CHARITE DE LA SAINTE VIERGE
CWre religieux établi dans le diocèse de QJ/^is-sflr-llarae, par Guy, seigneur |de A>.a»j/le et du Bourg Saint-Georges, sur la ht rfa xnr siècle. Cet institut fut approuvé, ««■a* la règle de Saint-Augustin, par les Panes •wrtace VIII et Clément VI. Sponde en parle 1 fan ISO.
CHARITÉ (Soecrs de la), de Nevers.
Pîrtout et toujours la religion est venue n secours de la société; dans les temps «tiens, quand l'innocence de ses enfants ; effrayait à la vue des désordres que le paga- ^Beivait produits, et qui se perpétuaient «tore, malgré ces généreux efforts, dans le mib mèœ* du christianisme, elle embellis- *w les déserts de la Thébaïde pour leur <*nr un asile; plus tard elle s'établit la sau- ***rde de la science contre la barbarie, en I a-'ioi ses congrégations savantes, qui nous esoierrai^ot les précieux ouvrages du temps fassé; k l'époque des pèlerinages, ses relip*ti chevaliers protégeaient les voyageurs; £ws vinrent ses religieux mendiants, qui se confondaient avec le peuple et lui donnaient, ?fl«r le pam de la charité qu'ils en recevaient, '* premières notions des lettres humaines, jcanes aux instructions plus consolantes de « religion. Ces mêmes hommes, qui souvent iraient bit pauvres pour servir les pauvres, - plient aussi les pestiférés & domicile, î^nd U-5 Maisons-Dieu et les ma lad reries * pouvaient plus les recevoir, et aussi 9«aod la crainte de la contagion privait Jes
il) r«* * b fau du »o|., v i5.
« Dès 1242, l'hôpital de Saint-Didier était desservi par un maître des frères et des sœurs, c'est-à-dire par un chef de famille, auquel plusieurs personnes de l'un et l'autre sexe s'associaient par le sacrifice effectif de leurs personnes et de leurs biens; ce qui leur fit donner le nom de rendus et donnes. Les biens composaient une masse totale, destinée aux besoins de la maison et au service des pauvres et des malades. L'origine de cette association n'est pas bien connue. » (Parmentier, Inventaire des archives de Nevers.)
Il y avait des prêtres dans cette société. Dès l'année 1399, on voit que les écbevins avaient la présentation des maitre, curé, frères et saurs, rendus et donnés de l'hôpital ; le doyen de la cathédrale donnait l'institution. En 1588, Guillaume de Vaulx fut installé maitre de l'hôpital par les échevins. (Ibid.) On ne connaît aucun règlement pour la conduite particulière des frères et des sœurs; mais on sait que vers la fin du xvu* siècle le doyen du chapitre de Saint-Cyr, Jean-Henri Boçne, donna une règle aux sœurs de telte maison. Il n'est pas parlé des frères ; il parait qu'il n'y en avait plus. Cette règle fut modifiée et rectifiée, près de cent ans plus tard, par M. de Villedieu, doyen, et par Mgr Tinseau.
« Quand une fille veut se consacrer à 1 Hôtel-Dieu au service des malades, elle commence par faire trois ans de noviciat, pendant lesquels elle paye sa pension. Au bout de ce temps, si elle demande son admission, le bureau nomme deux recteurs, pour aller dans la maison s'informer secrètement de chaque sœur, quels sont sa conduite, le caractère, l'aptitude, les talents, etc., de las-
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puante. Ce toit, le bureau as<emblé, après une conférence particulière avec la supéricnrf, appelle chacune des sœurs l'une npr^s l'aiitc-, l'interroge par la voix <lu président, sur les mêmes choses. Si les témoignages sont tovor.ibles, le bureau cont int à l'admission. Le secrétaire dresse le contrat entre les administrateurs et la récipiendaire, et l'on écrit sur le registre un acte par lequel la direction la présente à M. le doyen, qui l'ac- * cepte, et fait ensuite, au jour par lui indiqué, la cérémonie de la (irise d'habit, en l'église «le Saint-Didier. » {I0id.)
En 1770 elles étaient treize soeurs, sous la direction d'une supérieure. Il est facile, par ce simple exposé, de comprendre toutes les diflicultés qui devaient surgir d'une semblable organisation, tous les tiraillement* dont les sieurs devaient se ressentir. Cette institution disparut insensiblement.
Ainsi deux besoins impérieux se faisaient sentir dans la société : une congrégation régulièrement organisée pour le service des hospices, et des sœurs qui se dévouassent à l'instruction des enfants.
