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dit paisiblement le P. Libermann, « si vous sa- « neteombien je vousaime ! » Ce mot lui valut un ami de plus et une conquête des plus édifiantes. Ce fut aussi à cette époque qu'il lit plusieurs opuscules de piété et que commença sa nombreuse correspondance de direction spirituelle {!). Près de lui et au loin, c'était è qui s'édifierait de ces lignes si suaves cl ?i entraînantes, remplies des maximesd'une m Lautc perfection, et pourtant si propres h encourager les âmes,, et où se révèlent si abondamment cet esprit de foi et celle connaissance des voies intérieures et spirituelles, que leur auteuravait surtout puisés dans l'oraison et a l'école du Calvaire.
Dans le même temps, deux élèves du séminaire de Saint-Sulpice, qui donna naissance à tant de saintes vocations el de saintes œuvres, MM. Le Vavasseur et Tisserand, originaires de parents créoles, l'un de Bourl>on et l'autre de Saint-Domingue, formaient, chacun de son côté, le généreux dessein de vouer leur vie au salut des noirs esclaves de leur pays d'origine. Faire revivre au milieu ik ces flraes infortunées, privées de toulo consolation humaine et de tout secours religieux , le zèle consolateur et vivifiant du B. P. Claver, l'esclave des nègres, tel était le plus ardent désir de leur cœur. Notre-Dame des Victoires, qui avait vu s'établir deux ans auparavant danssonsanctuairc.devcnudepuis si célèbre, l'archiconfrérie du très-saint et immaculé Cœur de Marie, pour la conversion des pécheurs, fut la première confideute de leur projet.
Le i février 1839, fôte de la Purification de la très-sainte Vierge, l'un et l'autre, sans s'être donné le mot, se sentirent pressés de faire recommander aux prières des associés l» s
Êauvres noirs de Saint - Domingue et de ourbon. Alors, pour la première fois, le vénérable fondateur de l'archiconfrérie, M. Des enetles, implora publiquement, pour le salut e la race noire, la commisération du Saint *t Immaculé Cœur de Marie, cl il s'estima si heureux de ces recommandations, qu'il en écrivit une lettre de remerclment aux futurs missionnaires des noirs.
A partir do ce moment, l'œuvre parait agréée du Ciel. MM. Tisserand et Le ^ avasseur s'ouvrent l'un à l'autre de leur mutuel désir. Les respectables directeurs de leur conscience l'approuvent, et plusieurs autres élèves du séminaire de Saint-Sulpice, choisis parmi l'élite de cette sainte maison, veulent aussi devenir les missionnaires des Noirs.
(t) Ces opuscules el ces lettres spirituelles, ainsi que celles qu'il écrivit plus tard jusqu'à la On de sa Me. sont recueillies soigneusement dans les archives de la Société.
(2) Le P. Libermann eut alors une audience du Pape. < Le 17 févrièr 1840, » dit M. le chevalier D'ach, liant une note écrite et signée de ta main, « je présentai à Grégoire XVI l'abbé Libermann. et
• son ami l'abbé de la Brunièrc, mort depuis évé-
• que-martyr. Le Souverain Pontife posa ta main
• sur la tète de (abbé Libermann en appuyant arec
• une vitible émotion. Quand les deux jeunes ectlé- « mimiques eurent été congédiés, le Pape me dc-
• manda d'une voii émue : « 0'"* «' celui dont j'ai
L'ami, le confident, le zélateur de tous élait le P. Libermann ; Dieu, à son insu, achevait alors de le préparer par de nouvelles croix, à devenir non-seulement leur guide dans celte entreprise si difficile, mais le fondateur mémo de l'œuvre de l'apostolat des noirs.
