VIV DES ORDRES
abttinenco perpétuelle, or de deux passages de ses écrits, on conclut nécessailuenl que l'usage de la viande et mêtne du poissou était réservé pour les uiatades. Néanmoins il parait évident que Cassiodore, en se retirant dans la solitude, embrassa la vio monastique. Le P. de Sainte-Marthe le dit positivement et s'appuie sur des autorités incontestables. Paul Diacre, dans son //tstoire des Lombards, donne à Cassiodore le titre de moine. Le titre de plusieurs manuscrits de Cassiodore le qualifie de Conver$f ce qui aigoiûe religieux profès ou converti à l'âge mûr, pour distinguer les convers des enfants qu'on avait élevés dans le monastère, et auquel les avaient donnés leurs parents, et non frire convers ou laique dans le sens actuel. Lui-même parle de sa conversion dans sa Préface sur le Livre de l'orthographe; or, on sait que ce mot conversion veut dire l'acte de s'adonner h Dieu dans la profession religieuse, et les profès de l'ordre de saint Benoit s'engagent à la conversion de leurs mœurs. Dans l'explication des Psaumes, il s'exprime ainsi :« Dieu nous fasse la grâce d'être semblables à des bœufs infatigables, pour cultiver le champ de Noire-Seigneur avec te soc de l'observance et des exercices réguliers; » souhait qui indique qu'il était lié aux observances monastiques. Aussi les Centuriateurs de Magdebourg et Cuspinius, protestant aussi, n'ont jamais douté que Cassiodore ne fût moine, et il n'y a que quelques critiques modernes qui avancent sans fondement que ce fait n'est pas prouvé. Mais Cassiodore a-l-il embrassé l'institut de saint Benoît et en donnat-il la Règle au monastère de Viviers?
Le P. de Sainte-Marthe et dom Garet, •l en m4me temps dom Nourry , sont pour l'affirmative ainsi que les Bénédictins. Le P. Garet, en effet, ou mieux son coopérateur dom Nourry, établit une dissertation sous ce titre : De M. Aurelii Cassiodori vita monastica dissertatio. 11 établit en quatre arguments, d'abord la réalité de l'entrée de Cassiodore dans l'élal monastique, mais en peu de mois, la chose étant presque généralement admise,puis sa qualité de Bénédictin. 11 faut bien se raettro dans l'esprit, en suivant cette discussion, que les ordres religieux n'étaient pas a celle époque sous le rapport canonique ce qu'ils sont aujourd'hui dans l'Eglise, cl l'on ignore absolument quelle était leur stricte subordination hiérarchique avant l'établissement de la congrégation deCluni. Pour prouver son sentiiurtil le P. Garet a recours aux expressions de Cassiodore, qui souvent se rapportent ou s'identifient au texte de la Règle de saint Benoit; au témoignage de plusieurs écrivains qui qualifient Cassiodore de Bénédictin, aux
Inscriptions que fait à ses religieux le pieux onduleur, lesquelles prescriptions se trouvent en rapport avec les prescriptions de la Règle de saint Benoît. Il semble même désigner sainl Benoit, commo l'auteur del'/n*titution quand il |Kii lc de la Règle des pères, qnaud il parle du maître ou précepteur.
