‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 273 sur 323 · UI7 T110 DES ORDRE · texte numérisé non relu

UI7 T110 DES ORDRE

hitier* le M avril 1665, il fut nommé professeur en théologie. Il fut continué dans cette profession pendant douze années, et il s'acquitta de sa charge avec tant de succès, qu'il devint un très-habile théologien dont I* disciples honorèrent plus lard la chaire et léiole.

Au deuxième chapitre de Monlmorillon, tenu le 17 février 1659, en présence du réréreodissime P. général Paul Luchain, il fut élu prieur du couvent de Lamballe, puis visiteur au chapitre tenu à Paris le 9 mai 1661 Au chapitre du Blanc assemblé le 27 avril 1668, le P. le Proust fut élu déflniteur, ci au chapitre de Montmorillon , du 27 avril 1671, il obtint les suffrages pour être provincial; enfin, au chapitre de Paris (23 juin 1679), il fut rois au nombre des définiteurs.

Si les dignités dont il fut ainsi successivement revêtu prouvent combien son mérite était reconnu par ses frères, notre récit prouvera qu'il sut jusqu'à la Un se montrer aussi le niod&le du panait religieux.

A l'imitation du Sauveur du monde, il enseignait plus par ses exemples et par ses bonnes œuvres nue par sa doctrine, laquelle était accompagnée d une profonde humilité. Il avait un zèle ardent pour les observances régulières, gu'il pratiquait exactement et uu'il faisait observer avec soin pendant qu'il «ail supérieur, sans jamais s'en dispenser ni même y apporter aucun relâchement. Si tts leçons de théologie, ses conférences spirituelles ou son assiduité au confessionnai ne le forçaient pas de s'absenter, il était ordinairement le premier au chœur le jour et la nuit, et il en sortait le dernier. Il suivait ponctuellement la manière de vivre •ie sa communauté, sans se distinguer par une nourriture spéciale ou par ses vêtements. Scrupuleux observateur des jeûnes, du silence et des autres austérités de la réforme, i'y ajoutait même un surcroît de mortifications en se privant des innocentes récréations qoe les constitutions permettaient avant les jeûnes de la Toussaint et du Carême.

Le zèle qu'il avait pour les bonnes œuvres et son désir de gagner des âmes à Dieu le rendaient infatigable. On cite a l'appui de celte observation un fait remarquable. Un jour de veille de Noël, le P. le Proust, étant arrivé à sept heures du soir au couvent, après une marche de dix-huit lieues, assista a tout TOulce de la nuit, se coucha pendant quelques instants, se leva à six heures pour entrer au confessionnal, d'où il ne sortit que pour dire ses trois Messes , vers l'heure de midi.

Le même zèle le portait à tout entreprendre pour le soulagement de son prochain, et, à cette époque où l'on avait vu s'introduire dans le monde judiciaire la déplorable coutume de solliciter en faveur des parties en cause, le P. Proust se faisait souvent solliciteur près des juges, mais sans distinction du riche et du pauvre, et sans se préoccuper d'autre chose que de faire rendre une bonne et prompte justice.

DiCTiona. dbs Oudres rbuo. IV.

RELIGIEUX. TIIO MIS

Le Pape Alexandre VII ayant canonisé, en 1658, saint Thomas de Villeneuve, évéque de Valence en Espagne, de l'ordre des Auguslins, la solennité en fut faite a Rome avec une magnificence singulière. Or ce fut l'année suivante que le P. le Proust fut nommé prieur de Lamballe. Un de ses premiers soins fut de préparer tout ce qui pourrait donner un reliera la cérémonie de la canonisation qui devait être fêtée dans tous les établissements de l'ordre. Pénétré de son sujet, touché surtout des exemples de charité pour les pauvres que le nouveau saint offrait aux méditations des Chrétiens, le prieur de Lamballe supplia le Seigneur, pendant la solennelle octave, de lui accorder la grâce d'imiter un si parfait modèle. Ce fut alors iiu'il conçut le projet de fonder une nouvelle société de saintes filles, auxquelles il résolut de donner le nom de Saur* Augustinet de Saint-Thomas de Villeneuve.

Le R. P. de Chaboisseau, dont la mémoire est aussi très-vénérée dans l'orde des Àugustins, prédit à son frère en Jésus-Cbrisi le succès de son entreprise, et la suite a montré que ces deux serviteurs de Dieu ne s'étaient pas trompés dans leurs espérances, quoiqu'on puisse dire de cette sainte institution qu'il eu a été d'elle comme des autres ouvrages du ciel, qui ne réussissent presque jamais que parmi les contradictions et les peines. Le pieux fondateur avait aussi prédit que Dieu appliquerait à son œuvre le cachet divin; mais son humilité n'avait pas entrevu l'écueil que lui préparaient les applaudissements du monde sur le succès même de ses pieux efforts. Sa modestie lui faisait sentir alors des peines intérieures qui se produisaient aussitôt sur son visage et se faisaient remarquer dans se£ paroles; il était aisé d'y lire les perplexités de cet humble religieux qui se regardait encore comme un serviteur inutile dans la maison du Seigneur, où il savait pourtant si bien remplir tous ses devoirs par l'utile emploi de ses talents et par l'exemple de sa ferveur.

