‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 261 sur 323 · ET DE L'IMMACULÉ COEUR DE MARIE · texte numérisé non relu

ET DE L'IMMACULÉ COEUR DE MARIE

la congrégation du Saint-Esprit et de l'Immaculé Cour do Marie, ainsi que son vocable même semble l'iinliqti' r , se trouve composée de deux Société-, autrefois distinctes, mais qui ne forment plus aujourd'hui iju'un seul et mt'nie institut religieux.

l a première d^ees Soeiélés, c Ile du Saint- Esprit, fut fondée le jourde la IVnîecôle 170.'?, parClaudo-Erançois Poul'ard-Di -places, né à Hennis, le 27 lévrier K'7!t, d une famille irès-honorable, mais déchue de sa première élévation. Son parrain, M. de Maiinbn-uf, était président au parlement de Rennes. De pieu\ prinuls eurent grand soin de lui inspirer la piété dès >,-s plus tendres années, et ne négligèrent rien pour lui donner une éducation également belle et ebrélienne. Les amuscii u lits de son enfance fuient, connue eu beaucoup de grands saints, des présages de l'état auquel Dieu le destinait et des services qu'il voulait tirer de lui pour le bien de son Eglise, li s'occupait h dresser des oratoires, à élever de petits autels; il employait l'argent qu'on lui donnait à acheterce qu'il croyait nécessaire pour les parer; son grand plaisir était de représenter I s cérémonies qu'il avait vu pratiquer à l'église. Ses parents s'en trouvaient quelquefois importunés, niais s'il cessait pour le ir obéir, il revenait ensuite bientôt à ses pieux amusements.

A mesure qu'il avançait en Age, il avançait en même letnns dans la piété, et lorsqu'il commença d'aller au collège, au lieu de s'amuser comme ses compagnons aux jeux et aux badincrics qui sont si ordinaires aux jeunes gens, il Ht une pieuse association avec ses camarades, sans en rien communiquer à ses parents ni à son précepteur. Ils s'assemblaient, h certains jours, chez une vertueuse femme, qui était confidente de leurs secrets ; ils y avaient dressé, dans une chambre, un oratoire bien paré, où ils allumaient toutes les l'êtes solennelles un grand nombre de cierges; chacun contribuait aux frais de décoration. Ils avaient leurs règles pour la prière, pour le silence et la mortification, qui allait quelquefois jusqu'à la discipline ; en un mot, ils pratiquaient des vertus qu'à peine pouvaient-ils connaître.

Ces dispositions du jeune Desplaces étaient d'autant plus admirables, que son tempérament vif et remuant le portait à toute autre chose; elles ne pouvaient être que l'clfcl d'une vive impression qu'avaient faite sur son esprit et sur son cieur les bonnes instructions de ses pieux parents et celles de ses maîtres secondées de la grâce.

Arrive à cet âge où, le cour s de leurs éludes terminé, les jeunes gens ont à se choisir une carrière, ses parents, qui comptaient sur ce lils unique pour rendre son ancien bistre à leur famille, le destinèrent au barreau, dans

lequel um« première thèse put Un fane présager le plus bel avenir. A cette époque, u moment d'entraînement sembla vouloir porter son adolescence dans les vous mondaines, mais il en fut bientôt rappel».1 pu i.i graVc dont il avait été prévenu des son i-r> fanee, cl aussi par la protection de la S.t:i;t. • Vierge1, à -laquelle une pieuse mère Ij -it voué et dont il avait, pendant septaui -. s, por té l'habit blanc. Un mot tombé de sa | lw . nous dépeint d'un seul trait ce que cette gr*n > opéra en lui, dans une retraite qu'il fit 3: .:>. chez les Jésuites , ses premiers guide*, dans !■ scienceel dansla vertu. •< Il faut, é'.rivait-il .hr * » ses résolutions, il faut, ô mon Dieu. <]ti> » change de nature, pour ainsi dire, <pi> » me dépouille du vieil Adam, pour nie rev.!t r » de Jésus-Christ Car désormais il faut ^ » je sois entièrement à vous, mon dix in Sau- » veur, ou je n'ai plus qu'à signer mni-i!i':jy ) ma réprobation. Vous voulez, ô mon Dieu, 1 que je sois homme, mais vous voulez quej> I-: « sois selon voire e«eur. Je comprends ce <pi • vous me demandez, et je veux bien v.,us " l'accorder. « Cette résolution fut eilWiv : pressé de renoncer au mon le, il surm»r. tous les obstacles, et obtint enfin la liberté se consacrer à Dieu dans l'état ecclésiastia:-. « Dieu, dit un de ses biographes 2), voulait n