D'ailleurs saint Benoit vivait encore lors de la retraite de Cassiodore, il avait établi sa demeuredanslevoisinagedulieuquechoisitCassiodore; d'où celui-ci aurait-il naturellement fait venir des moines qui devaient composer la colonie de son nouveau monastère, si ce n'est de celui de Saint-Benoit? Enfin dès lors ou peu après, la Règle de saint Benoit devint a peu près générale en Italie. Ces raisous, corroborées par plusieurs autres, n'auraient point convaincu Baronius. Le célèbre annaliste s'étonne du silence gardé par Cassidore sur saint Benoit et sur sa Règle, et en vain les éditeurs de Cassiodore appellent-ils cette raison un argument négatif, en vain disent-ils que dans les chapitres indiqués par Baronius, Cassiodore n'avait point nécessisté de parler d'une Règle qui était lue sans cesse dans la communauté, que les anciens moines apprenaient même par cœur, c'était ce me semble, un motif de plus d'en recommander la lecture et la connaissance. On répond encore que les habitants de Viviers ou du Vivier étant si réguliers et si exemplaires, il était inutile et il eût môme été fâcheux ou humiliant (molesta) de les rappeler presque à chaque instant à l'observance de la Règle, et nous répondrions, nous, à notre tour: s'ils étaient si réguliers à otserver les prescri plions de saint Benoit, pourquoi leur dresser I Institution? Cassiodore si riche en livres ctsi envieux d'en avoir pour enrichir sa bibliothô-
3uede Viviers, aurait, réplique-t-on, négligé 'avoir la Règle de saint Benoit? Il est trèspossible qu'il ne l'ail pas eue, sans négliger pour cela sa nombreuse bibliothèque; tar on ne la trouvait pas comme aujourd'hui chez les libraires, mais celte Règle pouvait être dans la.bibliothèque de Viviers sans être pratiquée par les moines. Cette réponse et cellesquenous venons d'ajouter aux difficultés de Baronius, indiquentassez que nous partageons l'opinion du célèbre cardinal en ce qu'il pense que Cassiodore n'a point été Bénédictin, mais nous ne pouvons penseravec lui que Cassiodore ait été de l'institut de Cassien, ni avec le P. Philippe Elssius, qu'il ait été de l'institut desermites de saint Augustin, comme il le dit à la page 104 de son TSncomasticon Augiutinianum. Le cardinal Baronius appuie avec rabou sur la différence qu'il y a entre la Règle de saint Benoit et les prescriptions faites |>ar Cassiodore aux moines de Viviers sur les études. Cette réflexion nous paraît d'un grand poids, et si l'on dit qu'il y a rapport entre les deux Règles (prenant i Institution dans le sens qu'on attache à une Règle), il est naturel de répondre qu'il fallait bien que Cassiodore donnât à ses religieux les obligations qui se contractaient dans tous les monastères, pas plus dans celui de saint Benoit, peut-être, qu'en celui de G ait iota, par exemple, fondé parsaint Itar, dès le temps de Théodoric. Mais noua dirons encore : si on appuie, tant sur la ressemblance qu'il y a entre les deux Règles, pour prouver qu'à Vivicra on\ suivait la Règle de saint Benoit, pourquoi ces nouvelles prescriptions, puisqu'elles auraient d^ jà été dans la Règle cl que la Règle-
1!W7 VI V DICTIO
suffirait? Ajoutera-t-on <\\iqV Institution doit être regardée seulement comme le sonl au jourd'hui le* » oiiititulions dons une observance particulière, on répondra que les constitutions de toutes les congrégations ne manquent pas do nommer la Règle qu'elles commentent, tandis que Cassiodore n'a j oint parlé d'une manière évidente de la Règle de saint Benoilplusquedesuutres. Néanmoins on peut demander encore : quelle Règle suivaiton donc»» Viviers? Nous avouerons avant tout quo le livre De tnstitutionc divinarum liltcrarum ne ressemble guère «'lune Règle monastique, et que des trente-trois chapitres qu'il contient, il n'y aguère que les sixnusepldernicrsàqui on pourrait donner le nom de constitutions, mais si on insistait, nous demandions a notre Jour quelle Règle on suivait à In Grande Chartreuse sous saint Bruno et ses premiers successeurs. Ne sait-on pas que dans plusieurs Ordres si non dans tous, il s'est écoulé un temps assez long sans qu'on eût de Règle écrite, et il est probable qu'il en était de même à Viviers, oùjj'ou suivait les traditions générales et les prescriptions de Cassiodore. C'est notre