‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 300 sur 323 · VER · texte numérisé non relu

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nient leur ayant enjoint de cesser les travaux commencés, elles obtinrent l'approbation, signée de la main du grand Napoléon, le 23 juillet 1811, jour de la fête de saint A pol inaire, pour lequel le P. Denis avait une grande aévotion depuis qu'il avait reçu l'hospitalité à Havenne dans le couvent qui portait son nom et qui avait été l'habitation Je ce saint archevêque.

Vers cette époque, le P. Denis avait uni sa communauté d'Azerables à quelques religieuses Bénédictines qui vivaient à Dunle-Palleteau dans une grande piété et n'étaient censées former avec Azerables, d'après le décret d'approbation du 23 juillet 1811, qu'une seule et même maison. Cependant, I union se rompit, et dès l'année 1817 le I'. Denis obtint du gouvernement la séparation des deui communautés.

Il y avait neuf ans qu'on avait commencé à faire des vœux à Azerables, quand le P. Dents, ayant pu renouer correspondance avec sn compagne d'exil, la Mère Saint-Esprit Chinarj-Durieux, l'invita à s'y rendre; ce qu'elle Qt avec empressement, emportant avec elle le costume, les Règles, Constitutions et Contumier de son ordre.

Cette vénérable Mère arriva à Azerables le 28 octobro 1816, et y fut reçue avec acclamations; on lui confia de suite l'emploi de maltresse des novices, et la supérieure lui donna le pouvoir de faire dans la maison tous les changements qu'elle jugerait à propos pour la rendre conforme aux anciennes communautés du Verbe-Incarné. Bientôt, elle se démit même de la supériorité en sa faveur, et dès l'an 1817 la Mère Chinard- Durieux fut élue par scrutin dans cette charge qu'elle conserva jusqu'à sa mort, c'est-à-dire, jusqu'au 8 septembre 1819.

Dans le courant de l'année 1817, toutes les smurs qui avaient jusque-là (torté l'habit noir avec un cordon rouge, que le P. Denis avait tenu à adopter, Te quittèrent pour prendre celui du Verbe-Incarné (1].

Une autre faveur était réservée a la communauté d'Azerables dans la personne de l'éroinenle Mme De Quiquerant, dite en religion sœur Marie-Victoire-Angélique, ancienne religieuse du monastère du Verbe- Incarné d'Avignon, laquelle ayant appris par la voie des journaux le rétablissement de son ordre, partit proraptement malgré les instances de ses parents et de ses amis.

Cette excellente religieuse, non moins digne que la respectable Mère Chinard-Durieux, quoiqu'elle n'eût passubi les rigueurs de l'exil, parce qu'elle s'était tenue cachée à Avignon, pendant la tourmente révolutionnaire, elle était native de Carpentras; son (•ère, M. de Quiquerant-Beaujeu, portait le titre de marquis de Pierre Longue. C'était a sa considération que le monastère du Verbe- Incarné d'Avignon avait obtenu de l'abbesse fie Panlhemoiil le corps de la Mère de Matcl, l'an 1772, et ce fut elle, la Mère Victoire-

(I) Dans l'impossibilité où était le P. Denis «le M procurer, dés l'uiigiiio de ta couinnuwé d*A/o-

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Angélique De Quiquerant, qui apporta ce précieux trésor à Azerables, où elle arriva le 20 octobre 1818, sans y être attendue; elle était aussi munie des écrits de cette illustre fondatrice. En entrant dans la communauté, elle s'écria, comme au temple le saint vieillard Siméon : Nunc dimittis, etc. Maintenant, Seigneur, votre Menante mourra en paix, puisque mes yeux ont vu le Verbe incamé dans le rétablissement de son ordre!

Klfecti vement, celte parfaite religieuse, qui semblait avoir été inspirée par un esprit prophétique en prononçant ce Nunc dimittis, ne vécut que trois mois, après lesquels elle alla recevoir l'éternelle récompense promise a ceux qui restent Gdèles jusqu'à la fin.