> faire un modèle des vertus les plus h -

> roiques, le père et le chef d'une fan.i;'-s >• sacerdotale, qui devait rendre dans la suit- >< de très-grands services à 1 Eglise, luidonn r » une postérité nombreuse, et capable d> v« " multiplier peut-êtrejusqu'à la fin des sie«l

Devenu élevé du collège Louis-le-Grati>l. à Paris, il s'inlligeait, quoique faible et n.<l.'.dif, des mortifications auxquelles ses dn wteurs furent obligés de mettre un ternie. Sa charité ne le cédait en rien à sa morlilicatiun, il se- retranchait jusqu'au nécessaire peur assister les malades et les pauvres, niais surtout les pauvres honteux. Les plus délais entre les malheureux avaient sa prédili < tJ"!1 Comme c'est le propre de la charité de se àhter toujours plus à mesure qu'elle s'eierco. M. Desnlacesl'étenditpeu à peu jusqu'aux i'tudianls les [dus dépourvus de ressources, ti**nnantaux uns ce qu'il pouvait avoir, plaçant < autres dans des maisons et des couimun.uucharitables. 11 lui arrivait même de parla.*: avec quelques autres jusqu'au modique ft| ^ qu'on lui servait au collège ; ce qui lui »a:,:t bientôt trois ou quatre commensaux, p ^ lesquels il quêtait des aumônes en ville, et recevait, à la porte du collège, lesresle>ou réfectoire.

Mais si les besoins corporels des meaib^ de Jésus-Christ touchaient si fort le cœur k M. Desplaces, il était encore plus sensible a leurs besoins spirituels. Son zèle le partait a les instruire toutes les fois qu'il en pouuii trouver l'occasion ; il leur inspirait k t"'-'" d'une manière si douée et si charitable, qu 1,0 eu était dans l'admiration. Il avait, des « temps-là même, une affection particulière pour les univresqui étaient les plus obscures. P"^

(I) V<>:,. h h (in du vol.. 0- ->H\.

(.-' M. bouic. qiu'tui sm ceO;!, fpie|.|u.s in<>i« tq>ns s. moii, en qu.ililc de sn|>cricui.

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te œuvres abandonnées. Il assemblait de Mups en tcuiifs les petits Savoyards et leur faisait le catéchisme selon qu'il en pouvait trouver l'occasion, persuadé que leurs Ames uVtaicnt pas moins chères à Jésus-Christ que telles des plus grands seigneurs.

M. Desplaces ne se contenta pas de cet essai de charité et de zèle pour le salut des âmes. Ajoutant à ses propres épargnes les secours de personnes charitables, il loua une niaison, rue des Cordiers, à la porte de la Sorbonne, y abrita plusieurs pensionnaires , tt donna à son œuvre le nom' d'établissement des pauvres écoliers.

Mais où M. Desplaces, encore laïque, puisaitil tant d'abnégation, de charité, de zèle? H nous l'apprend lui-môme, dans une note écrite de sa main, où celte belle âme se montre à découvert, c'est-à-dire tout embrasée de l'amour de Dieu. « Quels étaient, » écrivait-il à quelque temps de là, quels

• étaient mes pensées et mes désirs? Quelle » était ma manière de. vivre et mes plus or- ► (Jinaires occupations? JPe ne pouvais penser