pensée, et c'est dans celte persuasion principalement que nous avons donné un article étendu sur ce monastère célèbre, que nous regardons comme le premier où l'on oit cultivé largement les sciences elles leltrcsd'une manière spéciale. N'est-il pas étonnant que le P. Hél vol et tous ceux qui ont écrit l'histoire inonastiquo aient à peine nommé Cassiodore, eu passant cl par occasion, et n'aient pas fait de son institut, ou du moins de son monastère et de ses observances spéciales, une mention étendue I Cassiodore avait pris l'habit et fait profession à Viviers probablement, il en fut ensuite abbé, mais dans quel temps? Il ne l'était plus quand il composa sou livre de l'Institution, car il s'y adresse aux deux abbés Chalccdonius et Céronce, qui gouvernaient sa place les maisons, l'un de Viviers, l'aulie de Caslel. Dom Caret dit qu'il se détuil de sa dignité et semble indiquer que ce lut vers la lin de sa vie, d'autre part Sainte-Marthe nous rappelle que le livre de f Institution fut le second que Cassiodore composa depuis sa retraite. Nouvelle dillieuhé; car on pourrait demander commenl-il donnait les Règles 5 suivre, précisément quand il n'était plus supérieur. Cela confirmerait ce que nous disions ci-dessus en supposant qu'on ne suivait dans le monastère de Cassiodore que les traditions et la volonté du supérieur, et le livre de V Institution pourrait être regardé connue un résumé des préceptes du fondateur et son testament religieux. Les œuvres de Cassiodore se composent île ses Lettres qu'il appelle lui-même diverses , parce qu elles ont été adressées à diverses personnes, à des rois, au sénat de Rome, a des évêques.despiéleisdes communautés, des particuliers, etc. Kilos forment douze livres, et dans les cinq premiers les lettres sont sous le nom de Théodoric. Le sixième contient, ainsi que te septième, des formules curieuses, la plupart des autres sont aussi
«AIRE VIV m
du nom de d'Alhalaric, deTbéoJal ou Théodahot. Dom Garet l'a intitulé aussi : Variarum libri XII. Le second ouvrage esl l'histoire Tripariite : Ilistoria teelesiastica inpartita, divisée aussi en douze livres. Le m* est une chronique, Cassiodori rhrotiicon. Le iv* un comput pour trouver la fête de Pâques, computus Puschalis. Le v* De Gotkorum origine et rébus gestis auctore Jornunde. C'est une histoire des Goths divisée en 60 chapitres et qui a été abrégée par Jornnrnio Le vi*, la Préface sur le Psautier, qui fait un ouvrage à part, composé de dii-sepl chapitres. Le vu*, que nous séparons ainsi do | réeédenl, est une explication des Psaumes, >livisée en trois parties, contenant chacune cinquante psaumes. Le mu', une Exposition sur te Livre des cantiques : « Expoiitio in Canticum.» Le ix*, le célèbre livre De l'Institution des Lettres divines : * De Institutiont divinarum Litterarum,» qui est, comme nous a vons dit ci-dessus, divisé en Irente-trois citapitres dont le dernier esl une prière de Cassidorc, el l'avant-dernier, une exhortation à ses moines et aux abbés des deux maisons Chalccdonius et Gerontius. C'est comme la Règle ou les Constitulions de Viviers, délavée dans unequantitéde chapitres. qui nous fait croire qu'il y avail à Viviers une Institution particulière, indépendante aeSaint-Benoît el qu'on y suivait d'abord que les prescriptions traditionnelles de Cassiodore. Le i' ouvrage e>t un traité sur les arts el la discipline des lettres humaines : De arttbui tt disciplinis liberalium litterarum Le u\ un Commentaire sur l'éloquence , « Commenta' riumde oratione et de octo partibus orationis.» Le xu',un traité sur l'orthographe, "De orthographia,» précédé d'une Préface étendue. Le xin* et dernier connu esl un traité De Pâme, a De anima.» A ces ouvrages publiés par dom Garet, M. l'abbé M igne, sous ce titre : Appendix ad edilionem Garetianam, a ajouté un morceau curieux de Scipion Massée, mis par celui-ci en tête des réflexions de Cassiodore sur les épitres des apôtres : M. A. Cassiodorii complejcioncs in Epistolis apostolorum... Apocalypsis, puis une sorte i!<? supplément, Cassiodori supplementum, tiré du Spicilc'gc romain du célèbre Mai, mais ce morceau qui n'est qu'un fragment, oun'e-t pas de Cassidore, ou a été augmenté p>-r un copiste, car on y cite Alcuin, que Cassidore n'a pu connaître.
