‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 289 sur 323 · UNI DES ORDRES · texte numérisé non relu

UNI DES ORDRES

Il lui recommanda d'abord d'aimer son état, de contenter toutes les personnes avec qui elle devait avoir des relations, d'imiter Notre-Seigneur parce que le Verbe incarné est venu renouveler la face de la terre par son esprit divin, la fréquentation des sacrements, la méditation de sa vie, de ses souffrances et de la mort qu'il a endurée pour notre salut et pour être noire modèle de perfection, l'humilité dans l'esprit, dans le langage, dans les actes, l'amour des croii et des persécutions, la charité envers Dieu et le prochain : il lui proposa ces maximes : Deut meut et omnia. Qu'est-ce, Seigneur, que j'aime sur la terre et môme dans le ciel si ce n'est vous?

M. le Vachet, qui suivait l'attrait de la çrAce dans la conduite de Mlle do Croze, la ht avancer a grands pas dans la perfection ; elle y répondit toujours avec une parfaite fidélité. Ses communions furent plus fréquentes ; ses oraisons plus continuelles; ses liaisons avec Mme Polaillon et ses premières filles plus étroites. Déjà elle regardait celto dame comme sa supérieure et ses excellentes compagnes comme des modèles de vertu qu'elle voulait imiter.

Mme Polaillon, connaissant la rare prudence de Mlle de Croze,ne fit pointdifficulléde lui communiquer ses grands desseins et de l'associer au nombre de celles qui firent cette fameuse retraite de l'année 1652, où fut dressée la règle d'union, qui a servi de fondement à l'institut de l'Union chrétienne et qui est à la tête des constitutions.

La guerre qui régnait alors obligea Mme de IUcheaume, Mme de Croze et sa fille à rentrer a Paris pour ôirc plus en sûreté. Mme et Mlle de Croze y tombèrent malades; la maman succomba. Mlle fulrôduiteà toute extrémité; elle n'avait conservé de ses sens que l'ouïe, ce qui lui permit d'entendre 1 appareil lugubre qui eut lieu pour les obsèques de sa mère. Elle dut rappeler une des maximes de M. le Vachet, que les grandes croix font les grands saints, car c'est nne preuve que Dieu veut nous détacher do terre pour nous attacher entièrement à lui. Mlle de Croze guérit de celte maladie.

Après les troubles, elle retourna avec sa tante à Cbaronne. Mme de Kicheaume n'ignorait pas le grand désir de sa nièce d'embrasser la vie religieuse, mais ne pouvant se séparer d'elle, pour donner un aliment à sa grande ferveur, elle lui permit de s'appliquer aux Œuvres de charité, de visiter les malades et de secourir ceux qui étaient dans le besoin, selon qu'elle le jugerait & propos. Elle reçut cette permission avec une ioie sans pareille. Pour pouvoir juger de l'ardeur qu'elle mit à se livrer aux œuvres les plus viles et les plus abjectes de la charité, nous devons ciler l'avis que le P. le Vachet lui avait donné sur celle matière : « Dieu vous mesurera les dons de ses grâces comme veus mesurerez votre prochain; donnez et on vous donnera la mAme mesure. 11 ne faut pas s'étonner si on voit des âmes avec des grâces abondantes et de sublimes vertus,

c'est qu'elles ne se lassent point de donner h leur prochain, leurs biens, leur temps, leur santé et jusqu'à leur propre vie, et Dieu leur donne ce qu'il a de plus précieux et de plus cher, sans mesure, comme elles n'en ont point pour lui. »

M. le curé de Cbaronne, profilant de l'occasion, la nomma supérieure de la charité do la paroisse. Ses soins pour secourir les pauvres en santé comme en maladie furent également ingénieux et efficaces. Il semblait

