‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 32 sur 323 · BEN DES ORDRE · texte numérisé non relu

BEN DES ORDRE

Be cessa de prier el de faire prier; il consulta les j>ersonucs les plus éclairées el plusieurs religieux, recorumandables par leur expérience el leurs vertus, et tous furent d'jfi* que celle idée veuait de Dieu, qu'il ùlt.nl Ja suivre.

Tandis qu'un besoin presque irrésistible de dévouement s'était emparé d'un grand D«<nl»re d'âmes généreuses, qui sentaient la nécessité d'un travail énergique pour la reconstitution de la société, des hommes pervers continuaient avec acharnement l'œuvre t« déiODpposition sociale qui devait éclater \*i une catastrophe. Tous les jours, la parole, dans les assemblées publiques, el la fTf«*e, par ses feuilles et ses brochures, verraient ia calomnie, la luxure, l'impiété dans ii»utes les veines de la société. Le peuple, circonvenu par tant de mensonges colportés jusque dans les (tins petits villages , se montrait impatient de toutes sortes de freins. Oh! qu'ils sont coupables, les hommes pervers qui s'efforcent de séparer le prêtre du i<upl**, qui ne peuvent vivre heureux l'un uns l'autre! Que deviendrait le prélre, si le peuple, qui compose le genre humain presse tout entier, s'éloignait de lui et le laissât solitaire dans son église déserte? Et le peuple, qui deviendrait-il sans le prêtre? qui va le visiter quand il est malade? qui le cou>ule quan I il est dans la peine? qui no craint i*s de pénétrer dans sa pauvre ehausmrc? qui instruit ses enfants? qui l'aide à suv.orirr les inévitables privations de la v»e jcé»*nte par l'espérance des biens il venir? ta un mol, qui prêle une oreille attentif el un cœur compatissant au récit de ses Valeurs? qui, si ce n'est le prêlre?

M. Muard lit part à un de ses amis auquel ii avait coutume de confier ses pensées les plus intimes, Ja vocation nouvelle vers laquelle il se sentait presque irrésistiblement entraîné. Ils furent faire une retraite. M. Uoard voulait essayer ses forces en y memoi dans toute sa rigueur le nouveau genre d« vi« qu'il devait embrasser. Celle retraite dura jours, il se levait a 3 heures du matin. Ou a retrouvé dans ses papiers tout 1* plan de cette retraite et les exercices qu'il y suivit selon la règle de saint Ignace. Il y lut favorisé de grâces extraordinaires, et il prit l'engagement de se dévouer à l'exécution du projet que Dieu lui avait inspiré, a mener une vie humble, pauvre et inorli-, nVe, et à fonder un ordre d'une pauvreté absolue, d'une pénitence austère, d'une grande humilité, qui aurait pour but de travailler a la gloire de Dieu, à la sanctification du prochain, et à leur propre sanctification par la prière, la pénitence et la prédication.

Cette décision étant irrévocablement pri- *e. il s'agissait de l'annoncer aux prêtres de la Mission et d'obtenir l'autorisation de Monseigneur. Pour triompher de ce dernier obstacle, il sut joindre la prudenco du serpent à ia simplicité de la colombe, il eut la c<iw>tation d entendre de la bouche du saint l-asteur cette bonne parole, dont il fut toujours reconnaissant : « lih bien ! mon cher

ami, suivez votre vocation, pourvu que celle œuvre nouvelle ne nuise pas à celle de Pontigny. Il manifesta ses intentions a ses enfants à la suite d'une retraite générale; on fil toutes sortes d'instances pour le retenir. Il lit loul ce qu'il put pour adoucir les amertumes de cette séparation, il désigna pour le remplacer, le P. Boyer, qu'il avait préparé, sans le faire counallre, à remplir ces fonctions.

Le 22 septembre 1818, tout étail prêt pour un nouveau départ. Il venait de terminer une retraite à A vallon, deux compagnons de voyage , qui prirent lo nom de P. Benoit et de F. François étaient, arrivés. Sans rien connaître de ses desseins, ils savaient seulement qu'ils devaient suivre avec lui un genre de vie extrêmement .austère. Voilà donc trois pèlerins, le sac de cuir sur le dos, le bréviaire sous le bras et la joie dans lecœur, cheminant sur la route de Lyon pour se rendre à Rome. Ils montent à Notre-Dame de Fourvière, puis « Notre- Dame de la Carde, a Marseille, pour mettre leur entreprise sous la puissante protection do la sainte Vierge.

Ils ne trouvèrent à Rome aucun gîte, pas même un abri dans les campagnes environnantes au milieu de quelques ruines abandonnées qu'ils espéraient rencontrer. Après une neuvaine, il fut inspiré d'aller à Subiaco, à 15 lieues de Rome, célèbre par la grohe de Saint-Benoît et par les monastères qu'il y fonda, où il reçut la visite de la sainte Vierge el des anges. Nos pèlerins remplis d'espérance se dirigent vers le monastère de Saint-Benoit dont I abbé les accueillit avec une rare charité, et. pour les favoriser dans leur pieux dessein, leur offrit l'ermitage de Subiaco, lieu vénérable, sanctifié par les austérités de saint Laurent Flanello au xn* siècle, auprès duquel se trouvait cette grotte où saint Benoît avait reçu tant de précieuses faveurs. Elle est située au pied d'un rocher perpendiculaire de 150 pieds de hauteur, ayant au-dessous un abîme de 8 à 900 pieds de profondeur; elle semble attachée au flanc de la montagne comme un nid d'hirondelles. Grégoire XVI, n'étant encore que cardinal, fut célébrer la Messe à cet ermitage, à l'âge de 73 ans et s'y rendit a pied.

La Providence avait évidemment conduit d'une manière admirable ces pèlerins dans celle retraite. Ils commencèrent aussitôt les exercices de la vie religieuse. Le P. Muard s'occupa de la règle et de la constitution; il adopta la règle de saint Benoît qui passe généralement pour la plus parfaite de toutes, pour la plus riche en détails et la plus féconde, se prêtant merveilleusement à toutes les fins de la vie religieuse; aussi est-ce la source où sont venus puiser tous les fondateurs d'ordre, qui ont paru dans l'Eglise depuis saint Benoit. Le P. Muard se convainquit de plus en plus qu'il ne faisait que suivre la main invisible qui le conduisait.

Kn outre des fréquentes visites du R. P. abbé de Saint- Benoit, la bonne odeur des vertus de nos solitaires attira de Rome nom-

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