• qu'à Dieu; mon plus grand chagrin était de ■ n'y penser pas toujours. Je ne souhaitais t que de l'aimer, et pour mériter son amour, « j aurais renoncé aux attachements les plus t Intime* de la vie. Je voulais me voir un «j-i'ir dénué de tout, ne vivant que d'au- » ntAnes après avoir lotit donné; je ne pré- » temlais me réserver rien, de tous les biens » temporels, que la santé, dont je souhaitais t faire un sacrifice à Dieu dans le travail des

• missions ; trop heureux si, après avoir cm- » brasé tout le monde de l'amour de Dieu, j'a-

• vais pu donner jusqu'à la dernière goutte » de mon sang pour celui dortt les bien-' » faits m'étaient toujours présents. Je ne sen- » tais de plaisir que dans les conversations

• où Dieu n'était pas oublié. Les personnes

- qui m'entretenaient d'autre chose m'étaient » 'iisupportables. Je passais des temps con- ' sidérables devant le Saint-Sacrement : c'ô-

• (aient là mes meilleures et mes plus fré- » queutes récréations. Je priais la meilleure « partie du iour, même en marchant dans les

- rues, et j'étais inquiet aussitôt que je m'aper- » cevais d'avoir perdu quelque temps de vue » la présence de celui que je voulais tâcher

• d'aimer uniquement. Bien que j'eusse l'hon- » nctrrde communier souvent, je ne commu-

• niais point encore autant que je l'aurais dé-

• siré. Je désirais ce pain sacré avec une telle » avidité, que lorsque je le mangeais, je ne pou- » vais souvent rctenirjdes lorrentsde larmes. »

Peu de temps après qu'il eut écrit ces lignes, M. Desplaces ayant été élevé au sacerdoce, plusieurs autres ecclésiastiques se joignirent à lui, et l'établissement précité des pauvres écoliers devint en peu de temps, non plus un simple pensionnat, mais un vrai séminaire. Bientôt après , les directeurs euxmêmes se réunirent en association sous une règle commune, et ainsi commença à se former une véritable communauté. Telle fut I origine obscure de la congrégation du Saint-

(tl Les Règles pnoui-nl on fftVl, iptc la enngrt'galion était dcdiee au S.uul-Lspiii , M>tis fa

remcieix. sai irr.c

Esprit , qui eut pour Dut primitif, comme tri vient de le voir, de donner l'éducation gratuite à de pauvres clercs destinés à remplir, dans le saint ministère, les postes les plus pénibles et les moins recherchés, pour lesquels on trouve plus difficilement des prêtres zélés et pieux, tels que U s vicariats de fa campagne, le service des hôpitaux, les misions, tant en France que dans les pays étrangers.

Pendant longtemps, la petite société n'eut guère d'autres moyens de subsistance que les aumônes des personnes charitables. Le vénérable fondateur allait lui-même les chercher, et, dans son humilité profonde, il no dédaignait pas de servir de ses propres mains 9cs chers écoliers, et de leur rendre souvent les plus humbles services

Deux ans à peine s'étaient écoulés depuis que M. Dcsplaces était revêtu du sacerdoce, et il n'avait encore que trente ans, lorsqu'une courte maladie vint inopinément le ravir a son œuvre encore naissante, nu milieu d'un deuil général. Sa mort, arrivée [le 2 octobre 1709, fut aussi édilianle et sainte que ."avait été sa vie, pendant laquelle une amitié tendre et toute en Dieu I avait uni au vénérable Grignon de Montfort, fondateur des missionnaires de la Compagnie de Marie et des filles de la Sagesse. M. Desplaces, en disparaissant, si jeune encore, pour un séjour meilleur, ne cessa point de vivre toujours au milieu des siens. Il demeura parmi eux, et par sa protection visible du haut du ciel, et par le souvenir toujours vivant de ses héroïques vertus, et par son esprit, qui exhale un suave parfum d édification dans plusieurs petits écrits de piété religieusement conservés, non moins que dans le premier règlement qu'il traça de sa pr opre main pour ses chers étudiants, où iNeur inculque la plus tendre dévotion envers l'Espnt-Saint, et la très-sainte Vierge, son épouse immaculée.

Après la mort de M. Desplaces, M.Garnier, qui fut appelé à lui succéder, ne vécut, co semble, que pour faire passer à la congrégation naissante le rigoureux hiver de 1709. 11 mourut au mots de mars 1710.

