‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 42 sur 323 · Î57 CAL DES ORDRES · texte numérisé non relu

Î57 CAL DES ORDRES

tenir d'une expression empruntée à J'auleur qui nous a fourni les éléments de notre récit, « comme les vieux arbres du mont Liban portent le meilleur encens, aussv voyaiton que tant plus elle s'approchait de sa fin, plus elle espendoit les suaves odeurs de sa vertu... »

On était au milieu du saiut temps de Carême; sa nourriture se composait de racines et de légumes, avec un peu d'huile; depuis ringt ans elle n'avait pas bu une seule goutte de vin. Sa santé, déjà délabrée, ne gavait résister à un pareil régime; la sainte femme éprouva bientôt des douleurs atroces, puis, le jeudi avant le dimanche des Rameaux, elle fut prise d'une extrême fai- Messe et tomba anéantie. Elle refusa néanmoins tout adoucissement à ses pratiques aubères; on ne put lui faire accepter un uaiela?, mais seulement, et è grand'peine, «ne paillasse qui fut placée sur les aïs oui lm servaient de couche.

Elle voulut garder constamment son habit religieux, et elle en était vêtue lorsque l'étêque de Poitiers vint la visiter. La princesse se recommanda au prélat, ainsi que T'œuvre qu'il avait déjà prise sous sa protalion; elle fit écrire la môme prière nu cardinal de Sourdis. Le mardi saint, la ma lade demanda les derniers sacrements; on différa jusqu'au lendemain. Elle se ût alors apporter des papiers et trois petits tableaux venus de Rome. Deux de ces tableaux furent mis de côté par elle pour le P. Joseph; le troisième, avec quelques papiers de diredioo, fat destiné aux Feuillantines de Toaloose. Le mercredi, à la suite d'une nofeote convulsion, elle reçut l'extrêmeotrtioa et le saint viatique. Plus tard elle lit ea« confession générale et donna l'ordre de fore porter son corps à Toulouse, au monastère rie Sainte-Scolastique; puis elle se □it à genoux sur sa couche, et demanda aux religieuses assemblées pardon des mauvais exemples qu'elle avait pu leur donner; ensuite elle exprima le désir d'Ôtre couchée, te moins après sa mort, puisqu'on le lui refusait pendant sa vie, les bras étendus sur une croix de cendre répandue sur le pavé. Le jour de Pâques, elle se confessa et communia à genoux, hors de son lit, soutenue par deux religieuses. Les jours qui suivirent forent une longue agonie. Le lundi •près Quasimodo, à quatre heures du soir, ne* convulsion éteignit complètement la raison de la malade, et le mercredi 25 avril, (lie de saint Marc, entre midi et une heure, elle reodit son âme à Dieu.

La douleur des filles du Calvaire fut bien grande, mais leur confiance dans la protection de celle qu'elles invoquaient déjà comme uh sainte en diminua I amertume. On se partagea ses vêlements, ses ongles, comme de précieuses reliques. Le corps fut ouvert et trouvé sain; les entrailles et le cœur furent pieusement conservés dans le monastère. L'abbaje de Sainte-Croix fit de vives ir*unces pour conserver les restes de la

sainte princesse ; mais le duc de Retz, son fils, obéissant au vœu de sa mère, les accompagna jusqu'au monastère de Saimp- Scolastique de Toulouse, de la congrégation de Notre-Dame des Feuillants, où ils furent déposés avec honneur.

Après la mort d'Antoinette d'Orléans, ses pauvres filles ne furent point abandonnées par le P. Joseph, et nous avons dit ailleurs ce qu'il fit pour assurer l'existence de son œuvre. Nous ne reviendrons donc pas sur ce sujet, et nous terminerons l'histoire de la fondation de la congrégation de Noire-Dame du Calvaire en disant quelle est aujourd'hui la situation de cet institut religieux.

§ 111. — Constitutions et statuts de lucqngrégation de Notre-Dame du Calvaire.

