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L'élection de la supérieure el des principales officières a lieu tous les trois ans, et ni la Mère, ni l'assistante ne peuvent être en charge successivement plus de six ans.
Mais reprenons le fil de l'histoire de l'ordre. Lé monastère de Paris, dont on avait oublié de faire enregistrer au parlement les lettres patentes du roi , el qui à cause de ce vice de forme fut choisi pour donner un asile à toutes les religieuses du Faubourg Saint-Germain, qui, par suite des guerres, se trouvaient sans habitation , ce monastère, disons-nous , si fort ébranlé du vivant même de la Mère de Malel, ne tarda nas à périr après la mort de celle sainte fondatrice, et selon sa prédiction, en sorte qu'il ne restait à celte époque que les trois couvents d'Avignon. Lyon el Grenoble.
Ce dernier monastère ne tarda pas à en fonder un à Sariars, sous le patronage de Mme la duchesse de la Roche-Gu\on. Ce fut l'an lG83quc h recommandablé Mère de Saurel y conduisit sa petite pépinière de vierges/Mais bientôt, se trouvant trop a l'étroit dans ce bourg, par l'accroissement inespéré qu'y prit sa maison dans l'espace de quatre aus, elle se vil obligée de la transporter à Orange , d'où elle dut sortir dix ans plus tard, i>ar la malveillance des hérétiques, pour se fixer enfin à Roque maure.
Le monastère de Lyon fit une fondation à Anduse, l'an 1097, ét y envoya pour supérieure la Mère Marie de laMère-de-Dieu, dont on raconte plusieurs faits miraculeux; elle y fut eonduileaveccinq autres religieuses , par la Mère Louise de la Résurrection de Rhodes.
Cette maison eut aussi beaucoup à souffrir de la persécution de l'hérésie. Néanmoins la vertu des é|>ouses du Verbe incarné en triompha et leur attira même la vénération de ces malheureux, au point qu'on vil un jour un de ces redoutables camisards, ennemis jurés des ordres religieux, lancer du |>ain et du bois par-dessus la muraille du cloître, pour subvenir aux besoins de celles qui l'habitaient.
Un autre genre de contradiction élait réservé au couvent <f Anduse : à peine était-il sorti de ses premières épreuves, que la maison fut envahie par une troupe de femmes protestantes, que les ordres du roi confinaient dans les monastères, et qui, à chaque instant, menaçaient du feu et de la mort celles qui leur rendaient les offices les plus délicats de la charité chrétienne.
Malgré ces obstacles, la charité s'y maintint, et les dangers cessèrent.
fondation oc ce couvent , ei continue jas. qu'en 1787 ; il ne contient que des Vi« de choix, et. ne rompt son édifiante uniformité
3ue par le récit de la cérémonie séculaire e sa fondation, qui eut lieu pour la première fuis le 15 décembre 1739, puis de dcui inondations qui vinrent jeter l'éiouunie chez les pieuses filles et dans la cité d'Avignon, en 1755 et 1163.
Nous avons recueilli aussi de ce monastère une copie du procè.«-verbal de la translation du corps de la Mère de Matel, qui était resté dans le monastère de Paris jusqu'à l'an 1772, époque où il était en la possession des religieuses de l'abbaye de Pantliemont, qui avaient employé l'ancien local du Verbe-Incarné pour servir à l'agrandissement du leur.
Nous voyons par celle pièce la haule vénération qu'avaient ces religieuses, quoi* que étrangères à l'ordre, pour les restes précieux de celle vénérable instilutrice et fondatrice qui reposaient dans leur église, et qu'elles regardaient comme la sauve-ganie de leur maison et une source de bénédiction pour toutes celles qui l'habitaient.
Il fallut bien du temps et des supplications de la part des personnes influentes, et surtout le zèle persévérant du P. Caréna™, 'Jésuite, pour obtenir de l'abbesse, MœeBélisé de Maizière, la restitution de ce satoi dépôt, qui fui rendu le 2 août 1772, aux religieuses du Verbe-Incarné d'Avignon, où il arriva le 13 du même mois, jour de la niort de la très-sainte S'ierge, au milieu des acclamations, de la piété la plus tendre, delà joie la plus vive, de la sensibilité la p'u> louchante de la part de tout le couvent du Verbe- Incarné d Avignon el de ses amis.
Tous les documents du monastère de Grenoble ont péri, ou n ont pas encore été retrouvés.
Lyon nous donne des notices biographiques depuis 1692 jusqu'à 1790, où | ourlant nous ne trouvons rien de saillant. sinon u» vies abrégées el parfaitement éditante*.