Su'une bénédiction toute céleste se répanait sur celle paroisse, et chacun concourait à l'envi pour seconder un si saint exemple. Elle ne s'employa pas avec moins de succès à leur instruction; elle disposait les malades à se bien confesser ; elle les exhortait à une sainte mort; elle instruisait les ignorants avec tant do grâces qu'en même temps qu'elle éclairait leur esprit, leur cœur s'ouvrait à la pratique des vérités qu'elle leur avait enseignées; elle disposait les enfanls à faire la première communion; elle servait les pauvres et les malades de ses propres mains; elle se fil la blanchisseuse de l'égliso, la balayant souvent elle-même. Toute sa conduite prouvait le zèle qu'elle avait pour la maison de Dieu, la joie qu'elle ressentait de la servir dans la personne des pauvres

Lorsque Mlle de Croze se disposait au sacrifice total qu'elle voulait faire à Dieu, il voulut fortifier sa fidélité et sa constance en la soumettant à une nouvelle épreuve; il relira du monde la plus grande partie de la société où elle était entrée. Mme Polaillon, qui en était le chef, mourut le 4 septembre 1637. Dieu lui retira Mme de Richeaume le mois de mars 1661 dans la quatre-vingt-cinquième année de son âge. Sa fortune servit à former l'établissement do l'Union chrétienne, dont le projet avait été fait par Mme Polaillon avant sa mort.

Mme de Richeaume avait fait sa nièce légataire universelle pour l'usufruit, le capital avait élé laissé à sa petite nièce, que Mlle de Croze élevait avec beaucoup de soin. Brûlant du désir d'être toute à Dieu, elle mit promptemont ordre à ses affaires, et deux mois après le décès de sa tante, elle fut en état de commencer l'exécution des grands desseins que Mme Polaillon avait projetés depuis si longtemps. On choisit le jour de l'Ascension, 1661, comme le jour de leurs prémices dans l'offrande qu'elles faisaient à Dieu. Mlle de Croze et Mme Mortaigneville renoncèrent à tous les biens qu'elles possédaient avec autant de joie que les gens du monde en éprouvent quand ils en jouissent.

La vie céleste que l'on menait dans celte communauté naissante se répandit de toutes parts; aussi Mlle de Croze devint bientôt la Mûre spirituelle de beaucoup d'âmes qu'elle gagna à Dieu par ses bons exemples et ses louchantes instructions. Mme Desbordes, une des compagnes de Mme Polaillon, qui avait élé envoyée par elle à Metz, travailla avec tant de zèle qu'elle fit rentrer en ellesmêmes et dans le sein de l'Eglise grand nombre d'hérétiques et de Juifs, dont co

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pays-là était rempli. Toute la ville en fut si édiliée qu'elle voulut èn perp» Hier les bonnes œuvres par l'établissement d'une communauté de ce nouvel institut. LUc fut érigée sous le litre de la Propagation «le la loi. Sa présence n'y étant plus si nécessaire, elle revint à Charonue sur l'invitation de M. le Vachet. Animée «l'un zèle ardent qui lui frisait embrasser toutes sortes de lionnes «ouvres, l;i Mère Desbordes vola dans tous les lieux où l'appela la gloire de Dieu, la charité du prochain, l'instruction et le soulagement des pauvres et le salut des âmes. M. Crosses, curé de Saint-Louis en l'île, voyant les débordements des nueurs si affreux,suite de leur ignorance, dans lequel vivaient ses paroissiens, fut un des premiers à demander à Mlle de Croze et à M. le Vachcl une colonie de ces excellentes sœurs pour la sain lilication de la paroisse, ce qno ce zélé pasteur obtint par la médiation de Mgr l'archevêque de Harlai. Ce fut sa jeune cousine que Mlle de Croze chargea de la conduite de celte maison. Cette tAche était remplie de dillkultés, parce qu'il s'agissait d'un peuple grossier, accoutumé à une vie licencieuse qu'avait introduite l'ignorance et les désordics causés par la dernière guerre, et f;\gc le plus tendre était sou vent'sMuillé de vues et de crimes, dont il n'avait pas même le discernement.

