‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 70 sur 323 · M ML · texte numérisé non relu

M ML

DES ORDRES RELIGIEUX. DEL

DÉLIVRANDE (Religieuses de Notre-Dame crer à Dieuet de donner asile aux petites filles

de la). pauvres, elle fonda vers le milieu du xvu'

siècle un monastère à Baveux, qui reçut des

Celle société nouvelle, sortie en quelque constitutions en 1699 de Mgr de Nesmond,

sorte de la communauté de la Charité de évêque de Bayeux, et fut placé sous la règle

Bateui, nous a fourni les renseignements de Saint-Augustin. Mlle Morin reçut en re-

iDtéresssnts que nous donnons ici et qui la ligion le nom de soeur de Jésus,

feront connaître. A l'époque de la révolution de 1793, les

MUe Henriette le Forestier d'Osseville religieuses de cet institut furent obligées,

os.juit s Rouen, le 19 avril 1803, d'une des pour un temps, de se soustraire è l'orage et

premières familles de Normandie. Aussi dis* se séparèrent; après la tempête, elles se

linguée par les vertus que par la naissance, réunirent de nouveau à Bayeux, berceau de

Mlles dOsse vil le avait eu le bonheur de l'ordre. Celte communauté était animée d'un

rompter parmi ses grands oncles M. de Ber- véritable esprit religieux lorsque Mlle Hen-

nièrti, trésorier de France, mort en odeur rielte d'Osseville vint avec ses compagnes y

de sainteté dans le xvu* siècle. faire son noviciat.

Appelée du Seigneur à se consacrer à lui Revenons à l'établissement de la Délions partage, Mlle d'Osseville sentit un al- vrande, constitué en monastère le 26 féirjii particulier pour la Délivrande el pour vrier 1831.

fonder sous l'égide miraculeuse de Marie Par les soins et l'activité de Mme de Sainte-

rétablissement futur que le Seigneur vou- Marie, la maison a pris successivement de

bit créer en ce lieu de bénédiction. grands accroissements. On commença, dès

Dirigée dans sa pieuse entreprise par le "origine, à donner des soins aux jeunes

vénérable supérieur des missionnaires du personnes dont la taille était délicate, et le

diocèse qui sont établis à la Délivrande, traitement orthopédique favorisé singuliè-

M l'abbé Saulet, elle alla d'abord s'instruire rement par le voisinage des bains de mer, si

des devoirs de la vie religieuse dans le cou- propres à consolider des tailles faibles,

reut de la Charité de Bayeux, oui est sous compta quelquefois jusqu'à quarante pen-

j règle de Saint- Augustin. Elle emmena sionnaires.

quelques compagnes dont les noms méri- Kn 1835, des retraites séculières furent

lent d'être recueillis: Mlle Pulchérie le Ser- établies dans la communauté pour la plus

geint dUendecourt, et Mme la comtesse de grande gloire de Dieu et le salut des Ames.

Tilois, tante maternelle de notre digne fon- Elles commencent chaque année le jeudi

dalrice, veuve du sous-préfet de Vire. Après qui suit la Pentecôte el durent huit jours,

un ao de noviciat et d'épreuves de tout gen- Trois ou quatre cents personnes viennent

re, après avoir prononcé ses vœux tous le dans la solitude réfléchir sur leurs devoirs,

non de sœur Sainte-Marie, elle obtint de méditer sur la brièveté de la vie et Timpor-

Mgr Daniel, évôque de Bayeux, l'autorisa- tance du salut.

lion d'aller avec ses compagnes commencer Ces retraites sont prôchées par MM. les uo établissement à la Délivrande, sous les missionnaires dont le zèle apostolique, la marnes statuts, règles et constitutions que piété et le dévouement ne connaissent pas celles du monastère de Bayeux, demeurant de bornes, et qui par leurs vertus et leurs toutefois complètement indépendantes de talents gagnent chaque jour un nombre inertie maison, el le monastère fut définitive- fini d'âmes è Dieu.