Le but des fondateurs de l'institut de Notre-Dame du Calvaire a été, comme nous l'avons vu en l'article du P. Joseph, d'honorer la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de prendre pour patronne la glorieuse Vierge assistant au pied de la Croix et compatissant à ses douleurs, et d'appliquer toutes les bonnes œuvres, pénitences, prières et mortifications, pour obtenir de Dieu la conversion des infidèles et des hérétiques, elle recouvrement des lieux saints consacrés par la vie et la mort du Sauveur.

Les religieuses pratiquent la premièro et exacte règTe de Saint-Benoit. Leurs constitutions ont été réimprimées pour la dernière fois en 163*.

La congrégation est gouvernée par trois supérieurs majeurs, qui sont ordinairement des cardinaux et des prélats, un visiteur et une générale; elle est exempte de la juridiction des ordinaires. Les supérieurs majeurs sont pour toujours; la générale, pour trois ans, après lesquels on tient le chapitre générai, dans lequel elle peut être continuée pour trois autres années, et ainsi des autres chapitres, où on la peut aussi continuer; mais elle ne peut pas exercer son office plus de douze ans de suite, après lesquels elle est pendant une année la dernière de la communauté; elle ne peut être élue prieure qu'après trois ans. Pendant l'exercice de sa charge, elle a toujours quatre assistantes, dont deux sont renouvelées tous les trois ans; elles doivent assister la générale du leurs conseils pour le gouvernement de Ja congrégation, et il y en a toujours une qui l'accompagne dans le cours de ses visites, qui sont fréquentes, car elle doit visiter, ainsi que le visiteur, tous les couvents de la congrégation pendant un triennal. Lorsu'on tient le chapitre général, les prieures es monastères et leurs « nmmunautés ont Je droit d'envoyer par écrit leurs suffrages au chapitre général; ces suffrages sont portés par des déléguées élues à cet effet. Lu visiteur préside le chapitre géuéral, assisté de trois scrutatrices élues parla communauté où se tient le chapitra; on ouvre les lettres, on compte les suffrages et on proclame

*i9 cm. uictio:

générale, assistantes el prieures, celles qui ont obtenu le plus de voix.

£ |V. — Costume des religieuses de Xotre- Dame du Calvaire.

Ces religieuses continuent à porter le premier costume de l'ordre, tel qu'il fut donné aux mies du Calvaire, en 16-21. par une bullo «lu T. -S. P. le Pape Grégoire XV. En voh i la description : un habit de grosse étoffe noire, une ceinture de crin faisant plusieurs tours; une guimpe blanche, un bandeau blanc, un scapulairc noir; un manteau noir en forme île chape, attaché devant avec une petite agrafe de fer; un voile en grosse toile noire et un second par-dessus, également en toile noire, mais bien plus claire. Elles portent des sandales de bois et marclient les pieds nus depuis le 3 mai, jour do l'invention de la sainte Croix, jusqu'au M septembre, jour de la féte de l'exaltation de la sainte croix. (1)

CALVAIRE (Filles i>r) Notice sur Mme Virginie Centurion , leur fondatrice.

Mme Virginie Centurion , femme d'une éminente piété, illustre rejeton de deux principales familles de Gènes, Centurion etSpinolla, mariée à Gaspard- Griiuahli Braecelli, fonda l'institut des Filles du Calvaire, l'an 1619, dans la ville môme de Gènes. Après avoir passé quelques années dans son village, en menant une vie exemplaire, elle adressa à Dieu de ferventes prières pour obtenir la grâce de connaître sa sainte volonté sur le genre de vie qu'elle devait suivre. Pendant la nuit et durant son sommeil, la sainte Vierge lui apparut avant une croix sur les épaules, et elle lui lit entendre que la volonté de Dieu était qu'elle le servit dans la personne des pauvres. S'élant éveillée toute tremblante de cette vision, la Providence lui fournit ausiuM l'occasion d'exercer sa vocation etd'obéirà l'ordrequ'elle avait reçu. Avant aperçu sur la place une jeune fille abandonnée, implorant le secours des passants, elle courut de suite vers elle et la reçut dans son appartement, elle ainsiquesa mère. Cette action généreuse, cette prompte correspondance aux inspirations de la grâce furent très-agréables à Dieu, et avec sou secours elle s'en arma dans la courageuse résolution de se consacrer au soulagement, h l'instruction des filles pauvres abandonnées. Ce projet ne rencontra jamais un plus vaste champ 5 cultiver que pendant ce temps désastreux, où les incendies tl d'autres causes de ruines avaient réduit à toute extrémité, Carignon, le bourg de la Collombard et Savone, où la misère était si grande que beaucoup de parents, pour ne pas voir mourir leurs enfants sous leurs yeux, préféraient les abandonner. Le nombre de jeunes lilles qui curent recours à la charité de la généreuse Virginie fut si grand que son palais, étant insufllsanl pour les contenir, elle dut louer le monastère qui .porte le nom de Visitation 61 qui n'est pas habité aujourd'hui.

