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fuyait donc présumer que ee digne septuagénaire, jouissant d'ailleurs d'une excellente «nié. vivrait encore longtemps pour la consolation des malheureux. Dieu en avait disposé autrement. Depuis deux jours, M. Triest s'était plaint de la difficulté qu'il avait à res-
Firer et de la pesanteur de l'atmosphère qui étouffait, lorsque le vendredi, 17 juin, ■près le dîner, se promenant au jardin, il se sent mal. On l'aide à monter à sa chambre, une subite oppression de poitrine le met en un instant à deux doigts de la mort. On lui administre, à la hâte, sans cérémonies, les derniers sacrements. Les médecins pratiquent plusieurs saignées et heureusement une seconde crise ne se déclare point. Le bruit de cette subite indisposition consigne tous les coeurs. Cependant les saignées iTaient réussi ; le malade allait de mieux to mieux. Le dimanche suivant, M. Triest te promena dans ses appartements; mais >ou par l'exercice qu'il fil, soit par le froid qu'il ressentit, le lendemain se déclara une eaftammalion de poitrine qui fit des progrès rapides et le conduisit au tombeau.
Mais arrêtons-nous un instant : celui dont la fie a été si belle, si utile, si pleine de mêmes, doit encore servir de modèle au atootle par la sainteté de ses derniers raoneou. On l'a vu souvent au chevet des Mourants; il faut le voir lui-même sur son ht de mort. Trop souvent il faut détourner l«* y*ui de ces morts ridiculement vanitenvM oa froidement horribles des héros de uierre; voici un héros aussi, emportant arec lui les bénédictions de tout un peuple. Vivant jamais travaillé pour la terre, il n'a point de regret de la quitter; mais, ouvrier vigilant et fidèle, il vole chercher son salaire au sein de ce Dieu, qui pour récompense donne des gloires éternelles, et des wuronties que le temps ne peut flétrir.
La mort est l'écho de la vie : jamais cette venté n'a trouvé une plus éclatante et plus consolante confirmation. Toutes les vertus «lent, pendant sa longue et utile carrière, M. Triest avait donné tant de preuves, se sont montrées plus complètes, plus brillants a t'approche de sa mort. Une exactitude admirable à remplir ses moindres devoirs, uo courage mAie, inspiré surtout par une confiance vraiment filiale dans la Providence, tt qui loi a fait opérer des prodiges de charité, une résignation exemplaire à la volonté ue Dieu, une bienveillance naturelle, un désir insatiable de soulager les malheurs u autrui, et par-dessus tout une ferveur antrique, voilà la sublime réunion des vertu», qui, après avoir édifié les hommes sur la terre, est allée réjouir les anges dans les cjcm.
Malgré les généreuses illusions de l'art et de l'amitié, M. Triest sentit sa fin s'approcher. 11 le répétait souvent, non pour exciter dans le cœur des assistants une compa°- >wn stérile, mais d'un Ion à la lois de con- «Htioo et de désir, kn effet, loin de se trou- !»•«■ uu de s affliger à la pensée de la des-
truction de son être, il s'en réjouissait ; il savait trop bien que son Ame, se dépouillant de l'enveloppe du corps, allait revêtir la robe brillante d'une glorieuse immortalité. Il soupirait après ce moment heureux. Lui qui ne connaissait de la vie que les misères, que se serait-il attaché à elle? Pourquoi s'inquiéter des établissements qu'il laisse après lui, la Providence n'est-eHe pas lèî Aussi Pentendait-on s'écrier souvent : Lœtatus sum in his qu& dicta sunt mihi: in dotnum Domini tfttmu* (Psal. cxxi, 1), ou bien : Misericordias Domini in œternum eantabo.