Le zèle et la ferveur qui animaient Mlle de Croze et sa cousine lui tirent compter pour rien toutes les dilîicullés, et quoiqu'il n'y eut aucun fonds pour former cet établissement, elle le commença le '2') mars IGlili, jour de la l'Ole de l'Annonciation de la sainte Vierge.

La digue supérieure et se> compagnes durant passer souvent les nuits entières au travail des in.ntis pour avoir de quoi subsister, après avoir employé tout le jour a recevoir les pauvres et à b s instruire. Mais leurs travaux apostoliques furent couronnés d'un plein succès; la paroisse fut renouvelée pendant les huit années que dura celle pénible mission. La maison mère de Ch. nonne comptait un très-grand nombre de bons sujets animés d'un très-bon esprit. On observait exactement les premiers règlements dressés par M. le Vaehet et approuvés par M. «le la Hrunelièic, grand archidiacre, le 27 octobre

La lerveur et le bon esprit qui régnaient h Charonue, le changement merveilleux qui s'était opéré h Saint-Denis et à Notre-Dame, les fruits merveilleux que produisait la communauté établie a. Metz par Mme Desbordes lirent désirera d'autres villes des établissements semblables. Ou forma une maison sur la paroisse rovalc de Saint-Germainl'Auxcrrois; plus tard, une autre dans celle de lionne-Nouvelle, où Mme Ikrlhelel donna une maison qu'elle possédait.

Dieu béuiss.nt d'une manière visible les travaux de Mlle de Cro/.e; le bon ordre et la ferveur régnaient à Charonue, tout y respirait la piété; ses exemples, ses avis, s,.> U]si: u. lions, | ■'.leiiaiviil Mule- . ■ --in î -< -

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gnes, et pendant son agence celle pieuse communauté conservait la dévotion et le recueillement qui en était l'âme et le nubile. Ivle fut heureuse d'obtenir l'approbation -Je son institut du cardinal de Vendôme, !>-^.it a laierr du Soinl-Siége, le 19 mai de l'an née IGG8.

Le roi et les ministres ayant été informes de l'utilité de cet établissement et des bénédictions que Dieu répandait sur les «uviês de piété qui s'y pratiquaient, y envoyèrent grand nombre île nouvelles catholiques, le succès ré|K>tidit à leur attente, et Sa M.'jc^te s'empressa de l'aire expédier, le mois <ic février 1G73, et au mois d'avril 1087, des lettres patentes par lesquelles fut approuvé*' la translation de la maison mère à l'hôtel Saint-Chîumont, rue Saint-Denis, sous la clause que les Mères actuelles et celles qui devaient leur succéder seraient toujours dans l'état séculier, et que la maison ne pourrait être convertie en maison de profession religieuse.

La Mère Desbordes avait fait, de son c'ié, plusieurs établissements; elle envoyait à h maison mère d'excellents sujets pour les former cl en prendre l'esprit ; elle les envoyait ensuite dans les communautés où elle les jugeait les plus propres pour être employées aux œuvres de l'inslitut.

En ÏG72, les principales sœurs se réunirent pour statuer sur la forme régulière qu'on devait suivre et sur ce que la communauté «levait observer pour être le mo lèio de toutes les au 1res.

Un grand nombre de pensionnaires qu'on envoyait à Charonnc étaient si vivement touchées des exemples de vertu dont elles étaient témoins «pie quand elles étaient arrivées à l'âge de choisir un état, elles manifestaient le désir ardent «le s'y consacrer à Dieu. La vie admirable de Mlle de Croze. ses éminenles qualités attirèrent sur cette maison les béné dictions les plus abondantes. L'-uinée lG~i, le 13 avril, on admit à la profession quatre novices, on procéda ensuite aux élections de celles qui devaient remplir les charges de la communauté. La Mère Desbordes fut choisie pour supérieure, et la Mère de Croze première assistante.

