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quo les Anciens membres seraient libres de ne pas faire des vœux en se conformant néanmoins aux règlements qui seraient faits dans la suite. La crise lut violente, mais enfin la grâce triompha, et il n'y cul qu'un petit nombre de membres qui se retira successivement. L'impulsion étant donnée, dès ce moment un projet «le constitution et de règles fut éaboré; la congrégation prit un caractère régulier bien prononcé, .son avenir se dessina plus beau que jamais, et ce furent les bases de sa prospérité et de sa stabilité.
Cependant les réclamations des mécontents et la crainte que conçut l'autorité diocésaine qu'ils ne secouassent le joug de la soumission et de la dépendance, refroidirent peu a peu la bienveillance de ceux qui auraient dû seconder cet élan religieux. Dieu voulut sans doute qu'il ne manquât à son œuvre aucun genre d'épreuves; mais aussi ii se réservait, dans ses vues de miséricorde, de substituer bientôt la protection du Souverain Pontife à celle des supérieurs immédiats.
Déjà Mgr do la Maillandière, évêque de Vincennes, aux Etats-Unis, et Mgr Dupuch, premier évôquc d'Alger, avaient demandé des prêtres et des frères pour deux écoles et deux orphelinats. En 18*0, trois prêtres et sent frères se rendirent à Alger et se mirent a la disposition de l'apostolique prélat, qui leur contia son petit séminaire, un orphelinat et d'autres œuvres. Un prêtre et six frères partirent pour l'indiana (Etats-Unis d'Amérique), où les attendait Mgr l'évêque de Vincennes. Ils furent placés dans une terre, à quelques lieues de sa ville épiscopale pour desservir la paroisse de Saint- Pierre, pour y ouvrir un noviciat, apprendre la Lingue et commencer une vie de privalions et de souffrances. Deux fondations en Afrique et dans les vieilles forêts d'Amérique ne refroidirent jamais le zèle de ceux
3ui avaient été choisis pour les former, et e nouveaux apôtres, remplis de la même ardeur, furent toujours prêts à aller grossir ces colonies.
Rieniol celle de Sainl-Pierre ayant obtenu de Mgr de Vincennes une autre "terre dans le nord, non loin du lac Michigan, se transporta au milieu de ces forêts sur les lieux où s'élève aujourd'hui la magnifique université de Notre-Dame du Lac. On y bûtit des maisons, on y défricha des terres, on y établit le centre d'une vaste paroisse catholique, un collège y fut fondé, un pensionnat y fut ouvert, des noviciats de prêtres et de frères furent organisés, des écoles et des missions régulières établies dans les environs. Plus lard, des sœurs Marianisles quittèrent l'Europe *»t arrivèrent dans cette contrée où elle se répandirent et se multiplièrent avec rapidité. Les progrès île cet établissement furent tels qu'un chemin de fer dut s'établir pour le relier aux villes voisines, et que ces solitudes devinrent un centre de catholicisme dans ces contrées.
Pendantceteiupsja maison nièrcdeSainte-
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Croix faisait construire au Mans une charmante église ogivale, comme l'expression île sa perpétuelle reconnaissance pour le DW'U qui bénissait celte congrégation naissante; Mgr Bouvier en posa la première pierre, le 30 mars 18V2.
Ce fut à cette époque que le supérieur ayant sollicité l'approbation des évoques de France , afin de faire étendre à tout le royaume l'autorisation légalo accordée aux frères, reçut des réponses favorables de cinquante-neuf archevêques et évêques, mais le gouvernement de Juillet ne voulut ias que Te reste de la France profitât des bienfaits que celte congrégation portait jusque dans le Nouveau-Monde; il se borna à lui permettre a exercer son zèle en Algérie. Li libellé illimitée de faire le bien ne lui fut accordée qu'après 1848.
