‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 288 sur 323 · TIU · texte numérisé non relu

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la récréation prennent une heure et demie. 1a prière et l'examen closent les exercices <le la journée. A r.cuf heures et un quart t les religieuses sont dans leurs cellules, et on donne le signal pour le repos. Hors le temps de la récréation, le silence est prescrit dans la maison ; il l'est à toute heure dans les lieux réguliers. Toutes les sœurs occupent une cellule, tirée au sort chaque année, à l'époque indiquée par la supérieure.

Toutes couchent sur un matelas, mais on peiU donner un lit de plume aux malades. Sans en faire le vœu, les religieuses gardent la clôture, et, dans le travail des mains, ne fool rien de ce qui pourrait servir è la vanité du monde. La supérieure n'est point perpétuelle; les obédiences et les charges principales se renouvellent tous les trois ans. Le temps delà probation est de deux ans et demi ; la profession se fait en ces termes :

Au nom et pour la gloire de la sainte 2Yinité, sous la protection de ta sainte Vierge, de nos saints patrons, moi, AT.... dite..N..., voue et promets à Dieu, pauvreté, chasUté, obéissance et stabilité, conformément à la Règle et aux Constitutions de la Congrégation, sous l'autorité de Mijr l'illustrissime et révérendissime N..., èvéque de Coûtantes, et de révérende Mère iV..., supérieure de nette communauté de la Très-Saintc-Trinité l'an de Notrc-Scigneur.

On peut consulter sur cet institut, outro le volume des Constitutions indiqué ci-dessus, l'opuscule intitulé : Esprit de l'institut des religieuses Trinitaires , établies à Saint- James-dc-Beuvron , diocèse de Cou tances, j n-18, et la Vie de la révérende Mère Marie de la Croix, fondatrice de la congrégation de la Sainte-Trinité, contenant l'histoire de cet institut avec des notices sur les premières religieuses, etc., vol. in-12, par M. L. Badiche, prêtre du clergé de Paris, etc., etc.

miNITÉ ( Religieuses de la sainte ), maison mère à Valence ( Dr âme ).

La haute réputation que les deux illustres fondateurs de l'ordre de la Très-Sainte-Trinité s'étaient acquise par leur tôle et par leurs vertus avait suscité de nombreux disciples dans tous les rangs des Gdèles. On vit même bientôt des femmes de la plus haute naissance solliciter l'honneur de partager leurs travaux. Instruit de leur dessein, saint Jean do Matha ne voulut pas les assujetliraux pénibles exercices qu'il avait prescrits à ces religieux, mais il en forma diverses associations qui se dévouèrent comme eux au rachat des captifs, en contribuant au succès de cette bonne œuvre par leurs prières et par leurs libéralités. Il donna ensuite a ces pieuses coopéralrices une règle spéciale et un habit qui différait peu de son ordre. Cette double faveur encouragea leur zèle, leur attira des compagnes, multiplia leurs établissements, et bientôt elles devinrent si nombreuses et correspondirent Dictiom*. des Ordres belio. IV,

si bien à la grâce de leur vocation, qu'elles méritèrent d'être associées canoniquement à l'ordre de la Sainte-Trinité par une bulle du Souverain Pontife.

En 1660, une communauté do ces pieuses familles fut fondée, à Lyon, par M. Morange, vicaire général, qui leur conQa l'éducation de quelques jeunes personnes et le 6oin des malades dans plusieurs hôpitaux. Cet établissement fut béni du Ciel, et se trouva bientôt si prospère qu'il put fonder à son tour diverses maisons, au nombre desquelles celle de Valence occupa le premier rang. (Buxio, livre de l'Adoration perpétuelle; Préface de la Règle donnée aux Trinitaires par Mgr Milon, évêque de Valence; Vies des premières Mères Trinitaires.)

Sur la fui de l'année 1685 , la vénérable Mère Jeanne Adréau du Saint-Esprit, nommée par M. Morange, supérieur des Trinitaires de L\on, fut obligée de venir à Saint - Peray, où f'une de ses sœurs gravement malade réclamait sa présence. Elle fut suivie des sœurs Pradier et do Grcndmaison. En passant à Valence, elles eurent toutes trois l'occasion de voir MgrDumée de Cosnae évêque de cette ville, et de s'entretenir avec lui de l'objet de leur institut; le prélat charmé de leur piété, de leur zèle et surtout de l'offre

