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cherchèrent dans la Mère de Dieu ; ils voulurent qu'elle fût leur patronne, leur force, leur esj»érance, leur défense, leur gardienne, >ur mère , et ces sentiments ils voulurent W manifester au monde pour la gloire de Abrie.
Le frère Marie-Jean-Baptiste du cœur de Jésus méditait déjà de construire un monastère plus vaste et des maisons dépendantes pour donner à ses religieux] situés! dans le* centres des populations plus de facilité d'évangéliser les pauvres. Mais l'heure était venue où un autre de ses désirs denit être exaucé, c'est celui qui lui faisait dire avec saint Paul : Desideriutn habens dis- **<ri, €t esse eum Ckristo. ( Philip, i, 23. ) Mâts avant que ce modôlé vivant de toutes J« tertus quittât cette vallée de larmes, il fut obligé de passer les six mois qui précédèrent !«■ départ pour son éternité, à revoir tous ses «mis & parcourir tous les lieux où on aimait ? le posséder; îl fil ses voyages comme tous les autres prêchant et conlessaut partout oà il s'arrêtait un instant; le désir de faire une bonne œuvre lui faisait oublier qu'il wutTrail et qu'il aggravait sa fâcheuse position par d'incessantes fatigues.
Partout il adressait de brûlantes paroles. Il fut favorisé d'une révélation dans l'ancienne abbaye de Sainte-Colombe, le 21 juin tffi*. Il adressa au noviciat une instruction ta-ji^èrt sur l'amour de Dieu, sur les moyens d'y parvenir et sur les marques auxquelles on peat connaître si on le possède; il terminait en plaignant d'avoir perdu les quarante-cinq ans qu'il avait passés sur la terre. Àoo cœur était continuellement brûlé dudé- «r d'aimer et de faire aimer Notre Seigneur u*n-ne il mérite de l'être.
En retournant à Sainte- Marie de la Pierrequi-Vire, le P. Muard s'en allait mourir: il «ait épuisé, ses forces ne répondaient plus a l'ardeur de son âme. Il monta à l'intirmerie pour n'en plus descendre : une suetle roalU gne s'était déclarée , on lui administra les derniers sacrements, il donna à ses disciples des avis remplis de sagesse, leur adressa les exportations les plus pathétiques, éditia tout le monde par l'ardeur des sentiments qui ranimèrent jusqu'au dernier soupir. Toutes i« vertus que le P. Muard avait pratiquées peodant sa vie vinrent lui faire cortège ait moment de sa mort. Son finie languissait »ur ia terre de ne pouvoir se rassasier d'amour, comme elle le désirait. Dieu l'appela ur la désaltérer aux torrents ineffables de Jérusalem céleste; ce fut le lundi 19 juin les*.
A l'annonce de cette mort soudaine un deuil général se répandit dans tout le pays. Cest un saint de plus dans le ciel, se disaitoa partout; une foule nombreuse assista à ses obsèques, de toutes parts on envoya h la Pierre des témoignages d'un inexprimable rrgret et chacun de raconter les différents traits de vertu dont il avait été témoin. Le 12 juillet, accoururent h Pontigny de tous points du diocèse de Sens des représentante de toutes les classes de la société; ou
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ne comptait pas moins de cent trente prutres, appartenant a tous les rangs de la hiérarchie: on allait célébrer un service solennel en pré* sence du cœur du P. Muard déposé sur un catafalque en forme de pyramide, abrité par de longues draperies qui descendaient de la voûte; un des enfants du P. Muard, le P. Massé, fil un discours qui ressemblait plutôt au panégyrique d'un saint qu'à une orai-, sonjfunèbre.ll fut suivi delarmesabondantes.
Le monastère des religieux Bénédictins du Sacré-Cœur de la Pierre -qui- Vire n'était jusqu'ici qu'un simple bâtiment où les religieux trouvaient un modeste asile. Cette retraite empruntait toute sa grandeur et sa majesté à sa position si belle et si pittoresque. On a commencé cette année l'exécution d'un plan qui fera de la Pierre-qui-Vire un de ces monuments grandinso* tels que le moyenâge nousen alaissés. Ces bâtiments, entièrement construits en granit, ont cinquante mètres de largeur sur soixante-dix mètres de long-ieur; le oâiiment actuel, qui se trouvera à l'entrée, sera exclusivement consacré è donner asileaux visiteurs; à gauche sera l'église; les voûtes du cloître seront soutenues par deux cent quarante colonnettes avec une cour simulant un préau; un étage souterrain sera consacré aux ateliers; le rez-de-chaussée comprendra les cuisines, réfectoires, noviciats, salles d'étude, salles do distribution de travaux, salles capitulaires ; au premier étage cent cellules pour 'moines , bibliothèque, infirmerie, salle des morts, etc. L'église et un clocher avec flèche seront en granit.
