‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 284 sur 323 · TRE · texte numérisé non relu

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puis treize ans qu'elle existe, n'a jamais D*. chi un instant, a singulièrement coniriboél la restauration du culte de Notre-Dame, surtout dans les premières années, où nulle autre paroisse de Lille ne possédait un si puissant auxiliaire |K>ur la piété.

Les premiers commencements des religieuses de Notre-Dame furent pénibles, traversés en toute manière, et il lui fallut plusieurs années avant de pouvoir se faire jour... La congrégation naissante ne fut approuvée qu'en 1849 (26 avril), en verlu de quelques Statuts et Règles provisoires signés par Mgr l'archevêque Giraud, qui fut depuis promu à la dignité de cardinal.

Lui-même désigna le costume qui fut depuis, avec son agrément, quelque peo modifié, pour établir une ligne de démarcation plus prononcée entre l'ordre nouveau et tel autre avec lequel il paraissait avoir tropd* ressemblance.

M. Aernout, curé-doyen de Sainte-Gaiberine, fut tout d'abord désigné par l'autorité ecclésiastique pour supérieur ie la nouvelle congrégation, et il ne cessa un seul instant de I environner de sa sollicitude et de son dévouement. M. l'abbé Bernard, vicaire général, lui prêta son appui, et Son Emineuee lu cardinal Giraud lui donna constamment des preuves d'un tendre intérêt. Plusieurs évêque* se rendirent avec une complaisance marquée dans la maison mère, entre autres Mgr Wicart, évêque de Fréjus, qui y dit poutificalement la Messe, reçut l'abjuration d'un luthérien, le baptisa sous conûition, et lui donna la confirmation. Ces illustres visites, avec beaucoup d'autres, eurent surtout lieu depuis que la communauté posséJx l'insigne relique des cheveux de la sainte Vierge, authentiqués par quatre évêquis.

Une autre marque non moins sigualée de la protection de Marie fuient les témoignages de haute bienveillance de l'immortel Pie IX. Trois gages spéciaux en font f»j. ^ signaiure partie de Gaëthe en signe d'un* bénédiction spécialo envoyée à ses chères filles, du lieu de l'exil; un écrin aux arme» pontificales, renfermant deux médaille* eo argent de grand module, présentant d'un coté le portrailidu Très-Saint-Père, et de l'autre, Jésus-Christ lavant les pieds à ses apôtres; enfin, les deux roulesdecouleurvioleiie, brodées en or lin, avec lesquelles il avait ollkié pendant l'A vent h la chapelle Sixtinedu\alican ; l'une de ces mules fut emporté* en Amérique par un évêque des Etals-l'nis»

l'autre reste à la communauté de Notre- Dame, sous globe, sur un coussin de ritbe velours brodé en or.

Le Très-Saint- Père envoya ces deux derniers cadeaux en témoignage d'estime et àt gratitude pour un rochet en batiste sui*rtine avec dentelles du plus haut prix, |*omt de Bruxelles, que les religieuses de Notre- Dame avait envoyé à Sa Sainteté coron* hommage des produits de r»ndu>trie M Flandre, par l'entremise de M. Alpbon*.' Cordier, allant se faire ordonner prêtre » Home.

1*57 THK DES ORDRfcS

Ces faveurs réunies de la sainte Vierge et du Très-Saint-Père concilièrent de plus en plus aux religieuses de Notre-Dame la bienveillance générale, et leur institut commença, à prendre un plus rapide développement. Mgr Régnier, successeur de Son Kminence le cardinal Giraud sur le siège de Cambrai, leur avait accordé : 1* de soigner les malades à domicile; 2* d'accepter le service des hôpitaux; 3' de visiter et de panser les pauvres en cas do maladie; 4* de tenir les écoles des campagnes et de la classe ouvrière. Or, en quelques années, elles eurent jusqu'à sept maisons, pour la plupart dans diverses fonctions. Après la maison mère, les deux principales sont l'hospice do Wazemmes et la maison des gardes-malades de Valenciennes. La maison mère eut aussi l'avantage de devenir en peu de temps lo siège d'une foulo de bonnes œuvres, dont voici les plus notables :

1* L'œuvre des mères de famille, qui est aussi une association de secours mutuels ;

2* Colle des mères chrétiennes, dont le but est de mettre en commun leurs prières et bonnes œuvres, pour conserver respectivement à leurs enfants la foi et les bonnes mœurs;

3' L'œuvre des servantes qui s'y vont retremper dans l'accomplissement de leurs devoirs par des exercices spirituels, déterminés à des jours convenus:

k' Mais c'est surtout l'adoration perpétuelle du très-saint Sacrement, qui répand là un parfum de dévotion et de piété de nature a embaumer la cité de la Vierge. Les jours de réunion de celte œuvre éminente, la chapelle qui peut contenir environ cent personnes se trouve comble, et on en sort toujours dans l'enthousiasme du bonheur;