3u'elles lui firent de venir, si on le désirait esservir les hôpitaux de Valence, manda les administrateurs de l'Hôtel -Dieu pour leur faire part d'une proposition si avantageuse : ceux-ci édifiés à leur tour de l'empressement des Trinitaires, souscrivirent volontiers au projet de leur établissement dans la ville et il fut convenu que le soin de l'Hôtel -Dieu leur serait entièrement conlié. M . Mora nge , i n formé d e ce d essei n l'a | >prou va aussitôt, et adjoignit aux trois sœurs restées à Valence la sœur de Richemont, qu'il détacha de sa communauté

Ce fut le 24 décembre lG8à, qu* la Mère Adréan du Saint-Esprit entra dans I Hôtel- Dieu de cette ville avec ses trois compagnes; elle doit donc être regardée comme la première supérieure des 1 unitaires de Valence. Elle se fil bientôt remarquer par un zèle à toute épreuve, jjar une sollicitude, par un dévouement qui lui gagnèrent tous les cœurs; mais ce qui lui attira surtout l'admiration do la ville entière, ce fut son éminenle piété; les malades l'appelèrent communément la sainte, et tous ceux qui avaient le bonheur de la connaître avouaient que ce titre lui était dû à tous égards. Malheureusement une mort imprévue l'enleva, le 28 janvier 1681, à peine âgée de 38 ans; la con>temation fut générale dans la ville; une foule nombreuse envahit l'Hôlel-Dieu pour voir la sainte pour la dernière fois ; et témoigna tant d'empressement qu'on fut obligé do lermer les portes pour éviter les désordres qui auraient pu en résulter.

La Mère Adréau fut inhumée dans l'église de la maison avec sou habit de Trinitaire. La direction de l'Hôlel-Dieu fut alors contiée 5 sœur Diane Raodon, qui ne vécut quo

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jusqu'en 1690, el f *i t remplacée par Marie - Marthe de la Foire, so'iir du U. P. Grégoire de la Force, général et ininislrc de tout l'ordre delà Sainte-Trinité.

Marie -Marthe dirigeait depuis neuf ans la maison de Hoanne en Forez lorsqu'elle fut donnée pour supérieure aux Trinilaires de Valence. Ce fut de son temps qu'on établit dans l'église de l'Hôte! - Dieu de cette ville l'ordre Ue la Rédemption des captifs. Le P. Grégoire de la Force étant venu à Valence en 1005, les soeurs lui adressèrent ace sujet une requête qu'il accueillit avec empressement', n'ayant pu prolonger son séjour assez longtemps dans la ville pour ériger la confrérie par lui-même, il commit ce soin 5 M. Mazoirc , directeur des Trinilaires cl vicaire général de Mgr Rochard de Champigny, évôque de Valence. La confrérie fut solennellement érigée le 28 janvier Le n.ôme jour un tronc fut placé dans l'église de l'Hôtel - Dieu pour recueillir les aumônes destinées au radial des captifs; ces aumônes furent t-mjours, depuis lors, envoyées aux frères de l'ordre de la Sainlc-Trinilé, mais le 10 juin 18V5, un reprit du pape Grégoire XVI, permit aux religieuses Trinilaires de Valence de les consacrer aux honnes rouvres que leur congrégation est chargée de faire en Afrique, où elle possède plusieurs établissements.

Pleinement satisfait du zèle el des services les seeurs Trinilaires, les administrateurs de I Hôlel-Dieu résolurent de les attacher à cet hospice d'une manière plus étroite et passèrent avec la supérieure un contrat qui l'ut approuvé par Mgr de Champigny, le 25 juin 1093 et conlirmé par Mgr de Catellou le 20 novembre 1700. Cet acte dont l'expédition en forme se conserve dans les arc hives de la communauté portail : 1 que les religieuses Trinilaires seraient nourries aux frais de l'hôpital de môme que leurs servantes, cl qu'il serait payé annuellement à chacune trente livres pour son entretien à ia chargo pourtant de rcmcltre au trésorier ce qu'elles auraient de reste; 2° qu'il leur serait permis de continuer leurs exercices en l'honneur de la sainte Trinité, do lenir des écoles de tilles, des pensionnaires et de recevoir des novices pourvu qu'elles ne fussent point à charge a l'hôpital; 3° que dans l'espace de trois ans, elles prendraient 5 forfait la dép use de l'Hôtel-Dieu , moyennant six sous par jour

1»our chaque malade, soixante livres pour 'apothicaire et autant pour la lingerie.

Lo 31 juillet les Trinilaires acceptèrent aux mêmes conditions la direction de l'hospice de Montelimart. La première supérieure de ce nouvel établissement fut la Mère Madeleine Guillard de la Vierge Marie, qui mourut le 22 août 1710, Agée de cinquante-deux ans.