Déjà deux fois orpheline, quoique à peine sortie du berceau, l'œuvre de M. Desplaces était réservée à de nouvelles et bien rudes épreuves. Mais aussi la divine Providence suscita-t-elle, pour la gouverner après M. Gar> nier, un homme d'un rare mérite, quoique bien jeune encore, M. Bouic, qui, pendant 50 ans, fut à la tête de Ja congrégation. Sous son administration sage, prudente et énergique, toutes les difficultés qui auraient [tu renverser l'œuvre naissante ne servirent qu'à la consolider et à la développer de plus en plus.

En 1723, un prêtre du clergé Je Saint-Médard avant fait un legs assez considérable à la congrégation du Saint-Esprit, les janséniles, qui voyaient avec peine la pureté de la doctrine de cette société naissante, ses rapports intimes avec les Jésuites, sa double consécration à l'Esprit Sdinl et à la Vierge immaculée, (1) mirent tout en œuvre pour arrêter l'exécution

uroieciion de l'Immaculée (Jonccpiiou delasaïuic YRige.

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des protecteurs I» S plus dévoile- de* l'établissement, Je roi f.'ut le plus grand élo re de la congrégation , comme u-uvn; unicjii«- en '-on g-nre dans tout N.- royaum-'. et déclare ' " Ou'en la mettant sou- -.1 protee- » lion, il ne fait qu'cxécut>T un dc--ein que la w mort empêcha Louis XIV de n-mplir, »

Tel fut donc le résiilt'al 1in.il de- » ■ t orage: une approbation légale de la congrégation, en vertu de laquelle elle put enfin entrer en possession du legs ci-dessus mentionne.

Cependant le parlijanséniste ne put jamais pardonner à la Société du Saint Esprit relie entière défaite jointea ses autres grie fs déjà mentionnés, et sa haine contre elle > exhahiiem oi e en 1751 , à l'occasion d'un Traité de la dévotion au Saint-Esprit, par un solitaire de Sept-Fonts, mi l'auteur, voulant prouver que le Saint- Esprit ne manque jamais de bénir ceux qui lui sont dévoués, citait pour premier exemple, comme bien sensible et bien frappant, « la congrégation du Saint-Esprit et de » I Immaculée Conception, composée d'ecclé- » siastiques pleins de charité et dt zele.ani- » més de l'esprit d'une sainte et savante » société; institution destinée à devenir un » jour la gloire de l'Eglise de Franco. »> Les hérétiques rélevèrenl avec ironie chacune do ces louanges dans les AWc//rs eeclvsiasti-

Îues. — Itcvuc périodique du temps, année 751. pages 31,32.

Assurément ce n'est pas là un des moindres mérites de la société du Saint-Esptit, à cette époque où tout, en France, semblait languir et mourir dans une atmosphère viciée par de fausses doctrines, non-seulement que d'être restée pure dans sa foi, mais d'avoir été même en butte aux attaques ouvertes du jansénisme.

Pendant qu'elle soutenait, au dehors, cette lutte glorieuse, la congrégation ne laissait pas, à l'intérieur, de s'organiser de plus en plus. M. Houic mit alors, en effet, la dernière main à ses règles et constitutions qui furent approuvées, en 173t. par Monseigneur de

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-J -t.- P.-::* r: " i. ; .*.u*. re [-rêtre du >iet!e r f.' • •!• :it. A ! • \ .v : .•■ du saint femdaleur, >I b-.-sj a.. s. 11 .1 ait 'souvent, de porte en {'"ri-, quêter de s a-iti.»'r.es pour leseleve>de la ru'o-'ii. tiiu^rêcni'es d.tnsle-sranicsdes pauvre-. l'iijMiir que le-s provisions étaient épui- -ée-s. il pire<Mj:aittn-t' tii«-nt!es rues de Pans. I n fi"ii)!ii- de qa'f .io- ;ui 1 op- r\ ut. frappé dt? >'mairdetriîteSïeet de sainteté, le fait appeler eh' / lui et lui deiiKovie qui il est et où il >a. ii i'i;p-.i;d . • Je suis. r,;iris, le pauvre prêtre. • J'ai v,> ele .es à iie-'irnr, et voila que je n'ai » pu- qu'une once d>- 1 .3 1 il à leur donner. C'est » pour trouver quelque aumône que je vais t ri \ :-n- dans Pans. ■ Puis \\ ;\u t'ait connaître eu que lque s mois ce que c'étaitquela maison du Saint-E-t'iil. Il n'avait pas achevé que l'inroiiiv.i lui r.'met en main un sac de cent pistole s mi mille- lrancs.

