‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 74 sur 323 · DOC 4U · texte numérisé non relu

DOC 4U

•e oom do Filles, ou Maîtresses des écoles de cMsrité. parce que, dans le début de l'assoriat!oo, elles recevaient leur subsistance de la fîwrité, qui fondait leurs écoles. Ensuileclles r-rrnt «lési^nées par le nom de Sœurs d écote flV Tout. Après la mort de leur fondateur, on 1.'? nommait communément Sœurs de l'Institut dt M. Valelot, d'où leur vient, par abréviation, le surnom de Sœurs Yatelottes ; nuis depuis le rétablissement du culte, 1808, elles ne sont plus connues que sous la dénomination de Sœurs de la Doctrine tkrititnne, parce que le principal objet do leur institution est renseignement do la di> irine de Jésus-Christ; c'est sous ce litre quelles sont désignées dans leurs statuts, ft que leur congrégation est approuvée du gouvernement.

Le noviciat n'était, pour l'ordinaire, que d'un an. Quoique le règlement primitif ne ^■écitie pas toutes les qualités requises dans te aspirantes pour y Ôtre reçues, l'usage a toujours été de n'admettre au nombre des nonces que des Glles légitimes , saines de corp» et d'esprit, irréprochables dans leur roodoite et douées d'une capacité suffisante jour l'enseignement : on a demandé en outre qu'elles n'aient point été domestiques, ni mariées, et que leurs parents au premier degré n'aient subi aucune peine infamante. La confiance publique, dont les sœurs ont besoin, parait avoir prescrit ces mesures do prudence et de rigidité. La cérémonie de la Crise d'habit, à la fin du noviciat, s'est faite des l'origine, a peu près de la môme manière qu'elle s'observe aujourd'hui, et le «anime prescrit par M. Vatelol ne différait que très-peu de celui qui, maintenant, est le costunie de règle. Vers l'an 1803, on ne wiirop pourquoi, il s'est introduit dans la et dans la guimpe un changement désaia»taQ'cux sous bien des rapports; mais, iftûi'j-deui ans plus tard, on reprit l'ancien eoMurof, à l'unanimité. Les sœurs n'ont point été soumises aux vœux publics; cependant, si l'on en croit la tradition , les ttfm privés, quoique facultatifs, ont toujours été en usage dans l'institut; les sœurs qui désiraient Tes faire en demandaient la («rmiision à leurs supérieurs et les prononcent devant Dieu pour le temps déterminé l*r celui qui les avait permis.

Les sœurs de la Doctrine chrétienne dirigeaient déjà, à cette époque, quelques mai- *°us d'orphelines ; la tenue de ces établissements était semblable , pour le fond , à telle que nous voyons dans nos maisons de ce genre. L'ordre de la journée, le temps l*rl*gé entre l'instruction et le travail ; lo 'rouleau de chaque enfant admise ; l'Age 1 entrée et de sortie ; les effets qu'on devait '««rdooner en partant; les fondations pour "*,deax, trois pinces, à raison de 150 fr. «»acune; tout, en un mol, so pratiquait l,|u»ne aujourd'hui.

Le* sœurs intirmières avaient lo soin des ''^l&les et la distribution des secours aux

auvres, à domicile ou dans leur maison ; lJBi6t la même sœur était chargée de l'école