Le noviciat se composait alors de vingtsix sujets: éclairée comme elle était din> les voies de Dieu, Mme de Croze conduisait sou troupeau avec tant «le zèle, de douceur, île charité, de ferveur et «le patience; el'e savait si bien se placer à la portée de tous les esprits, que les novices ne se retiraient jamais d'auprès d'elle sans être comblée* -Je consolations ; elle ne cessait de leur répéter «tes poroles.de l'Apôtre : Kéjouissez-vous dans le Seigneur, réjouissez-vous (Philipp. if.i't on ne doit entendre dans la demeure des justes que «les voix de réjouissance. Ses discours pleins d'onction, pénétraient tellement li> novices, que rien ne leur paraissait dillir:le : régularité, mortifications, pénitences, oraison, travail, humiliations, recueil euieiit. austérités cl tous les autres exercées de ^ \!-- mtcneu.e ne rebutèrent j-.-rais ses O-

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tes. Tout respirait la sainteté dans ce lieu de bénédictions; c'était comme un paradis terrestre dont la bonne odeur embaumait les personnes qui venaient pour s'édifier comme ccHes du dehors ; l'aspect seul de Mme de Croze inspirait la confiance ; la sérénité de son visage, sou accès facile, son abord doux et si gracieux charmaient tout le monde, et sa charité était accompagnée d'une rare prudence et d'une discrétion admirable. Sa compassion et sa tendrésse infinie triomphaient de tous les caractères et des plus mauvaises dispositions ; elle s'appli]uait, comme l'apotrc saint Paul, à se faire toute a tous, et elle inculquait constamment cette maxime aux novices, en leur recommandant la mortification et le renoncement a leur volonté comme les vertus indispensables à des religieuses que leur état oblige de vivre «vec le monde pour le gagner h Dieu.

Elle leur recommandait surtout l'acceptation des mortiûcations qui leur venaient de la part des autres. Si vous fuyez l'opprobre et l'humiliation de la croix, vous serez, comme dit saint Paul, semblable aux Juifs pour qui elle était un scandale, et si vous v cherchez vos aises et la satisfaction des »ens, vous ressemblerez aux genlilsaqui elle était une folie. Un noviciat si édifiant, où la règle était suivie avec tant de ferveur, attira de nouveaux sujets des diocèses et des provinces les plus éloignés. Le roi j envoya un grand nombre de nouvelles catholiques pour y être instruites, des filles de naissance, mais sans fortune pour y trouver un asile assuré. Après s'être dépouillée de tous ses biens comme un autre Paulin, elJe se réduisit à la plus extrême pauvreté pour soulager les pauvres , et elle demandait sans cesse À Dieu les deux sortes de béatitudes qui sont promises aux pauvres d'esprit et à ceux qui souffrent pour la justice.

Le premier jour de mai de l'année 1675, une grande faveur fut accordée h In maison de Cbaronne par le ministère de M. l'abbé Benjamin, qui en était supérieur : ce fut de posséder dans la chapelle le Saint- Sacrement ; on la reçut avec reconnaissance et ravissement. Elle avait toujours été l'objet des désirs les plus ardents de Mme de O oze. La pensée si consolante d'avoir Noire- Seigneur pour hôte la tenait dans le plus profond respect ; elle était en sa présence comme si elle avait vu la majesté de Dieu, le jour ne suffisait pas à son zèle, elle voulut qu'il fût adoré toutes les heures de la nuit; elle (tassait en sa présence neuf nuits consécutives; elle eût coQtinué si on n'eût mis des limites à sou zèle; on Qxa une fêle solennelle chaque année le premier mai pour remercier Dieu de ce bienfait, pour renouveler la ferveur de la communauté.