Tant que vécut M. Morange, vicaire général do Lyon el supérieur des Trinilaires de celle ville, il dirigea la communauté de Valencooù il envoyait des religieuses suivant les besoins de l'Hôtel-Dieu et d'où il appelait les nov'ces qui allaient laire profession

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entre ses mains; mais après sa mort, arrivée en 1703, la communauté se rendit indépendante de la maison mère, forma dès lors ses novices et se soumit entièrement à la direction de l'évêque de Valence. Mgr Ch. .Moton sollicita en leur faveur des lettres de la tour, qui les attachèrent de nouveau h perpétuité au service de l*Hôtel-D»eu, et approuvèrent, confirmèrent el autorisèrent la congrégUion, eu lui permettant de posséder en Inutc-, propriétés les biens meubles et immeubles qu'elle pourrait acquérir, ou qui lui seraient donnés jusqu'à h somme de 2,500 livres de revenu annuel. Ces lettres patentes «le Louis XIV sont du mois de mai 1712; elles furent enregisti ées au parlement du 27 janvier 1728. Ce fut vers cette époque que l'habit des Trinilaires changea de forme et de couleur. Files gardèrent le scapulaire blatK orné de la croix rouge et bleue, mais elles prirent un vêtement noir plus commode pour le service des malades. Elles substituèrent aussi eu 1738 le petit Oflice de la très-sainte Vierge au grand Office romain qu'elles avaient récité jusqu'alors; ce changement fut nécessité par leurs nombreuses occupations, ta même année, la maison de Monlelimarlqui, depuis son établissement, avait été pourvue par celle de Valence, fut autorisée h recevoir des novices, à leur donner l'habit el à les admettre à la profession religieuse; elle jouit de celle faculté jusqu'en 1850. époque où tous les établissements des Trinilaires furent réunis en une seule congrégation, sous la direction d'une supérieure générale résidant dans la maison mère dû Valence.

Ces sainies filles avaient eu beaucoup a soulfrir pendant la Révolution. Lorsque les troubles éclatèrent, elles avaient pour supérieure la) Mère blanche Agnès Dubosl religieuse d'un grand caractère et d'une éruinente vertu. Grâce à sa fermeté el à J 'empire qu'elle exerçait autour d'elle, sa coruuju nauté résista à tous les assauts que lui suscitèrent les ennemis de la religion si nom breux et si puissants à celle époque. Elle continua le service de I Hôlel-Dieu quoique persécutée de toute manière. Llle olfril un asile o plusieurs religieuses de ditréreots ordres expulsées de leurs couvents, et même à quelques prêtres dont i'adininisiralion ne soupçonna jamais la présence dans un lieu qu'elle fréquentait assidûment. Tant que dura le règne de la Terreur, les Trinilaires par leur pieuse industrie joignirent le précieux avantage d'eniendre tous les jours la sainte Messe, de recevoir les sacrements et de les faire administrer pendant la nuiti la plupait de leurs malades.

Il serait trop long de raconter les souffances qu'elles eurent à endurer h celle époque. On voulut les obliger au serment; on leur enjoignit de quitter l'habit religieux; on tenta même de les chasser de l'hôpital; on mu tout en œuvre pour les effrayer et poai les pervertir; mais tout fut inutile : visites inattendues, menaces, sollicitations, ries

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n'ébranla leur fermeté, rien ne put les éloigner Je leurs malades.

Lorsque l'infortuné Pie VI fut amené à Valence, elles eurent le bonheur de lui être

E résemées et de recevoir sa bénédiction, archevêque de Corinthe Mgr Spina, qui était a la suite du Pape, leur témoigna beaucoup de bienveillance, les visita souvent et donna à la supérieure une assiette en porcelaine dont le Souverain Pontife se servait tous les jours parce qu'elle lui avait été offerte par une princesse dont il estimait singulièrement la vertu.

Tous les habitants de Valence avaient applaudi au zèle et a la conduite des religieuses de la Sainte-Trinité durant le temps orageux de la Révolution et les impies même on avaient été édiliés. M. Des«:orches, préfet de la Drôme, loua leur courage, il en félicita la supérieure et lui offrit une croix d'argent telle que les Tri ni lai r es la portent aujourd'hui sur leur poitrine , la priant de l'ajouter au costume de la congrégation, ce qui fut approuvé par l'évêque et accepté par les sœurs , comme un monument de leur Gdélilé durant les épreuves qu'elles venaient de subir. Il était juste en effet de rendre témoignage à la sageise et à l'habileté des religieuses chargées de la direction de l'Hôtel- Dieu, autant qu'à leurs vertus et à la sainteté de leur vie. Les commissions administratives

