CAL PICT
1». Joseph a fait en dehors du l'œuvre plus spéciale qui lui dul sa vie; nous ncus bornerons à dire avec un auteur estimable, un laissant pour ce qu'elles valent les accusations au\<pielles cet éiuinent personnage n'a pu échapper, h raison môme du rôle qu'il remplit n la cour : « Il travailla toute sa vie pour l'Eglise, assez longtemps pour l'Etat;: fervent religieux tandis qu'il resta dans le cloître, liahile politique lorsque le cardinal «le Richelieu l'eut « n quelque sorte associé au ministère en se déchargeant sur lui d'une partie îles soins qui en sont inséparables, il donna dans tous les temps des preuves d'une vertu rare et d'une capacité consommée que Louis XIII ne crut pas trop récompenser en demandant qu'on l'éleviU au cardinalat. >. Il avait refusé l'évè< hé de la Koehelle, î\ la .suite du fameux siège de cette ville qu'il avait conseille avec instance et fait poursuivre avec tenante ; il ne revêtit pas non plus la pourpre romaine étant mort avant de l'avoir reçu, frappée d'une attaque d'apoplexie, le samedi 18dé«-cnihre lu.'lS, àll heuresdu matin, à l'Age de (>l ans.
Par une graVe toute particulière «le Pieu, et «nie méritait assurément son serviteur lidèle, la cruelle maladie n'enleva pas au malade sa connaissance. Sa mort fut pleine d'é- «lilicalion pour les assistants, et de consolation pour ses amis. Le cardinal de lticheiieu lit remlrc les plus grands honneurs h celui qu'il pleurait hautement, en disant qu'il perdait en lui « sa consolation, son unique secours, son confident et son appui ; » il voulut qu'il fût enterré avec la pompe due aux princes de l'Eglise romaine. Le corps fut enseveli dans le monastère des Capucins, en face de l'autel, et le c«eur fut porté au couvent des lilk-s de Notre-Dame du Calvaire, que ce c«eur avait tant aimées.
Quoique nous ayons évité d'entrer, en dehors de l'œuvre spéciale du Calvaire, dans les détails de celte vie si pleine de choses, nous ne pouvons résister au désir do faire savoir à nos lecteurs «pie le P. Joseph fut l'instigateur «le l'acte royal par lequel Louis XIII mit sa personne, sa* famille, son peuple cl la Fiance tout entière sous la protection de la Mère de Dieu, h l'occasion de l'événement qui allait, après une attente de vingt ans, combler les vœux du roi en lui donnant un successeur. Le P. Joseph conseilla au prince de reconnaître par un témoignage éclatant cette insigne faveur du ckd, i l ( o fut pur répoudre à ces vues pieuses que le monarque publia, le 10 février 16.18, lu déclaration dont on nous saura gré «le citer les principales dispositions.
« A ces causes, nous avons déclaré et déclarons que, prenant la très-sainlc et trèsglorieuse Vierge pour protectrice spéciale de notre royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre couronne et nos sujets, ia suppliant de. vouloir nous inspirer une sainte conduite et de défendre avec tant de soin ce royaume contre l'effort de tous ses ennemis, que, soit qu'il souffre le fléau des guerres ou jouisse
!\NAinr cal r,2
de la douceur «le la paix, que nous demandons à Dieu «le tout notre neur, il ne sorte point îles voies de la gr,1ce qui conduisent à celle de la gloire. Et alin «pic la postérité ne puisse mampier à suivre nos volontés en a* sujet, pour monument et niar«]ue immortelle de la consécration présente «pie nou> faisons, nous ferons construire do nouveau le çrmi autel de l'église cathédrale «le Paris avec une image de la Vierge <pii tienne entre se> bras celle «le son précieux fils descendu <!e la la croix. Nous serons représentés aux pieils «lu (ils et de la mère comme leur «diront no- Ire couronne et notre sceptre : nous admonestftns le S' an hevê«pie «le P.u is et néanmoins lui enjoigmms «jue ions les ans, le jour de la féte de l'Assomption, il Lisse faire commémoration «le notre piésentc dérivation h la grand'Mcssc qui se dira en son église cathédr de, et qu'apt es les vêpres «iuilii jour, il soit fait une pr«>cession en ladite église, a la«pielle assisteront toutes les compagnies souveraines et le corps de ville avec pareilles cérémonnies «pie « ei les qui s'observent aux processions générales plus«olenin lies, ce «pie nous voulons aussi être fait en toutes les églises... i»
Ce vœu si chrétien cl si digne d'un fils de saint Louis a été religieusement rempli depuis lors par l'Kglise «le France; les jours mauvais des persécutions, les jours plus tristes peut-être des royales indiirérenrcs, ont en vain tenté de frapper de prescription le legs pieux «le Louis XIII; il a été délinilivemeut aivcpié par le peuple français, cl personne n'osera plus désormais répudier en son nom le précieux héritage «pii a fait «le la France le royaume «le Marie.
§ IL — Antoinette d'Orléans, fondatrice ài la cowjrnjation de Sotre- Jiame du Calvaire.
Antoinette d'Orléans était fille ue Léonor d'Orléans, due <k« Lougueville, et de Marie de Bourbon. Son père descendait de Jean, comte «le Dunois, lils de Louis de France, duc d'Orléans, frère du roi Charles VI. Sa mère descendait «le François de llourbon, bisaïeul du roi Henri IV* Antoinette était donc, du «ùlé paternel et maternel, issue «lu noble sang de saint Louis. Sa vie ne démentit point cette illustre origine.
Elle naquit au château «le Trie, dan» le dbicèsc de Houcn, en 1572. Sa mère, qui l'avait vouée avant sa naissance au service «lu Seigneur, en la destinant à l'abLave royal»; de Fontevrau I, cultiva dans sa liile les heureuses dispositions qu'elle montrait dès l'âge le plus tendre pour la vie humble et retirée; car. «lit un auteur anonyme auquel nous emprunterons quelquefois l«?s éléments «le notre récit, « c'esUnt une bone mère «jui, ayant «loué la première vie de Ia naissance à ses enfants, estoit très - soigneuse île leur doner encore la seconde de la bone éducation, qui est plus à estimer «pie la première. » A 12 ans, elle s'adonnait à la prière, aimait la retraite, la solitude, le silence et les moililications.