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DICTIO.NNAIIit.
ses visites dans la sainte communion, d tondre pour ses chères Cilles et si compatissant pour les misères de son prochain.
On sait que la fui est lu première des vertus que c'est elle qui a soumis le monde à l'empire de Jésus-Christ et que c'est par elle que le juste préfère le service de Dieu à ses intérêts et a ses plaisirs. Toutes les action* de la Mère de Cro/o eurent pour principe une foi ti ès éi lairée et liès-vivc; elle avait jeté de si profondes racines dans son cœur, qu'elle en lit toujours la règle de sa vie; elle lui facilita la pratique de la vertu, qui l'anima d'un zèle si ardent pour la convoi -ion des pécheurs; elle lut la racine de toutes ses vertus.
Sa confiance en Dieu fut en proportion de sa vive foi; elle y était si bien airerinio que rien n'était capable de la troubler ni de l'inquiéter.
Saint François de Sales dit, dans .son Trait? de l'amour <le Dieu, que la foi n'a pas plutôt éclairé l'entendement de ses divines lumières, que la volonté embrasée de ses saintes ardeurs répand dans l'âme une suavité sans pareille; elle dit avec l'Epouse des ('antiques : J'ai trouve relui que mon lime durit; je le liens et je ne le lai? serai pas aller, 't ant. m, 4.)
L'humilité est le fondement de tontes les vertus : la foi ne pourrait entrer dans un cœur si l'humilité ne captivait sous son empire les faibles lumières de notre esprit. Kl le est le plus ferme appui de l'espérance, n'y ayant rien de plus ferme qu'une Ame humble, qui dans l'aveu sincère qu'elle fait de son néant, nul Imite sa conliance en Dieu et n'espère que de lui seul le succès ue toutes so< entreprises.
C'est !e caractère de la «bardé, qui no veut
e reconnue qu aux marques rie I bumilit
selon ces paroles de Notre-Scigneur : Comment pouvez-vous croire, vous tjui t ous distribuez lu yloire 1rs uns aux autres et qui ne cherchez point la qloire qui rient de Dieu. {Joan. v, i't't.) Si 'l'humilité est nécessaire pour avoir la foi et pour la conserver, elle ne l'est pas moins pour toutes les outres vertus.
La Mère de Crozc pratiqua celte vertu a l'égard de la loi avec perfection, elle lui sacritia toutes les lumières de son esprit, elle lui soumit sa raison avec la docilité d'un enfant, en se conformant à ce précepte de saint Paul (/ Cor. i\, i7i, de réduire les esprits en servitude sous l'obéissance de Jesus-Chrisl ; a l'égard du prochain qu'elle ne jugea jamais défavorablement. Aussi éprouva-t-elle l'cllet de ces paroles du divin JMailre : Apprenez de moi que je suis dou.r et humble de cwur et vous trouverez la paix de vos âmes. (Matth. xi, 20.) Comme le moveii le plus ellicace pour acquérir l'humilité Vd de la piatiquer, elle ne cessa toute sa vie d'en faire la règle de sa conduite; et c'est telle vertu, si profondément enracinée dans son cœur, qui fut le principe de ce grand courage a entreprendre les choses les plus dilJii.iles (.oui- le service de >'• tre-Scuneur.
Elle aima Dieu sans mesure et pai-desvj-, toutes choses et elle aima son prochain sai s bornes. Mlle prenait pour rè^le ces j aro!. s de notre Sauveur : Donnez et on tou* donnera (Luc. vin, '.ï2 ; vous serez mesuré'!.™-, la distribution des grAces de l.i mémo minière que vous aurez mesuré voire prci liain. Mais comme le plus grand elIVt .le :.i charité doit Cire de procurer la gloire de Dieu en travaillant au salut et au souia^mnnt du prochain, elle consacra sa vie," a dès sa plus tendre jeunesse à ces bonnes «ouvres et accomplit le précepte divin.
I. homme donnera tout « e qu'il possède et le répiitera comme un néant pour la chanté. {Cant. vin, 7.) La réputation de son inimcnse et inépuisable charité, surtout quand il s'agissait de la conversion «les prsonnes engagées dans l'hérésie, lui en attira de toutes paris, de toutes les secte*, de tous les pavs les plus reculés, de IWIomaïnc, de l'Angleterre, de la Hollande, de la Sué le, du Danemark, des juives, des luthérienne*, des calvinistes, etc., charmées des lioniés de la révérende Mère, et leurs cœurs gagnes par les exemples, se rendaient à la vérité , rentraient dans le sein do l'Eglise avec sincérité et ferveur, menaient une vie édifiante et quelques-unes manifestaient un zèle admirable pour se consacrer à Dieu cl po d r procurer aux autres un semblable bonheur.