E ré posées de uos jours au gouvernement des dpi taux ne veillent pas avec autant de sollicitude aux intérêts de ces établissements. Rien ne saurait remplacer l'esprit de Dieu, l'esprit de foi, le dévouement dos vierges consacrées à Dieu. Dieu sait ce qu'eut été le sort de celui de Valence, si les religieuses Trinitaires en eussent été chassées pendant la Révolution. Lorsqu'cn 1802 les administrateurs de la ville voulurent connaître l'état de la maison, ils furent étrangement surpris de l'heureuse situation de ses affaires. Outre un mobilier considérable acheté par les sœurs on trouva dans l'Hôlel-Dieu 17,912 fr. des états des malades militaires, et 7,892 fr. des malades civils, comptes dûment arrêtés par l'autorité compétente; les sœurs devaient pour denrées qui étaient encore à la maison 1,101 fr., et des emprunts qu'elles avaieut contractés pour soutenir le service, 6,-250 fr., il en résultait un actif de 25,80^ fr.

Comme elles consacraient toujours aux besoins de l'Hôtel-Dieu leurs dots et leurs revenus, elles avaient au commencement de la Révolution, 10,000 fr. en contrats de renie sur le clergé de France, sur les villes do Valence et de Lyon, ainsi que sur diverses maisons religieuses. Celte somme n'a jamais été liquidée. Quoique livrées à leurs propres ressources, elles ont soigné les malades militaires pendant toute la Révolution, bien qu'à l'époque où les assignats tombèrent en discrédit, elles eussent éprouvé uue perte de 70,000 fr.

On voit par là que la congrégation aes Trinitaires était alors la Providence des pauvres et des malades en faveur de qui elles distraient de nombreuses ressources. Celte

TRI iW,

prospérité n'a rien de surprenant, quand on sait que la plupart des religieuses de cette congrégation appartenaient aux familles nobles et riches de la Provence, et que, consacrant tous leurs revenus à l'œuvre do l'Hôtel-Dieu, elles ne dépensaient pour elles-mêmes que le strict nécessaire. 11 n'y a que la vraie religion qui inspire un pareil désintéressement, un si parfait dévouement; aussi les Trinitaires eurent-elles la joie de voir leur congrégation s'affermir de plus en plus et multiplier les établissements dans le diocèse de Valence et dans les pays voisins. La ville de Crest leur confia le soin de son hospice en 1810. Cet exemple fut suivi peu de temps après par les villes d'Annonay, de Sisterou, de Briançon. du bourg Saint-Andéol, de Mende et de Voiron. La maison de Valence fut de nouveau légalement autorisée par un décret impérial, qui confirmait aussi la fondation des autres établissements. Ceux-ci s'élevaient déjà au nombre de vingt-huit, et tous se trouvaient dans un état prospère.

Mais tandis que la congrégation se développait au loin, elle cul àîsubir une épreuve d'autant plus sensible qu'elle n'avait été nullement méritée. 11 y avait dans la ville deux hôpitaux , l'un connu sous le nom d'Hôpital-Général et l'autre sous celui do l'Hôtel-Dieu : lo premier, d'abord servi par des personnes à gages, fut ensuite confié aux religieuses du Très-Saint-Sacrem< ni. Le 17 septembre 1802, la commission administrative de ces deux maisons fil un règlement homologué par le préfet de la Drôme, en vertu duquel l'Hôpital-Général était consacré aux vieillards, aux aveugles, aux filles et aux femmes malades ot aux enfants abandonnés, tandis que l'Hôtel-Dieu était exclusivement réservé aux malades civils et militaires; cet arrêté était manifestement eu opposition avec le contrat passé entre la ville et les sœurs Trinitaires, mais il n'en fut pas moins exécuté. L'administration alla bientôt plus loin : elle résolut d'unir l'Hôtel-Dieu à l'Hôpital-Général sous prétexte d'économie. En 1813, elle demanda l'avis du préfet, qui autorisa cette union, malgré les plaintes et les protestations des Trinitaires, qui consentirent enfin, pour le bien de la paix, à cesser entièrement le service des malades à des conditions incapables de les dédommager d'un pareil sacrifice. On leur laissa la jouissance des bâtiments do l'Hôtel-Dieu pour y fixer leur noviciat et y établir une école gratuite, en faveur de laquelle on leur alloua la somme de 1,200 fr. Cette école leur fut enlevée en 1835. Ce fut alors qu'elles fondèrent un pensionnat de demoiselles, avec l'autorisation des supérieurs ecclésiastiques. Elles ont obtenu plus tard la création d'une salle d'asile dans leur établissement. L'ordonnance royale qui l'autorise est du 17 septembre 1837. Depuis celte époque, la congrégation de la Trinité* devenue de jour en jour plus florissante, s'est placée au premier rang parmi celles du diocèse de Valence : elles possèdent de