lue autre i'e<is, dans une année de détress,,., tout vint a manquer. En vain le P. Caris, toute une matinée, s en était allé frappant aux portes. Il rentre pour l'examen particulier, sans rien apporter; il se rend au n'fectoire avec tous les élèves, sans pouvoir rien mettre sur la table. On dit, comme à l'ordinaire, le Brdedicite, qui est suivi immédiatement des grâces ; puis on se remet en rang et on retourne à la chapelle adorer le Saint-Sacrement. Cette visite n'était pas terminée, que des provisions abondantes arrivèrent.

Un temps vint cependant, où la Providence procura a la congrégation des ressources [dus fixes et partant une existence moins précaire. En 17"2;C l'Assemblée du clergé de France, considérant le bien que faisaient, dans plusieurs diocèses, les prêtres sortis du séminaiie du Saint-Esprit, assigna à cet établissement une pension annuelle, qui fut augmentée par les assemblées subséquentes Louis XV et Louis XVI voulurent aussi favoriser une (ouvre si utile, et lui assignèrent successivement, sur leur cassette particulière plusieurs sommes assez considérables pourit» temps. Ces ressources furent encore augmentées des libéralités du duc d'Orléans, de la deuhesse de Chevreuse , de M*' «le Mcauvilliers, M™* de Lôvi , et plusieurs autres personnes illustres de l'époque, ce oui permit à M. Bouic. d'acheter le terrain de la rue des Postes, où la Société éleva le beau et vaste éditice qu'elle occupe encore aujourd'hui.

A partir de ce moment, et surtout de l'approbation de ses Règles par Monseigneur Je

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Vintimille, ses accroissements furent rapides. Ayant recruté bon nombre de sujets parmi ses élèves, elle put étendre sa spnère d'action, et employer ses propres membres aux genres d'oeuvres pour lesquels étaient formés ceux-là. Ce fut ainsi qu'elle donna de fervents missionnaires aux missions de la Chine, des Indes et du Tonkin, tandis que d'autres travaillaient avec succès aux missions du Canada et de l'Acadie. Plusieurs même devinrent évêques dans ces contrées, tels que: Mgr Blaodin, vicaire apostolique au Tonkin, et Mgr Pottier, évôque d'Agathopolis, en Chine. On cite aussi, entre autres noms marquants, MM. Bertout et de Glicourt, qui, ayant échoué près du Cap Blanc, en se rendant à Cayenne, tombèrent entre les mains des Maures qui les dépouillèrent, et, après mille mauvais traitements, les vendirent comme esclaves au SénégaJ, alors possédé par les Anglais. De retour en France, après avoir recouvré la liberté, ils s'empressèrent de faire connaître à M. de Sartincs, alors ministre de la Marine, le vif désir dus habitants de rentrer sous la domination française, qui leur procurerait an moins des prêtres catholiques, et bientôt après, une escadre habilement dirigée par M deVaudreuil, rendait à la France les lies Saint-Louis et Gorée. M. de Glicourt faisait partie de cette expédition. C'était en 1779. Trois ans auparavant, le Saint-Siège et le gouvernement, satisfaits des heureux résultats obtenus pour le bien de la religion par les prêtres du Saint-Esprit et du zèle qu'ils avaient montré en diverses occasions pour les intérêts de la France, avaient chargé la Société, alors dirigée par M. Becquet, d'entretenir habituellement vingt missionnaires et un préfet apostolique à Cayenne et à la Guyane française.