Eu 1677, Mme de Croze fut de nouveau nommée supérieure générale de l'Union chrétienne. Le nouveau supérieur, M. Galoux, nommé |»ar Mgr l'archevêque, eut une affection |>arliculière pour cette maison et une estime singulière pour les vertus de

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Mme de Croze, pour sa prudence , sa douceur, sa sagesse et sa grande capacité pour le gouvernement; mais si cette charge la mit à la tête de toute la communauté, son humilité la plaça au-dessous de toutes les personnes qu'elle eut a conduire. Elle avait un amour tendre et sincère pour foules; elle les recevait avec tant de bonté, de cordialité et de douceur, qu'il n'y en avait pas une qui n'eût lieu de croire qu'elle en était la plus tendrement aimée. Kile s'efforçait de conduire ses sœurs par >a pratique des plus solides vertus, et à les maintenir dans cet esprit de paix et d'union qui doit faire le caractère d'une communauté.

Sa douceur na nuisait point è son zèle pour veiller à l'observance des règles. Elle était la première à les garder, et elle obéissait a ses supérieurs comme à Dieu même. Elle avait une sollicitude toute maternelle pour les malades. Elle avait une surabondance de charité pour les nouvelles catholiques qui répondaient au grand zèle qu'elle avait peur leur salut. Elle n'épargnait rien pour les gagner à Dieu. Elle avait un soin tout |>articulierdes pensionnaires et de leur éducation.

En 1660 mourut M. Galoux, qui avait donné a la communauté de constantes marques de son affection et de son dévouement. Par ses soins les lettres patentes avaient été enregistrées au parlement et à la chambre des comptes. Il lui légua son argenterie , ses ornements d'église et une somme d'argent. Mais une perte qui lui fut bien plus sensible fut la mort de M. le Vaclut qui avait dirigé la Mère de Croze pendant trente-six ans et dont Dieu s'était servi pour dresser les règles et constitutions de l'institut de l'Union chrétienne qui le regarde comme son maître et son fondateur. Elle fit, dans cotte occasion si pénible pour son cœur, des avis de M. le Vachct hi règle de sa conduite. « J'acquiesce, dit-elle, ô mon Dieu, à votre volonté, je remets mon âme entre vos mains ; conduisez-moi comme il vous plaira , vous êtes ma part, mon calice, mon partage pour l'éternité. » Elle savait que Dieu qui voit notre état passé, présent , futur et éternel dispose de tout pour notre vrai bien et pour l'établissement de ses œuvres , qui ne te sont jamais mieux que quand elles sont accompagnées de tribulations. La mort de M. le Vachel arriva dans un temps où il semblait que la Mère de Croze avait le plus besoin de ses conseils. La maison de Charonne faisait des progrès surprenants ; on y envoyait de toulesparts dos tilles pour y être élevées ou poury faire leur noviciat et porter ensuite dans les communautés l'esprit de la congrégation et les règles. Il en vint de Noyon sept à la fois pour le noviciat, neuf de Loudun, diocèse de Poitiers et autant d'autres lieux. Ainsi la maison mère réunit bientôt un grand nombre de sujets qui ne respiraient que la gloire de Dieu, le salut des âmes et le service du prochain qui sont les principales fins de l'institut.

D après les constitutions, l'inâtilut doit

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former des sujets : V pour lr.iv.ii Urr, sous l'autorité d»-s évôques, à la conversion des personnes «le leur sexe, qui sont dans l'engagement de l'hérésie et pour établir dans les diocèses des communautés ; 2" à recevoir, autant que l'état des maisons peut lo p-ermctire, des tilles et des veuves de naissance, sons biens, ni protection, qui ne peuvent être reçues en d'autres communautés, pour entrer dans l'institut ou pour être élevées chrétiennement ; 3" à instruire les jeunes filles pensionnaires, aies former à la piété et à tous les exercices dontelles peuvent être capables; V a tenir les classes ou écoles publiques pour apprendre 5 celles qui sont pauvres les devoirs de la religion, le catéchisme, h lire, 5 écrire, à travailler, afin de leur donner le moyen de gagner leur vie et eellede leurs pauvres parents, et qu'en les retirant de l'oii>iveté,elles puissent non-seulement les sauver, mais encore contribuer au salut des autres; 5" à recevoir les personnes du sexe qui voudraient l'aire des retraites de quelques jours et les aider en tout ce qu elles pourront.