C'est dans les tomes LX1X et LXX de son Cours complet de Patrologie , que M. Tablé Migne a inséré les OKuvres complètes Je Cassiodore. Nous disons complètes en entendant celles qui ont clé conservées, car il y en a de perdues. Il y en a d'autres au>M qu'on lui attribue, par exemple, \xn Commentaire sur les Cantiques des canti'juet, é" trailé/'r l'amitié. Le si) le dcceféumJ savon, et pieux aulcur, est loué par tous ceux i}-i sont c:i état de le juger. Le dernier île sii écrits est l'opuscule sur le comput j ^srai, et il le publia à l'âge de quatre-vu^t-q"'* torze ou quatre-vingt-quinze ans, et nous rii-
pellerous en passant un fait non mo:nsdiï'«
m:s on?RK6
rie remarque et de pieux étonnement, c'est ilans >a quatre-vingt-quatorzième année que l.éeuy, dernier général de l'ordre de Prétnontré, publia aussi son dernier opuscule. Quelques érudils, Raronius entre autres, iH'nseut que Cassiodore composa aussi un traité sur les Epacte?, et en général sur tout ce qui sert a fixer le jour de Pôque. DomGaret >erait porté à croire que c'est avec fondement, et que Cassiodore aiira voulu faire ce «•aïeul pour aider ses moines dans le comput •le 562. Aussi les antiennes éditions des OFuvrcs de Cassiodorc publiées à Genève et à Paris, ont elles ce comput au nombre des écrits de cet auteur; or Denys le Petit, à qui seul on croyait devoir l'attribuer, ne vivait plus en 562. On ne peut lixer la date de la mort de Cassiodore, qui arriva sous le pontifical do Jean 111. On peut croire, même d'après ce qu'il semble insinuer lui-même dans l'explication du centième psaume, qu'il était centenaire. C'est l'opinionde Bacon et de Baronius. Plusieurs auteurs , entre autres Sixte de Sienne, le cardinal Tirlet, Krithème, etc., pensent qu'il mourut en l'an 575. Barnnius,domGaret,dom Sainte-Marthe n'osent se prononcer. On se rappelle que nous avons dit ci-dessus que le P. de Sainte- Marthe écrit que Cassiodore ne fui abbé de Viviers qu'aprèsavoirpasséouelque tempsdans le monastère en qualité de simple religieux et qu'il n'était encore que simple religieux
3uand il composa son Institution des Lettres i tint s, s'adressa nt aux abbés du moment et probablement les premiers, Géronce elChalcedonius; dom Garet au contraire prétend que ces deux supérieurs ne furent abbés qu'après la démission de Cassiodore. C'est un point important qui n'a point élé et qui peut-être neserajamaissulfisammenléclairci.