DES ORDRES llF.Lir.lKUX.

nombreuses maisons dans les diorèscs de Digne, de Mende, do Vivier?, de (iicnoblc, • in Puy.de Fréjus, d'Alger, ele. : ce sont Mes hospices, des Siillcs d'asile, des pensionnats, des écoles gratuites. Tous ces établissements sont confiés à des religieuses qui se dislin-

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gîtent ainam |>ar leurs venus que par I- uin talents, et surtout par le zèle dont elles >ui,t animées pour la gloire de Pieu et pour :a sanctification de lâ jeunesse par une éducation vraiment chrétienne. (1)

i>h:tio\naiuk

UNION CHHLÏ ILNNK ( H 1 1 1«; n » si s i,n 1"), (i r»n(rnay-le-Comlc (J'cHdYV).

Les premiers siècles «le l'I^lisc produisirent des dames illustres en vertu et en piélé, qui remplies de l'esprit de Dieu, so dévouèrent aux ceuvres de la charité pour l'instruction des personnes de leur sexe et pour les soulager dans tous leurs besoins. Dieu suscita des Maivelles à Hume, des Olympiades à Cmstanlinople , des Mélanies et des Paulcs à Jérusalem, et d'autres dans tous les pays, qui, sans entier dans les engagements d'une vie entièrement retirée, ne lais. èi eut pas de pratiquer les vertus les plus héroïques, et qui, sous l'ordre et la conduite des évèques et des prêtre», s'employèrent au salut des âmes et au service du prochain. Il en lut ainsi dans tous les siècles; quoique la charité fût refroidie et que l'iniquité eût fait de trop ; funestes prog: és , ces grands exemples inspirèrent à d'autres le môme courage, le même héroïsme. La Providence les suscita surtout dans de grandes calamités morales et lorsque les besoins de l'Eglise se faisaient le plussenlir. Le xvii' siècle, qui fut témoin de grands scandales, nous oll're les prodiges de charité, de zèle et de dévouement dans l'un et dans l'autre sexe, qui s'opposèrent au torrent dévastateur, qui semblait menacer môme l'existence de l'Kglise.

Parmi les personnes du sexe, Mme Marte Sumague, veuve de M. Polaillon , chevalier, conseiller du roi, tient un des premiers rangs. L'esprit de Dieu qui l'animait lui donna une charité sans bornes pour le soulagement des personnes de son sexe, un zèle si ardent pour procurer la gloire de Dieu et le salut des Ames, que, non contente d'avoir fondé la communauté de la Providence au faubourg Saint-Marcel, à Paris, pour être l'asile de celles dont l'innocence était en péril, voulut encore établir une société de lilles et de veuves, qui, surmontant la faiblesse et la timidité deleur sexe, se vouassent au service de Dieu et du prochain, y consacrassent leurs biens, leur santé cl leur vie, et suivissent Jcsus- Otrisl, leur divin modèle, selon les maximes du saint Kvangile, renonçassent à tout, se séparassent de bon courdo leurs parents, de leurs amies, de leur patrie même pour aller dans les pays les plus éloignés, rhez les nations les plus barbares, travailler au sajul des Ames, conservant toujours entre elles celte union si sainte, dont la charité tl« Vo,j. I, la fut iln vol.. ir» SS~..

est le lien, suivant partout les mémos règles et les mêmes constitutions.

Mme Polaillon, deux excellentes fi les <ie Lyon, qui, comme elle, étaient animé.-, d'un zèle ardent pour le salut des Ames, favorisées de dons extraordinaires , furent io noyau de cet institut: peu de temps après cinq autres se joignirent a elles pour la même lin. Saint Vincent de Paul fit la première cérémonie «le telle association, se!. :t le pouvoir qu'il en reçut de Mgr de (îeniii. archevêque de Paris, et ses premières sopirs furent pénétrées de tanl de ferveur cl •!••» recueillement, que ce digne prêtre, M.(m. r et plusieurs autres personnes d'une i'm<nente vertu assurèrent depuis qu'ils n'avaient jamais ressenti dans aucune autre cérémonie, ni trouvé plus de sujets d'édification.