Une communauté avait été établie à Caen par la Mère Desbordes. Tue autre eut lieu à Loudun, diocèse do Poitiers en 1072; h Sédan en 1073 et 107V; à Noyon en 1075, à Libonrne, diocèse de Jtordeaux , le 20 juin lG75;à Tours, à Luçon.aux Sablesd'Oloue, a Angoulôme en 1080 ; en 1079 eut lieu celle de la paroisse de lionne-Nouvelle, rue de la Lune, à Poitiers; à Auxerre, en 1083; à Saint-Lô, diocèse de Contâm es; h Havonnc le 8 mai 108'* ; à l'an en Béarn, le 21) mai de la même onué<", à Parlhenav, diocèse «le Poitiers; ù Alençon, diocèse de Séez en 1088 ; à Mantes, abus du diocèse de Chartres, en 1093; à Chartres en 1702; à Fontenai-le- Coiulo, diocè>e de la lto< belle, en 170V. (les communautés avec plusieurs hospices formés Hir leurs modèles travaillèrent avec tant île succès dans leursemplois de charité, qu'elles portèrent toutes sortes de fruits de bénédiction. Les sœurs qui commencèrent ces communautés étaient des élèves que la Mère de Croze avait formées; elles portèrent donc l'esprit d'union et de charité de leur excellente Mère et maîtresse. Les témoignagesde plusieurs grands hommes en sainteté et en science, dont la plupart fuient professeurs des premières chaires de Sorbonne, de M. Loizel, chancelier de l'Kgli>e de Paris, sont la preuve du bon esprit qui animait ces maisons qu'ils appellent de véritables séminaires de la foi, de la doctrine, des bonnes meeurs, des asiles de chasteté, des citadelles fortes contre l'hérésie, et enfin des demeures et des retraites contre la nécessité, Us poursuites, persécutions et autres grands obstacles an salut. Ils appellent port de salut cette congrégation, </ui ne tend qu'à procurer la gloire de Dieu et le salut dune infinité d'dmes, qui seraient en danger de périr pour l'éternité, sans l'assistance Je celtes gui se dévouent éi un si saint emploi. Ils appellent divins ces règlements si purs, si tvanqéliques, si emplis de piét>'et de charité,

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qui attirent sans cesse les grâces et lesbené» dictions de Dieu sur celles qui les suivent

L'aile dont nous donnons l'extrait fut donné en Sorbonno le -:inq avril 1673 par treize des plus fameux docteurs la plupart professeurs. Le cardinal de Vendôme, lé^at à lutere, Mgr de Harlai, archevêque de Paris, Mgr l'évèque de Saintes leur accoruèrenl des témoignages non moins favorables. Dai:s la suite un grand nombre de prélats, illustres par leur charité, par la dignité, la sainteté de leur vie et l'excellence de leur doctrine, en rendirent les mômes témoignages et tes confirmèrent du sceau de leur approbation.

Des relations très-fréquentes de subordination et de charité ne cessèrent d'exister entre le chef-lieu et les communautés des provinces; toutes avaient recours a la Mère de Croze comme a la Mère Desbordes dans leurs dillicuUés. Animées par le souvenir de ses bons exemples et des saintes instruction-» qu'elle leur avait données, les sœurs lui écrivaient souvent pour éclaircir et dissiper l. urs peines. Jusqu'alors (en 1677), lesllégles n'avaient élé observées dans toutes les communautés que sur la tradition des premières soïurs et sur ce qu'elles avaient vu pratiquer à Charonne ; ce ne fut que cette année que M. le Vachet les lit imprimer.