Le Nécrologe de Roquemaurc remonte a 1705 el nous conduit jusqu'en 1788
Celui d'Anduse commence à 1737 et m termine également à la même date 1788.
Ces belles cl florissantes maisons n'estent plusl Le niveau destructeur de la république sanguinaire a passé sur elles H nous en a à peine laissé quelques vestige* Pourquoi sont-ils tombés, ces ferv*- k monastères 1 pourquoi le bras du Impuissant s'est -il appesanti sur euxl Si d'autres maisons appelaient sa jo^4 Ces deux monastères de Roquemaure et vengeance, celles-ci étaient pures des *oi,J-
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d'Anduse, étaient dans la circonscription que nous appelons aujourd'hui le Gard , el formaient , avec les trois qui étaient de la fondation de la Mère de Matel, cinq établissements, les seuls que Tordre du Verbe-Incarné possédât. Avant la grande catastrophe de 1793.
Le fragment du Nécrologe d'Avignon , qui ^tt entre nos mains, ue remonte qu'à 1731, ïst-à-dirc quatre-vingt-douze aus après la
I m es du siècle. Loin de s'être relâchée* J' la ferveur primitive de leur institut, les religieuses du Verbe-Incarné du xvui'siK'e.' avaient ajouté de saintes rigueurs.
Souvent les nuits étaient ténwiw u^ veilles que les pieuses filles passaient»'' missantes et contemplatives devant 1-J 1 adorable de leur culte et de leur amour
Ils sont tombés précisément parce «l"-' étaient purs, el qu'il fallait à la diiù* J***
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DES OUbllES UEUtilEl'X.
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Pce des victimes innocentes et sans tache, en compensation des ravages de l'impiété, si fort déchaînée è cette désastreuse époque. El comme autrefois le cruel Hérode, pour l*Enfant-Dieo qu'il redoutait, poursuivit à mort les enfants de Bethléem, ne nous est-il pas permis de croire que le démon tramait alors la destruction de tous les ordres religieux en France, pour envelopper dans leur ruine le nouveau Verbe-Incarné, dont il prévoyait et redoutait la future puissance et les œuvres merveilleuses dans les derniers temps.
Mais c'était en vain , car pour lo Verbe nouveau-né, il y avait encore une Egypte pour le recevoir, un Joseph pour l'y conduire, et une nouvelle terre de Nazareth pour le loger au retour. Feu le vénérable abbé Denis, et la feue Mère Saint-Esprit Chinard, furent les élus de Dieu, destinés à ramener dans notre France le divin exilé , et ils le cachèrent h Azerables, petite bourgade du département de la Creuze, au diocèse de Limoges, où il accomplit le temps marqué par la divine Providence pour représenter la vie cachée du- Sauveur, en attendant qu'il se développe, selon les prophéties de la fondatrice, la révérende Mère deMatel.
M. l'abbé Denis, n& è Mendion. paroissn d'Azérables, département de la Creuse, le 26 juillet 176i,mort è Azerables, le 13 novembre 1856. était un homme de la trempe des sarnts : Ame forte pour le bien et ferme centre le mal, il préféra deux fois l'exil à un serment contraire à sa conscience.
Prêtre depuis quelques années, il n'avait qu'environ trente ans, quand , vers la fin de~ 1792, le gouvernement français, devenant de plue en plus hostile à la religion catholique et à ses ministres , obligea les prêtres non assermentés de quitter la France, sous peine de la vie. Ce lut alors que M. l'abbé Denis se dirigea, avec trois de ses confrères, vers le sol hospitalier de l'Italie.
En traversant Charabéry, ils y trouvèrent quatre mille émigrés, tant du clergé que de la noblesse, dont dix-huit prêtres qui a|tparlenaient comme lui au diocèse de Bourges. Parmi eux était un vicaire général, qui prit de tous le plus grand soin (1).
Arrivés en Italie, ils se dirigèrent vers Bologne, une des quatre villes désignées pour offrir un asile aux exilés; ils y lurent accueillis par le cardinal , qui leur procura de suite des vêtements, dont ils avaient tous un pressant besoin, et les plaça dans uu couvent de Franciscains.
Un mois après, M. Denis fut envoyé dans un autre couvent a Ferraro , où un personnage distingué lui remit trois cent* francs , pour honoraires de Messes ; le pieux abbé n'ayant pu se défendre de les accepter, lui demanda quelles étaient ses intentions?— Le
rétablissement de la religion en France, lui répondit le zélé seigneur (â).