,|ï Vv». a la lin du v«.t., i,- • i'». ',1

S.MIU-: CM. 2i0

En mémoire de la vision dont elle avait été favorisée, elle lui donna le nom do Sœur Marie du Refuge De tribuhtis sur la roonlagne du Calvaire.

Cette illustre veuve ne pouvant suffire, malgré son zèle et son courage, à une œuvre si méritoire et si précicusequi.tousles jours, prenait une nouvelle extension, lit npi*l a la noble générosité d'un grand nombre de premières familles de Gènes, mais surtout à la magnanime famille du prince Don a et du marquis de Brignolos, ainsi qu'au zèle admirable du cardinal Durazzo, alors archevêque de celte ville. Le vif intérêt que Virginie portail 5 cet établissement, l'exemple si touchant d'une dame si distinguée par sa naissance et par sa piété, déterminèrent nombre do jeunes personnes honorables à se dévouer volontairement et à venir contribuer à la prospérité d'une œuvre si belle. Ce fut alors qu'avant acquis une autre maison in hesagno, la fondatrice y plaça toutes celles qui vouluront suivre son exemple; elle leur (il prendre l'habit du tiers ordre de saint François et les chargea de la direction des jeunes filles pauvres.

On augmenta le nombre des maisons à proportion de celui des religieuses qui devaient en prendre soin et des pauvres qui so présentaient en grand nombre. Alors Virginie sollicita du sénat sa protection et son assistance pour qu'il l'aidât de ses conseils, pour la défendre lorsque les circonstances le rendraient nécessaire, alin d'établir, sur des fondements solides, ses instituts qui promettaient d'immenses avantages, qui rendaient d'éminents services.

L'n dévouement tel que celui de cette pieuse veuve devaitémouvoir les âmes généreuses, exciter leur sympathie; les nobles Génois, Somellino, Durazzo et Brignoles, répondirent à son appel. C'était en 16U. Le dernier, appelé Emmanuel, dont on conserve un respectueux souvenir, voulut secbargerdetoule la dépense d'une maison. Il loua, à ses dépens, un hôtel connu sous le nom de Curbunara, fournit tout ce qui était nécessaire pour le meubler, pourvut à tout, assura des revenus pour vingt-cinq sœurs qu'il chargea de diriger les filles pauvres qui jusqu'alors avaient demeuré dans la maison mère à la montagne du Calvaire. Airès avoir ainsi assuré des revenus annuels aux sœurs qui étaient dans la maison mère, il les réunit, leur donna une nouvelle règle, règle trèssa^e el la plus adaptée a leurs besoins et aux devoirs qu'ellesavaientà remplir.leur donna un costume uniforme qui devait être de soie: c'est pour cela qu'il passa pour être le fondateur de cet institut; aussi ces religieuses furent < ommunément appelées Dames Briguées.

Les règles de cette Congrégation, si utile à la nMigiou et à la société, onl pour objet el pour lin de consacrer tous les membres au service des pauvres dans les hôpitaux, dans les lazarets et dans les établissements pieux, .Maire des instructions solides a ceux qui jouissent de la santé, de urodiguer des

Ul CAL

onosolalions, des soins spirituels et corporels à ceux qui sont malades.