Deux ans après, le 17 octobre 1652, ces saintes filles renouvelèrent leur association pendant une retraite, où elles se contircoèrenl dans les résolutions qu'elles avaient prises, d'imiter, autant qu'il leur serait possible, la vie et les actions de Noire-Seigneur Jésus-Christ qu'elles avaient choisi pour modèle dans co nouveau genre de vie, et comme les sentiments que Dieu leur inspira furent unanimes, ce qui les leur fit regarder comme une marque «le leur vocation, elles en firent la première règle d'union qu'elles mirent a la tête de leurs constitutions comme un monument éternel des giAces qu'elles reçurent alors de ia bonté de Dieu.

Mgr l'archevêque de Paris confirma tout ce qui s'était fait et se déclara le protecteur spécial de la communauté. Mm* Polaillon mourut de la mort des justes, cri 10o7, laissant ses chères Filles sous la conduite de M. le Vaehet.qui, dès le commencement de leur association, en avait pris un soin particulier et qui ne cessa toute sa vie «le leur donner des preuves d'un zèle et d'une charité infatigables.

Mme Polaillon élait décédée sans avoir pu procurer a ses chères filles un établissement convenable, mais Dieu lui donna avant sa mort, comme une certitude infaillible que la Providence divine rendrait *eî plus abondantes bénédictions sur et institut; ce fut dans un songe extraordinaire dont toutes les circonstances s'accomplirent à la lettre d'une manière merveilleuse, ce qui prouva qu'elle- était éclairée de la lumière des saints, plus pénétrante dans l'avenir que toute la prévoyance de*

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sage:» et que toute la politique des savants.

Peu de temps après sa mort, une des premières tilles qui s'était consacrée à Dieu avec Mme Polaillon, MHe de Croze , put disposer d'une succession dont elle se servit avec Mlle de Marlaigneville, .«a cousine, pour former ie séminaire de l'institut, et ob put former des sujets capables do communiquer le même esprit dans toutes les communautés où elles seraient appelées, afin d'y maintenir l'union. Mlle de Croze qui en fut la véritable fondatrice, en fut aussi la plus ferme colonne pendant plus de cinquante ans. Jusqu'alors les sœurs demeuraient dans la communauté de la Providence, qui fut comme la première source, d'où l'institut tirn son origiuc en la personne de Mme Polaillon, qui y faisait sa résidence ordinaire. Des sept premières tilles qui s'étaient jointes à elle, cinq demeurèrent dans la maison de la Providence, et deux d'entre elles, sous In conduite de M. le Vachet, se mirent a la tète de l'institut do l'Union, au bourg de Charouue, près Paris. t

La vie de la vénérable Mère Anne de Croze est un assemblage de vertus, un modèle de perfection où chaque Chrétien peut aspirer; sans s'écarter du genre de vie où chacun se trouve placé par la divine Providence, on peut arriver avec le secours de la grâce a la pratique des plus héroïques vertus, elle prouve qu'on n'a qu'à se jeter, comme dit saint Augustin, dans le sein amoureux de Dieu : il ne se retire jamais pour nous laisser tomber.

La vénérable Mère de Croîc avait été pourvue dans sa naissance et par les biens de la fortune de tout ce qui pouvait la faire distinguer dans le monde; mais elle n'eut jamais d'autre désir que de plaire à Dieu et de se consacrer dès ses premières années à son service. Elle était née avec un esprit supérieur, elle le cultiva par l'étude des belles-lettres et par la science de la philosophie qu'elle s était rendue familière. Elle était douée d'un jugement solide; elle avait le cœur grand et généreux, une mémoire admirable qu'elle conserva jusqu'à son extrême vieillesse. Tout cola était soutenu par un excellent naturel joint à une modestie et à une douceur d'ange. Pénétrée des vérités éternelles qu'elle avait gravées dans son cœur, elle fut toujours si fidèle à la grâce, que tout ce qui paraissait difficile et comme impossible aux autres pouvait passer en elle pour une sainte habitude, en sorte qu'elle justifia parfaitement ce que dit Notre Seigneur dans l'Evangile : que son joug est doux et son fardeau léger (Mail h. xi, 30); et qu'elle courut, comme dit leSage, dans la voie du Seigneur, sans être arrêtée par aucun obstacle. (Sap. xix., 6 et 7.) Sa ferveur se fortifia avec l'âge, l'amour de Dieu fut toujours maître de son cœur; il fut l'unique motif qui lui firent entreprendre de grandes choses pour la gloire du Pieu çt le salut de- Ames.

