L'AS DIS ORDRES
elles dorent, elles brodent, toutes sont utilement occupées, et ce qui sort du leurs nuiins est. ordinairement d'un bon goût.» (Journal historique, ou tome III, p. 75, édition in-4 .) -De son côté, un anleur protestant rend hommage aux Ursulines lorsqu'après avoir exalté le caractère héroïque de Mine de la Pe.'lrie, il ajoute: «Les fruits de sa précieuse fondation se continuent de nos jours, parlVxcellenle éducation qui est donnée aux ieuoes personnes dans le pensionnai des Irsulines. • [Uatekins* Picture of Québec ; Québec 1734, p. 206.)
LesUrsulines de Québec ont l'honneur de posséder dans la chapelle du couvent le tomkau du brave marquis de Montcalm, mort des suites de blessures reçues le 13 septembre 1759. Les dépouilles mortelles du héros ne peuvent être mieux placées que sous la garde de la piété.
Ces dames, dont le pensionnat jouit si justement d'une haute réputation en Canada, étaient au 31 décembre 1853, au nombre de 55 professes et 4 novices. Elles instruisaient alors 87 pensionnaires et 81 demi-pensionnaires, et elles avaient de plus un externat gratuit pour 139 élèves.
La communauté des Ursulines de la Nouvelle-Orléans étaient en décadence en 1823, parce que dix-huit de ses religieuses s'étaient retirées à la Havane, à la cession de la Louisiane aux Etats-Unis. Il n'en resta que six ; et pour y ranimer l'esprit de sainte Angèle, les sœurs Félicité Borne, de Saint-Charles; Mane-Angélique Bougie de Saint-Louis de (ionzague, et Marie-Pélagie Morin.de Sainl- Eiienne, partirent de Québec pour la Nouvelle-Orléans le 13 mai 1823. MgrDubourg, eveque de la Nouvelle-Orléans, eu avait fait la demande a Mgr J. 0. Plessis.
Cette communauté contribua aussi à la fonction des Ursulines de Galvuslon (Texas). M<;r Odin,dansun voyage à Québec en 1849, obtint deux sœurs, Victoire Wbite de Sainte- Jeanne de Chantai et Catherine Barbe de Saint-Thomas, qui se joignirent à cinq de leurs sœurs du couvent de la Nouvelle-Orléans, établies à Gai veston en 1846.
Par l'établissement des deux communautés de 1639, nous voyons comment nos pères comprenaient la colonisation de pays sauvées, et les exemples ne nous manqueront pas dans la suite de ce récit. A cette époque, >* religion était l'âme de toutes les entreprises, et l'on comprenait qu'elle seule peut servir de base à un édifice social, et lui préparer un heureux avenir. Comme l'a si heureusement dit le R P. Félix Martin, dont les paroles auront un autre poids que les nôtres • Grâce a cet esprit, la colonie du Canada, et Montréal aussi bien que Québec, offrit à son origine quelque chose de particulier, et présenta un spectacle dont le monde avait été rarement témoin. On vit là s'associer à tous jes travaux de la civilisation et de l'apostolat, le cœur sensible et généreux de la femme.
(I) Son père ctaii un marchand de soies, nomme Florent Guyard; sa mère, Jeanne Ukhdcl, des-
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A celte époque, un écrivain moderne (Créiineau-Joly) remarque que la femme était appelée dans tout le monde chrétien a un grand apostolat de charité. Elle s'y révélait la fortune du pauvre, la consolation de l'affligé, et, avec un cœur de vierge, elle avait un cœur de mère pour les orphelins. Elle adorait toutes les douleurs comme des sœurs que le ciel réservait a sa tendresse. Elle disait adieu aux jouissances et au bonheur de l'existence, pour consacrer è tout ce qui souffre sur la terre sa jeunesse et sa beauté. Elle vint sanctifier ces missions lointaines, inspirer aux jeunes Canadiennes et aux enfants sauvages la pudeur et la piété, et prodiguer aux malades les soins de la bienfaisance chrétienne.* (Manuel du Pèlerin de Notre-Dame du Bon- Secoure, h Montréal, p. 8.)