Lorsque quelque fléau fait des ravages et dans des circonstances extraordinaires où leur fenreur pourrait être momentanément .xposée au relâchement, les Filles du Calvaire rassemblent leurs efforts pour aug* tueelerieur zèle et s'affermir davantage dans teers résolutions. C'est ainsi que pendant Jes épidémies el les pestes, elles doivent accourir au soulagernentdes pauvres, à l'exemple des Filles de Charité de Saint-Vincent ie Paul. La seule différence qui existe enire ces religieuse*, c'est que les Sœurs de Charité portent du secours sans acception Je personnes et de lieux , tandis que les Sœurs BrigDoles ou Filles du Calvaire ne donnent leurs soins charitables qu'aux femme* qui sont dans des établissements pieux, iaas les hôpitaux et dans les lazarets.

Les immenses résultats qu'obtint le pieux Qtiuotde Virginie Centurion et du marquis Ingnoles, les témoignages publics de recon- •utssance qui éclatèrent bieolôt en sa faveur iétenninèrent un grand nombre de villes rrœe du premier rang a demander des reliftuses si compatissantes, si dévouées autour Jes malheureux, et d'une conduite si édifiante. Entre toutes celles qui sollicitèrent et qui purent obtenir cette faveur, il faut distinguer la ville de Savane qui leur confia sou hûi>iul, qui porte le nom de Notre-Dame de la Miséricorde ; celle de Nori qui les chargea de son hôpital et de son orphelinat. Bien d'autres rilles tirent des démarches inutiles ; oo oe put même satisfaire Milan qui avait

adressé sa demande dès 165b.

Les pontifes romains ne manquèrent pas (fcooorer cet institut de leur naule protection; ils se servirent même de la médiation du cardinal Césaire pour attirer quelquesunes de ces religieuses, quoique, par des circonstances particulières, ces démarches te purent obtenir leur effet.

Lorsqu'en 1815, Pie VU honora de sa préleace la ville de Gênes, pour donner une turque particulière d'intérêt aux Filles du felf«ire,il voulut visiter leur maison, accompigné des cardinaux Spinolla el Doria Pamphdi, et leur donna sa bénédiction. Arrivé k tome, ce Souverain Pontife demanda de «s religieuses par l'entremise de Thérèse Doria Pamphili et par une lettre de Mgr François Capparini, alors visiteur apostolique oe la pieuse maison des Thermes de Ûioclétien, adressée à la supérieure générale de Gènes. Le Pape pressa leur arrivée & Home, et à peine quelques-unes d'entre elles se furent-elles rendues à ses instances, qu'il leur ton lia l'éducation des pauvres Ailes si nombreuses de la comrouuauté que nous tenons de mentionner, ainsi que I administration de toute la maison.

LeooXlI étant entré dans son éternel repos, le Pipe Grégoire XVI voulut traiter ce* paunw Filles du Calvaire avec plus de inagnit**nce. C'est pourquoi il leur céda l'église de Saint-Norbert, qui est auprès du mont

II? à U ttn du vol., n°« 55, 31.

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Aquilie, et leur Ût assurer un revenu annuel par l'organe du cardinal Sforza, alors président de la commission des secours. Le 20 août 1833, elles furent mises en possession, pour le faire servir de noviciat, de ce monastère que le Souverain Pontife honora souvent de sa présence, et depuis il ne cessa de donner des marques de sa bienveillance à la première maison, toujours occupée par des religieuses du Calvaire, sous les auspices desquelles prospérait cette maison qui comptait un grand nombre de jeunes personnes.

Les villes de Rieli et de Vilerbe leur confièrent aussi leurs orphelinats avec d'immenses avantages spirituels et temporels.

Les Filles du Calvaire ou Sœurs Brignoles ne font point de vœux; elles s'engagent seulement par serment à la persévérance. A la fin de leur noviciat elles sont revêtues d'une robe de soie noire ; elles portent un grand voile do même couleur, qu elles mettent sur un autre qui est blanc. Mgr Charles Louis Moriuhini parle longuement du bien qu'elles opèrent et des règles de leur maison dans son ouvrage Degh ttatuti di publica carita, imprimé à Rome en 1835, page 133 et suivantes : Vita délia serva di Dio, Virgenea Centurione, fondatrice délie figlie del refugio del monte Calvario, Geneva 1807; elle a été composée par Scipion SquaricaÛico, mère do la fondatrice, et par le P. A utero Maria, Augustin déchaussé. (1)

CARMEL (Tiers ordre du mont).