BÉNÉDICTINS DESOLESMES.
De la congrégation des religieux Bénédictins de Solesmcs, diocèse de Luçon (Vendée).
Les éditions des Pères de l'Eglise, publiées en si grand nombre et avec tant de soin et de correction par les Bénédictins, ont fait, dès leur apparition et font encore aujourd'hui l'admiration de tous les amis de l'antiquité ecclésiastique. Les savants protestants eux-mêmes les regardent comme des monuments élevés à la gloire du christianisme, et en songeant à qui ils les doivent, ils se prennent à regretter In suppression des corporations monastiques et particulièrement de l'illustre congrégation de Saint- Maur. Kien ne fut plus funeste au développement de la vraie science religieuse. Cette suppression mit tin pour un long temps aux travaux que les Bénédictins français avaient soutenus avec tant d'honneur, pour remettre l'Eglise en possession des écrits de ses anciens docteurs, témoins irrécusables de la foi de leur temps, anneau de la mémo chaîne sacrée par laquelle nous remontons a la première émission de la doctrine évangélique , aux apôtres chargés par Jésus- Christ d'initier tous les peuples à la vérité ré vû lec»
Le rétablissement de l'ordre de Saint- Benoit 5 Solesmes, en 1837, sous lo titre do congrégation française, lit naître l'espérance do voir ces travaux rcuris, mais tout le
des onnitES religieux.
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momie sentait qu'il fallait du tcm p> ù la noti vel le* famille bénédictine, et un (.Ha il loin «le croire qu'il lui fût possible, en quinze ou viu-i années, île donner tous les fruits que nous lui devons déjà. La liturgie romaine, qui durant nulle ans avait été celle de nus églises, remise en honneur; une grave histoire de province, sous le nom II' Histoire île l'enlisé iln Mans, et dont on annonce le troisième volume; la monographie de sainte Cécile, qui est tout à la fois l'un des plus admirables récils de l'âge des martyrs et un modèle de critique hagiographique : ['Histoire de suint I.e'tjer et V Essai sur les Hollundistes, où doin Pilra, préludant au spicilége, livrait au public non-seulement des textes nouveaux, mais encore des faits jusqu'alors demeurés dans l'ombre, a» ceplés maintenant cl devenus vulgaires ; celle école du pnlai>, par exemple, antérieure de deux siècles l'académie de Chariemagne, et restée inconnue aux plus doctes historiens de l'école mérovingienne. Je ne dis ncii ni de plusieurs livres ascétiques bien connus îles lidèles, m de l'admirable Vie du K. |\ Libermann, louchant et fraternel témoignage donné par Solesines à la congrégation du Sainl-Kspril et du Saint- Cœur de .Marie. L énutnéralion complète et «Jélaillée des travaux de la jeune congrégation française n'est pas nécessaire pour montrer qu'elle est un digue rejeton de l'arbre antique et vénérable, planté il y a plus de treize siècles sur le mont Cassin, par le grand patriarche des moines d'Occident.
Héritiers de la congrégation de Saint- Maur, les nouveaux Bénédictins devaient naturellement avoir l'ambition d'inaugurer parmi nous le retour aux éludes directes de la patristiqne. Mais il était trop évident qu'ils ne pouvaient, dans hoir petit nombre et obligés de faire l ice à tant de travaux, entreprendre de sitôt l'édition de quelqu'un de ces Pères de l'Eglise dont leurs prédécesseurs ont laissé les oeuvres à rechercher, a collationner, à critiquer et à publier. Ils le comprirent, et se rappelant que la génération de robustes éditeurs de Sainl-Maur avait été précédée parcelle des savants hommes qui, essayant les forces de la congrégation sur les opuscules inédits des Pèies, restituèrent a la tradition chrétienne tant de précieux documents jusqu'à eux demeurés enfouis dans la poussière des bibliothèques, ils résolurent de suivre la môme marche.
BKRNARDINES.
Du monastère des religieuses Bernardines, à Esuuermes- Lille , diocèse de Cambrai (Xord).
Trois religieuses do différentes maisons de Bernardines, dont deux sœurs, «lame llippolylc et dame Hombeliiic Le Couvreur, et une autre plus jeune, leur compagne d'émigration, dame Hyacinthe Dcrvitanc, se réunirent à Lsquermes-Lille. au retour de l'émigration eu 1798, et y ouvrirent un pensionnai. Cet établissement, un des piétiner*
N.XAIHE W:R ing
de ce genre qui fut londé après la lerreur, devint bientôt li ès-Uorissanl. Dès lors les fondatrices, qui s'étaient associées d'autres anciennes religieuses et quelques jeunes personnes désneuses d'embrasser l'étal religieux, travaillèrent avec zèle pour se rc constituer en communauté. Ce projet souffrit mille entraves, parce que Mgr Belinan, évèquc «le Cambrai, refusait de leur accorder certains points de la règle auxquels les fondatrices, pleines de respect pour les anciennes traditions, tenaient beaucoup, et ce projet ne put être réalisé qu'en 182*3. On dut surmonter aussi beaucoup d'autres obstacles et des dillicullés de lous genres, qui furent aulanl d'épreuves que la Providence leur ménagea, et qui attirèrent sur celle maison d'abondantes bénédictions.
