées dans des maisons; cinq ou six ■ans plus tard, elles y reviennent toutes passer quelques mois, pour se préparer à faire leur grande profession et leurs vœux perpétuels; enfin, quand l'âge ou les infirmités les obligent au repos, cest là encore qu'elles se réunissent do tous les lieux où elles étaient dispersées par l'obéissance.
Jusqu'à présent, la Congrégation de la Sagesse s'est refusée à toutes les sollicitations qui voulaient l'attirer trop loin de la France. Son esprit si prononcé de centralisation matérielle et morale ne lui permet guère, eu elfet, de placer ses sujets dans des conditions où ils ne pourraient plus tenir aussi parfaitement au centre et en recevoir toute leur vie religieuse.
Lo chapitre général de la Congrégation se réunit tous les trois ans, et a pour mission principale d'interpréter, au besoin, la règle et les constitutions, puis d'élire la supérieure générale et son conseil. La même sœur peut être maintenue pendant neuf ans dans les fonctions de supérieure générale; mais l'usage est qu'au bout de ce temps, elle soit remplacée. Elle partage avec le supérieur général, qui est toujours le mémo que celui des Prêtres missionnaires de la Compagnie de Marie, le gouvernement de toute la Congrégation. Un conseil ordinaire et un conseil extraordinaire les aident dans cette administration si vaste et si importante.
Sept ou huit provinciales sont chargées chacune de la visite d'un certain nombre de maisons. Elles décident sur les lieux les affaires moins graves, et renvoient les autres aux supérieurs majeurs.
Tous les ans, les supérieures locales de chaque province se réunissent pour rendro compte de leur administration et faire les exercices de la retraite spirituelle sous la conduite des supérieurs généraux. De plus, tous les ans aussi, deux frères de la Compa-
f;nie do Marie sont envoyés ensemble, par e supérieur, dans chaque province, pour y
(I) Voy. a h lin du vol.. n»« î?t «23.
(Si Sœur Reuée Burel est décédée au Légué, le ISj'jin 1720.
(3) Il est né à Pordie, prés Sjinl-Rieiie, à la Tille-Angeuin, ancienne gentilhommière qui existe
donner trois ou quatre retraites, auxquelles se réunissent toutes les sœurs des environs; nouveau moyen d'entretenir dans toutes les âmes le même esprit, dans toutes les maisous les mêmes usages.
Costume des sœurs de la Sagesse.
Les sœurs de la Sagesse ont fidèlement conservé le costume primitif de leur institut : c'est relui que lo vénérable de Montfort avait donné à la sœur Marie-Louise de Jésus.
Ce costume n'a rien qui se rapproche de celui des personnes du siècle : la toile blanche et la bure le composent tout entier. Les Filles de la Sagesse portent par-dessus un épais corset une brassière à longues et larges manches. La couleur de la coiffure, ou mouchoir et du tablier de travail est blanche. Le tablier de toilette (si l'on peut donner ce nom à d'aussi humbles et d'aussi simples vêlements) et tout le reste du costume est de couleur gris cendré et de grosse étoffe de laine. La chaussure est l'antique et incommode pantoufle à talon élevé et entièrement ouverte depuis le devant de la cheville jusque par derrière le talon. La croix placée sur le milieu de la poitrine et retenue par la pièce du tablier est d'ébèue et porto un christ en cuivre jaune. En témoignage de la dévotion particulière que leur Congrégation a vouée à la Mère de Dieu, elfes portent un chapelet suspendu à leur côté.
La grande cape dont les sœurs s'enveloppent, comme d une clôture portative, à l'église et dans les rues, est toute noire. C'est comme une sorte de suaire qui leur rappelle leur mort au monde.(l)
SAINT-ESPRIT ( Cognée vno* dus Filles du), diocèse de Saint-Brieuc.
Une nieuse veuve, de la paroisse de Plérin, nommée Marie Balaven, après la mort de son mari ne songea plus qu'à servir Dieu et lu prochain. Elle habitait le Légué, petit port de mer à deux kilomètres de Saint-Brieuc. Là elle visitait les malades chaque jour, leur faisait du bouillon, préparait des médicaments, instruisait les enfants pauvres, surtout do la religion. Renée Burel (2), fil lo pieuse de l'une des plus considérables fafamilles de cultivateurs de Plérin, se joignit à elle pour pratiquer cette vie de bonnes œuvres.