Déjà saint Vincent de Paul avait commencé à réaliser en partie cette œuvre, tandis que les L'rsulines, fondées dans plusieurs provinces dès les premières années du xvir siècle (1), déployaient tout leur zèle dans l'éducation des jeunes filles. Mais comme on était loin encore de pouvoir répondre à tous les besoins 1
Deux saints prêtres du diocèse de Nevers marchèrent sur les traces de saint Vincent de Paul, et après avoir jeté autour d'eux un regard pieux et inquiet, ils conçurent, sans s'être concerté, la résolution de combler le vide (pie leur charité leur avait fait découvrir ; c'étaient doui de Laveyne et l'abbé Holacre.
Jean-Baptiste de Laveyne (2) était né à Saint-Saulge, le 11 septembre 1053. Son père exerçait avec honneur l'étal de chirurgien, et sa mère se faisait remarquer par sa piélé. Ils ne négligèrent rien pour l'éducation de leur fils, qu'ils envoyèrent d'abord à Nevers, puis ensuite à Aulun, pour faire ses éludes, qu'il compléta à Paris. Porté aux amusements et à la dissipation, il eut à soutenir contre son caractère des luttes terribles, avant de se déterminer à embrasser l'état ecclésiastique auquel ses parents le destinaient. Enfin, après de sérieuses réllexions, il entra chez les bénédictins de Saint -Martin d'Aulun, pour y faire son noviciat. Là, il allermil sa vocation et fut admis aux ordres sacrés. Il passa ensuite quelque temps dans le prieuré de Saint-Sauveur de Nevers, puis il se rendit n Saint-Saulge, où il possédait un bénéfice. Dom Nazaire Gonrlcau, prieur claustral de Saint Kévérien, son oncle maternel, qui possédait ce bénéfice, s'en était déjà depuis longtemps démis en faveur de son neveu;
(1) Les Urstilincs furent fondées à Nevers en 1022, à Cot bignv en 1G2Ï>. :i M'.nlins-Knuilbcrl en IG*»5. a Lormcseiî lUi'^.i Suim-Pierrc-le-Moûticr cri 105S.
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c'était la sacristie de Saint-Saulge. Les fonctions de sacristain répondaient à celles de trésorier.
Dom de Laveyne, dont le caractère, porté à la dissipation, n'était pas entièrement réformé, oublia, pendant les première* année* qu'il pa»sa à Saint-S uilge , la gravité qui coimcnt à un religieux, et sans' se laisser aller à aucun désordre bien marqué, d menait cependant une vie joyeuse et toute mondaine. A la Miite d'une retraite qu'il se détermina à faire à Saint-Martin dWutun.il s'établit en lui un changement complet. Dès ce moment, il ne quitta plus l'habit religieux; tout en lui, langage, manières, démarche, annonçait que la grAce avait triomphé. La gloire de Dieu, l'amour du prochain et surtout le soulagement des pauvres, IH était le but qu'il se proposait en tout. Il partageait avec les indigents ses propres vêtements, payait les dettes des prisonniers, visitait les pauvres de la ville et de la campagne, leur procurant, dans leurs maladies, tous les soulagements qui étaient en son pouvoir. I n jour qu'il rendait ces visites de charité accompagné d'un de ses amis, il lui dil avec simplicité « qu'il j>ouvail bien secourir les hommes, mais qu'il faudrait qu'une femme se dévouâtau service des personnes de son sexe. » Si son cœur charitable était brisé quand il voyait les malades des classes ouvrières souvent sans secours, il n'était pas moins aflligé par la considération de l'ignorance profonde dans laquelle croupissaient les enfants pauvres de Saint-Saulge et des pays voisins. Attaché à la famille de saint Henôîi, qui avait rendu tant de services à la société, et qui avait vu autrefois les princes eux-mêmes assis sur les bancs de ses écoles, il résolut de continuer cette tradition de charité, et il consacra aux pauvres et aux infirmes tout ce que Dieu lui avait donné de fortune, de talent, de bonne volonté et d'énergie.
Il confia sa pensée à deux jeunes personnes qu'il dirigeait et dans lesquelles il avait cru trouver assez de foi et de dévouement pour le comprendre, c'était Mlle Anne Legeai #et Marie Marchangy. Leur modestie les arrêta d'abord, mais, après avoir exposé avec simplicité à leur zélé directeur l'hésitation que leur inspirait lacrainte de ne pouvoir répondre à son attente, elles se soumirent avec docilité, et s'abandonnant à la Providence, elles s'engagèrent dans la voie que dom de Laveyne leur avait indiquée. Lo pieui bénédictin, de son côté, sans se laisser arrêter par les observations que lui lit son père, qui regardait ce projeteommo impossibledansson exécution, voulut être lui-même l'instituteur de Mlles Legcai et Marchangy ; il les forma aux sciences humaines, dont elles devaient donner aux enfants les premières notions, ei aux œuvres de charité qu'elles devaient
(2) Nous avons tenu à rétablir l'orthographe
nom.
au
DES OUDRES RELIGIEUX.