L'n des principaux soins de la Mère d a Cioze fut de faire revivre dans la communauté ce moine esprit d'union de la primitive Eglise où la multitude des lidèles n'avaient qu'un cœur et qu'une Ame comme ou lu lit dans les Actes des apôtres : iv, 32); c'est «■e qui leur mérita de porter le beau nom de filles de I'L'nion Chrétienne. Saint AmbroiM' a sagement remarqué que l'ai liancefaile avec Jésus-Christ est bien plus étroite que cel du sang, car si celle du sang produit quel- «pie ressemblance du corps, l'autre passe jusqu'à l'union du cœur et do l'Ame. Aussi la révérende Mère regardait comme une des principales preuves que Dieu aime une communauté quand il y repaud l'esprit d'union et de paix, et elle répétait souvent ces admirables paroles : « Si nous nous aimons les unes les autres, Dieu demeurera avec nous, et il nous aimera d'un «inour parlait , puiqu'il nous a promis (Maith. xviu, 20) que quand deux ou trois seraient assembles on son nom, il serait au unlteu d oux. » Celte union toute sainle était le principe de sa correspondance et de toutes ses relations avec ses sœurs.
Les rapports élanl une source de division ( Ile les bannit de sa communauté; elle lui lépciait souvent la parole du Sage sur celui «pii >èmo la discorde. {Prov. vi.) lïlle ne contestait jamais, ne prononçait jamais de r5roie piquante, ni de raillerie, ni de paro e dure. Jamais on n'apcioul sur sa physionomie un air sec et dédaigneux; elle état constamment gracieuse, expansive prévenante et ob v . KKc^vad mCuic b*<
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agréer un refus par ses manières douces et ses paroles aimables.
n fallait bien que son amour pour la pauvreté fûl extrême pour s'être dépouillée, si jeune encore, de tous ses biens; c'est ainsi qu'elle put s'élever vers le ciel avec plus de liberté, elle aima cette vertu comme la première des vertus évangéliques et elle eut
S>ur elle la même tendresse que si elle eût é sa mère; clic la pratiqua au plus haut degré de sa perfection. Cette vertu appuyée sur sa conflauce en la Providence, lui inspira lantde sacrifices qu'ils lui méritèrent les reproches des mondains et tirent t uer sa conduite de folie. Parmi toutes les vertus on peut dire que la chasteté fit les délices de son cœur. Dans un sexe fragile, dans une jeunesse florissante, elle conserva la même pureté que les anges dans le ciel; elle fut du nombre des vierges qui ont le bonheur de suivre le divin Agneau partout. Dès cette vie, elle prit toutes les précautions pour conserver cette vertu ; elle regardait la solitude comme un asilo à son innocence. Elle ne paraissait en public que lorsqu'elle y était obligée par nécessité ou pour des œuvres de chanté, mais c'était toujours avec tant de modestie et de retenue qu'elle inspirait à ceux qui la voyaient un respect et une pudeur dont ils ne pouvaient se défendre.
Dès sa tendre jeunesse la Mère de Croze avait connu le prix de l'obéissance et l'avait pratiquée; elle s'y engagea par vœu , dès que son directeur (e lui eut permis: elle renonça pour toujours à l'usage do sa liberté ; elle en fit à Dieu un continuel sacrifice. Par le vœu de pauvreté, elle n'avait renoncé qu'aux biens de la terre, par celui de chasteté, elle fit une hostie vivante de son corps, par le vœu d'union, elle immola son cœur à ia charité et par l'obéissance elle sacrifia sa volonté, et comme elle s'avait que c'est l'esprit d'obéissance qui donne du prix à toutes nos actions, elle ne se proposa jamais d'autres vues que d'obéir & la loi du Seigneur; mais le motif le plus excellent qu'elle se proposa fut l'imitation de Noire- Seigneur, qui par amour pour nous, s'est rendu obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix.