Quelques jours après l'arrivée de Mme de Quiquerant à Azerables, une autre ancienne religieuse de l'ordre du Verbe-Incarné, sœur Saint-Paul des Champs, vint se joindre aux deux premières; elle était professe de l'ancien couvent de Lyon et aurait volontiers cédé aux instances de la Mère Chinard, qui voulait l'emmener avec elle dès l'an 1816, c'est-à-dire deux ans auparavant; mais l'espérance qu'avaient quelques-unes de ses compagnes de Lyon de rétablir leur ordre dans cette ville, l'empêcha de partir; ce ne fut que sur la fin de 1818 qu'elle s'y décida, parce qu'elle voulait mourir dans son ordre et qu'elle voyait que rien n'annonçait le rétablissement de son couvent dans celle grande ville.

Dieu, qui visite ses élus de plusieurs manières, pour en tirer sa gloire, permit que la rccommandable Mère Saint-Paul des Champs fût atteinte de la lèpre, qui résista d'abord à tous les remèdes que l'on put faire, mais dont elle fut miraculeusement guérie par le restaurateur de l'ordre du Verbe-Incarné. Le signe de la croix qu'il lui fit avec le pouce sur la partie malade, y resta depuis toujours imprimé.

Le personnel de la communauté s'accrut tellement qu'il fallut, l'an 1819, ajouter un second bâtiment au premier.

Cependant au mois de février 1821, la communauté d'Azerables envoya cinq rcli-

Sieuses à Saint-Benoît du Sault, diocèse de ourges. pour y former une maison de son ordre. Elle ne put d'abord se soutenir, mais on réussit plus tard à lui donner de solides fondements.

L'an 1827, on en établit une seconde a Evaux-les-Bains, département de la Creuse, diocèse de Limoges, avec le concours de la révérende Mère du Bourg, laquelle, quoique déjà religieuse hospitalière de la communauté de Saint -Alexis de Limoges, avait manifesté au P. Deuis un grand attrait pour travailler à propager l'ordre du Verbe- Incarné, où elle se croyait appelée de Dieu Le Père restaurateur de l'ordre commenta par la mettre en rapport avec Mlle Durivaud, dont le père, M. le baron de Lecler Durivaud, possesseur de douze trentièmes de portions

rablcs. le costume de Porto, il araït au inoio» adopté uu cordon rouge.

DES OIIDRES HELlGlLUX.

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de l'ancienne aobaye des Génovéfios, lui avait fait donation pour concourir à cette bonne œuvre. Toutes les mesures furent prises pour acquérir également, des divers copropriétaires, les autres dix-huit trentièmes, et, dès le 20 juin de celte même année 1827, la communauté du Verbe-Incarné d'Evauxfot approuvée par ordonnance royale.

Mme du Bourg s'y rendit la première dans le but de faire préparer à ses frais le local, et précéda de plusieurs mois les trois religieuses d'Azerables choisies pour la fondation de cet établissement. Ce ne fut qu'au mois do décembre 1827 que les trois religieuses de la communauté d'Azerables, destinées pour cette fondation, se rendirent à Evaux, où elles furent conduites par le P. Denis et M. Massinguiral, vicaire général de Limoges. Elles y furent accueillies avec le plus vif empressement par la population entière.

Le monastère du Verbe-Incarné d'Evaux a ceci de remarquable, qu'il en est sorti deux branches ou nouvelles institutions de sœurs non cloîtrées, dont la première, aujourd'hui très -florissante, et comptant près de trente maisons, a été l'ouvrage de la révérende Mère du Bourg, qui, pendant le séjour de huit ou neuf ans qu'elle y a fait, en conçut l'idée dans le bul de faciliter, par ce moyen, l'accomplissement des prophéties de la Mère de Malel, touchant la propagation de son ordre, comme aussi aûn d'honorer, par celle branche, la vie conversante et laborieuse du Sauveur.

Dès l'année 1833, Mme du Bourg, qui était maltresse des novices audit couvent d'Evaux, commença à former à la vie religieuse, en même temps que les novices du clotire, les premiers sujets destinés à commencer cette branche, qui devait porler le nom de second ordre du Verbe-Incarné, et

3ui porte aujourd'hui celui du Sauveur et e la sainte Vierge, parce que le P. Denis n'approuva pas en nom de second ordre.