Ce fut vers l'année 1662 que le P. le Proust réunit en société plusieurs demoiselles nobles pour le service des pauvres dans les hôpitaux abandonnés ou mal administrés.

On ne saurait imaginer les oppositions qu'il rencontra, non-seulement chez les administrateurs des hôpitaux, mais encore dans les familles mêmes de ses chères filles, les nombreux procès qu'il dut soutenir, les amertumes de tout genre dont il épuisa le calice, les voyages qu'il dut entreprendre avec fatigues, car il les faisait à pied; enfin les tribulations et les peines de cœur qu'il eut à éprouver, et qui le trouvèrent toujours résigné, toujours plus fort qu'elles. Tant de constance et d'abnégation devait avoir sa récompense. L'œuvre du saint fondateur réussit, et il eut la consolation, avant de mourir, de voir son institut compter trentesix maisons florissantes. Son humilité trouva dans ce succès même des motifs d'alarmes, et il redouta les applaudissements que ce succès lui valut, beaucoup plus qu'il

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n'avait craint lo* tribulations de ses uébuts.

Son zèle trouvait à s'exercer largement dans les fonctions pénibles qu'il avait à remplir, et voici comment il s'en acquittait. Dans ses visites, quanti il était arrivé au iieu où se trouvait un hôpital, son premier soin était d'aller voir 1rs malades, de s'informer s'ils étaient nvsMés en leurs besoins, de les consoler, de leur faire donner quelques petites douceurs extraordinaires, puis il ordonnait tout ee que sa charité ingénieuse pouvait inventer pour leur .soulagement. Cette charité immense qu'il avait pour ,e salut do l'Ame et du corps du prochain, était, suivant l'heureuse expression dont s'est S'-rvi le rédacteur de l'acte île décès auquel nous empruntons les éléments decette notice, comme une sorte d'écoulement «le l'amour du Sauveur du monde dans l'Eucharistie, que le saint prêtre prenait chaque jour au saint sacrifi e de la Messe. Il évitait avec soin de se priver du bonheur de célébrer les saints mystères, et, dans ses visites cl voyages, s'il partait de grand matin, il continuait sou chemin jusqu'à cinq ou six lieues, alin d'atteindre quelque église «le campagne où il pût remplir ce devoir si tloux à son cœur. S'il lui arrivait d'y manquer malgré tous ses soins et ses ell'urts, il ne pouvait s'empêcher d'en laisser paraître tout son chagrin l u témoin oculaire raconte à ce sujot que le di^ue prêtre étant au moi astère do Saint-Fardeau, le 2 juillet, et se sentant pressé par la soif, parce qu'il avait l'oit à pied, la veille, onze lieues, il demanda à son compagnon de vo\ago quelques gouttes d'eau qu'il but pour "élaneuer sa soif. Un peu plus lard, vers neuf heures, le P. sacristain vint le chercher pour qu'il pût dire la sainte Messe; au moment où il se disposait à le suivre, son compagnon lui lit remarquer qu'il s'était mis dans l'impossibilité d'olfrir ce jour-là la victime du salut; des larmes anu res et abondantes expièrent ce qu'il appelait sa coupable sensualité. Sa dévotion à offrir tous les jours à Dieu le saint sacrifice était si grande, que dans sa dernière maladie il lit tous ses efforts pour n'y pas manquer, jusqu'au moment où l'on jugea qu'il y avait de trop grands dangers pour qu'il ne dût pas s'en abstenir. De cette parfaite et constante union avec Jésus-Christ, naissait en lui une pureté angélique qui, malgré les situations délicates dans lesquelles il dut se trouver, à raison de l 'administration de son institut et de la direction de ses membres, lit que jamais l'ombre d'utio médisance ne put attaquer sa réputation.

Après une vie sanctifiée par la pratique des plus touchantes vertus, le II. P. Ange le Proust, affaibli par ses travaux, ses voyages, ses prédications, et surtout par les" soins qu'il avait donnés à l'administration de son institut naissant, mourut de la mort des justes, au couvent des Petits -Augustin*, à Paris, le JG octobre 1697, âgé de 73 ans.

Il laissait à ses frères en Jé>us-Chrisl tic grands exemples, à ses Filles une Uègle sage,

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et son esprit de charité qui fut rctuei .< comme un legs pieux par la procurait ire générale Mlle de Vanlvirc-Dubois de la Ruche, ei par la supérieure générale la H. M. de la Villemoreux.