Après dix années de séjour et d'épreuves à Saint-Sulpice, la divine Providence l'avait fait passer en Bretagne, pour y prendre la direction du noviciat de l'institut renaissant des Eudistes. Arrivé à Rennes dans l'été de 1837, il crut reconnaître, après dt ux années de travaux et de tribulations étranges, mais bénies du ciel, que la encore n'était pas le lerme final où Dieu voulait fixer son existence déjà tant ballottée par le Ilot des épreuves. Quel élait ce termef 11 l'ignorait. Mais bientôt la lumière se fait vive et brillante dans son Ame ; il se voit clairement appelé à l'évangelisjtlion des noirs, et ne pouvant résister à l'une de ces impulsions intérieures par lesquelles Dieu se manifeste souvent a ses saints, il quitte Rennes en la fétc de saint François- Xavier 1839, non toutefois sans une peine bien profonde , qu'augmenlait encore les vifs regrets du digne M. Louis, alors supérieur des Eudistes. De retour à Paris, il fut député par les premiers zélateurs de l'œuvre, en compagnie de M. de la Brunièrc, l'une de ses plus grandes espérances , pour aller à Rom i en négocier l'entreprise. Là, il choisit pour s'abriter une mansarde au quatrième étage, dans une petite maison près de Saint-Louisdes Français. Il couchait sur la dure et avait h peine un siège pour écrire sur ses genoux. Son temps était partagé entre la prière, de pieux pèlerinages aux saintes basiliques, la visite des hôpitaux el des prisons, l'obscur apostolat des pauvres, la rédaction des règles du nouvel institut, et d'un commentaire sur saint Jean, qui semble parfois tenir de l'inspiration (2).
Après une longue attente de presque toute une année passée sous le poids d'un délaissement complet, à commencer par la défection subite de son compagnon (3) de voyage, il reçut enfin des encouragements très-honorables de la sacrée congrégation de la Propagande, pour la poursuite do l'œuvre des noirs.
Toutefois, ne voulant pas paraître élever autel contre autel, mais désirant au contraire se ménager la bienveillance et la protection de la congrégation du Saint-Esprit, déjà en possession depuis près d'un siècle de l'œuvre
« touché la tête? » Je fis à S. S. en peu de mois • l'histoire do néophyte, et j'élais bien loin de enn- « naître tout ce nu e» a révélé le volume de sa vie. « Le Pape dit alors ces propres paroles : « .Wo t un tanto. » Paroles prophétiques, dont consla- U«nt l'accomplissement de tous ceux qui ont connn le P. Libermann.
l5) M. de La Brunière, quoique toujours plein de vénération pour le P. Libermann el 1res- attaché à son œuvre, avait cru devoir passer dans la Sociélé des Missinns-Elranjières, où il trouva quelques années après un gloricoi martyre en Chine, pendant que Mur Vérolles lui apportait d'Europe la dignité de coadjutenr el le titre d'ev èque d eTn mu.
DES ORDRES RELICIF.IX
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coloniale, le P. Libermann et v.-s |»;..-ini i -, disciples, avant de passer outre, erm-eni <] voir s'offrir à M. Fourdine r, alors supérieur do l'institut, pour aller travailler de concert avec ses prêtres, et» nombre tr>j< restreint pour pouvoir s'occuper de l'évangélisition des esclaves. Ils mettaient toute l'ois pour condition : de s'employer uniquement au salut des pauvres n .-^r -s, de vivre en communauté et sous une ré «'le qui piU maintenir parmi eux la ferveur sacerdotale et l'esprit apostolique. Mais Dieu permit que M. Fourdinier ne crût pas devoir accéder à cette otl're; c'est que, dans les doseins cachés de la Providence, ce n'était point une simple coopération ou union d'action qui «levait avoir lieu entre les membres des deux sociétés , mais bien une fusion entière et complète, ainsi qu'on verra la chose s'accomplir, pour u:i plu» '^raml bien, quelques années plus tard. !.. P. I.ibermauii et les siens, après cette démarche, faite en partie pour mieux s'assurer de la divine volonté, et aussi par délérence pour les conseils de leurs directeurs et autres personnes si-es, se mirent plus que jamais en devoir de poursuivre la fondation de la nouvelle société.
