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nissioanaires, des professeurs pour tous les degré* d'enseignement, spécialement des instituteurs et des institutrices pour les enfouis do peuple, par conséquent de fonder des collèges, des écoles, des orphelinats, des ouvroirs, et d'embrasser presque tous les genres de bonnes œuvres en réunissant les efforts de ces trois ordres religieux.
La congrégation est gouvernée par un seul supérieur général, prêtre, aidé de deux assolants, et par un conseil formé des prineipiax fonctionnaires généraux résidant à la raâisoQ-mère.
Ua chapitre général, composé de tous les marieurs et des députés élus par les diverses maisoos, se réunit tous les trois ans, h règle avec plein pouvoir toutes les affaires graves de la congrégation.
Tous les établissements de la congrégation sont groupés eo provinces; chaque province est administrée par un provincial prêtre, assisté d'un conseil permanent et d'un chantre provincial qui se réunit au moins une toi* par an.
Las maisons particulières sont dirigées par des supérieurs, directeurs ou directrices, aidés par des fonctionnaires secondaires ou par des conseillers nommés parles différents chapitres, ou par les supérieurs généraux, >niTant la règle.
Las sujets soot liés par des vœux temporaires ou perpétuels. Les ecclésiastiques foot leur profession, c'est-à-dire émettent solennellement les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, après un noviciat d'un an ou de deux ans au plus, s'ils ont 21 ans accomplis ; s'ils sont plus jeunes, ils font les mêmes vœux en particulier, devant leur supérieur, en attendant la profes- «on.
Us frères ne peuvent être admis aux »<wx perpétuels ou à la profession, qu'à lagede vingt-cinq ans. En attendant, ils focl des vœux d'un an, de deux, trois et cinq ans.
Les sœurs peuvent faire leur profession, orame les prêtres à vingt* cinq ans.
Il y a un quatrième vœu qu'on n'exige de personne, tuais qu'on peut taire avec l'avis <ie son directeur : c'est le vœu des missions étrangères, )»ar lequel on s'engage à aller dans les missions au gré des supérieurs. Ceox qui n'ont |>as fait ce vœu, ne reçoivent jamais de pareilles destinations au'avec lenr agrément.
Le vœu d'obéissance oblige à obéir aux topérieurs quand ils commandent dans l'ordre des règles. Le vœu de pauvreté ne dépouille pas de la propriété, puisque la lui oa le permet pas, mais il prive de l'usage 'le* biens qu'on possède et de ceux dont on [*ot hériter. A la mort des religieux, les biens retournent à leur famille. Le vœu de chasteté ajoute le lien sacré de la religion
* l'obligation naturelle d'avoir le cœur pur, de conserver le corps exempt de mouillures, «comprend la renonciation perpétuelle a
• état de mariage.
(M V»5. kb On du vol., n"« 61, 03.
Il n'y a point d'austérités prescrites par la règle ; c'est au confesseur ou au directeur de juger de ce qui convient aux besoins spirituels des religieux. \
Leur vie est laborieuse et frugale, mais • elle est réglée de manière à ménager leur • santé pour les nombreux travaux auxquels ils doivent se livrer.
Il n'y a point d'office la nuit. Les principaux exercices de piété sont l'oraison, In sainte Messe, l'examen particulier, le chapelet, la lecture spirituelle, les couines en chapitre chaque semaine, un jour de retraite par mois et une grando retraite par année.
Les travaux auxquels se livrent les reliieux et religieuses résultent du but même e la congrégation. Les Salvatoristes devant se livrer surtout h la prédication et à l'enseignement, étudient spécialement soit les sciences ecclésiastiques, soit les lettres et sciences profanes.
Les Joséphistes devant tenir des écoles primaires, devant s'adonner aux travaux manuels, se livrent soit h l'étude des connaissances qu'ils doivent communiquer à leurs élèves, soit aux différents métiers qu'ils doivent exercer, comme l'agriculture, la menuiserie, la serrurerie.
Les Marianistes çjui doivent enseigner des jeunes filles, s'y disposent par une préparation convenable; celles qui sont destinées à tenir des lingeries, des infirmeries, des ouvroirs, ou se livrer h d'autres travaux, s'y forment dès leur noviciat, et plus tard dans les différents établissements de la congrégation.