Il y avait en 1853, cinquante professes-, quatre novices, quatre-vingt-sept élèves pensionnaires, quatre-vingt-une élèves demipensionnaires, et cent-trente neuf externes. Les registres ayant été détruits en 1650, on n'a trouvé que le nombre de 6,000 élèves, dont deux cent cinquante Algonquines, Iroquoiscs, et Abenaquises; depuis sa fondation, 8,364 enfants externes, tant sauvages que françaises, canadiennes et irlandaises y ont reçu l'éducation.
Nous ne terminerons pas celte notice sans faire connaître, d'une manière spéciale, la
Eart que prit à la fondation des Ursulines larie de l'Incarnation. Cette sainte reli-
Sieuse, connue dans le monde sous le nom e Mme Martin, naquit è Tours, le 18 octobre 1599 (1). Elle montra dès son enfance un grand amour pour les pauvres et un vif désir do les soulager. Préférant leur compagnie & toute autre, elle leur rendait tous les services qu'elle pouvait; son cœur éprouvait une vive affliction lorsqu'elle se trouvaitdansl'imjiossibilité de les secourir. Ces heureuses dispositions fortifièrent son goût pour la piété; assidue à la prière, elle y puisait le désir de renoncer au monde. A l'âge de quinze ans, ello voulait embrasser la règle de saint Benoît. Mois, cédant au vœu de sa famille, elle épousa M. Martin, fabricant de soies a Tours. Cette union ne fui pas sans nuages: des chagrins, dont on ignore la cause, vinrent troubler son bonheur. Toutefois, son mari savait apprécier ses vertus, son mérite, et saisissait toutes les occasions de lui rendre cet hommage.
Deux années après, la mort vint frapper M. Martin. Veuve à dix-neuf ans, chargée d'un enfant qui ne faisait que de naître, privée de fortune, Mme Marlin se trouvait dans la position la plus affligeante ; elle la soutint avec courage. La religion et son propre zèle furent les éléments de sa consolation; aussi renonça- t-e Ile à chercher un autre appui en donnant sa main â un second époux. Elle senlil en même temps se réveiller son ancien goût pour la retraite, et
cenéait par les femmes oe la famille de la Dourdaiziere.
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résolut de quitlcr entièrement le commerce et de s'abandonner a la Providence.
Après avoir terminé sos affaires, elle rentra dans la maison de son nère, qui désira l'avoir chez lui. Elle prit un habillement trèssimple, qui marquait le divorce qu'elle voulait faire avec le monde ; elle ne s'occupait mie de la prière et de l'éducation de son fils (1). C'est de ce moment surtout que datent ses grands progrès dans la perfection. Livrée à la méditation des choses saintes, elle s'affermissait de plus en plus dans l'amour de Dieu et le détachement des créatures! elle prodiguait aux pauvres, aux malades les soins d une charité héroïque, considérant en eux les membres souffrants du Sauveur.
Depuis un an, Mme Martin menait celte vie solitaire , lorsqu'elle eut occasion de prouver que ce n'était ni la paresse, ni l'amour de l'indépendance qui lui avaient fait prendre le parti do la retraite. Une de ses sœurs, engagée dans un fort grand commerce, la pria de partager ses travaux. Malgré sa répugnance pour une vie agitée, elle alla demeurer avec sa sœur; mais on abusa tellement de sa bonté, qu'on lui imposa les fonctions les plus pénibles et les plus humiliantes; les maîtres et les domestiques la traitèrent, durant quatre années, avec hauteur et dureté. Mme Martin se réiouissail de ces humiliations, auxquelles elle ajoutait encore des pénitences volontaires. Disons aussi que sa charilé envers les personnes qui en usaient de la sorte à son égard était sans exemple; elle avait beaucoup de déférence pour sa sœur; les domestiques, dans leurs maladies, ressentaient les effets do sa sollicitude.