Cependant, pour réaliser ce dessein, le P. Libermann devait être revêtu du sacerdoce, et sa maladie l'en excluait. Notre-Dame -de -Lurette, qu'il alla visiter alors dans les plus rigoureuses conditions de mendicité et d'humiliation, lui rendit comme miraculeusement la santé De retour en France, il put recevoir des mains de Mgr Hœss les deux premiers ordres sacrés, au séminaire de Strasbourg, où son court passage fut marqué par un redoublement de ferveur, et où la Providence lui préparait à son insu, parmi ses compatriotes, des coopératcurs de choix, dont l'un devait môme lui succéder dans la direction de l'institut. Etant passé de Strasbourg, a La Neuville, près Amiens, où des amis avaient préparé, le berceau de l'œuvre, il y ouvrit, en septembre n'étant encore que dia-
cre, avec M. Le Vavasseur et un autre élève de Saint-Sulpice, M. Collin, le premier noviciat de la société. Ils crurent devoir placer l'institut naissant sous le vocable du Saint et Immaculé Cœur de Marie, tant pour suivre leur attrait intérieur que par reconnaissance pour Notre-Damc-des-Victoires, où l'œuvre aimera toujours à reconnaître le lieu sacré de son origine. Ce fut là aussi que le P. Libermann, ordonné prêtre à Amiens, narMgr Mioland, depuis archevêque de Toulouse, célébra la première nusse de communauté, assisté du vénérable M. Desgeuettes, Etaient présents, avec MM. Le Yasseur et Collin, M. Tisserand, alors sous-directeur de l'archiconfrérie , le jeune novice dont on vient de parler, et quelques autres élèves de Saint-Sulpice.
Les commencements de la société du Saint- Cœur-de-Marie furent bien faibles , et ses moyens d'existence d'abord absolument nuls. Dieu seul était sa force et son soutien, la divine Providence son unique ressource, et le saint Cœur de Marie sa seule espérance; les (I) Yo<j. a la lin du vol., n»» 227, 2?8.
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h'.'ini.j.js ti aitaieiit cette entreprise de foV Les personne» mêmes les plus dévouéesaux missionnaires de la Neuville hésitaient entre la crainte et l'espérance. Il fallait à ceux-ci la puiss.uite impulsion que leur donnait la vie de tant d Vîmes délaissées, accablées p;ir malheur, et croupissant dans Fignolante rl dans ie vice, pour oser se livrer à une entreprise aussi dépourvue de tout secours terresire etaus.si p.-u conforme h la prudence humaine. La grâce de Dieu ne lc> abandonna pas. A peine avaient-ils passé quelque ternes dans k'ur obscure solitude, que déjà ils eu rent à rendre des actions de giâces à la Providence pour ses soins inattendus : elle leur vint eu aide au delà de leurs espérances, et son attention maternelle allait toujours croissant, à mesure que croissait le nombre des membres de la petite famille. (!)
S'ota. — L'intéressante notice sur la congirgalim» <i<i Saint-Esprit el ilu Saint et Immaculé t'ururde M;irie nous ayant été livrée lorsque dfjà noire volume était cliché, il ne nous a pas été p«v»il>l<; «li- la tain* entrer entière a sa plaie naturelle. Un l. muera a la lin du volume la seconde | ;irée de 11 nulue uuc nous sommes lorces de couper ici.
SAINT-r.SIMUT (Frères >:oadjltelrs dl), maison mère à Saint-Laurent-sur-Sèm.
Monlfort avait adjoint à ses prêtres missionnaires des frères qui, sous le nom de Frères du Saint-Esprit, devaient former avec eux une même communauté. Liéspardes vœux comme les prêtres, ils étaient destiné» à les accompagner et à les aider dans leurs missions, surtout pour le service divin, le chant des cantiques, et le soin des églises. Quelques-uns d'entre eux devaient aibsi faire les écoles charitables de petits garçons, et d'autres s'occuper des affaires temporelles de la Compagnie de Marie et de la Congrégation de la Sagesse.
A la mort du fondateur, le nombre des Frères n'était que de sept, dont quatre seulement avaient fait leurs vœux. Le premier que Montfort se fût attaché, le frère Maliiurin, suivit les missionnaires durant cmijuante-cinq années, faisant partout le catéchisme avec un succès prodigieux, récitant le chapelet, et chantant des cantiques. Il reçut la tonsure, et mourut à Saint- Laurent, en 1700. Plusieurs autres, à la même époque, édifiaient toute la contrée, et rendaient d'importants services, soit dans les missions, soit dans les écoles. Le même esprit de zèle et d'humilité se conserva fidèlement dans la petite compagnie, et y enfanta o>5 vertus, qui, pour être restées sans éclat dans ce monde, n'en paraîtront que mieux le jour où les humbles seront élevés ta gloire.
A l'époque sanglante de la révolutioo, quatre Frères du Saint-Esprit furent mis à mort par les républicains, les frères Boucher, Olivier et Jean, a Sainl-Lauienl-sur- Sèvre, et le frère Antoine h Cholet. Leur société survécut a ces jours malheureui, et le nom du frère Pierre, entre autres, est eocore en vénération. Ce|>endant elle était ré