ttLIWELX. INI 1490

Mlle de Croze naquit à Anet, département de l'Eure, le 30 avril 1625, do parents illustres par leur ancienne noblesse, mais plus encore par leurs vertus. LouisXIII qui avait une affection singulière pour M. do Croze, le retenait près de lui. On lui donna le nom d'Anne, qui signifie grâce, heureux présage de celle dont cette âme choisie devait être remplie. La pratique des vertus prévint en elle l'usage de la raison : elle n'avait que quatorze mois lorsque sa nourrice, qui ne croyait pas qu'à un âge si tendre on pat être susceptible de pudeur, l'ayant laissée un jour dans la- cour, sans robe, elle alla se cacher dans des orties, aimant mieux souffrir leurs piqûre, que d'être vue dans un élat indécent. Elle perdit son père à l'âge de deux ans. Elle n'avait que trois ans qu'elle apprit par cœur au fils do la nourrice qui en avait cinq, toutes les prières qu'elle avait apprises, et elle ne lui permettait pas de jouer lorsqu'il avait négligé de retenir les leçons qu elle lui donnait.

Sa pieuse mère cultiva de si heureux commencements; elle l'entretint des vérités de la religion, de la grandeur de Dieu, de la sainteté de nos mystères, et particulièrement de la passion de Notre-Seigneur : ce récit la faisait foudre en larmes. Dès l'âge de quatre ans, elle conçut une haute estime et un amour ardent pour les sacrés mystères et les cérémonies do la religion. Alors se firent sentir ses premiers désirs do so consacrer à Dieu : elle lui demanda constamment celte faveur dans ses innocentes prières ; elle se plaisait à les imiter dans leurs actions et dans leurs habits dès qu'elle put les connaître

Eu 1633, Mme de Croze cl sa fille quitteront Anet pour aller à Charonne, auprès de Mme de Uicheaumc, sa sœur, qui s'était retirée de la cour. Ce fut sa maison qui fut la première de l'Union chrétienne. Co fut en ce lieu qu'Anne, conduite par l'esprit de Dieu qui dirigeait toutes ses actions, fit ses délices do la solitude et ne s'occupa que dos vérités éternelles qu'elle goûtait avec une douceur merveilleuse. Quoiqu'elle n'eût, eu pour directeur dans la science de Ja religion que ce même esprit de Dieu qui éclairait son âme par des lumières supérieures à la raison, la divine loi et lies grandes vérités de la religion furent si fortement gravées dans son cœur qu'elle donnait aux domestiques de sa tante d'admirables leçons avec tant de zèle, de douceur et de force que, charmé» de la grâce de ses entretiens, ils n'eurent pas honte d'apprendre de cet enfant des vérités qu'ils avaient ignorées jusqu'alors, et à régler leurs mœurs sur les principes de la foi. Elle apprit par cœur l'Ecriture sainte et tous les soirs ello en entretenait sa mère et sa tante, qui étaient dans le ravissement en voyant cette enfant qui croissait chaque jour en vertu et en sagesse.

Mlle de Choisel qui était auprès de Mme de Kicheaume, charmée des excellentes dis jiositions de celte jeune enfant , lui fit cuuniiilre les samb exercices de la pieté»

de pénitence, »ie :i.ort',tK3li'jn, qn'v.le , rat,quaii <-ri f art: f olior, lui appr.t .a uyuûo---du faire f oraison mentale.

Mile 'Je Crozo no connut Je mal que pour l'éviter et pour s'en garantir. ?on cœur parfaitement soumis a i eiui ire «le h raison et 'Je ia u'rice ne iorn.ait de < : c ■» i r s que pour I»; ci-l. u'ava:t o'-tver-ion que pour ie péché. Les parures ni les amusements n'avaient d'attrait pour el'e: e Je s'abstenait môme des ci.o«<-s né .'es-aire*, di»-iinulant ses petits besoins et fa sont de-> lors l'essai de cette pauvreté évangélrjue qu elle pratiqua ensuite avec tant de perfection. Elle lit sa première communion à neuf ans et demi. Les Père? <l- la mis>ion jugèrent qu'on ne [ourrait trop tôt IV-comer a ses désirs et a la grâ e Junt élu- était prévenue. Dès cet instant, tout ce qui ne la portail point a Dieu n'avait pour elle aucun altrait, elle goûta dans la participation aux >aints mystères tant de douceur et de consolation que ce fut là la >ouree de l'admirablesérénité de son âme etdecette vigueurintérieure qui la soutint dans tout ce qu'elle entreprit pour la gloire de Dieu.