Un peu plus tard, les îles Saint-Pierre et Miquelon furent également confiées à son zèle, el dès lors elle lit de la desserte des Colonies son œuvre principale.

En France, la congrégation du Saint-Esprit voyait aussi s'élargir le cercle de ses œuvres. Ainsi elle fut et demeura chargée, jusqu'à la grande révolution, de la direction du grand séminaire de Meaux. Elle le fut également de celui de Verdun, mais qu'elle dut quitter au bout de quelques années, par suite d'un nouvel et plus violent orage soulevé contre «Ile par le parti janséniste.

A la fatale époque de 93, sous le gouvernement de M.Duflos, alors supérieur, elle partagea le sort de tous les autres établissements religieux en France. Elle fut supprimée, ses prêtres dispersés, sa maison mère vendue par ' Etat. Au milieu de ces désastres, ce lui fut du moins une consolation de pouvoir compter parmi ses membres plusieurs martyrs, soit *w Carmes, soit ailleurs, sans avoir vu un *ul des siens, ni même de ses 70 élèves, coQlrisler la sainte Eglise par la flétrissure des serments ou des apostasies. Parmi ceuxci, on remarque M. Boudot, qui, après plusieurs années d'un ministère plein de zèle *l de charité, devint premier vicaire général araris,sou$ Mgr de Quélcn.

A peine le Concordat de 1801 eut-il rendu la paix à l'Eglise, que M. Bertout, le naufragé du Cap-Blanc dont il a été parlé plus haut, seul, sans maison et sans ressources, mais fort de son dévouement elde sa confiance en Dieu, chercha le moyen de relever de ses ruines la congrégation du Saint-Esprit. Aidé de quelques anciens confrères, il réunit dans un petit pensionnat plusieurs enfants en qui il remarquait des dispositions pour l'état ecclésiastique. Destinés à devenir ensuite le noyau d'un nouveau séminaire et noviciat, c'était là Tunique espérance qui restât alors h la société, dont un décret impérial de 1805 avait autorisé le rétablissement. Encore cette ressource futelle bientôt détruite par le décret de 1809, oui supprima derechef .les congrégations religieuses en France.

En 1816, une ordonnance royale rendit de nouveau l'existence légale à la Société, et la fit rentrer en possession de sa maison mère de la rue des Postes. Un champ plus vaste que jamais s'ouvrit alors à son zèle; elle fut chargée par le gouvernement, d'accord avec Rouie, de desservir toutes les colonies françaises, et des secours assez considérables lui furent alloués à cet etret par l'Étal.

Quelques années plus tard, en 1824, au moment où elle y songeait le moins, le Saint- Siège manifesta le désir de voir ses règles et constitutions, et, les ayant examinées, crut devoir les approuver, « comme sages, pru- » dentés el Uès-prcpres à obtenir la fin de » l'institut. »

Toutefois, au sortir d'une révolution qui avait anéanti toutes les congrégations, moissonné plus de la moitié du clergé, tari la source des vocations , elle fut impuissante, malgré les efforts de M. Bertout et de M. Fourdinier, son successeur, à se recruter suffisamment pour pouvoir répondre à ces immenses besoins, soit par ses propressujets, soit par les élèves qu'elle formait.

Cette difficulté devint plus grande encore après la révolution de 1830, où toute subvention du gouvernement fut retirée à la société. Dix ans plus tard, on lui rendit, il est vrai, les allocations qui lui avaient été primitivement accordées sous la Restauration, mais elle ne put davantage recruter un nombre de membres et d'élèves assez considérable pour remplir tant de vides existant alors dans les rangs du clergé colonial.

Force fut donc à la congrégation du Saint- Esprit d'accepter la coopération de prêtres étrangers, qu'elle n'avait ni formés ellemême, ni même toujours eu le temps et les moyens de bien connaître. Or, ces ecclésiastiques étrangers ne se montrèrent pas toujours remplis de ce désintéressement et de ce zèle sacerdotal , dont les membres et les élèves de la congrégation n'avaient cessé de donner de si beaux exemples. D'où il résulta pour la société elle-même, une sorte de contrecoup dans l'opinion publique, qui, le plus souvent, ne savait pas mettre de distinction entre les prêtres dont on vient de parler, et les membres mêmes de la congrégation aimi

DES ORDRES KELIGIEIX.