La vénérable Mère du Bourg, après avoir donné, dès l'an 183i, à plusieurs de ses Filles l'habit bleu, dont elle avait (ail choix, le prit elle-même, l'an 1836, toujours dans le monastère d'Evaux, qu'elle ne tarda pas à quitter, au grand regret des habitâmes du cloître, qui perdaient en elle une véritablemère, à qui elles devaient, après Dieu, la prospérité de leur monastère- tant au spirituel qu'au temporel ; mais il fallait sans doute cette séparation et cette distinction, maintenant bien marquée, pour la vérification de certains passages des écrits de la Mère de Matel , voire même une pensée émise au chapitre 1" des Constitutions, où il est dit que l'ordre du Verbe-Incarné doit être « comme le séminaire des autres religions. B

Cependant, dix ans après lo départ de la révérende Mère du Bourg, le couvent d'Evaux et le Père restauraleur du l'ordre sentirent )a nécessité de reprendre en quelque sorte la pensée de cette éminente Mère, en créant une seconde branche de sœurs non cloîtrées

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pour remplir tous les besoins des localité» où l'ordre peut avoir des monastères, et où il n'y aurait pas déjà quelque établissement de sœurs de Charité, soit pour visiier et soigner les malades à domicile, soit pour tout autre bonne œuvre.

Le vénérable P. Denis, après avoir beaucoup prié et consulté le Seigoear, dressa, l'année suivante (1817), avec l'autorisation de Mgr l'évèque de Limoges, on règlement pour celte œnvre, qui ne doit faire, avec les sœurs cloîtrées, qu'une seule et même chose. C'est pourquoi le Père restaurateur de l'ordre les désigna, non sous le vocable de second ordre, comme avait voulu faire Mme du Bourg, mais sons celui d'Hospitalière* du Verbe-Incarné. Cependant, dans les endroits où elles ne sont employées que pour les besoins exclusifs du monastère, on les désigne plus communément sous le nom d'auxiliaires.

Leur costume est noir, avec on cordon rouge. Elles portent sur la poitrine, comme les sœurs clottrées, la couronne de Noire- Seigneur, brodée de soie bleue.

Les sœurs hospitalières du Verbe-Incarné peuvent, après un certain temps d'exercice au dehors, être reçues à la profession solennelle du cloltro, si elles le désirent, et si on leur trouve les qualités requises.

Les deux premières religieuses de celte branche, sœur Mario-Emmanuel Gidel, et sœur Saint-Boch Lefaurc, prononcèrent leur* vœux, le IV septembre 18»7, entre les main* de M. l'abbé Gravier, aumônier du couvent d'Evaux, lequel avait eu une large part dan> cette institution, comme ayant, iusque-lk» étudié, plus que toul autre, les écrits de la Mère de Malel. Elles furent conduites, par ce digue prêtre, dès Ih lendemain, jour de l'Octave de la Nativité de la très -saints Vierge, h Azerables, où elles étaient attendues pour y reprendre l'œuvre de la visil» des malades a domicile, établie, dès l'origine de la communauté, par le P. Denis, mais qui avait été interrompue depuis l'année 1830.

A l'heure que nous écrivons ces lignes, il y a six couvents de l'ordre qui possèdent de ces sœurs.

Nous avons déjà dit que l'ordre du Verbe- Incarné n'avait jamais pu se rétablir à Lton, malgré les tentatives de tout genre que I on en avait faites, et quoique, à une certaine époque, on y comptât plusieurs des anciennes religieuses tenant dans leurs mains les richesses spirituelles de l'ordre, et if aspirant qu'à reconstruire ce magnifique édifice; on avait été même sur lo point de réaliser ce orojet, et l'on entrevoyait l'étoile du divin Enfant; mais, comme les mages* Jérusalem, il fallut sortir de la grande cité pour se diriger vers la Bethléem d'Azerables : c'était là, et là uniquement, qu'on devait retrouver le Verbe -Incarné dans ion ordre. Ohl comme il fut bien inspiré, I* pieux abbé Galtier, d'envoyer, vers cette terre de bénédiction celle d entre ses fille* spirituelles que le ciel semblait lui dé>

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