Les sœurs qui demeurent dans des maisons où se trouvent des religieux, sont cloîtrées relativement aux personnes de l'intérieur d'un collège, par exemple, et ne communiquent avec elles que par des tours, a moins qu'elles ne soient autorisées a sortir de la clôture par les besoins du service. Les noviciats de sexe différent ne peuvent jamais exister dans le même établissement. (1)
CROIX (Congrégation des soeurs de Notre- Dame DE LA).
Maison mère à Murinais, diocèse ae Grenoble ( Isère).
La congrégation des sœurs de Notre-Dame de la Croix, dont la maison mère est a Murinais (Isère), est née dans l'obscurité comme l'humble violette, et se fait connaître par la bonne odeur de ses vertus; aussi voulaitelle rester dans l'oubli. Le seul désir de fournir une pierre pour l'édifice que l'on élève h la gloire de Dieu, et la crainte d'opposer l'ingratitude à tant de bienfaits dont cette communauté a été comblée par le divin Maître, a décidé Mme la supérieure h nous envoyer quelques notes, bien abrégées sans doute, sur son établissement.
La congrégation des sœurs de Notre-Dame de la Croix a été fondée & la fin de 1832, à Morinais, près Saint-Marcellin, diocèse du Grenoble, i»ar M. Buisson, modeste, mais
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zélé «Mir^ do relie pauvre poli le paroisse qui ne compte pas sept cents liobi lants , el par M!k* de Murinais, pl us recommaudablc encure car ses verlus el son rare mérite, que par l.i grandeur de sa naissance. M. Buisson était bien loin alors d'avoir la pensée d'introduire une nouvelle congrégation religieuse dans le champ de l'Iigiise; il ne songeait qu'au bien de son cher troupeau ; il voulait procurer à ses malades pauvres les secours dont ils sont si souvent prives, et faire donner aux jeunes tilles confiées à ses soins une éducation simple et solidement chrétienne, c'était là toute son ambition. Vainement, pour atteindre ce but, il s'adressa à diverses communautés religieuses; il rencontra des obstacles insurmontables, el no put rien faire; alors, sans se décourager, il s'adressa à trois jeunes personnes de sa paroisse, toutes trois sans fortune, sans aucune éducation; n'ayant à lui oITrir que leur dévouement et leur bonne volonté, c'était tout ce qu'il voulait : fallait-il autre chose pour soigner des malades et apprendro à des pauvres enfants h connaître et à aimer Dieu? Il les réunit ensuite dans un étroit local quo lui fournit Mlle de Murinais, qui pourvut elle-même à leurs premiers besoins; alors commença pour celte grande âme cette vie d'héroïque dévouement pour cette œuvre qu'on peut appeler son œuvre. Secondant le zèle de M. Buisson, elle voulut elle-même instruito les trois fondatrices. Celte âme noble el généreuse ne recule devant aucun sacrifice; multiplier ses occupations, prendre sur son repos, se dérober souvent aux douceurs d'une famille qui la chérit, furent pour elles des sacrifices journaliers; mais elle puisa dans sa foi vive ce courage constant el sublime que les labeurs d'une œuvre naissante n'affaiblirent jamais. Tout entière à sa pauvre congrégation, elle lui prodigua de plus en plus ses travaux, ses veilles, son temps et ses lumières; toujours occupée de procurer la gloire de Dieu, son zèle el son immense charité savaient surmonter tous les obstacles. Malgré le froid le plus rigoureux, malgré des monceaux de neige capables d'effrayer les hommes les plus courageux, cette pieuse fondatrice se rendait tous les jours, et souvent, bien avant le jour, du château (éloigné d'un quart d'heure) au milieu de sa « hère communauté, pour l'instruire, lui prodiguer ses soins et la former à la pratique des vertus dont elle lui donnait de si louchants exemples.
La charité et la tendre compassion pour les malheureux furent toujours les vertus héréditaires de sa noble famille, mais jamais elles ne brillèrent avec plus d'éclat que dans celle qui, pour les étendre et les perpétuer, voulut prodiguer ses soins et doter «le son esprit une communauté qui sera toujours fière de sa protection.