En 1828, la R. M. Sebire, supérieure générale, faisant quelques recherches dans ie< archives de la communauté de Saint-Thomas île Villeneuve, trouva un extrait de l'aile moi tuai re du H. P. Ange le Proust, d'acres lequel était indiquée la place de la sépulture •le ce vénérable londaleur. En juin IKK), une lettre anonyme lui annonça que l'on trouverait la tombe du H. P. intacte, à tel endroit du cloître du couvent des Pclils-Augusimi réformés. Les indications portées dans ceiin lettre étant les mômes que celles que contenait l'acte mortuaire conservé dans le* archives de la communauté, la H. M. se disposait à en profiter pour faire procéder à la translation du précieux dépôt, lorsque la révolution de Juillet mit obstacle à l'accomplissement do ce pieux projet. Les tendances de cette époque désastreuse et les profanations dont plusieurs monuments religieux avaient été viclmeis ne permettaient guère de regarder le moment comme très-opportun pour une semblable cérémonie. Quand l'orage fut assoupi et quand le câline revint, du moins à la surface, c'est-à-dire en I8&, et pendant l'octave de la lêle de sainl Thomas de Villeneuve, Mme la générale fut inspirée do nouveau du désir de reprendre le projet interrompu, désir d'autant plus pressant que la démolition des Pclits-Auguslins était alors imminente; les démarches nécessaires furent faites, et le 6 octobre l'exhumation des restes du R. P. Ange lo Proust eul lieu en présence de NN. SS. l'archevêque de Pans et l'évêquo de Nancy, de MM. Quentin et Tresvaux, vicaires généraux, d*un représentant de l'autorité civile, de la R. M. Sebire, supérieure générale, assistée de plusieurs membres de la congrégation et d'un graud nombre de témoins.

Ou ne trouva dans la tombe que les ossements; à l'exception de quelques-unes de* vertèbres et des petits os des pieds et des mains, le squelette était enlier. Transport* sans pompe des Pelits-Augustins à l'établissement des hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve, le précieux fardeau fut alort porté par les religieuses jusque dans le souterrain de la chapelle, au pied de l'autel ou il fut déposé.

Le 17 octobre, cent trente-sixième anniversaire de l'inhumation du P. Ange, H?

l'archevêque de Paris célébra la sainte Messe et assista à un service solennel qu'il awt ordonné pour le vénérable fondateur.

Après la mort du P. Ange le Proust, M. de la Chélardie, curé de Saint -Sulpice de Pin* (le même qui avait refusé l'évêchéde Potiers), avait été élu supérieur général. H foi remplacé lui-même , quand il mourut, p' M. l'abbé Languet, frère de Té vêque de Jasons; il remplissait cette charge au mornes où le R. P. Hélyot écrivait son Histoirt fa ordres religieux.

liil TnO DES ORDRES

Soas les successeurs du P. Ange le Proust, la congrégation prit des développements heureoi.qui lui permirent de résister à l'orage dont les coups violents allaient abattre tant d'autres institutions du même genre.

Et en effet il y a ceci de très - remarquable dans cette congrégation, que la maison mère de Paris n a jamais cessé d'être habitée par les saintes Filles du P. le Proust, même au plus fort de la Terreur.

A l'époque du massacre des 2 et 3 septembre 1792, les pauvres religieuses pouvaient, de leur pieux asile, assister pour ainsi dire aui scènes épouvantables de la prison des Carmes, et I un des sanguinaires acteurs de cet horrible drame eut même recours à leurs mains bienfaisantes pour faire panser ses blessures.

La supérieure générale d'alors était la R. M. Walsh ( un nom qui a toujours signifié fidélité au devoir ); elle fut emprisonnée pendant plus d'une année; mais, à peine wrtie des cachots , elle alla habiter la maison de sa congrégation, qui fut plusieurs fois mise en venta comme propriété nationale, mais qui ne put être vendue par suite de l'intervention courageuse de mains amies.

Ce fut la seule maison religieuse qui continua ses œuvres saintes pendant les mauvais jours. Quelques hôpitaux reçurent même les soins des sœurs, qui se bornaient, lour toute précaution, à revêtir l'habit séculier.

Aujourd'hui cette congrégation est plus florissante que jamais; «Ile se fait distinguer par le bon esprit qui l'anime.

Ses établissements, qui dépassent le nombre de quarante , sont répandus dans divers départements, mais surtout en Bretagne.

D'après les statuts, celte congrégation ne doit pas s'étendre hors de France.

La maison chef-lieu et le noviciat sont à Paris, rue de Sèvres, n* 27, faubourg Saintgermain.

Rtgles de la congrégation des hospitalières injustifiés de Saint- Thomas de Villeneuve .

La société avait été approuvée par une bulle du Pape Innocent XII, mais sous certaines conditions qui n'avaient pas été exprimées dans l'exposé des impétrantes, ce qui fit que les religieuses se contentèrent de l'approbation des ordinaires des lieux où elles s'établissaient.

Leur supérieur général était élu par toutes les maisons de Ta société, qui envoyaient leurs voix à Paris.

Leurs observances étaient du reste celles de toutes les congrégations religieuses du même genre; on y faisait les vœux simples, et, en les prononçant, on recevait au doigt un anneau d'argent.

L'heureux recouvrement de Ja dépouille mortelle du saint instituteur de la congrégation donnant un nouvel essor à la ferveur de la supérieure générale, elle pensa que le moment était favorable pour exciter le zèla> de la société tout entière, et elle Gt alors des Règlements sur plusieurs points impor-

{!> Wy. » la fin du vol., *<>• 23$, Î37.

RELICIEI'X.

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