Depuis longtemps les séculiers qui ne pouvaient aspirer au bonheur de la vie du Carmel demandaient instamment qu'une communion intime de prières et de bonnes œuvres pût s'établir entre eux et l'ordre de Marie. Ces demandes réitérées déterminèrent l'établissemenldu tiers ordre de mont Carmel.

Sixte IV, grand protecteur de l'ordre, ap-

f>rouva cotte association si avantageuse pour es fidèles et si glorieuse pour le Carmel, par sa bulle Dum aUentio du 28 novembre

Dans le principe, les Terciaires étaient censés suivre la règle entière de Saint-Albert et contractaient les mêmes engagements que les religieux, autant du moins que cela était compatible avec leur position sociale. Mais il en résultait bien des embarras, des transgressions, et ce ne fut néanmoins, chose surprenante, qu'en 1635, c'est-à-dire plus d'un siècle et demi plus lard, que le général des mitigés, Théodore Slratio, leur donna des règles particulières.

Bien longtemps avant le liers ordre existait la confrérie de l'ordre, communément appelée le Saint-Scapulaire. La bulle salwitinc en fait une mention expresse : 5<mc/i habitua tignum fer entes, appellanies se confratres et consorores. Cette confrérie eut d'abord son entrée au mont Carmel, et c'est là que fut agrégé saint Louis; plus lard et pour une plus grande commodité, on la transféra à Rome, où elle esl encore sous le titre d'Archiconfréric, avec de très-riches privilèges et di

DES ORDRES RELIGIEUV.

îi- m v Dir.no

m i'rn;"(|iir> indulgences. l/»'^!i>o os» nu mont Magnanapoli. Le costume des associés r^>n>i*ït" en un sac de couleur carmélite, une ceinture de cuir, un cmi.nl blanc, avec un cnpuce mi un voile, selon lo sexe. Il y a eu mèiiie des associations d'affiliés otaftiliées de l'ordre, tenant un milieu entre lo tiers ordre et la confrérie. Telles furent /rs béates et les pénitentes. Ces dernières formaient une grande communauté, près d'Orvieiio. en Italie. Antoine Simoneelli, leur fondateur, les (it approuver par Alexandre VII.

Kniin, le Cat mcl eut, parmi ses affiliés, jusqu'à un ordre de chevalerie, gloire qu'il ne partage avec, aucun ordre religieux et qui prouve, une fois de plus, combien a été universelle la vénération dont on l'a toujours entouré. Henri IV, roi de France, en vertu d'une bulle «le Paul V, établit l'ordre royal et militaire des hospitaliers île Notre-Dame du tnont Carmel, compose de cent gentilshommes qui devaient former la garde noble du roi en temps de guerre; la règle, lesoouleurs, le blason, étaient emprunté* a l'ordre des Carmes I.e premier grand -maître fut Philibert Version, qui établit les PP. Déchaussés à Lyon.

CHAKITÊ CHRÉT1F.NNE.

Ordre militaire créé par Henri III, en faveur des soldats estropiés au service de l'Ktat. Le prince assigna quelques revenus a cette généreuse in>titution. Ceux qui étaient reçus dans cet ordre portaient une « roix sur le manteau au côté gauche, et autour de la croix ces mots brodés en or, Pour avoir fidèlement servi. I n établissement si louable n'eut point de succès.

CIIAMTL (Fnfcnics ne i V,

Fondes en Behjitjue par M. Trient.