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liîC I ionn \utr.

que tes s:;ji-1> formés cl envi »y •'•> par elle « I .n i les colonies.

Tell.} était. < ti 1 S lô et les années qui suivirent, l.i situation de l;i cofigrégilioll du Sainl-I'spnl : le nombre des s membres assez. \> s||. llll : - .'s Vocations peu n<'lilbl'ei|ses? par < : m h ■ surtout «le l'eH'el regrettable produit au <Kh'»r- par la confusion dont nous venons de parler ; les intérêts religieux des colonies pinson moinsen soutlïaiicc; divcr.se> U-ril.iliv t s sut ri >s,iv(Min ut faites jusquc-!à , mais sans suen-s, pour remédier à cet ct.it do chu-rs [m u rassurant p»«ui cuir.

Cependant l'icnvre de M. D salaces, si | ro\ ideuliel!i"'in»'i!t licnio du «ad pendant j .lus d'un Merle, ainsi qu'on In \u plus haut, i.c pou'. ait ni tu: devait périr. Celui ipu

irclle jusqu'aux portes dll tombeau et ipii cil

ramené lui préparait, dans ce temps - la incine, line sorte de résurrection, e| axeccetlc résurrection un» xuuctir d'âme (;)u!e nouvelle, une fécondité de sujets qu'elle li'eùl point <>v.» csjm'ti t, et une bu ce d'expansion pour les o'iivres, dont mi ne saurait encore ..ujourd' fini a>>uner ou prévoir la portée et les ljuiiles.

Nous voulons pari t de la fondation de la «■•.«ngrégati-in du Saint d Immaculé C»rur de Marie, en 1M1, cl «h >a fu-ion, .-u 1* i*, avec celle du Sainl-Kspril.

Le fondateur d-; la soeidé du Saint < I Immaculé Cu-ur de Marie tut le II . |». I.iliermaun, l'un des hommes b-s plus xétien's parmi ceux «pie Dieu sV>t plu, en ndie- mccIc, à remplir de son cvpiit. I ils d'un rabbin renommé d'Alsace , J;n ..>!» Liberiuanu naquit h Saveine, le i mats 1MKI. Il eut de- son bas à^e unisanté frêle; de précoces iulinnités iui imprimèrent de lionne heure le rachet des âmes aimées de Dieu : le seau de la sou lira me. i|ue cet homme de douleurs a constamment porté en lui <-t dans ses n-uvres les plus chères. Il montrait déjà une douceur d une paix screjue, <|tli révélaient un cour généreux. Destiné des sun enfance aux études 1,1bhiniqih.s par un père qui rêvait pour lui les honneurs de la Sx nagouue, il dexinl, par un ♦ uchaiuenienl tout prox ideuliel de circonstances, élexe du collège Stanislas, à Paris. Là, lixré à mille perplexités au sujet île ses erovnuees religieuses, ne trouvant aucune issue pour sortir du dédale de ses hésitations entre le déisme, le judaïsme et la loi chrétienne, il se souvient du Dieu de ses pères, se jette h genoux, et, les yeux baignés de larmes brûlantes, il le prie, le conjure d'éclairer ses profondes téuehies : « Si la croyance des " Chrétiens est vraie, ô mon Dieu, fait» s-le < moi connaître ; sinon, je vous prie de m'en éloigner tout aussitôt. » l.a lumière de la vérité, <|u'ilcli> 'reliait daiisioute la droiture et la sincérité d»- son âme, brilla soudain à ses yeux vive et ardente; la foi chrétienne pénétra "profondément son esprit d son cu-ur : elle le conduisit d'ahonl au saint baptême, on il reçut les noms de Maric-l'aul-l-'rançois, puis à' la tahle sainte, et enfin dan* la pieuse retraite «lu séminaire d> S aint Snlpice. où une' l»"Mi lui fut a« • ordec par M • de •,»■;. -i. u

Jo\c!i\, npiès- tant d'agitations -J i'.-v ' . à un port si tranquille, où il respirait , > dans une atmosphère toute de r> .'-il iri'. , d'- silence et <h; f; rveur. sa joie m tanin [ > 1 être assombrie par de rudes épteuw-.