Nous regrettons que la modestie de la iuèro Saint-Augustin, supérieure, qui nous fournit cotte notice, l'ait empêchée de nous i .'«conter tout ce que les sœurs «le la Croix oui d'estime, .lu vénération el de reconi>'i:-an. ?
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pour celle insigne bienfaitrice, et qu'elle ait voulu se contenter de prier le divin Matire d'acquitter lui-même leur dette de reconnaissance, et la récompenser de toutes les vertus qu'elle a tant de soin de leur dérober: des détails auraient contribué à la gloire do Di«-u et à l'édification des fidèles.
M. Buisson ne voulant pas assujettir les sœurs de Notre-Dame do la Croix à une exacte clôture qui les aurait empêchées de visiter les malades et les pauvres, voulut cependant les mettre à l'abri des dangers du monde qu'il redoutait pour elles ; il les soumit à une très-sévère demi-clôture qui les obligeait à no sortir qu'avec permission, el seulement par charité ou nécessité. H leur donna un costume très-simple : robe, pèlerine, tablier, en grosse étolfe de laine noire, pour les sœurs «Je chœur; rousse pour les sœurs converses, un bandeau noir pour retenir el cacher les chev2ux,un bonuet garni d'une mousseline blanc».'*? unie, plissee à plis gros comme une plume d'oie; sur ce bonnet et tenant à la pèlerine, une espèce de coiffe appelée calèche, en laine noire, qu'elles abattent pour sortir, en forme de voile, el dont les bouts sont attachés sur la poitrine par une grosse épingle à laquelle est suspendue une croix de bois noir, ayant d'un côté un christ en argent, de l'autre une plaque aussi eu argent, avec ces mots : //i hoc signo vincea, et ceux : 0 Crux ave, spes unica. Plus tard, il leur fit faire les trois vœux de religion, et les soumit à une règle que l'on peut résumer en quelques lignes : Se sanctifier elles-mêmes par l'exacte observance «les trois vœux de religion et la pratique de toutes les vertus religieuses, surtout do la sainte vertu de pauvreté, sanctifier le prochain en se dévouant toujours au service des malades et des pauvres, et à l'instruction des enfants, particulièrement des enfants de la classe indigente; observer la demi-clôiurc, c'est-à-dire rester séparées du monde, n'avoir avec lui que les rapports que la charité rendent nécessaires, vivre autant que possible dans le silence et le recueillement, évitant avec soin toutes serties inutiles, n'allant chez personne, si ce n'ej>t pour soigner et visiter les pauvres et les malades.
Dieu bénit cette œuvre dont le soulagement des pauvres était l'unique but; les malades venaient se faire soigner, ils ne voulaient (dus mourir sans avoir près d'eux une sœur do Notre-Dame de la Croix; les enfants accouraient vers elles; les paroisses voisines en envoyèrent un si grand nombre, quo les trois fondatrices, accablées «le travail, succombaient à la peine; d'autres jeunes filles vinrent se joindre à elles et demandèrent à partager leurs travaux. M. Buisson n'en repoussa aucuue, mais il décida qu'on ne les admettrait qu'après de longues épreuves; une prétendance de six mois, un noviciat au moins do «ieux ans, el cinq ans de vœux annuels devaient préparer aux vaux perpétuels. Il les «livisa en deux clasm>; Il > 5-eui > de chaur pour dire l'office et
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mstruire les entants; les sœurs converses plus socialement chargées des soins du tuéoage et des malades. Mais toutes étaient pauvres; les maiedes prenaient beaucoup de temps et ne rendaient rien; grand nombre d'enfants étaient reçues pour rien; la faible rétribution exigée des autres était insuffisante pour nourrir la communauté, et on menaçait sans cesse les sœurs de reprendre ie local que Mlle de Murinais avait loué. M. Buisson, sans fortune lui-môme, se serait effrayé de (notre avenir sans son immense confiance en la divine Providence; et cette conûance, qu'il savait aussi nous inspirer, ne fut pas trompée. Mme la mamnise de Murinais, mère de leur chère bienfaitrice, leur vint en aide, pourvut à leers besoins, et leur fit bâtir uno maison, dont elles prirent possession à la tin de l*W.