(Psal. lxxxviu, 2.) Quelques heures avant sa mort, il fil venir toutes les sœurs de la communauté, et de sa voix mourante, il leur demanda pardon de toutes les fautes qu'il aurait pu avoir commises à leur égard; il les exhorta à conserver toujours entre elles la paix et la bonne intelligence, à remplir toujours avec zèle leurs pénibles fonctions, à aimer les pauvres, en un mot, à se souvenir qu'eHes sont sœurs de la charité. Puis il leva encore la main pour les bénir une dernière fois. Au milieu de la douleur générale qui éclatait en sanglots, lui, remettant son sort entre les mains de Dieu, répétait toujours : Fiat voluntas tuaf Domine, et : Si adhue populo tuo sum necessarius, non rrcuso iauorem.
11 «vrfit toujours eu une spéciale dévotion pour Jésus dans le Saint-Sacrement de l'autel. Tous les jours, dans ses actions de grâces, après la sainte Messe, il était d'une telle ferveur, d'une piété si extatique, que souvent il excita l'attention et l'admiration de ceux qui pouvaient le voir. Aussi pendant sa courte maladie demandait-il instamment à son coadjuteur d'offrir le saint sacrifice pour lui, en disant qu'il s'unirait d'intention avec lui. Le jour de la fête de saint Louis de Gonzague, malgré les fatigues de la maladie, il se leva, s'habilla et voulut recevoir à genoux ce Dieu -qu'il avait toujours aimé si tendrement, et qui rend si doux le passage de la vie à l'éternité. Une autre dévotion non moins recomrnandable, et oui était la dévotion favorite de M. Triest, cétait celle envers la sainte Vierge. C'était cette dévotion que durant sa vie il avait tant recommandée à ses sœurs et aux personnes dont il avait la direction; c'est elle aussi qui lui fournit le plus de confiance et de consolation à l'heure de la mort. Enfin le moment si désiré arriva. Il mourut le 2k juin 1836, à midi et demi, resta deux jours exposé a la vénération publique, et fut enterré, selon son désir, è Lnvendegem, dans un caveau construit à cet effet au cimetière des sœurs de la communauté. Le 29 juin, jour de la fôte Sainl-Pierre, son patron, il allait célébrer solennellement son jubilé de cinquante ans de prêtrise. Tous les préparatilsétaient faits; mais la mort vint déranger ces projets et convertir la fête en cérémonie de ueuil. M. Triest a eu toujours dans sa vie privée ce même ordre, cette même régularité qui distinguent éminemment les ' Ainmuiiauiés qu'il a dirigées. Le matin, se
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levant de bonne heure, après ses prières et une pieuse méditation, il ne man<|uail jamais, quand il était chez lui, de lire quelques chapitres de l'Ecriture sainte. La journée se passait toujours pleine de travaux et de mérites. Après avoir travaillé tout le jour, souvent môme jusque fort lard dans la nuit, il ne se couchait jamais .sans réciter le chapelet; il a avoué pendant sa dernière maladie, que, depuis cinquante ans, il n'avait pas omis en seul jour cette pieuse pratique. Les vertus et les connaissances administratives de ce généreux vieillard étaient si universellement connues et appréciées, qu'il était l'avocat, le conseiller de toutes les nonnes institutions de son pays cl de l'étranger, car on le consultait de loin. Lorsque M. de Beaumont était évôque de Plaisante, il érigea une institution sur laquelle nous ne pouvons donner de détails spéciaux, puisqu'elle nous est inconnue, mais qui élait formée sur le modèle de celle de M. Tricsl, et d'.qirès ses conseils. Mgr l'évôque de Metz écrivit un grand nombre de lellres au pieux chanoine, dont le nom était devenu européen, pour lui demander des instructions et des avis; il fonda aussi un établissement calqué sur ceux des sœurs de la Charité. De toutes les villes de la Belgique on demandait le concours de cet homme de bien. Dans les circonstances extraordinaires, par exemple, dans le temps du choiera, la Uégenco do Garni se tournait vers les sonirs de Charité, qui reçurent, pour leur belle conduite, la médaille du gouvernement. Leur saint fondateur était membre de plusieurs bureaux ou commissions de charité. Il y a une chose que je ne veux pas omettre de consigner ici, sans la proposer comme exemple à ceux qui seraient tout autres que lui. Il avait une confiance illimitée dans la Providence. Quand il faisait ses plans et ses calculs pour l'érection d'un nouvel établissement et qu'on lui parlait d'argent, n'est-ce que cela? répondait-il, sans s'inquiéter le moins du monde de ce qui chez d'autres et avec raison, est le point principal. On l'a vu commencer des institutions sans avoir le sou, et toujours il arrivait que bientôt des sommes considérables affluaient chez ce dépositaire de la charité publique.