Quoi qu'il en soit, tous les auteurs qui ont parlé de la mort de Cassiodore assurent que ce fui celle d'un saint. En louant ses qualités, son zèle, sa piété, sos vertus, le P. de Sanile-Marthe ne manque nos défaire remarquer l'estime que ce grand homme faisaitde la profession religieuse. Dans l'Explication du jtsauuie cm, il appelle cette profession une vie célcsle, sur terre; il dit que c'est imiter* les anges fidèles que de vivre de l'esprit dans la chair et de n aimer point les vices du monde, d'aspirer sans cesse aux joiesde la vie future.* Ohl l'agréable paradis, »s*écrie-t-il, ■dans lequel on recueille tanlde merveilleux fruits des vertus 1 les personnes religieuses font état de surmonter leurs ennemis, non pas en résistant, mais en soulfrant, quand ils cèdent, quand ils succombent par une louable humilité, c'est alors qu'ils remportent une glorieuse victoire sur leurs ennemis. Généreux soldats de Jésus-Christ, qui ne présument | oint des forces humaines, mais qui espèrent seulement de pouvoir surmonter tout ce qui leur est contraire par la force de la grâce du Seigneur. Ils n'ont jamais de démêlé avec personne, mais ils sont toujours en procès avec eux-mêmes, lis ont compassion de tous les autres, mais ils ne peuvent se pardonner rien. Enflammés de^l'ar-
ntLicu.ix. vr.\ im
deur d'une céleste charité, ils s'elïbrcent 'de communiqueraux autres lesbîensqu'ils souhaitent pour eux-mêmes. O^ie c'est une grande gloire pour l'arbre qui a de semblables niTJs dans ses branches!» Il compare les religieux è des oiseaux solitaires, et leurs monastères a des nids, au sujet de ces proies tlllie passeres nidificabunt : « Les passereaux feront tâ leur nid.» (Psat. cm, 17.) Et il ajouteque l'arbre quiporte ces nids, est planté de la main de Dieu, et qu'un pays est trop heureux d'avoir des personnes de cet institut. Cassiodore par* lait ainsi, par l'expéricnccqu'il avait ftnlede la vie monastique. Il avait devant les yeux plusieurs parfaits imitateurs de ses vertus, dont il semble avoir fait le portrait en cet endroit et en plusieurs autres. Sans s'arrêter h rap|>orler tous les éloges qu'on a faits de Cassiodore, le P. de Sainte-Marthe cite seulement les plus considérables, comme pour lui servir d'ôpitapbe et orner son tombeau. Il se borne donc au témoignage du vénéruble Bèdc-, d'Alcuin, de Paul Diacre, d'Hincmar de Reims, de Robert, du -mont Saint-Michek etc.. Alcuin a donné è Cassiodore le titre do bienheureux ; Bollandusen parle au 17 mars, et dit que Witford l'a inséré dans son martyrologe, et l'a proposé comme saint è la vénération des fidèles; les Bénédictins lui ont assigné au 25 septembre une place dans leur ménologe. Il est surprenant que Alltan. Butler et Godescard n'aient pas eu la moindre note historique à consacrera Viviersouà son saint fondateur. Ils ne nomment même pas Cassiodore Dom de Sainte-Marthe, qui écrivait en 168s, dit que de son temps le monastère de Viviers existait encore et que l'église en était dédiée à Dieu sous l'invocation de saint Grégoire Thoumaturge, mais
3u'il était bien déchu de son ancienne spleneur, ayant été souvent pillé et ruiné, surtout par les Sarrasins. Dom Garel, ou, comme je l'ai dit plusieurs fois, dom Nonrry nous apprend que le Vivier ou Viviers, après avoir appartenu dès le commencement aux Bénédictins, suivant lui (suivant nous, non dès le commencement, mais plus tard, comme presque tous les principaux monastères de l'Italie et d'une grande partie de l'Europe, qui» prirent la Règle de saint Benoit), passa à la. possession des moines de saint Basile,eUiouss pensons que ce fut peut-être è celle époque»
Sue l'Eglise fut sous le vocable do saint régoire Thaumaturge II ajoute que l'injure des temps ou des guerres, ou les incursionsdes Sarrasins et des Maures, en expulsa aussi les Basilicns; que cependant cet antique asile des lettres et de la piété existe encore, déchu de son ancienne magnificence, mais riche entjpre du nom el des reliques de saint Grégoire Thaumaturge. Nous ignorons en quel état il peut être aujourd'hui, car il aura dû subir aussi les efTets des révolulious et des dévastations des Sarrasins du dix-neuvième siècle.