ment fondé le 26 février 1831. La fin parti- Au mois d'août 18fr2, Mme la comtesse de volière de cet inslitut est l'instruction et l'é- Saint-Léonard, qui prit en religion le nom ducaiicu des pauvres petites orphelines et de sœur du Saint-Cœur de Marie, vint passer lotres dépourvues de secours, et môme aux quelques mois dans ce monastère pour se l«tiies filles hérétiques qui désireraient de former à la vie religieuse avant d'aller fon- » convertir. Aux trois vœux solennels de der, àBlon, près Vire, l'ordre des Filles du liuvreté, chasteté et obéissance, les reli- Sacré-Cœur ue Marie, destiné à l'éducation penses ajoutent un quatrième vœu, de des enfants pauvres dans les campagnes, «employer à l'instruction et éducation des Elle emmena avec elle, à Blon, une des pauvres petites filles pauvres. orphelines pour première religieuse. Bien- Avant d'entrer dans le détail de ce qui tôt plusieurs autres jeunes personnes vin- «mcerne la communauté de la Délivrande, rent se joindre a elle : cet ordre estaujourbous dirons ici que la fondatrice de l'ordre d'hui en voie de prospérité et procure la prituitif fut Mlle Marguerite Morin, fille de gloire de Dieu I

« Philippe Morin, bourgeois de Caen, et Aux différentes œuvres entreprises dans le

w dame Slarie Bourdon. Elevée jusqu'à monastère, vint s'en joindre une nouvelle,

qoinie ou seize ans dans l'hérésie, elle ré- également précieuse pour le bien de la reli-

solut d'embrasser la religion catholique et gion et de la société. Le vénérable fou-

* convertit. Plus tard, pressée de se consa- dateur, M. l'abbé Saulet, voulut établir uu

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pensionnat on 1S'i7, cl procurer ainsi h l'établissement une ressource annuelle pour la subsistance des pauvres orphelines.

Vers 18*8, le monastère comptait dans son sein (piaranle professes de chœuc, tceizo converses, et vingl-lcois sujets novices ou postulantes; soixante-dix à quatre-vingts orphelines; mais le Seigneur vint bientôt séparée des sœurs tendrement unies par les liens de la charité pour les envover sur le sol de l'erreur travailler à sa gloire et à la conversion des âmes.

Mgr Wiseman, évèque de Londres, et M.

l'abbé Quiblier, Sulnicien, désiraient depuis longtemps voir établir à Londres une maison religieuse qui s'ocxup/U de recueillir les pauvres orphelines abandonnées aux dangers de l'erreur et de la corruption.

Un appel fut fait au monastère de la Délivrande, et le 13 septembre 18i8, douze religieuses de chœurs, cinq sœurs converses cl une tourière au nombre desquelles étaient Mme de Sainte-Marie, nommée supérieure de cette nouvelle colonie, s'embarquaient au Havre pour aller fonder un monastère de cet ordre a Norwood, faubourg de Londres. Elles furent conduites par le vénérable Père supérieur et par M. le comte d'Osseville, fondateur do la communauté de la Délivrande.

Déjà huit sœurs sont allées rejoindre leurs anciennes compagnes, l'établissement est en voie de prospérité. Soixante-dix orphelines, arrachées a l'erreur ou à la séduction sont recueillies dans l'enceinte de ce nouvel établissement qui occupe un terrain considérable. Tout lait espérer que le dévouement et les sacrifices de tous genres qui ont accompagné cette nouvelle fondation, attirera de plus en plus les grAces du ciel sur celte nouvelle colonie qui reste unie à la maison de la Délivrande, et ne forme qu'une seule et môme maison avec elle; la supérieure aussi bien que le noviciat général y font leur résidence. Nous avons obligation de ces renseignements à M. l'abbé Redel. Depuis qu'il nous les a fournis, nous avons appris que quelques-unes des religieuses de cet institut de h maison d'Angleterre, par permission cl exception, quittèrent leur clôture pour aller secourir les soldats de l'année d'Orient, lors de la fameuse guerre de Crimée, oui finit par la prise de Sébaslopol. Des dillicultés qui s'opposaient a l'exercice libre de leur zèle, les obligèrent à revenir bientôt.