La congrégation cependant s'était constituée d'une manière régulière et parfaite. Des élections générales avaient lieu d'après les règles qu'avaient acceptées les membres qui Ja composaient. Le R. P. Moreau avait été élu supérieur général de l'œuvre tout entière; le P. Champeau, Louis-Dominique, supérieur particulier de la société des prêtres qui reçurent le nom de Salvatoristes, parce qu'ils furent spécialement consacrés au Sacré-Cœur de Jésus; le P. Chappe Pierre, supérieur de celle des frères, qui prirent le nom de Joséphistcs parce qu'ils adoptèrent saint Joseph j'Our patron, et le P. Sorin Edouard, supérieur des Sœurs qui s'appelèrent Marianistes, du nom de Marie» sous la protection do laquelle elles furent placées. Ce frère résidait à Noire-Dame du Lac, en Amérique, où le centre de celle société était transféré, a cause de 1'opposilion de Mgr l'évêque du Mans. On nomma aussi, conformément aux règles acceptées par tous les membres, lous les autres fonctionnaires, les assistants, maîtres des novices, économes, directeurs, préfets, etc. Ainsi se fit, dès Fannée 18V3, le premier essai d'une administration régulière, ainsi se fit la première application de la constitution une et tierce de la congrégation de Sainte-Croix du Mans. Tandis que la maison mère et son collège se développaient graduellement, et que de nouvelles écoles primaires se fondaient ej France, d'autres demandes étaient adressées des Indes, de l'Océanie, du Canada. Cetio dernière fut d'abord accueillie, et une colinie de sept Joséphistcs et de quatre Marianistes se rendirent en 18V7, sous la conduits du P. Vérité, supérieur, à Montréal, d'o ï Mgr Bourges les fit conduire à Saint-Lauren , éloigné de quelques lieues, pour s'y établi) , y ouvrir un noviciat avec des écoles. Celte foi dation fit des progrès rapides, et elle put bien tôt fournir. les instituteurseldes institutrice s a plusieurs localités voisines qui forment ai • jourd'hui la province du Canada. Api 6s la révolution de 18*8, un des prêtres de Sainlt • Croix fut appelé à la Guadeloupe pour ren • >hr les fonctions de missionnaire apostoique; il les exerça jusqu'à l'arrivée dî Mgr Le Ilerpcur, que le gouvernement d •
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Napoléon III, de concert avec le pape Pic IX, confèrent dans cette Ho pour le plus grand titeo de (a religion, au lieu des préfets dont l'autorité fut toujours insuffisante pour le gourernement spirituel. En 1849, un prêtre, cinq Josépbistes et quatre Marianistes fondèrent l'orphelinat et les ouvroirs de la .Nouïe Ile-Orléans ; ces établissements furent lo.-igine de la province de la Louisiane, où la fièvre jaune a fait tant de victimes, siiuen arrêter cependant les progrès.
En 1830, Mgr Luquet Droposa au supérieur général un établissement à Rome; il i'.igis.«aitde recueillir et d'élever de pauvres eaùals du peuple abandonnés par leurs parents Plusieurs éininents personnages se niaient les protecteurs de cette bonne œuue. Après avoir longtemps consulté Dieu, ifR. P. iloreau accepta la proposition et îjrtit lui-même pour la capitale du monde chrétien, avec auclques frères. Accueilli 4w la plus grande bonté par le Très-Saint Wre lui-même, par Mgr de Mérode, caméfier de Sa Sainteté, par le duc de Calonia, l< princesse Voltionski et autres personnages diuingués par leurs vertus et par le rang qu'elles occupaient et par les dignités dont elles t laieot revêtues, quoique dans le dénudent le plus complet, il entreprit courageusement 1 œuvre charitable qui devait amener de si beaux résultats. Il s'enferma lui-même IScnia Prùca pendaut plusieurs mois avec ue troupe de petits misérables, qu'il fallait nourrir et instruire, en attendant que le P. Drouelle, vice-préfet de la Guadeloupe, «rrtTii en Italie pour prendre la direction do iet établissement naissant. On reconnut ' "MOI que Santa Prùca était un local instant et le Souverain Pontife donna, aux («rte» de Rome, la colonie de Vigna-Pia, qu'il a considérablement augmentée depuis, et q«i est devenue une ferme modèle, où de uombreui orphelins apprennent des Jo- *épt»istes les métiers qu'ils peuvent exercer ûaoile monde. Le Souverain Pontife Pie IX, fui visite de temps en temps cet établissement, porte à ces enfants l'intérêt le plus 'if. et ne cesse de donner à leurs directeurs de» marques de contentement et de bienveillance. Bientôt une maison d'études ecdés astiques fut ouverte dans la ville même Je Rome, et une école primaire fut offerte Ni enfants du peuple. En 1855, la congréption, ayant acquis la jouissance a perpétuité de Sainte -Brigitte, y a transféré les «tfésiasiiques et les frôros, et en a fait la «"ai.*on provinciale d'Italie.
Cette même année, une ferme fut offerte P»rMgr l'évêqno Férenlino, à vingt lieues
Rouie, du côté de Naples, pour en faire «ne colonie d'orphelins; la proposition fut »»«iiôt acceptée et le projet fut immédiaie- «*«t eséculé.