VRAIE-CROIX (Obobe decuevalerieoe la).
L'impératrice Eléonoro de Goniaguc , veuve do Ferdinand Ml institua l'eu 16<3tk
Zf.L LU.TiuNNAir.LMî
i'or ;re ' j Vrye-Cf/x. V . i r.e. * c:i a » . o u '. ^ > • - u '» u n €: " - - c '.. t r. t j >. a-:,-.-) i-3 i..è.*:.e ar.r.ée 3:1 I'-: iis-l'ç: -.t -3', i4r.e 1 .-</: t •.;•)'•:..'* ôv>.: e: qui ivi* .> n.orxeî a •:•;* .1 v:a:e «".:o.x. *e trouva , -r,. îi.:ra: u eu r.t ; -é^rT-i-e des :'.<':.r, -s ■ e lui [ our en rh;r ; ;<t a D.'u 5.3 re- 1 - îiuv.'S.nr. .<.• , q vo^!^: él-jo':: une ag\ e de darr.*?. s'--;» le r :re de .a Vra.e -Croix ; leur* oL-.rr.ior,? ement -J'fi 0iiortr f-ô.'tiful.c-rome-.t ".3 tv.i, où Jé$u§- Cnri-t avait e;é 0 1 ta • ;.e po ;r n -s ; -«".Lés, <;e pro-.urer s .3 gloire et son - • - r > i - , Je tra\a.lk-r principalement ru »a'.ut de kur axe. pour les distinguer, elle kur donna une croix «l'or, au milieu d-.- laquelle il y ava l ikux lu'iies qui régnaient <;.-<u» le long et dans le "travers, qui étaient de couleur «Je Lois, pour marquer la vraie croix ; aux cx-
•F.jp.ES BEUGLE IV ZÛC IXfi
t-c^.'ks ;e «: e : - ■= x. 1 7 3\2-t quatre étoiles, et "1 .x : .v.-e ;r.g;'*s. de* ailles noires er .;' un roi.eaa sur lequel
e : - : e r. : c r.'.es ce; : es : >;.'uj et glma. F .-s ia j-v.».--/. ••-.er «ur h po.tr.ne au r ": i - : e. a '.La : -.-e à un ruban noir. la sa nie V:--.*e e; sa: r.t José; h f irent choisis p > ;r -> et : ro'.ecteur< k cet Ordre. Us hvr'ri v.u;s ;' jr-r. . dressés par le P. Jean* B ;~i -te >' 3 n . :e G.n.' -j'i:e de Jésus.
L'a: :é C:u>:.r: sn: .vyÙte que pour être re-;ues daos <.et r,.- ir-? . 'es dan)'*s «levaient ov.jir trois q;*' tés. 1" 1 f a t quelles fussent nobk> e; :'un* fau/. e illustre, tant «lu < <V.? du père et de ia n.tre, que «lu côté «lu mari. %, (ju'e es eussent la réputation «l'avoir beaucoup de grandeur uâme. et 3* qu'elles fussent «Tune vie irréprochable.
ZÉLATRICE? df:s .