M. René-Jean Allenou de la Ville-Augeuin (3), songea à former une petite communauté pour sa paroisse seulement, ce qui entra dans les goûts de ces pieuses filles. Il leur fil une Règle, et lu soumit à Mgr Frétât de Boissieux, assis sur le siège épiscopal de Saint-Brieuc; le prélat approuva celte Règle, cl elle est parafée de sa main par premier et dernier. On l'a toujours conservée
encore. On voit dans la salle de ccuc maison le portrait de ce monsieur, peint sur toile. Il paraît qu'il était «liaiioine honoraire, car il porte l'aumusse au bras.
',-.,) su dict;»
dans les a.-vuivi^ de la maison p: ineipale. C e*i don'.- à tort que dans les annales Itrio- . ),ii>o< on attribue à M. l'abbé Leuduger o'ètre le fo;<<satci;r de la congrégation des Fi lies du Saint-Esprit. Ce /.clé missionnaire, i lai.l di' la panure de P'érm, a s « 1 1 1 ~. doute aidé de «•oiiscils M. do la \ "ille-Angciiiii, dans la Hrg'.e qu'il faisait. Ces pieuses ti 1rs, an nombre de 1 1 1 m s, prirent le costume reîi- ..:<•:; x < t tirent leurs v<m\ le 6 dereu.bre 1700. M. de la Ville- Aiucuin <!é.jia cette (oiiiaiiiii auté nai-viiito au Saint-Esprit. Dés lors Ja l'Ole \ alto aie de l'ordre fut fixée au jour île la Pentecôte ,'!)• Eiies eurent pour seconde léle l'Iminneulée-Conception de la sainte Vierge, M. de la \iile-A:;geuin voulant, sans doute, augmenter leur zèle envers Marie, en la leur donnant pour Mère, et les porter chaque année en ce beau jour, à se rappeler d'une manière particulière leurs engagements.
Voici la description du costume : leur babil de dessus se compose d'une camisole qui leur serre la taille et descend par derrière en forme de queue : cette queue est large et à plis de chacun six millimètres; elle descend un peu au-dessous du gras des jambes; une jupe qui leur va jusqu'aux talons, un tablier qui leur serre la ceinture au moyen d'un lacet. Du côté gauche, ci les y mettent un rosaire en grains noirs ou couleur coco; elles relèvent la piécette de leur tablier sur la poitrine et l'attachent avec des épingles ; cites portent au cou un mouchoir de moyenne grandeur, en calicot ou coton. La coiil'ure consiste dans un serretôle, un bandeau qu'elles portent sur le iront, un peiiau-dessus des yeux; une cotffe en ni i-lil qui imite n e grosse halisic, par dessus laquelle une autre coi île eu jalicot ou coton, avec une | arlie saillante par dei neie qui leur couvre le cou; la seconde se relève à moitié j ar devant.ee qui laisse voir environ quinze centimètres de la coi Ile claire. Les bandes tics deux coi Iles tombent pendantes sur le haut de la poitrine. Lllcs portent un crueilix placé dans la piécette du tablier, de manière qu'on n'en puisse voir que le haut et l'inscription. Depuis 1817, elles ont ajouté une colombe d'argent qu'elles portent suspendue à leur cou avec un cordonnet de soie noire, et qui leur tombe sur le milieu de la poitrine, comme symbole <|c leur qualité de Filles du Saint-Esprit. Eli es portent une cape de camelot blanc, dont le capuchon est bordé d'une bande d'étamine noire. Tout le costume est blanc, et composé aujourd'hui des mêmes élolfres que dans l'esprit primitif de la règle, et fait de la môme façon. Première classe! flanelle toute lame; deuxième, élamine, et troisième, berlmge. Par crainte que I uniformité n'eut pas assez d'ensemble un a déteiininô les longueurs et largeurs (les inanches ont une demi -aune d'ampleur).
{X) Sur la supplique t!c M. l*;d.bë Le Me-, «. 1 1 — péi'îciir fcénéinl, noire Ires-saint Père (be^tire XV| accord.», le II) novembre 18*0, une .n ni^.-re e j»!é-
.NAIIIL SAI \VA
Ce qu'un vient de dire est le loslume qu elles portent h l'église et dans les visites qu'elles l'ont. Dans l'intérieur des maisons, et pour les visites des malades, il y a de changé le tablier qui esi en coton bleu, en toile de lin; des châles de laine tricotée, et des mantelels d'etolfe h anche pour se garantir du froid. Dans les campagnes, où som Iji'S plus nombreuses fondations, on leur permet, en hiver, l'usage des mantelels d'éhJ.pour l'OHice.