Peo4am la première fondation en Italie, ûîessi, vicaire apostolique de Dana, f*to Calcutta , au Bengale oriental , s'étant entendu avec la congrégation de la Propapodepour confier la mission aux religieux JeSaime-Croix, le U. P. supérieur général
crut devoir l'accepter; il accorda quelques frères et quelques sœurs quo l'on deman dait; c'est pourquoi le 1" novembre 1852, une première colonie de sept personnes
1>artit pour le Bengale; l'année suivante, le \ Voisin, supérieur de la mission, s'y rendit avec d'autres religieux, qui furent placés dans diverses localités, mais les deux résidences principales furent Noukally et Mittagoney, dont ils firent le centre de leurs missions et où ils ouvrirent des écoles. Celle fondation, quoique à sa naissance, a déjà subi de terribles épreuves : le P. Voisin, épuisé par les efforts de son zèle au milieu de ces populations sauvages et sous ce ciel de feu, y est mort; un frère a aussi succombé au milieu même de son école. Dernièrement, la congrégation a perdu encore, dans un naufrage lamentable, un prêtro et une sœur qui arrivaient a leur destination : puisse le Seigneur consoler ceiie chrétienté jusqu'à présent si ailligéel
En 1855, Mgr l'archevêque de New-York était heureux de voir se former, dans sa ville épiscopale, l'établissement d'un ouvroir et d un noviciat qui donnent les plus belles espérances. À l'intérieur de la congrégation des événements plus graves se préparaient et étaient sur le point de s'accomplir. Lu R. P. supérieur général avait soumis les constitutions à l'approbation du Souverain Pontifo qui lui avait donné les plus consolantes assurances, avec des gages touchants de son affection. Cette importante affaire se poursuivait à la congrégation de la Propagande qui demanda deux modifications auxquelles le chapitre général s'empressa de souscrire, ce qui permit à la congrégation naissante de Sainte-Croix du Mans do recevoir la sanction solennelle du successeur de saint Pierre.
Le R. P. Moreau retourna à Rome avant les fêtes de Pâques de 1856, et eut le bonheur d'obtenir, à la fin du mois de mai, le bref qu'il désirait si ardemment : sur le vote favorable des cardinaux, Pie IX approuvait en un seul corps ou congrégation les Salvaloristes et les Joséphistes, ajournant la question pour les Marianistes.
La congrégation de Sainte-Croix possède les établissements suivants : Il y a, dans la province de France, quatre noviciats, quatre pensions ou collèges, soixante-cinq écoles primaires. Dans la province du Lac (Amérique), trois noviciats, une université, un collège et douze écoles; dans !a provinco du Canada, trois noviciats, une pension, neuf écoles; dans la province do la Louisiane, deux noviciats, un orphelinat, une école; dans la province d'Italie, une maison d'études, un noviciat, deux établissements agricoles, une écolo primaire; dans la province du Bengale, deux missions, l'école et plusieurs paroisses ou missions.
Nous donnons ici quelques détails sui des établissements importants qui ont été fondés dans diverses contrées de l'Amérique du Nord sur l'invitation des évôques :
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JïitiWisscmcnt à Xulre-Dume tl.t Lac.
\ l'orient du grand lac MichUan, non loin du fleuve Saint-Joseph, dans l'Indiana (Etals- L'iiîs 1. s'élève aujourd'hui, sur los bords île • loin petits Inès, un l>eau collège, qui porte le litre légal d'université, un noviciat de prêtres Salvaloristes, un noviciat de frères Jo>éphisle>, une maison de sieurs Marianisles, un orphelinat, des ateliers: enfui un immense établissement. On ne voyait, dans ces lieux, il y a une quinzaine d'années, qu'une pauvre masure, quelques champs mal cultivés et d'immenses forêt*.
Les prêtres desservent une circonscription égale à nos plus vastes diocèses ; des frères instituteurs élèvent la jeunesse catholique, et des sœurs institutrices remplissent les mêmes fonctions auprès des jeunes personnes. Pendant plusieurs années, un prêtre et des sœurs se fixèrent chez la tribu <lcs Cattowatomies, que le gouvernement a forcé d'émigrer.
L'étabissciucnt a fondé des écoles de frères a Cineinnatti, à Louisville, Toledo, Ilamillnu, etc.; des écoles de sœurs à Mistiawaka, à Saint-Jean, Souwell, Sapoilcs, sans pirler de New -York, où les Marianistes viennent d'ouvrir un orphelinat et un ouvroir. Ces maisons comprennent OiJ religieux et 1.30 religieuses, et donnent l'instruction à environ 1,000 enfants.