Deux mois plus tard, M. l'abbé Denis fut envoyé, avec cinq autres prêtres français, h Ravenne, et placé, avec ses compagnons, dans un monastère de Franciscains, dit de Saint- Appollinaire, qui contenait environ quarante religieux.
Il y avait trois ans qu'ils étaient dans celte maison, lorsque Mgr l'archevêque do Bourges leur fit savoir qu'un décret du gouvernement français permettait aux émigrés do rentrer, et que ceux d'entre eux qui auraient le courage de s'y exposer rendraient de grands services aux fidèles dépourv us de tout secours spirituels.
Dès lors, M. l'abbé Denis, n'écoutant que son zèle, se met en route pour la France, avec deux de ses compagnons. Arrivés à Sion, en Valais, ils apprirent que la révolution s'était rallumée ; cependant ils ne laissèrent pas de continuer leur marche. Ils traversèrent la grande ville de Lyon sans éprouver rien de fâcheux, mais il n'en fut pas ainsi de la petite ville de Gouzon, au département de la Creuze, qui fut la commune de la France où les habitants se montrèrent les plus acharnés pour les arrestations.
Comme ils avaient pris un chemin détourné pour éviter cette petite localité, ils furent aperçus à travers champs, par des gendarmes qui faisaient le guet ; ils furent arrêtés incontinent comme des gens suspects, quoiqu'ils lussent déguisés avec la cocarde en tête. De Gouzon , ils furent conduits à Guéret, escortés par des gendarmes, et ensuite traduits devant les juges de la commune. Cependant on les mil en prison et on poursuivit leur procès.
On leur demanda si , pour éviter un second exil, ils voulaient faire le serment exigé par la loi ?— • Nous ne sommes pas revenus de trois cents lieues, » répondirentils, • pour manquer à notre conscience ; nous repartirons I » En effet, ils furent condamnés en vertu d'un décret, qui déportait une seconde fois les prêtres insermentés qui étaient rentrés en France d'après un décret antérieur qui les y autorisait.
M. l'abbé Denis et ses compagnons ayant déclaré vouloir rentrer en Italie, furent conduits par des gendarmes jusqu'aux frontières, enchaînés comme des criminels.
C'est dans ce second exil que M. l'abbé Denis goûta plus que jamais, ainsi qu'il l'a avoué lui-môme, les douceurs ineffables qu'on trouve è souffrir pour Jésus-ChriM crucifié; c'est également a celte époque qu'il fit la connaissance de la digne Mère Saint- Esprit China rd-Durieux, religieuse d u V erbe- Incarné du monastère de Lyon, qui étail situé au Gourguillon ou Mont-des-Martvrs.
Cette fidèle et fervente épouse de Jésus-
(I) A celte époque Azerables, qui appartient au- (4) M. Denis ne pouvait jamais, dans la suite, jounl'liui au unncscoV Limogea, appaiicuail à ce- raconter ce liait sans verser ce> larmes dalten lui »le Bourges. drisscuicnt.
Christ avait, file aussi, quille la France, lorsque son couvent fut détruit, comme tous les autres, pour aller chercher sur le sol étranger la liberté de servir Dieu.
Elle reçut l'hospitalité h Havennedans un monastère de religieuses, dont M. Denis était confesseur. Ces deux saints personnages ne furent plus étrangers l'un è l'autre dès le premier moment où ils se rencontrèrent sur celle plage lointaine.
La bonne religieuse ne cessait d'entretenir son pieux directeur du l'ordre du Verbe- Incarné et de le disposer a travailler à son rétablissement, s'ils avaient le bonheur de voir la religion se rétablir dans leur malheureuse patrie.
Pendant l'exil, la Mère Saint-Esprit Chinard ne voulut plus se séparer du P. Denis « t de ses compagnons, et elle leur devint aussi nécessaire qu'ils lui étaient utiles; car elle fut partout leur sauvegarde lorsqu'il leur fallut fuir à Florence, puis a Pise, soit devant les armées françaises, soil devant celles des Autrichiens et des Russes.
De retour en France, comme une fille .soumise, elle déféra h ses avis et rentra dans sa famille, à Lvon, dont elle était originaire, ci M. Denis alla évangéliser Azcrables sa paroisse natale, dont il fut nommé curé.
Ils entretenaient une correspondance assez active, lorsque, on ne sait par quelle circonstance, elle s'interrompit et ils ne surent plus l'un et l'autre ce qu'ils étaient devenus.