L'origine do* frères fut très-modeste et plu* humble encore que celle des Soeurs dr In Charité de Jésus et de Marie, due nu même fondateur dont nous donnons la vie a l'article de cette autre congrégation. — Yoy. Ciunnt (Sœurs de la). — Les commencements fuient aussi bien moins consolants pour le cœur de M. Triest. L'hospice des vieillards de Garni, qui, depuis 1788, avait été réuni à celui des vieilles femmes, au couvent Saint-Antoine, quai de la Lievo, en fut détaché et transféré à Biloke. le l"septembie 1800. Il y avait alors cent vieillards, qui soignés par îles mercenaires sans autorité comme wins dévouement, ne leur obéissaient plus et se livraient impunément à tons les désordres. De nombreux abus existaient et la commission des hospices sentait qu'il était temps d'y remédier et do changer entièrement la direction de cet établissement. M. Triest, dont la réputation grandis- .»«it et qui la justifiait déjà par le plein succès obtenu a l'abbaye 'de Terhnegcn , où étaient établies ses sueurs de la Charité, fut prié de s<» charger de cotte administration. Il n'ignorait pas combien celte tache était ililliciii? Oi combien il en coûterait pour réformer la conduite de vieillards entêtés; ce-

• AlttF! CSIA «il

pendant son zèle l'emporta. Il y avait ij.j bien à faire, c'était tout dire. En ron<é. qnence, .M. Triest, accompagné du maire r-t ou préfet, y installa, le 28 décembre 1807. trois hommes dans le dessein de jeter ain<i les fondements d'une communauté de frères île la Chanté. Cependant comme les jeunes gens propres à celle œuvre étaient extrêmement rares à cause de la conscription «1ère temps de guerre, M. Triest pressentit les obstacles qu'il rencontrerait de la part même de ceux qui devaient être ses instruments et ne voulut faire qu'un essai. Ce qu'il avait prévu arriva ; d'un côté les vieillards, gênés dans leurs mauvaises habitudes, se révoltaient contre les réformateurs des abus; de l'autre côté, les hommes qu'il avait associé; à son entreprise charitable, ne lui conrenaient guère. Après des tenlalives infructueuses pour les améliorer et leur donner une impulsion convenable, il vit qu'il ne lui restait plus d'autre moyen que de détruira radicalement ce qu'il avait fait jusque-là, et île recommencer sur un tout autre pied. C'est ,;e qu'il exécuta. C'est donc le 7 novembre 1810 que M. Triest fonda, à proprement parler, la communauté des Frères de la Charité; il leur appliqua avec quelques modifications la règle des sœurs, et cette règle ainsi modifiée lut approuvée par Mgr de Broglie, évoque de Gand, le 26 novembre 1810. L'auteur de la notice sur M. Triest du en parlant des frères de la Charité : Cette communauté deux fois abandonnée, deux fois recommencée, s'est développée au point qu'aujourd'hui, époque de la mort de M. Triest, en 18.JG, elle compte neuf mais-ns ou établissements. Ces paroles foraient supposer qu'entre l'essai de ISO" et l'exécution définitive en 1810, il y avait encore eu une tentative infructueuse. Voici la statistique des maisons de la congrégation en 1836. Toutes, comme celles des sœur>, portent un nom de patronage religieux. La première maison est celle de la By loque, à Garni, Appelée la maison de Saint-Vincent de Paul, qui a une triple destination, hospice pour les vieillards, institution pour les sourdsmuets et école gratuite flamande. Lefière Aloysius, supérieur de tous lys frères de I» Charité en était alors l'économe.

Li maison des Saints-Anges est l'hospice des ,-diénés, à Gand. Li e fut donnée à l'institut en 1815, et est desservie par dix-neuf frères.

A Froidmont. près de Tournay, est la troisième maison dite de Saint-Charles Borr>>mée, fondée par quatre foères, te 1" mars 182t. C'est une maison d'aliénés, et une école gratuite, que desservent treize frères. M maison de Bruges, dite de Saint-Antoine de Padouc , destinée surtout à l'instrnclion gratuite des enfants pauvres; il y a cinq frères. Avant la révolution belge, cet établissement avait eu 'à diverses reprises de* itémêlcs avec le gouvernement «les Pays- Bas, cinquième maison . à Anvers, est appelée Maison de l' Immaculée conception dt In sainte Mer>je, fondée et entretenue par Î4