Pour donner une idée du zèle et de l'activité de cet homme, puissamment secondé par la généreuse munificence de familles charitables de la Belgique, et pour faire mieux connaître l'histoire des sieurs de la Charité de Jésus et Marie, je vais donner ici une liste des établissements que possédait celte société a l'époque de la mort du fondateur et qui étaient au nombre de quinze. La première maison était celle de Lovcndegeiu, appelée la Maison de Notre-Dame aux Anges (car, rappelons-le, toutes ces communautés ont reçu une dénomination pieuse et se trouvent sous un saint patronage), elle s occupa de plusieurs œuvres charitables et neuf sœurs pour la desservir.
La Maison de Notre-Dame de Tuha-gai, à
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Gand. C'est la maison mère, le noviciat des sœurs, la résidence du supérieur général, le bureau central de l'administration. Dans cet établissement se trouvent l'hospice dos incurables et l'institut roval des sourdesniuelles, etc.. lui 1820, M. Tricsl avait envoyé deux sœurs h Paris pour y étudier la méthode d'enseignement pour I. instruction des sourdes-muettes. Il y a dans celte maison, terme moyen, quarante sœurs; leur nombre augmente ou diminue , selon la quantité des novices qui se présentent et selon les besoins des autres établissements.
Troisième maison, l'hospice des aliénéi,à Gand, appelée Maison de Saint-Joseph, H auparavant Maison des Orphelins. La destination eu changea, et les sœurs y entrèrent Je 4 avril 1808. Le service y est fait |>ar vingl et une sœurs.
Quatrième maison, celle de Courtray, appelée la Maison des saints Anges, fondée le 25 avril 1814. Il y avait alors trente-trois incurables et cinq pensionnaires et sept sœurs dans l'élablissemenl.
La cinquième maison, dilc de Saint-Vincent de Paul, est à Salfelaere, et fut fondée le 30 mai 1815. C'est un pensionnat déjeunes personnes et un externat : douze sœurs le desservent.
La sixième maison est celle de Saint-Génois, près de Courtrai, et est appelée Maison de Saint-Jean ÏLvungeïiste, Jondée le 28 août 1815, pour un pensionnat, où d'abord il y eut quatre sœurs, et plus lard il y en eut huit.
La septième maison est à Beerthcm, près de Louvain, appelée la Maison de Saint- Bernard, fondée le 21 octobre 1823, où il y a six sœurs, et qui fut commencée le 2 se|<teuibre 1817 pour des incurables cl pensionnaires.
La huitième maison, dile de Saint-Charles- Borromée, à Tournai, fondée dansl'aucien séminaire, le h novembre 1818, pour différentes destinations, ainsi que presque tous les autres établissements; il y a vingt et une sœurs.
Maison de Saint-Antoine ae Padoue, à Bruges, fondée pour des incurables le 17 juillet 1820, et où étaient douze sœurs.
Dixième maison, à Berlegem, h quatre lieues do Gand, et dite de Suinte-Thérèse, fondée le 1" octobre 1823, servie par onie sœurs, qui ont pensionnat, école d'hiver, école dominicale, etc.
La maison de Heuaix esc appelée Maison de Bethléem, établie le *J février 1825, est Je seul hôpital dirigé par les sieurs de la- Charilé, qui y sont au nombre de neuf.
La douzième maison, dite de la Présenta' tion de la sainte Vierge, est à Melsèle, pr<S' d'Anvers, commencé le 18 octobre 1826, fut supprimée au bout d'un an, par arrêté «la roi des Pays-Bas, et rétablie le H décembre 1830, après la révolution belge. Elle a u>