Pendant un séjour qu'elle fit a Paris avec sa famille, elle put s'adresser à un Père de !a Doctrine chrétienne qui l'aida puissamment h marcher dans la voie de la perfection. Elle avait onze ans quand elle retourna à Charonne, où «Ile s'appliqua à mener une sainte vie , mais toute cachée en Jésus- Christ, une vie toute d'obéissance et de soumission, qui était soutenue par de saintes lectures et par le fréquent usage de l'oraison, qui lui était presque continuelle. C'est sur ce fondement solide qu'elle établit l'édifice de la vie spirituelle. Mais Dieu voulut aussi l'atrermir par les épreuves qui sont le caractère des grands saints. Elle n'avait que douze ans quand Dieu la priva tout à coup de la ferveur sensible de la dévotion. Ce fut un temps de privation et do comM contre le monde, contre le démon et contre ellemême. Ces terribles tentations durèrent cinq années, sans qu'elle eût la consolation «l'un secours qu'un directeur habile et exnérinienté aurait pu lui donner. Cet état de désolation qu'elle supporta avec beaucoup de douceur et de patience, sans négliger ses saints exercices , est raconté dans un cahier écrit de sa main ; celle épreuve finit à sa dix-septième année. Dieu content de sa fidélité, lui rendit dans un instant ses premières grâces et ses consolations. Pour la récompenser de sa fidélité, Dieu lui rendit pour toujours sa ferveur ; il mit son Ame en possession d'une paix si constante et d'une suavité si délicieuse qu'elle pensait qu'il n'y avait que les bienheureux qui jouissaient d'une félicité plus grande que la sienne.

Dieu n'accorde d'ordinaire cet heureux état, mémo aux Ames les plus justes, que pour peu de temps et comme un avant-goût des récompenses qu'il préparc a leurs victoires, mais Dieu, qui est le maitre do ses

6- ns, n en usa pas avec cette réserve envers >j liJè.e servante.

Mme de Ri< heaume étant l'amie parheuli-re de M. de l'EcIachf, qui passait pour un d»-s mei. leurs professeurs de philuso- I h t\ voulut que sa nièce, de l'esprit de laquel.e e! e connaissait l'étendue, reçût ses k'.ons. Mlie de Croze fit en si peu de temps tant ues progrès dans cette science qu'elle apprit tout ce grand cours de philosophie que l'auteur donna depuis au public en s vol. in-V. De toutes les parties de la philosophie, elle préféra la métaphysique qu: traite de l'existence de Dieu, de ses attiibuis. de sj grandeur, de ses perfections intimes; elle s'appliqua surtout a l'élude de I» morale. L«i Cicd, toujours favorable aux ferventes prières de Mlle de Croze, répandait sur elle la céleste rosée de toutes les vertus, (pli entretenaient la beauté de sonâroe, par le fréquent usage qu'elle faisait des sacrement.

Dans une visite que Mme Polaillon fit à Mme de Kicheaume son amie, elle eut occasion de connaître Mlle de Croze, et elle découvrit le trésor caché de ses hautes vertus. Elles lièrent dès lors ensemble celle étroite amitié que la mort ne pul rompre, et qui rendit Mlle de Croze la digne imitatrice des vertus de Mme Polaillon; elles ignoraient encore l'une et l'autre les desseins de Dieu sur elles.

Le directeur de Mlle de Croze étanl entré chez les Camatdulcs, la recommanda au P.le Vachet. auquel il l'adressa. C'était un prêtre d'un zèle apostolique, d'une austérité ei traor linairo et très-instruit dans les voies de Dieu. Ce fut celui que Dieu destinait à Mlle de Croze, comme l'ami, dont parlent !e> Livres saints, qu'il fait trouver à ceux tjut le craignent et qui est à leur égard un rtniède de vie et d'immortalité. Mlle de Croze se mil sous sa conduite et ne se gouverna jdus que par ses avis. Les conseils de ce pieux directeur furent pour elle une loi inviolable qu'elle suivit avec une parfaite soumission d'esprit et de cœur, le regardant comme celui qui était à son égard Tinterprèle des sainles volontés de Dieu.

Ce pieux direcleur, ayant connu bien a fond les dispositions de son âme, lui donna par écrit des avis où on voit les preuves de la haute idée qu'il avait des vertus de sa pénitente, qui avait alors vingt ans, et de la perfection où il voulait la conduire. C'est sur ses avis que Mlle de Croze régla toutes les actions de sa vie. Voici le préambule :

Vous avez raison de désirer la perfection, d'en chercher les moyens, puisque cel état est l'exclusion du péché, la |>aix avecJésu»- Christ, la communication de l'âme avec Dieu, la participation de son esprit et de ses divines qualités, le gage de la gloire future et le grand dessein du Père éternel dans son incarnation, par laquelle, en nous faisan' enfants do Dieu, il veut qu'à son imitation nous soyons parfaits et saints comme lu[ ("est aussi la seule chose, ave»: la grâce, qui fait les saints el que les saints ont désiiéc

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