Cependant, tandis quedans la grande ville de Lvon, au milieu des ressources de tout genre, on s'agitait vainement pour réédiber tordre du Verbe-Incarné, la divine Providence faisait surgir autour du P. Denis des tilles dévotes, destinées pour en être les premières pierres. Ces pieuses personnes ne venaient pourtant point à lui dans la pensée de se faire religieuses, mais uniquement dans le but de profiler de sou ministère, de ses leçons et de ses exemples, les prêtres étant alors fort rares.
Néanmoins, un peu plus tard, quelquesunes, poussées par l'esprit du bon Dieu, sollicitèrent la faveur de mener sous la conduite de ce saint confesseur de la foi, une vie plus retirée du momie. En sorte (pie SI. Denis, après plusieurs avertissements u'il reçut du Ciel, se vit comme contraint e céder aux pieuses instances de ces ûmes d'élite, choisies d'en bout pour être les premières religieuses de l'ordre du Verbe-Incarné, à sa restauration.
Dès l'an 1806, ces ferventes futures épouses de Jésus-Christ se réunirent, pour commencer a mener la vie de communauté, sous le vocablo du Verbe-Incarné, dans une petite maisonnette, espèce d'établc, où elles souffrirent toutes sortes de privations dans le but de réparer, autant que possible, par la pénitence, les crimes de la révolution. Elles faisaient l'adoration perpétuelle le
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jour et la nuit. On rapporte qu'une lois, quoique peut-être à une époque un |*u plus n culée, comme elles se rendaient pendant les ténèbres à l'église paroissiale, où elle> allaient souvent même nu-pieds par îles saisons rigoureuses, on vil les gouttes d'eau bénite que l'une d'entre elles répandait sur ses compagnes par mode d'aspersion, se changer en blueltes de feu, lebon Dieu voulant sans doute leur marquer ainsi qu'il était content de leur pieux excès (1).
Chaque jour, pendant la sainte Messr>.
l'une d'entre elles lenail un grand crucWixà la main, élevé de façon à Aire aperçu de toute l'église-, c'était une invitation a réparer les outrages faits en France à notre divin Sauveur pendant les dix années de désordre, t!c blasphème et d'impiété qui venaient de s'écouler.
Le peu de temps que ces saintes Allés dérobaient à la prière était employé à de rudes travaux pour se procurer un pain noir que les chiens, dit-on, refusaient de manger; leurs genoux étaient singulièrement dun is et calleux à force de se tenir dans une position gênante et de répéter leurs exercices, tel (pie le chemin de la croix.
Plusieurs ruinèrent tellement leur santé qu'elles ne se sont jamais rétablies; car elles n'avaient personne pour modérer les élans de leur zèle (pie la ferveur non moins extraordinaire do leur Père spirituel, qui finit cependant par leur donner une règle d'hospitalières que, par esprit d'humilité, il avait fait rédiger par deux théologiens de Saint- Sulpice, MM. Hugon et Beau dry.
Quoi qu'il en soit, les trois premières religieuses du Père restaurateur de l'ordre firent leurs vœux le 5 juillet 1807; c'étaient les sœurs : 1° Marguerite Jouanin dite sœur Sainte-Claire; 2* Louise Gayaud dite sœur Sainte-Madeleine; 3* Marie Molaldile sœur Sainte-Thérèse. Celle dernière fut nommée, supérieure des deux autres et de sept jeunes personnes qui étaient dans la maison.
Le bon P. Denis leur distribuait tous Us jours et môme deux fois le jour la parole de Dieu, et se dépouillait de tout pour soutenir sa communauté naissante.
Cependant, la petite maisonnette ne pouvant plus suffire, les courageuses filles ne craignirent pas de travailler elles-mêmes, selon leur pouvoir, à la construction d'un assez vaste bâtiment, propre à donner a leur sainte entreprise la forme d'une vraie («sison religieuse. M. Denis en jela les fondements, au mois de mars 1811, avec une pompeuse cérémonie religieuse. Le clergé et les autorités s'y rendirent en procession.
Le Verbe incarné bénit le dévouement do pasteur et des bonnes religieuses aussi bien que celui des ouvriers de la paroisse qui s'y prêtèrent avec toute la bonne volonté jossil)le, en sorte que, après bien des peines, des travaux et des contradictions, et s'être vue* à deux doigts de leur ruine, le gouveroe-
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(I) Le P. Kui> im.inb lu ibnc t uem un signe de la pioj>a"j|ioii de l'snlrc du Vcrlx î**- « ai u«i.