Depuis longtemps on sentait les inconvénients de la position de la maison nière à Charonne et le besoin de la transporter à Paris : les sieurs venaient souvent des proviuces et comme elles ne voulurent pas loger ailleurs qu'auprès de leur Mère, elles >o trouvaient trop éloignées de Paris, du centre des a lia ires, M. Coquelin , chancelier de l'Université, qui avait été nommé supérieur de l'Union chrétienne et qui ne lui portait pas moins d'intérêt que ses prédécesseurs décida la Mère do Croze h acheter, en IWtf, l'hôtel Chaumont, rue Sainl-Deni» dans l'espoir que la communauté rendrait de gran>b services à ce quartier de la ville. La congrégation avait alors des fonds presque sullisants pour celte acquisition, mais deux an* s'éeoulèrenlavant que le décret fût terminé; quand il fallut donner lo prix de l'adjudie.ition, par des causes imprévues, l'argent qui était en consignation lui manqua, ce qui mit la communauté dans le plus grand embarras ; la vente de la maison de Charonne et toutes les ressources furent loin de suffire pour payer celle acquisition. C'était alors l'époque\le la révocation de l'édit de Nantes, et la cour envoyait grand nombre de filles et de femmes pour leur conversion, il fal laii leur fournir non-seulement le logement et la nourriture, mais encore à plusieurs d'en* ire elles l'entretien et les remèdes dont elles avaient besoin dans leurs maladies: la plupart des pensions des nouvelles catholiques n'étaient pas payées; leurs familles étaient passées dans les pays étrangers.

Dieu permit que cette œuvre passât parles • lillicullés qui sont réservées à toutes les lionnes «euvres que la Providence veut prendre sous sa protection. La foi de la Mère "Je Cro/e et *n confiance eu Dieu aug«ucut>

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DES ORDRES RELIGIEUX

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reat a proportion des difficultés ; elle ne se laissa point abattre par de si pesantes charges. Quelques personnes lui ouvrirent leurs bourses. Pas unedes nouvelles catholiques ne s'aperçut de l'état de gêne de la maison ; elle pourvoyait a tous les besoins; ses soins empressés, sa charité donnèrent lieu a une multitude de conversions sincères et de retours vers Dieu, ce qui consolait la Mère de Croie, que les mondains et les prudents du siècle accusaient d'excès de charité ; d'autres la disaient insensée en voyant les dépenses immenses qu'elle faisait pour soutenir son oeuvre. Elle apprit ces injustices sans que sa sérénité et sa douceur en fussent altérées; toujours pleine de foi et de contiance en Dieu , elle continua ses exercices avec sa paix et sa tranquillité ordinaires, et manifestait la plus grande affection aux personnes qui blâmaient sa conduite jusqu'à la traiter de folie.

Elle se rappelait alors les avis que M. le Vachet lui avait donnés comme par un esprit do prophétie : • L'Ame chrétienne, qui agit par les principes de la foi et de l'amour divio souhaite le martyre. Il faut aussi que vous y soyiez disposée pour ressembler en tout n Jésus-Christ crucifié votre divin époux. C'est un long martyre, selon le sentiment des SS. Pères que de couper, avec un glaive spirituel, tous les désirs de la nature, et de souffrir, en brûlant du zèle de la justice , les tentations, peines d'esprit, contradictions et persécutions, etc.. mais alors les palmes et les couronnes sont bien grandes et bien nombreuses. » Et ce furent ces maximes évangéliques qui lui firent chercher toutes les occasions d'obliger ceux qui lui étaient les plus contraires, bon visage et son cœur étaient toujours ouverts pour les recevoir. Elle les prévenait par ses bienfaits et par ses manières obligeantes.