Les Fi' les du Saint-Esprit, connue* généralement sous le nom de Sueurs lilaiicbe>. restèrent au Légué jusqu'en 1729. M. de li V ille-Angeuin n'acheta qu'en 1728 un terrain, au bourg de Plénn, où il lit bâtir uno partie de la communauté, où Mgr Vivel de Monteîus leur permit de s'établir, et le* reconnut comme congrégation religieuse.
Elles n'avaient point de cérémonial de profession : ce fut Sa Crandeur qui s'en occupa. L'ordre se composait, à celte époque, de du religieuses. Mais bientôt elles furent privées de leur premier fondateur. M. Allenoudela Ville-Augeuin, ayant le u,oût des missions, partit pour le Canada, où il mourut évêque nommé, mais non sacré, de Québec. Le jour de l'octave de la Toussaint, l'an 17W.
il écrivit à ses chères Filles une lettre, <pii fut la dernière, et qui est comme son testament, puisqu'il ne tarda pas à mourir après. Il leur rappelle leurs obligations et l.i manière de les remplir pour plaire a Dieu. Il leur dit qu'il a baptisé plusieurs d'entre elles; qu'il leur a fait faire leur première communion ci reçu leurs vœux. C'est enror.comme un père qu'il leur rappelle leurs obligations à l'égard des fondateurs des maisons qui étaient déjà établies, et des devoirs qu'elles ont à remplir près des enfants «t d s pauvres malades. Un peu avant de terminer cette lettre, il leur dit : ■ Voilà, mes chères enfants, les dernières instructions de votre ancien père, de celui qui a formé vo> règles. » Celte lettre, dont il ne reste plus que quelques fragments (ayant été mise en terre pendant la révolution), a été lue et méditée très-souvent par les filles du Saini- Esprit. Aujourd'hui on la conserve avec soin dans les archives de la maison mère.
La première fondation qu'eurent les FdU du Suiut-Esprit se fit en 1733. Sœur Mane Allenou de Gramhamp, de Perdic, cousindu fondateur de l'ordre, fut envoyée, coraic. supérieure, pour en prendre 'possession, dans la paroisse de Saint- Uerblon, évêvfce de Nantes. Elles y furent demandées park haut et puissant seigneur Charles Héné J<' Ternulier, chevalier, marquis «lu château de Frémont, comte «le Languêt et autres heui, conseiller du roi en ses conseils, présidée! a Mortier au parlement de Bretagne, et paf dame Marie -Anne de la Tronchaye sen épouse. Jusqu'à la révolution, les Filles d:i Saint-Esprit avaient, en plus de leur mais» :j
niere pour leur première fêle patronale cl le ;w «>ù elles prononcent leurs v«iu, et une indul^nn de l>«> jouis puni cliaipie bonne œuvre, etc.
13G1 SAl DES ORDRES
principale, dix-huit fondations. A l'exception de trois, elles étaient toutes faites par des soigneurs. Depuis 1706 jusqu'au 26 octobre 1790, jour de la dernière profession qui eut lieu chez les filles du Saint-Esprit, avant l'époque si désastreuse de 93, il y eut cent dix-sept sœurs professes.
Elles rentrèrent dans leur maison principale, au bourg de Plérin, en 1800. Elle leur avait été conservée par M. Charles- Roussel Vilhellio, de Légué, qui, au moment de la révolution, s'empara de la maison des sœurs en disant qu'il était inutile de la vendre puisqu'elle lui appartenait. Jamais des Filles du Saint-Esprit n'ont oublié et n'oublieront cet homme qu'elles regardent comme leur bienfaiteur, puisque la révolution leur ayant tout en levé, elles n'auraient pu de longtemps se réunir, vu les dépenses qu'aurait exigées une nouvelle acquisition. Elles ne recouvrèrent que dix de leurs anciennes fondations. Les autres avaient été vendues comme biens nationaux. La maison de Sainl-Herblon, qui est la plus ancienne de l'ordre, aurait eu le même sort, si les sœurs ne l'eussent quittée; mais sœur Catherine Juhel, de la paroisse de Taden, ainsi que sa compagne sœur Marthe, aimèrent mieux se laisser mettre en arrestation que de quitter leurs pauvres et les enfants qu'elles instruisaient, espérant que ce grand orage passerait. On ne les laissa pas longtemps renfermées; car on eut besoin de la supérieure pour panser tous les blessés du bourg et des environs. On avait formé un hospice ambulant, à Saint-Florent, où sœur Marthe fut envoyée pour les soigner et les panser. Elles redevinrent donc possesseurs de leur maison. Il en a été de môme pour la fondation de Saint- Pol-de-Léon. La supérieure, sœur Christine Potier, y resta avec quelques autres. On ne Larda pas encore à les mettre en arrestation. Mais bientôt on fut les prier de sortir et de j*nser les blessés. Elles répondirent avec fermeté qu'elles ne sortiraient pas si on ne leur rendait leur maison et tous leurs instruments de. chirurgie, ce qui leur fut promis à l'instant ; et tout te temps de la révolution elles continuèrent de soigner les malades.