5* Parmi les œuvres d'utilité publique, on peut signaler encore les réunions des dimanches et fêtes pour la persévérance des ;eunes filles ;

6* Depuis peu, on vient d'y établir aussi deux œuvres nouvelles, d'après le conseil et l'approbation de Sa Grandeur l'archevêque, a savoir des instructions régulières pour les Allemands et les Anglais. M. l'abbé Becue, aumônier de l'hospice Comtesse, possède jusqu'à sept langues diverses, outre le latin, le français et le flamand, sa langue natale; il parle l'italien, le hollandais, 1 allemand et l'anglais. C'est dans ces deux derniers idiomes qu'il a des conférences dans la chapelle des religieuses de Notre-Dame,

3ui lui convient d'autant mieux qu'elle est ans un point central de la ville, et qu'elle renferme un orgue excellent, très- propre à utiliser le talent musical que ce digue et savant prêtre possède à un haut degré.

On conçoit aisément que les Religieuses de Notre-Dame, avec cette activité de zèle et de dévouement pour la cause de la Vierge de Lille, ont dû répondre pleinement au but de leur fondation, et contribuer puissamment au développement du culte de, la p.itronue de notre cité. C'est, en eltet, pour cette fin, qu'elles ont constamment oITert (I) Voy. à la fin du vol., n»

RELIGIEUX. TRI IW.8

une généreuse hospitalité aux pèlerins do Notre-Dame, pour les recevoir avec boulé, aux pèlerines, pour les héberger, quelquefois jusqu'au nombro de plus de cinquante à la fois; qu'elles sont dans l'usage d'aller complimenter les évôques et prélats qui viennent accomplir leur pèlerinage à l'autel de Notre-Dame, leur offrant à tous un ritlio et dévot souvenir ; qu'elles entretiennent avec un infatigable dévouement un chœur du cantiques pour la gloire de la reino de la cité; qu'elles ont toujours remercié de la rv commodité qui leur était offerte d'avoir tous les jours la sainte Messo chez elles, aimant mieux paraître plusieurs fois le jour dans la chapelle paroissiale de Notre-Dame, et communier habituellement sous les yeux de l'image miraculeuse, dont un évéque les ap pelait si justement les anges gardiens.

Ces dignes et zélées religieuses ont encoro un autre moyen d'action sur la société chrétienne dans l'intérêt de l'étal religieux et de la propagation du culte de Notre-Dame de la Treille : ce sont les sœurs externes connues sous le nom de religieuses afliliëes; le.squelles, sans s'assujetlir à Ih vie commune et au costume de l'ordre, font réellement les trois vœux substantiels de religion et en observent la Règle. La plupart entrent plus tard dans la communauté, lorsque les obstacles sont levés, ce qui leur est facile, quoique déjà quelquefois av;uicé<s en âge, ayant depuis plusieurs années observé les vœux de religion dans leur famille, et gardé tidèleo.eni la Règle avec les pratiques propres de ce genre la vie. On voit d'ailleurs que, vivant au sein de la société sans rien qui les distingue extérieurement des autres, elles peuvent plus facilement encoro exercer leur zèle, et verser en toutes manières l'araourdela Vierge du Lille, leur mère spéciale. (1)

TRINITAIRES (Religieuses hospitalières et enseignantes), à Àntibet (Vur).

On ne connaît pas la date précise de la fondation de l'hôpital civil d'Anlibes. Les plus anciennes écnlures fonl foi qu'il existait avant 1599. Les malades militaires ont commencé à y être admis et traités depuis le mois de germinal an IX.

Cet hôpital avait été de tout temps desservi par des infirmiers civils sous la surveillance immédiate de la commission administrative. Toutefois lo besoin d'en conlier la direction intérieure à une corporation, religieuse s'était fait sentir depuis longtemps; mais le manque de fonds, pour procurer un logement aux religieuses, avait fait échouer tout projet à cet égard. L'hôpital était loin d'avoir des revenus suffisants pour faire face à cette dépense. Malgré lo nombre des militaires admis et l'exactiludo de l'Etat à payer leurs journées, la ville avait à venir à son secours pour une somme annuelle de 2,000 fr. Dans cet état de choses la Providence suscita un secours puissant dans la personne de Mue Cécile Guérard qui donna une souime de 6,000 fr., pour coujtruire un

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bâtiment adjacent à l'hôpital el payer les premiers frais d'établissement. Ce qui fut exécuté en 1830. Ce premier obstacle levé, rien n'arrêta plus le zèle de MM. les administrateurs. A In môme époque M. le général Vial venait de rentrer dans la patrie. L'administration s'empressa de l'admettre dans s»n sein. Comme ses honorables collègues, il vit que le meilleur moyen de relever l'hôpital était d'y appeler des religieuses. Ayant commandé le département des Basses-Alpes, il avait vu celles de l'ordre île la Sainte-Trinité se dévouer dans diverses maisons avec un zèle digne d'éloges au service des malades. Il s'empressa de proposer à l'administration (Je demander des sujets de cette congrégation à la supérieuro générale de Valence. La demande fut faite et accueillie. Mme la supérieure générale, étant venue elle-même sur les lieux prendre des arrangements avec l'auminUtration, envoya son assistante accompagner cinq de ses religieuses qui arrivèrent à Antibes le '2 août 1837 et vinrent remplacer les infirmiers civils qui jusque-là avaient desservi l'hôpital.