Mais enfin, sa sœur, chagrinée de la conduite qu'elle avait tenue envers la pieuso veuve, rendit justice à >on talent, et la pria, conjointement avec son mari, de prendre la direction de leurs affaires. Chargée alors de nombreuses occupations, qui ne déconcertaient ni son zèle ni son habileté,elle se maintenait toujours dans un grand recueillement, élevant sans cesse son cœur vers Dieu, et s'unissantdeplus en plus avec Jésus-Christ. L'autorité qu elle avait sur les domestiques et les ouvriers, elle l'employa à travailler à leur salut. Elle s'efforçait de les porter a uuelque action sainte ou de les empêcher d'offenser Dieu. Sa douceur et ses exhortations lui avaient si bien gagné leurs cœurs, qu'ils lui rendaient compte avec une simplicité touchante de chacune de leurs actions, s'accusant humblement de leurs fautes.
Quelquefois, profitant de leurs bonnes dispositions, elle les rassemblait pour leur faire des instructions sur leurs devoirs, et les reprenait avec bonté et avec zèle quand ils s'en étaient écartés; tous lui étaient soumis comme des enfants a leur mère; elle était leur refuge dans leurs besoins, et leur mé-
(t) Il se fit Bénédictin de la congrégation de Saini-Matir, le 5 février 1612, fut supérieur peu «Uni 3» ans, ri assistant, sous plusieurs gétiéraui,
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diatrice auprès de son beau-frère quand il* avaient encouru sa disgrâce.
Mme Martin vécut ainsi jusqu'à l'igeria vingt-neuf ans, comblée de grâces spéciales qu'elle s'efforçait de mériter par une fidélité inviolable. Souvent l'amour divin dont elle était embrasée se manifestait sur sen visage; il animait toujours ses paroles et ses actions. Aussi se lassait-elle de plus en plus du monde, des embarras de >*-a situation, et son penchant pour la vie religieuse acquérait chaque iour plus de force. Après avoir bien éprouvé sa vocation * elle résolut d'entrer chez les Ursulines de Tours. Elle y fut admise le 23 janvier t63t, comme religieuse de chœur; e'Ie fil les exercices de son noviciat avec ferveur. Déjà religieuse avant d'en avoir pris l'habit, ses progrès dans les voies spirituelles larendaientpius propre à donner du secours aux autresqu'àcn recevoir; c'est pour cela qu'elle fut nommée maîtresse des novices peu de temps après sa profession.Guidées par sa prudence, sa sagesse, et surtout par sa piété, ses élèves marchèrent à granJj pas vers leur sanctification. Elle composa même pour leur instruction un très-bon ouvrage intitulé : L'Ecole chrétienne.
Cependant, un autre théâtre allait s'ouvrir à son zèto : c'était vers des régions lointaines, chez dos peuples barbares, que Dieu appelait Mme Martin, pour qu'elle y donnât, en quelque sorte, une impulsion plus vive a sa ferveur et à sa charité. Mme de la Peltrie, ayant résolu de passer au Canada pour y travailler à la conversion des filles sauvages de ce pays, s'adressa h Mme Mai tin, comme à la personne la plus capable de seconder son zèle, et n'eut point de peine à obtenir son consentement. Elles partirent ensemble de Tours, le 22 février 16.19, avec une Ursuline, fille d'un gentilhomme du pays, et d'une autre vertueuse fille. Elles s'embarquèrent à D eppe le k mai, chargées des dons des personnes les plus distinguées. Dans le même bâtiment était le supérieur des missions du Canada, Mme de le Peltrie, deux ursulines et trois religieuses hospitalières, qui allaient aussi faire un établissement à Québec. On arriva dans celte ville le 1" août 1639. « Le jour de l'arrivée de ttrsonnes si ardemment désirées,! dit Charovoix,« fut pour toute la ville un jour de ête : tous les travaux cessèrent et les HMitiques furent fermées. Le gouverneur reçut les héroïnes sur le rivage, a la tête de ses troupes, qui étaient sous les armes, et au bruit du canon. Après les premiers compliments, il les mena, au milieu des ao lamations du peuple, à l'Eglise où le Te De*» fut chanté. * La nouvelle colonie commenta sur-le-champ ses fonctions. Marie de l'Incarnation eut en peu de temps un as*« grand nombre de filles à instruire, tant i*rmi les sauvages que parmi les Français établis an Canada. Elle s'en acquitta a»*c iéi«
pendant. 16 ans. Il mourut prieur de lfjrwoa>> 1 lè* -Tours, le » août. <ti!H>, arec U rcpuialio» «1 saint hoioioe et d'un bun ccuv.nu.