Le pays est prolestant; mille séries s'y disputent effrontément la suprématie des finies. Les Catholiques, qui .sont en minorité, éprouvent souvent l'intolérance tics hérétiques. Ils ont cependant dans les villes des églises où ils se réunissent, et ça et là des chapelles domestiques, où les minisires du Seigneur vont exercer les fonctions du saint ministère, leur parler de Dieu et leur administrer les sacrements. Les prêtres sont souvent obligés de dire, le dimanche et les jours de fêles d'obligation, plusieurs messes à des distances considérables. Le P. Comtet, qui est mort il y a quelques années et dont on a publié la vie, passait quelquefois plusieurs jours et plusieurs nuits à cheval, pour administrer les sacrements à des pauvres Chrétiens perdus dans ces solitudes; lo zèle de ce prêtre zélé ne s'est jamais ralenti, et pendant dix années on l a vu se multiplier avec un dévouement infatigable pour satisfaire à tous les besoins des Chrétiens.
Etablissement au Canada.
Le Canada est un pays catholique ayant ses évôques et sou clergé séculier; mais les religieux y trouvent aussi une abondante moisson de bonnes œuvres à recueillir. C'est dans ce but qu'on a fondé à Saint-Laurent, près Montréal, rétablissement des Salvaloristes, Joséphisles et Marianistes de la congrégation de Sainte-Croix du Mans. Sous un même provincial, qui envoie des instituteurs et des institutrices dans les localités voisines et des prêtres Salvaloristes pour y exercer les fonctions du saint ministère, sons la juridiction épiscopale, ces établissement* secondaires sont « eux de Saint-Eu;-
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lâche, de Saint-Martin, de la Côto-d.-s- Nei.es, Pointe-Claire, Alexandrin, Pointeaux-Tremblées, Yarennes, Sainic-Srliolasiiq ne; en v comprenant Saint-Laurent, on y compte 55 religieux et 50 religieuses qui donnent l'instruction à environ 900 enfants.
Les Catholiques de la Louisiane ont beaucoup à lutter contre les protestants, et le clergé séculier ne suffît pas au travail de celle vigne importante. L'évôque de la Nouvelle-O.léans accueille donc avec, bonheur les religieux et les religieuses qui viennent se dévouer aux œuvres de zèle, et de charité.
Ce fut sur la demande de Sa Grandeur (pie la congrégation de Sainte-Croix accepta la direction d un orphelinat nombreux pour les garçons, et d'un ouvroir pour les petites filles, dans la ville épiscopale. Une école a été fondée aux Opélousas^td'aulrcssontsur le point de s'ouvrir
Etablissement au Bengale.
Le vicaire apostolique de Dana, Mgr Alife. relevant de l'archevêché de Calcutta, n'avait pour eoaujuteurs dans ce vaste district <pie huit ou dix prêtres, quand il s'entendit avec la Propagande pour céder entièrement son vicariat à la congrégation de Sainte-Croix. En 1852, elle commença a envoyer des prêtres, des frères et des sœurs donl'le nombre s'est accru successivement. Les frères remplissent les fonctions do catéchistes et d'instituteurs, les sœurs instruisent les jeunes filles.
La majeure | artie de la population de ces contrées est composée d'Indous, qjiii sont mahoniélans ou idolAlres , et d Anglais protestants, qui sont venus en ce pays pour faire fortune. Les indigènes sont excessivement mous, ignorants, abâtardis, et le climat dévorant achève de les rendre indifférents et apathiques, pour la religion comme pour lous les actes de la vie.
Les centres «le ces établissements sont, outre Dana, Christagong, Monkally. Mais les Salvaloristes sont obligés de se transporter fréquemment dans des lieux éloignés, en naviguant sur les fleuves, qui sont les seules grandes routes de ce pays, pour porter à ces pauvres Chrétiens les secours spirituels dont ia plupart ont été privés jusqu'à ce jour.
Depuis 18'».), une maison de procure a été établie à Sidncy (Australie), pour y recevoir les missionnaires passants ou malades, tt pourvoir aux besoins des missions. Celte maison rend les plus grands services, et a élé déjà plusieurs fois le salut des missions.
Constitutions de la congrégation de Sainte- Croix du Mans (Sarthe).
La congrégation de Sainte-Croix du Mans renferme des prêtres dits Salvaloristes, voués au Sacré-Cœur de Jésus, des frères nommés Joséphisles , dont le patron est saint Joseph, cl des sœurs appelées Marianistes, sous le patronage de Notre-Dame des Scpt-Douleurs.
Le but de crue société est de former de«