Ce fut surtout depuis l'érection de la maison en communauté religieuse qu'elle prit encore plus de développement.
theu voulut donner aux fondatrices la consoiaiion de voir complètement édifiée la maison du Seigneur, dont le zèle les avait dévorées et pour laquelle elles avaient enduré tant de contradictions, de fatigues et de sonll'rances. Deux d'entre elles, après avoir été successivement prieures de la communauté, furent enlevés presque subitement à la tendresse de leurs tilles a l'âge de quatrevingts ans. La troisième fondatrice gouverna la communauté à son tour et y conserva avec soin le même esprit. Kilo mourut le jour de Noël 18i0 à un âge très-avancé.
Le fond de la règle des religieuses Bernardines d'Ksquermes est puisé dans ccl'e de Saint-Benoit, suivie dans tout l'ordre de Cileaux. L'expérience ayant assez prouva que les jeûnes, les veilles et la psalmodie du grand olli. e sont incompatibles avec les soins qu'exigent les travaux de l'édification «Je la jeunesse, elles ont dû, quoiquo à regret, renoncer à des observances qui leur étaient bien chères. La nouvelle règle leur fournit les moyens de samiilier le plus possible les travaux de renseignement et de l'éducation chrétienne qui sont si nécessaires à la société dans son état actuel.
' Diverses communautés de Bernardines, maintenant vouées comme elles à l'éducation, ont pris le môme parti et leur ont demandé communication de leur règle pour la suivre.
L'esprit propre de cet institut , quant a l'éducation, se rapporte aux temps anciens autant que les exigences du siècle le permettent; Dieu le l)éuit depuis cinquante ans; les familles chrétiennes s'en félicitent, et le clergé lui donne sa haute approbation: à l'exemple de leurs vénérables Mères fondatrices, elles joignent un dévouement et une alTection vraiment maternelle envers leurs élèves à une sage fermeté pour former leur caractère, à leur laite contracter toutes les habitudes et acquérir toutes les qualités nécessaires dans les diverses situations que la Providence leur réserve. Mlles s'appliquent à leur inspirer l'amour de la subordination, le respect pour l'autorité, si mécouuus aa-
«» DER DES ORDIll
jourd*hui dans la lamille et la société, elles t omettent énergiquement une familiarité, tmle fruit de l'esprit révolutionnaire, et qui ext incompatible avec les égards que commande le respect. L'expérience leur prouve chaque jour que ces principes qu'elles sui- Tent ne nuisent pas à la confiance dont elles ont besoin pour former avec succès l'esprit et le cœur des enfants.
Les aocieunes élèves d'Esquermes se soot signalées en tout temps par leur dé- Tooement pour la maison où elles ont été élevées et par leur attachement pour leurs maîtresses; elles y reviennent souvent et toujours avec bonheur; elles aiment a y envoyer Autres élèves et surtout à y conduire leurs toiles. Bien des familles leur contient déjà le» enfants de la troisième génération, ce qui ne contribue pas peu, avec l'aide de Dieu, a la prospérité de cet établissement.
Le pensionnât compte environ trois cents élèves. Il se compose des filles des meilleures familles. La ville de Lille, le déparutnenl du Nord, ainsi que celui du Pas-de- Calais et une partie de la Belgique leur fournirent la presque totalité de leurs élèves ; «lie» y reçoi vent une instruction très-étendue et très-variée. Les religieuses Bernardines ont aussi une école gratuite et un asile que fréquentent plus de deux centcinquante enfants.
La monastère d'Esquermes est dédié à la trèvttinte Vierge, sous le titre de Notrel>ame de la Plaïue. Le personnel de la eommonaoïé s'élève à environ soixante religieuses de chœi rs et trente coadjutrices.
L»r costume est l'habit bleu avec un foog scapulaire, une ceinture et le voile noir eottmf Us anciennes religieuses Bernardines; c'est celui de l'ordre de Clteaux qui • été religieusement conservé. (1)
Cette communauté vient d'être approuvée par le gouvernement comme congrégation générale. Elle a fondé une succursale à Cambrai sous le nom de pensionnat Sainb-Beraard. Elle y est dirigée par une vingtaine de religieuses. Cette maison est fréquentée par use centaine d'élèves.
Sa supérieure actuelle est la Mère Melchtide.