Le but de cette œuvre plut a Mgr Philibert de Braillard, évéque de Grenoble. 11 prit was sa protection celte congrégation naissante, dont il a prou va les constitutions au sois de septembre 1842, à la seule condition que les sœurs de Notre-Dame de la Croix ne Limeraient plus leurs soins aui habitants de Murinais, mais qu'elles iraient partout où voudrait les envoyer Mgr l'évêque de Grenoble, qui devait être toujours leur premier supérieur. Ainsi, M. Buisson, qui n'avait songé qu'a sa paroisse, se trouvait malgré loi Je fondateur d'une congrégation qui devenait de jour en jour plus nombreuse.
Â*aoi la tin de 18V2, on demanda des soeurs pour une assez grande paroisse. Cette vreuiière séparation fut bien pénible; mais mocseigneor avait parlé, on se sépara et on obéit. Bientôt de nouvelles demandes furent adressées au pieux fondateur; plusieurs furent repoussées, et cependant, lorsqu'au mots d'octobre 1846, on eut la douleur de le perdre, il y avait cinq établissements dans lesquels les sœurs, accablées de travail, joutaient è peine vivre. Au mois de février l&7, la communauté perdit la première supérieure générale, que plusieurs des jeunes Meurs avaient précédée dans le tombeau, que plusieurs autres suivirent de près. Tant de perles réitérées semblaient devoir anéantir cette maison, mais Dieu en eut pitié. Après la mort du fondateur, Mgr l'évêque de Grenoble leur avait donué un saint et zélé supérieur. Il soutint leur courage; plusieurs jeunes tilles, heureuses de se consacrer au service des pauvres, vinrent combler les vides que la mort avait faits parmi elles; l'œuvre prospéra, elles sont aujourd'hui uuatre-vingl-dix-sept sœurs; elles ont seize établissements, elles vont encore en fonder trois autres; grand nombre de sujets se présentent, beaucoup de fondations leur sont demandées, et cependant elles ne possèdent ; resque rien. Les maisons qu'elles occupent ne leur appartiennent pas, pas même la maison mère; elles sont très-pauvres partout, «Iles soignent partout les malodes; elles visitent (es pauvres, et partout elles sont entourées de jeuues filles pauvres, auxquelles elles
s'efforcent d'inspirer l'amour du travail et de la simplicité. Elles voudraient adoucir toutes les douleurs, soulager toutes les misères, offrir un asile à toutes tes jeunes filles exposées à se perdre; elles voudraient pouvoir aller partout où il y a beaucoup de pauvres, et un peu de bien à faire, c'est là vraiment le but et la fin de leur Institut. Aussi vivent-elles partout pauvrement, elles se contentent de peu; elles acceptent avec reconnaissance toutes les aumônes que l'on veut bien leur faire, non pour s'enrichir, mais, comme le disent leurs constitutions, our pouvoir secourir les pauvres et étendre un plus grand nombre déjeunes filles pauvres le bienfait de l'éducation religieuse dont elles sont si souvent privées
Quand elles se rappellent l'humble commencement de cette œuvre, et qu'elles jettent les yeux sur leur faiblesse, elles sont étonnées de leurs succès, et aussi effrayées de tout ce qui leur reste à faire pour répondre aux pieuses intentions de leur fondateur et de leurs bienfaiteurs, si elles ne savaient que tous les instruments sont bons entre les mains de Dieu qui se plaît à faire de grandes choses avec rien ; aussi veulentelles être toujours petites, toujours dévouées au soin des pauvres, toujours pauvres elles-mêmes, persuadées que, selon la . pensée de l'apotre {il Cor. xii, Ô), c'est leur faiblesse qui fera leur force.
Puissent ces quelques détails qui montrent tout ce qu'a lait pour les sœurs de Notre-Dame de la Croix la divine Providence, inspirer à ceux qui les liront une entière confiance en Dieu, augmenter leur amour pour lui et les convaincre de plus en plus de la vérité de cette promesse du Sauveur : Cherchez d'abord le royaume de Dieu, tout le reste voué sera donné comme par surcroît. (Malth. vi, 33.)