En 1690, Mgr l'archevêque nomma pour s u|>érieur de l'Union chrétienne, M. l'abbé Robert, grand pénitencier de Noire-Darne ; le 28 août eu lieu l'élection de la Mère; Mlle do Mortaigneville fut nommée supérieure en remplacement de sa cousine, qui fat nommée première assistante; elle fut l'admiration de la communauté et de toutes les personnes qui la connaissaient par son obéissance, son respect et sa docilité envers la nouvelle supérieure.

M. Robert mourut deux ans après. Mgr l'archevêque nomma pour lui succéder M.

d'Argenson; il fut plus tard évêquede Dole, mais pendant son vivant , il ne cessa de donner à la communauté des marques de ses bontés, surtout pendant les années de lamine 1694 et 1695 qui furent suivies en 1696 d'un incendie.

Pendant l'année 1695, eut lieu a l'hôtel Saint-Chaumont une assemblée générale de l'ordre , où les communautés députèrent leurs supérieures pour régler les affaires de la congrégation principalement en ce qui concernait l'uniforiu'té dans la pratique de» constitutions.

La vue de la révérende Mère de Croz«

s'affaiblit ; elle finit par la perdre entièrement. Deux ans après , il plut à Dieu de la rendre a celle qui en avait supporté la privation avec tant de patience et de résignation, mais au lieu d'en user avec ménagement après en avoir reconnu le prix , elle ne la recouvra que pour l'employer avec une nouvelle ferveur au service de Dieu, pour regagner le temps qu'elle avait perdu, sa ferveur semblait augmenter à mesure que ses forces diminuaient. La Mère de Mortaigneville ayant fini les trois triennaux , on dut, d'après la Règle, procéder a une nouvelle élection ; la Mère de Croze fut nommée supérieure à l'unanimité des voix; malgré son grand âge, elle étendit ses soins è tout; elle était toujours la première et la dernière aux exercices de la communauté, et comme la prière était son élément, elle passait à la prière tout le temps qu'elle ne consacrait pas aux affaires extérieures.

Cette piété si tendre ne l'empêchait pas de donner ses principaux soins à l'avancement de ses Filles. Elle tâchait surtout de leur inspirer un grand amour pour leur étal, une haute estime pour leur vocation et une entière fidélité a leur règle. Rien n'était si souvent dans sa bouche que l'accomplissement de la loi de Dieu et les exercices do son pur amour. Quoiqu'elle eût reçu une grâce particulière |>our parler des choses spirituelles, à l'exemple de Noire-Seigneur, elle commença par faire avant d'enseigner, et elle instruisit encore plus par ses exemples que par ses paroles, qui étaient cependant toutes de feu.

La révérende Mère de Croze remplit pendant six ans tous les devoirs de sa pénible charge; mais enfin ses forces diminuant de jour en jour, il fallut la délivrer de ce |>oids. Dans l'élection qui eut lieu au mois de juin 1707, la communauté ne put cependant laisser sans emploi celle qui les avait toujours si bien remplis; on la nomma deuxième assistante et maîtresse des novices, eu lui donnant une aide capable de la bien seconder; elle continua de parler souvent aux novices et remplissait à leur égard lotis les devoirs de charité. Pendant les deux dernières années de sa vie elle perdit presque l'usage de ses jambes; on fut obligé de la porter et de la re)K>rter des exercices. Elle vivait avec la plus entière dépendance, avec la douceur d'un enfant; elle adressait souventdes excuses aux personnes qu'on avait mises auprès d'elle pour en prendre soin; elle recevait leurs petits services avec tant d'actions de grâce et d'humilité qu'elles eu étaient confuses. Elle passait à l'église presque tous les dimanches et les jours de fêtes le matin et le soir; elle s'endormit nu Seigneur, à l'âge de quatre-vingt-cinq aus, le 1" septembre 1710; elle fui fiUèîe à tous les exercices et conserva sa ferveur et sa présence d'esprit jusqu'au dernier moment de sa vie.

On désira conserver son cœur, si pénétré de l'amour de son Dieu, si parfaitement soumis à ses volontés, si souvent honoré de

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