M. le Vachet, son directeur, lui avait donné sur la mortification l'avis suivant : Cette vertu est si nécessaire aux Chrétiens, qu'elle a été la première que le Verbe incarné est venu pratiquer sur la terre et dont il a dit que si le grain de froment ne meurt pas en terre, il ne porte point de fruits. Il a été le premier grain jeté en terre, dans le sein de sa Mère, dans l'étable, dans sa fuite en Egypte, dans les persécutions, et enûn sur le Calvaire, puis dans le tombeau. Ces maximes gravées dans le fond de son cœur furent la règle de ses actions. Elle fut si morliliée dans son esprit, dans son cœur, dans son corps, jusqu'au dernier moment de sa vie
3ue ses supérieurs furent obligés de lui en éfendre la pratique Toutes les mortifications étaient pratiquées avec tant de grâces
et d'adresse, dans un genre de vie commun en apparence, qu'elles ne présentaient rien que d'aimable et de facile a pratiquer. Depuis la venue de saint Jean- Baptiste, dit Notre-Seiyneur, le royaume des deux souffre violence et il n'y a que les courageux qui le ravissent. (Mal th. xi, 12). Saint Augustin, à l'occasion do ce passage de saint Mathieu, nous rappelle qu'il y a deux sortes de mortifications et de croix, une qui afflige le corps, comme sont les austérités et les pénitences extérieures; l'autre qui est plus méritoire et plus sublime consiste a réprimer ses passions, à se livrer à soi-même do continuels combats, à rompre sa volonté, à renoncer à son propre jugement, à vaincre sa colère, 5 réprimer son impatience, enfin h commander h tous ses sens et dominer toutes ses mauvaises inclinations.
C'est ainsi que la Mère de Croze se fit violence pour ravir le ciel, toujours parfaitement soumise à la gr&ce; elle en suivit tous les mouvements avec fidélité; elle dirigea toujours ses sens, ses désirs, ses passions, ses paroles, ses actions, toutes les affections de son cœur, de son esprit, de sa volonté indifférente à tout. Elle pratiquait et recommandait cette maxime de saint Paul : Le monde m'est crucifié et je suis crucifié au monde [Gaiat. vi, H] ; et si je plaisais encore au monde, je ne serais pas serviteur de Jésus- Christ. (Gala 1. 1, 10.) Elle disait que ceux qui fuient l'opprobre et l'humiliation de la croix ressemblent aux Juifs pour qui elle était un scandale et que ceux qui cherchent leurs aises, ressemblent aux gentils pour qui elle était une folie; elle assurait qu'il n'y avait de véritable béatitude que celle dont il parle et qu'il promet aux pauvres d'esprit, aux persécutés, à ceux qui pleurent, à ceux qui souffrent pour la justice , |>arce que le royaume des cieux leur appartient.
Heuroux l'homme qui met son affection dans la loi du Seigneur et qui la médite le jour et la nuit; il sera semblable à ces arbres plantés sur le bord des eaux, qui produisent des fruits dans la saison, et qui conservent toujours la beauté de leurs feuilles; ainsi réussissent les desseins et les vœux des justes, parce que le Seigneur, qui connaît leurs vues et dirige leurs voies, les bénira. (Psal.\, 1-6.) C'est ainsi que commence le livre divin des cantiques do la céleste Sion. La Mère de Croze fut à peine éclairée des rayons de sa raison que les trois vertus théologales s'emparèrent de son cœur, et ses plus grandes délices furent de méditer la loi du Seigneur et d'y conformer sa vie; ce fut celte méditation continuelle des choses célestes qui alluma en elle lu feu sacré de la charité dont elle fut toute sa vie embrasée, et que rien ne fut capable d'éteindre. Elle fut aussi le principe de ce détachement des choses de ce monde, de celle union avec Dieu qui, la ravissant au-dessus d'elle-même, ne lui donnait du goût et de l'estime que pour les choses célestes.
La fréquente communion fut le divin aliment, qui eutretint l'union que l'amour
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avait formé dans ce saint cœur; elle la recevait toujours avec des dispositions si saintes de foi, d'amour et de respect, que son âme en était pénétrée et comme transportée hors d'elle-même; de là lui venait le goût des choses spirituelles si inconnu aux partisans du monde, cette force merveilleuse pour surmonter les obstacles dans les vues de la perfection, celte facilité |>our pratiquer toutes les œuvres des vertus. C'est dans celte riche mine qu'elle puisait les richesses immenses et le trésor de la vraie sainteté. C'est dans les exercices de l'amour divin que la Mère de Croze passa sa sainte vie, et qu'elle fut comblée de grâces célestes ; elle fut ainsi consumée dans les flammes ardentes de la charité.
Après sa mort on trouva un testament qui est le vrai résumé de tous les sentiments qu'elle avait nourris de toutes les vertus qu'elle avait pratiquée; le miroir de la vie.