D1ITES, religieux à Conslantinople

On appelait Diites les religieux qui habitaient a Constantinople lo célèbre monastère nommé Die,<juiavailéléfondépar l'ahbé Die, comme nous apprend Rernini dans son Histoire des hérésies, page 27.». Nous apprenons aussi deN.irzi.daus sa Notice «les mots ecclésiastiques, que Diitium éiait le nom du nionastèrequi reconnaissait pour fondateur saint Die, archimandrite dont il est fait mention dans le Ménologe grec au 19 juillet. Dans le Martyrologe romain on lit le mémoire sui-

(I) Votj. à ta lin du vol., n«» 6λ, 06.

roc * -2

vaut : Constantinopnlis, natalis monachortim martyr um monasterii DU 8 Februarii.

DOCTRINAIRES {Du rétablissement dtt Doctrinaires, institués par le Yen. César de Dus, (î Cavailhn (Yaucluse).

La congrégation des prêtres séculiers de la Doctrine chrétienne, que le vénérable César de Bus avait fondée à Cavaillon, \ers la tin du xvr siècle, a été rétablie en 1850, après onze ans d'interruption; le général des Doctrinaires, le très-révérend P. François de Réza, exauça les prières qui lui furent adressées, cl Sa Sainteté Pie IX, par son bref du 17 janvier 1850, daigna autoriser rétablissement et le noviciat dans cette même ville. Ce fut Mgr Dchelay, archevêque d'Avignon, qui les revêtit le 1G inai de l'habit des Doctrinaires et ayant reçu dispense de six mois de noviciat, ils tirent leurs vœux le 25 d'août de la même année, entre les mains du R. P. Ccneila, que le bref déjà cité nommait supérieur de la maison de foudation avec pouvoir de provincial ad /n'ennium.

^ Heureux de ce titre d'enfant du vénérable César de Dus dans une ville que ce saint prêtre avait éditiée el catéchisée avec tant de fruits, ils se mirent aussitôt à l'œuvre. M. Ailliaud, directeur-supérieur, comme curé de bi paroisse, adopta avec empresseoieut la méthode établie et pratiquée avec tant de succès par le fondateur. Les premiers Pères, quoique presque sans ressources, mais aidés et soutenus par la couliance en la Providence, dont la protection fut visible, ouvrirent un établissement d'une instruction secondaire qui réunit, en moins de treis ans. cinquante élèves, d'abord dans la maiseu dite de Jean, puis dans celle de Saiut- Roch.

L'année suivante leur fournit une tâcha encoro plus conforme à leurs goûts et a leurs vocations de catéchistes. Le Jubilé les appela, ainsi que le R. P. (ienella, dans plusieurs des paroisses du diocèse d'Avignon, d'Aix et de Frcjus. Pendant trois ans le Seigneur soutint leurs forces el il lui a plu <io bénir leurs efforts et ceux de leurs confrères, qui, par dévouement pour leur renausance* voulurent bien s'adjoindre à eux dans ces missions où le catéchisme eut une grande part.

Quelque humble qu'elle fût, la fondation fut connuo du public. Des demandes leurs furent adressées des divers points de la France, on leur proposa des stations à prêcher, des établissements secondaires à fonder dans les bourgs et dans les villes; mais trop peu nombreux, ils ne purent d'abord accepter ces oiïres honorables parce qu'ils avaient besoin du se former dans la retraite.

Il fallait aussi (pie le creuset purifiât le berceau de cette œuvre; que le grain resrôt longtemps caché eu terre et qu'il fût foolé aux pieds avant de monter en épi. Cette consécration n'a pas manqué aux Doctrinaires de la Doctrine chrél enne, il y eût

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