Une création récente «end. le présager avec quel succès on va rang' r s,,,is une lU-gle religieuse l'inteliigrn' e « t le pr>>*élilis.me fervent d'un ^ran«J nond>re de vierges chrétiennes; elles ont été i'irmées .iu nombre de 1V50 «*> To-iu , en Chine; elles exercent «ians les vilhi-fs r'^us !<• nom «le Zélatrices un apo^loiat tiè->-tru« lueux pour l'enseignement et le soin «les petits Piifiinls; elles forment à la piété la jeunesse de leur sexe el ouvrent le ciel par le baptême aux onIVinis pan n-en «langt^rdernort, sanscom|>ter l'ascendant dont elles jouissent sur les «arents môme infidèles <pii se déchargent sur eur charité «lu soin de leur éducation. C'est e l*. Hrouillon, «le la Compagnie de Jésus, qui s'est occupé avec ard»;ur à la réalisation (Je ce projet, «Jonlil espérait de merveilleux résultats. Petxlant son séjour en Europe en iS'ô'* el 1835, il en faisait souvent le sujet de ses conversations, il traitait fréquemment cette matière dans ses instructions, il s'elforcail d'enflammer son auditoire du zèle qui le brûlait et d'inspirer aux âmes d'élite le courage de se livrer à celte œuvre si propre à décupler les fruits des travaux des missionnaires; il désirait voir partir pour J'Empire - Céleste une colonie de religieuses Françaises, de filles pieuses, qui devinssent le noyau , les directrices et comme les fondatrices do cette congrégation. Il était convaincu que le concours des religieuses est le meilleur auxiliaire de l'apostolat. Le piètre ou le missionnaire, interprète de la doctrine , et obligé de la prêcher cl de la «lél'endre, nu risque de heurler de front les passions hostiles à cet enseignement , doit nécessairement provoquer des antipathies , «les haines, et une opposition plus ou moins prononcée; niais la vierge chrétienne, douce et humble de cruur, dont les lèvres s'ouvrent non pas pour discuter ou imposer la vérité,
mais seulement pour prier el consoler, et dont la main ne s et» nd que pour verser l'aumône et distribuer les médicament*; quelle nature assez dure, 8sset barbare pourrait lui résister avec une opiniâtreté invincible? Aussi, an bout de Irès-peude temps, déposent-ils les armes, vaincus |>ar le dévouement el les bienfaits de la charité; les dispensaires, où sans distinction de raies et «le cultes, ils viennent recevoir du soulagement à leurs maux, sont la meilleurearène pour combattre les oppositions de la croyance et «le la nationalité.
ZOCOLETTES.
Les filles qui portent ce nom neforrrent point un ordre religieux, ni môme une congrégation proprement dite, et n'ont aucun rapport avec les Kécollcts. qui ont, en lialie, une dénomination presque identique.
C'est pour cela que le P. Hélyot ne les a point insérées «lans son Histoire d($ Ordrtt monastiques. Elles portent un habit religieux. Nous allons donner ici un précis d'histoire de leur établissement d'après le P. Bonaini. Quoique la grande charité du Pape Innocent XII eût fait du palais de tatran un hospice pour les pauvres, il restait encore dans la ville de Home nombre de filles pauvres qui mendiaient leur pain de porte en porte, au péri! de leur vertu. Leur position enflamma le zèle et la charité d'Alexandre Herti, aumônier du Souverain Pontife : en 1698, il en réunit quelijues-unes qu'il pla<;a sous la conduite d'une femme pieuse et prudente; et, nourries à ses dépens, elles purent voir leur vertu h l'abri du danger. Ces lilles furent habillées d'une robe de grosse toile blanche et d'un scapulaire de la môme couleur. La pauvreté de la maison ne pouvait leur fournir que des socques ou sainlales de bois, de là leur est venu le nom dc/orolettts , enr elles gardèrent ces sandales, quand, dans la suite, on pul leur faire uof
1595 SAI »>W> UttlW
1er des bas de laine; leur nombre alla jusqu'à cent soixante-dix. Leur maison était
S élite, et sous la protection de l'aumônier du spe, elles rivaient des aumônes volontaires de personnes pieuses. Pour faire quelques petits profits, elles s'occupaient aux travaux qui conviennent aux femmes. Si une famille demandait pour sa servante une de ses tilles,
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si un nomme honnête désirait en ê|>ou.ser une, on se prêtait à ces demandes. Quand ces jeunes personnes allaient visiter les églises, elles s'y rendaient en rang la tôte couverte d'un voile et récitant des prières. Nous avons tout mis ici au passé, car nous ignorons si ce pieux établissement existe encore à Rome.