Comme nous venons de le dire dans la notice de Mlle de Croze d'après le désir qne manifestèrent les soeurs dispersées dans un grand nombre de communautés d'avoir entre elles une parfaite conformité, après avoir examinéavec soin toutes les remarques qu'elles envoyèrent à la maison mère, les usages particuliers de chaque communauté, les anciennes Constitutions données par M. le Vachet, après avoir consulté de grands serviteurs de Dieu, remplis de son esprit et des maximes saintes de son Evangile, et très-expérimentés dans la conduite des communautés de l'institut par écrit et de vive voix dans une assemblée générale qui se tint exprès à Paris, en 1695, et dont les sentiments furent unanimes, de l'avis de M. l'abbé d'Argenson. alors supérieur, les Règles et Constitutions furent revues, mises eu ordre pour être approuvées par Son Eroinence le cardinal de Noailles,qui, après, les donna à examiner à M. de Hoquette, docteur de Sorboune, abbé de Sainl-Gildas, les confirma du sceau de son approbation !
Elles sont divisées en trois parties : la première traite de l'esprit Je l'institut, du bon ordre des communautés, des qualités des personnes qui doivent y être admises, des élections, de l'union entre les maisons, de leurs relations avec la maison mère. La deuxième partie règle la conduite particulière des communautés, 1' par rapport aux exercices spirituels, 2° par rapport à ce qui se doit observer h l'égard des personnes séculières, 3* par rapport è l'ordre à suivre dans les alfa ires temporelles. La troisième partie traite du gouvernement spirituel et des devoirs des sœurs par rapport à leurs emplois.
Comme Moïse, après avoir reçu de Dieu et donné aux Israélites les tables sur lesquelles la loi de Dieu était gravée, leur recommanda de l'observer avec des expressions si énergiques, qu'on ne peut les lire sans être saisi d'une sainte frayeur, ce qui les rendit un objet de respect et de vénération pour les Hébreux et détermina ce peuple a y conformer toute leur conduite, ce
Recueil des Constitutions qui n'était que l'abrégé de la morale de Jésus-Christ cl des plus pures maximes de sou Evangile fut accepté avec respect et observé avec fidélité par ces Ames choisies pour devenir les épouses de Jésus Christ, pour obéir avec plus de perfection è la loi de grâce et d'amour. Ainsi commencent ces Règles :
La Providenco divine ayant disposé que nous, filles séculières de diverses provinces, assemblées sous la conduite d'une sainte veuve, notre supérieure, ayant eu pendant quelques années une mutuelle communication des sentiments de piélé qu'il a plu à Dieu de nous inspirer, nous avons reconnu que les lumières et les grâces que sa divine bonté a départies à chacune de nous en particulier, se rapportent toutes et tendent à une même Gn qui est de nous unir à Jésus- Christ par une nouvelle méditation et une fidèle imitation de sa sainte vie, pour le suivre en compagnie de ses saintes disciples et des autres qui l'ont suivi dans tons les siècles, cherchant les âmes, se faisant toutes a toutes celles de noire sexe, par son esprit de charité, pour les lui gagner toutes, en procurant son règue par tous, professant ses maximes évangéliqucs par les œuvres et par l'instruction des filles, en demeurant unies entre nous par un lien indissoluble de la dilection fraternelle en son divin amour. C'est ce qu'aujourd'hui, au nombre de huit, avons promis à Dieu par un pur amour de Dieu et l'édification de son Eglise catholique, apostolique et romaine.
Avant considéré que ce divin Sauveurs voulu se faire enfant pour être notre modèle de notre soumission au Père céleste, qui veut que nous devenions comme des enfants, c'est-à dire dociles et obéissantes è sa sainte loi, nous nous proposons de l'imiter, moyennant sa grâce et de taire régner cet esprit d'enfance dans nos communautés et qu'elles en soient un eiempleet une école. Comme il voulait que les petits enfants s'approchassent de lui et qu'il les instruisit avec boulé, nous en ferons de même à l'égard des orphelins, pauvres et antres. Nous les instruirons gratuitement Ayant considéré les peines, les cootradi^ lions que son divin amour lui faisait souffrir en instruisant avec tant de soin et de patience les pécheurs qu'il allait chercher par les villes et viltages avec tant de fougues, nous tâcherons de l'imiter et nous chercherons les petites filles, dont l'innocence ou la religion est exposée et celles qui quittent l'hérésie , et avec l'aide de Dieu, nous serons toujours disposées à aller dans les pays étrangers et infidèles avec l'ordre de nos supérieurs pour y exercer les dits emplois.
Voyant que ce divin Sauveur ne rece de la part des hommes pour de si signai bienfaits, que des contradictions, des ingratitudes et des persécutions au lieu de 1* reconnaissance, nous nous préparons a na semblables traitements. Ayant concert qu'il n'avait ut maisons, ni meubles, m au-