Des spasmes nervi ux, <pii prir» et bi< le caractère «l'une véritahle épilepsie, rt»j . \. cessives douleurs \ inreiit accabler s» m c- .1 p-. interdire à son esprit touie application .v . tu le, et jeu. r sr.n âme dans «h* grandes rj, lations intérieun.-s et une niélanc.i ^ 1. !'. , <|u'elle lui inspira plus d'une fois la t'T.'.'h d en finir avec ses souMVances. .1. pn^ >• peiri"' Iraxcr-erun pont. » disait-il en 1 ' r à un séminariste, en proie aux plus xj..]. r*., peines d'espi ii, 0 sans que la p'Ui-ér <). n . •■> y 1er à l'eau ne me vienne, mais la v:i- .! » mon J«'siis me soutient d me rend p;'t!- r;' .

Il était heureux pourtant, surtout ««ao: xei;ail l'heure d.) l'iuai-on, d'une xisit'-fl; Sanit-Saer •ni 'Ut, «l'une c«ui:munioii x.t.a-t alors dans une sorte d'extase, b \,<k-

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eiillauiiné, Neveux entr'oU'. ci !s, d'eu 1 .■e-paienl «le douées larmes, t«d à p» u j>t«> -;u - -i représente saint Louis de (ion/aune au pi- : des autels. De' pieux condisciples y^y;: souvent «l innoc» nts sliata^eii - s | f.yr Iroiixer ahu s à ses côtés, et s'exciter iiiour divin par cet édifiant spcd.'icie.

Cinq années se passèrent ainsi j ■■our 1 P. I.il'ermann. U dût étresouiois, version îM-l. à îles épreuves plus poignantes enc<ire : >• t> xienv pere mourut alors, et le laissa nu <. ii'. et déshérité. Promu aux ordres miiicins, lu. :> r. ndu. par sa maladie, iriégu'i. r pi t;r 11- . rdres sacrés, vint un moment (jù les véin i ui-supérieurs de Saint-Sul|>icc durent lui <!«;mander à lui-même ce qu il allait devoiiir ■ .1-' ne puis rentrer dans le monde, i> dil-il; « Dieu, je l'espère, voudra bien pourvoir ï ». mon sort. » f.ette réponse fut accompa^nt .de tant de calme cl de sérénité, que ses l*.^ supérieurs ne purent aller plus loin. Il t'ut-Ie- « ide «pi'il [tasserait à la maison de plu nsophie, à Issy, et y vivrait aux frais dc ij compagnie, aussi longtemps qu'il plairai: à Dieu. Entré par commisération , IÏjuiiiK minoré >o considéra « oiume un fiomnn. ■ >a charge, et sollicita les plus humbles ull'n -s. ('elui cpii s'humilie sera exalté. De cet t-L3t d'abjedion et sous la conduite de sainls ilin-cleurs, il >e répandit sur son ihue une dêtxï lumière <jui rejaillit aukmrde lui. Des lors se réxéla cette douceur an.uélique, ce caliuc altérable, ce parfum de vie toute en Dieu et p» -' Di> si, ce /rte ard« nl, mais toujours jmrct l isible, qui charmait tousceux (pii vivaient a^c lui. Di s groupes nombreux le suivaient peur prendre part à ses conversations, si de>uco, >» jn;nétraules. où Dieu répandait tant de uT:;'o». qu'au dire «le ses anciens condisciples, «-iuh si n iait souxeut recueilli et fervent ceir.; on sort d'une bonne oraison. Il 11e pla!;'i:l « epemîaut pas tfiujours à tout !e inonde, «;i s. s prim ipes de perfection paraissaient 'i" ' qu- l'ois bi. n durs à plusieurs, l'n jour. I • -1': ux lui dit brusquement : « Si vou» s^i •'

eo;i:!.|'*li.ie v.-îis dde-tv ! - Et x<«U>. :-'

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