îtt CHA DES ORDRES

munificence de quelques familles pieuses. Les frères y entrèrent le 3 mai 1832, dans le but d'instruire les enfants pauvres, elle 2S décembre 1835, élargissant le cercle de. ,eur$ occupations, ils ouvrirent un hospice pour les enfants (ouvres ; il y a cinq frères. A Uovain, la maison de Saint^Antoine de Kiout, sous ce même vocable que celle de Bruges, a été fondée le lk juin 1832. Cinq frères, entretenus, par les curés et vicaires de ia ville,y donnent l'instruction gratuite à filtre cents enfants de la classe indigente. En 1833, le 29 avril, la commission des hospices de Gand, ap|>ela les frères de la Chanté dans la maison dite Kulders, duxostume que portaient autrefois les enfants, et qui »t celle des orphelins. Elle est appelée Mai- »* dt Saint- Joseph, par les frères qui y sont w nombre de sept. La maison de Saint- Trood, dite Maison de Saint-Augustin, entretenue par des notables de la ville, pour li classe gratuite et encore pour une institution d'orphelins, fut fondée le 13 décembre i*î3 et i>ossède sept frères. La neuvième maison est a Bruxelles, sous le nom de Saint- L«*u dt Gonzague, fondée en février 1835, dus le but d'y élever des sourds-muets et de* aveugles. Eu 1835, par arrêté du 10 mil, le roi Léouold donna à cet institut le tare de Royal; il y a six frères pour le service. Ces neuf établissements ou maisons toopuieot donc alors dix-huit institutions »vWes, vu les diverses destinations des nuisons. Le nombre total des frères de la Ouriié était de quatre-vingt-quatorze, Deputtior?, le nombre des maisons s'est accru, et «tins une statistique des maisons reliprosei qui m'a été envoyée de Belgique, J« fois pour les frères de la Charité, outre H maisons ci-dessus désignées, celles d'Osfcode, Je Hamme, de Lokeren, de Lurre, de .Nivelles, de Courtrai, d'Alost, de Tron- «*ieones, de Liège, de Verviers, de Namur, •le Brugelelte ; ce qui donne le chiffre de *">gt fcl un pour le total des établissements, i»i a plus que doublé depuis seize ans. — *'•». CHJessous l'art. Chaiuté de Jésus et lUau.

CBARITÊ MATERNELLE (Société des oamks de la), en Belgique.

Déjà sous Napoléon 1", une institution do («genre avait été fondée; mais elle était tombée, faute d'un homme capable, par son «le et ses talents, de la diriger et de la pervjnoitier en lui. En 1821, ou érigea, dans l'endos de la Babylone, l'école de la maternité, pour y recevoir les filles-mères. H. Triest, qui ne voulait pas que les femmes honnêtes fussent traitées moins avantageu- >< 2ifot que les tilles coupables, se concerta a»ec les dames les plus respectables de la *i Hé, et fonda, en 1822, sa Congrégation des fonts de ta charité maternelle. La présidence eu appinint è M. le chanoine Triest, la "ce-pré'idence a Mme la comtesse douairière d'Hane de Steenhuyse. Mlle Colette iboodeu fut secrétaire. Il y a des meiu-

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bres honoraires et des membres actifs. Tous les ans s'assemble le grand conseil, formé de toutes les dames de la congrégation. Il y a deux dames qui, deux fois par an, au mois de mars et de novembre, font la quête. Pour chaque paroisse de la ville, une dame, appelée distributrice, est chargée de recueillir les demandes des pauvres femmes, de les transmettre à l'assemblée des dames do chaque paroisse, qui se réunissent tous les mois, et de distribuer à domicile les secours accordés.

Les femmes enceintes doivent chercher un certificat du curé de leur paroisse constatant qu'elles sont mariées, se conduisent bien, sontdans une grande pauvreté, qu'elles sont infirmes, ou quelles ont au moins quatre ou cinq enfants. Elles portent ce certificat chez, la dame distributrice du quartier, laquelle, à l'assemblée mensuelle, en confère avec les autres dames : leur admission aux secours est constatée par le président, qui appose sa signature au bas du certificat. Chaque femme en couches reçoit une layette, et pendant neuf jours, tous les jours du bouillon et un franc. Le nombre des femmes ainsi secourues monte par an à cent.

S. M. la reine desBelgesavailsouscrildeux fois pour la somme de cinq cents francs et a accordé son auguste protection à celte utile et intéressante congrégation.

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