Depuis 1800 jusqu'en 1836, au mois de juin, la congrégation des Filles du Saint-Esprit compte, eu outre de la maison principale, 130 établissements. On remarque que la plus grande partie de ces fondations ont été faites depuis le mois d'octobre 1827, époque à laquelle M. l'abbé le Mée (1), vicaire général, devint supérieur général de l'ordre. Son grand zèle le lit s'occup-r activement de la congrégation, et, en 1828, il commença la visite de toutes les maisons (il n'y avait eu que le troisième supérieur général de l'ordre, M. l'abbé de la Noue qui eût fait cette visite). M. le Mée, voyant uue le logement
(1) Mgr Le Mée est né à Yffiniac, paroisse à six kilomètres de Saint-Brieuc, le 24 juin 1794. Il acheva son séminaire à Saint Sulpice, a Paris, où il fui ordonné prêtre en 1917. Le 39 juin, Mgr de
RELIGIEUX. SU IZtil
devenait insumsanl a Plérin, songea a transporter la maison mère dans la ville épisco pale. Pour cela il fit construire un vaste bâtiment en haut de la rue des Capucins de celte ville, et dont les Filles du Saint-Esprit prirent possession le 25 août 1835k
On sentait depuis longtemps que la règle, qui avait régi jusqu'alors les Filles du Saint- Esprit, souffrait d un grand nombre de lacunes; que des pratiques bonnes, peul-élre, pour un temps d^jà éloigné du nôtre, ne
Eouvaicnt se conserver sans inconvénient. I. l'abbé le Mée rédigea uue nouvelle règle qui fut approuvée, le 28 mars 1837, par Mgr Mathias de la Romagère, en ce temps évêque de Saint-Brieuc, supérieur-né de la congrégation, car depuis l'épiscopat de Mgr Vivet de Montelus, les évêques de Saint-Brieuc ont cette qualité à l'égard des Filles du Saint-Esprit. Ordinairement ils se font remplacer par un ecclésiastique du diocèse, auquel ils délèguent leur pouvoir sous le titre de supérieur général.
Le dernier supérieur de la Congrégation, M. le Mée, alors vicaire général du diocèse, remillesConstitulionsel lesRèglesaux Filles du Saint-Esprit te jour de la Pentecôte, leur première fêle patronale, le 14 mai 1837. D'aptès tout ce qu'il a fait pour la Congrégation, il est, et sera toujours reconnu pour restaurateur de l'ordre de concert avec sœur Félicité Marie de la Villéon.
Depuis la nomination de Mgr le Mée au siège épiscopai de Saint-Brieuc, malgré les nombreuses occupations que lui donnent un si vaste diocèse, il a continué à régir la Congrégation des FillesduSaint-Esprit en sa qualité de supérieur-né, et par le grand intérêt qu'il porte à celte Congrégation, qu'on peut dire être son ouvrage pour te spirituel et le temporel. Ses Filles, pénétrées de reconnaissance, s'efforcent chaque jour de reconnaître ses bienfaits devant Dieu en le priant de bénir et conserver leur père el digne prélat.
La Congrégation des Fillesdu Saint-Esprit, depuis le commencement de Tordre, a eu en tout huit supérieures générales.
Jusqu'à la réforme des Constitutions et des Règles données par Mgr l'évêque de Saint-Brieuc, en 1837, les supérieures générales pouvaient être continuées tant qu'il plaisait aux membres de la Congrégation-, cependant l'élection avait lieu tous les trois ans comme maintenant, mais les supérieures générales ne peuvent être élues que pendant trois trienuats; il faut alors qu'elles soient déposées de leur charge durant trois ans. Les élections sont toujours présidées par Mgr l'évêque de Saini-Brieuc, accompagné de ses deux vicaires généraux, ses deux secrétaires, te chapelain de la maison principale. Le dépouillement du scrutin a lieu u
ta Romagère, son prédécesseur, l'avait pris pour vicaire général à l'âge de 97 ans. H lut sacré étèq ne dans la cathédrale de Saint-Brieuc, le 8 août
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la Jiapelle de In maison p; iiu ipa'.e en présence do loutc» ics sœurs qui l'habitent (I;.
SAINT-ESPRIT Vonc.iu'cation m)