Dès ce moment l'hôpital changea de face. Los malades y furent mieux soignés. Lo >ervicc religieux y fut établi. M. Toc hou, curé de la paroisse, qui dès l'arrivée des religieuses, s'était montré plein de bienveillance et d'empressement, continua de donner et de faire donner tous les secours spirituels avec la plus paternelle sollicitude.

Par les soins de l'administration, un aumônier spécial y fut attaché en 1838, et déchargea le clergé paroissial du service qu'il nv^it fait avec la plus louable exactitude.

A la vue du bien opéré a l'hôpital, on pensa quo les religieuses Trinitaires, aussi utiles ailleurs à renseignement des jeunes filles qu'au service des malades, pourraient se charger à Antibes de celte double fonction. Cette ville était alors à peu près dépourvue de tout secours sous ce rapport. On adressa donc à Valence une seconde demande, et en 1839 deux nouvelles religieuses furent envoyées. Klles vinrent ouvrir des classes dans un" local séparé do l'hôpital, bientôt ce local fut abandonné et les élèves furent reçues dans des salles mieux Appropriées à leur destination. Toutefois le nombre des élèves externes, soit gratuites, soit, payantes, augmentant el les salles devenant insufflâmes, l'administration dut s'occuper d'un nouveau local.

L'autorisation fut donc demandée à M. le préfet d'élever un nouveau bâtiment. Celte autorisation accordée en 1852, un nouvel éoifii e fut construit el livré à >a destination en 1853. Il se compose de deux vastes salles pouvant contenir ensemble cent-cinquante «•nfants, et du logement de l'aumônier y contigu.

Nous n'avons parlé jusqu'à, présent que des élèves externes el des divers bâtiments destinés à les recevoir. Antibes possède cniopî un beau pensionnat construit dans le

jardin appartenant à l'administration. Cet établissement capable de contenir cinquante élèves fut construit en 18V4 et reçut une existence légale par l'autorisation de M. lu ministre de l'instruction publique en date du -25 janvier 18V3.

Knlin la ville d'Antibes voulant comploter son établissement, pensa à créer une salle d'asile; elle lit pour cela en 18V7 l'acquisition d'un local attenant an pensionnai et à un externat supérieur différent de celui dont nous avons parlé ci-dessus. Bientôt les enfants y accoururent, et l'asile, en prenant du développement, a toujours mérité les encouragements de l'autorité; re développement allant toujours croissant, et la première salle ne suflisanl plus au nomlw d'enfants, la ville a fait en 1855 l'achat d'une maison attenante à l'ancienne; tout a été reconstruit à neuf; et une nouvelle salle, élevée, spacieuse, bien aérée vient d'être inauguré? le 5 mai 1856. L'établissement pour l'instruction se compose donc aujourd'hui ih plus de trois cent cinquante enfants, divisés en cinq classes : pensionnat, externat supérieur, second externat, classe gratuite, asile.

L'hôpital continue à recevoir les militaires malades dont le nombre s'élève quelquefois à cent vingt et à cent trente. Les infirmes et malades civils sont reçus et soignés dans un logement qui leur e>t approprié ci de l'agrandissement duquel on s'occupe encore en co moment. Lo service religieui a continué d'être conlié à un aumônier spécial, chargé tout à la fois des malades et du pensionnat. Co service se fait dans deux chapelles séparées. Une pour les malades civils el militaires dans I intérieur de l'hôpital. L'autre pour les pensionnaires et externes à côté du pensionnat.

Le nombre des religieuses a augmenté à raison du développement de l'œuvre à laquelle elles se sont vouées. Arrivées à Antibes au nombre de cinq, elles ont atteint aujourd'hui le chiffre de vingt-deux. Ainsi Dieu se plait-il à bénir l'œuvre des pauvres, des malades et les soins donnés à l'enfance.

Quoique éloigné do notre toujours bienaimée paroisse d'Antibis, que nous avons gouvernée pendant 20 ans, nous savons que les religieuses Trinitaires ne cessent de répondre à la confiance que nous avons mi>e en elles depuis leur établissement, qu'élit"; ne cessent de redoubler de sollicitude |«our les malades, de zèle pour l'instruction et l'éducation chrétienne des enfants, et que c'est à leur dévouement que cet établissement doit sa prospérité.

TRINITAIU KS DÉCHAUSSÉS ( Rêfokm

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