du soir, des malades et de l'administration des charités ; tantôt elle n'avait que ces deux dernières fonctions : quelques-unes étaient chargées de l'admini.Mralion d'un hospice et des malades externes. Les actes qui nous restent sur cet office de bienfaisance témoignent du grand prix qu'on faisait de ces œuvres d'humanité , et comme on entrait dans les vues du pieux fondateur ; rien ne paraissait petit à In congrégation ni aux communes, quand il s'agissait de soulager les pauvres dans leurs maladies. C'est avec attendrissement qu'on lit les quelques lambeaux de vieux papiers qui nous ont transmis ceque nous avons pu recueillirdes soins qne les bonnes sœurs prodiguaient aux malheureux. Elles les visitaient , les consolaient , les soignaient comme des mères : tisane, remède, bouillon, nourriture, linge, elles trouvaient moyen de leur procurer tout ce qu'exigeait leur Situation ; elles s'entendaient avec le médecin pour les saignées et Ja manière d'exécuter ses ordonnances; elles le conduisaient de temps en temps choz les malades; afin de ne pas se tromper dans lo itiiilement, elles tenaient une petite pharmacie, presque toujours composée des simples qu'elles allaient cueillir h la bonne saison, et priaient le médecin d'en faire quelquefois la visite, a i in de constater l'état do leurs remèdes. Leur zèle industrieux savait trouver d«s ressources pour fournir aux malades pauvres de quoi se vêtir , se coucher, se blanchir convenablement ; elles so faisaient un bonheur de leur procurer nonseulement les secours corporels dont ils avaient besoin , mais encore toute l'assistance spirituelle dont elles étaient capables. C'étaient pour les affligés des anges consolateurs, aussi dévoués à la sanclili* aiion de l'âme qu'au soulagement du corps. 11 est vrai qu elles ne pouvaient se cotiser dans ces nombreux bienfaits , que pour leurs soins maternels et leur activité infatigable. N'ayant pour richesse que leur tendre charité, elles recevaient tout le reste de la libéralité d'autrui ; mais leur lâche n'en était pas moins une vertu au-dessus de tout éloge, un dévouement digne de l'admiration des anges et des hommes. Il leur était tecommandé de modérer leur zèle de telle sorte, quo le soin des malades ne leur fit jamais négliger celui de l'école, et d'avoir tant de prudence dans l'office auprès des infirmes, que les services de leur charité ne pussent compromettre ni la vertu de la sœur oui les rendait, ni la santé du malade qui les recevait. Aussi quoiqu'il se soit rencontré quelques défauts inséparables de la fragilité humaine, les scandales, s'il y en a eu, ont été si rares, que la tradition n'en conserve aucun souvenir.

M. Pogel de Venlou , vicaire générnl du diocèse de Toul, remplissait les fonctions de supérieur de la congrégation et la gouverna jusqu'à la suppression des ordres religieux. Il était doyen du chapitre et examinateur synodal , irès-instruit en théologie et en droit. Lors delà persécution de 1793, il

4î5 doc dk.tio:

donna a ses filles l'cxcinp.e nos confesseurs de la lui ; il émigra et îiiourul on e vit. Durant sou adininisiralion , M^r de Chaumoul, évêque de Saint-Dié , avait la direction dos sœurs placées dans son diocèse; niais les lettres d'obédience que te prélat leur donnait n'étaient valablesque pour un an; les sœurs préserlaient annuoileinenl leur commission à l'évèolié, nfin d'en recevoir un nouveau mandat d'exerrico.

Ij\ révérende More Jeanne Pierson, dont la mémoire est on vénération dans l'mnede Imites les so'iirs qui l'ont connue, était supérieure eénérale «le la congrégation , depuis 1708. bans cotte administration, alors si dillicilo, ollo >e montra générou>o, liumble, prudente et inébranlable. Sa conduite fut exemplaire par sa fidélité ii la vraie doctrine de l'Eglise et par la pratique de toutes les vertus de son état, principalement sous la tourmente révolutionnaire. Dos qu'elle sut, en 1790, (pue l'assemblée constituante avait décrété la suppression des maisons religieuses, cette prudente supérieure se lit reconnaître par la municipalité de Tool, pour institutrice communale, et par ce moyeu elio prévinlla vente delà maison mére, qui, a la restauration du culte, fut rendue on toute propriété à la congrégation , comme tous les biens de l'Eglise non aliénés rentrèrent dans leurétat antérieur. Elle continua d'habiter la maison et d'y tenir l'école, sans changer dans sa conduite autre chose que son habit religieux. Trois lois les agents municipaux voulurent la forcer de faire son école selon les idées du temps, el trois fois elle évita leur malveillance et maintint son œuvre jusqu'à la lin de sa vie. A son exemple, ses filles se rendirent reeommandables par leur fidélité durant celte grande épreuve ; elles n'eurent que huit de leurs sœurs qui sortirent de la congrégation; la persévérance do toutes \u-> anlres est d'autant plus admirable que le règlement leur conserve !a faculté de reprendre la vie privée, et que, placées isolément dans les paroisses , elle» étaient plus exposées au péril, et moins prémunies contre la séduction. Il est vrai que, pendant celte horrible tempête, elles furent, pour la plupart, obligées de suspendre leurs fonctions, de rentrer dans leurs familles et d'y porter l'habit séculier; mais ces vertueuses tilles vécurent dans le monde comme n'en étant plus, y conservèrent l'esprit do leur état, et lircuC parleur conduite, l'édification de la commune qui était devenue leur asile. Un grand nombre d'entre elles continuèrent à faire l'école en secret, et de rendre à la jeunesse et aux pauvres tous les servicesque cette déplorable époquo ne leur rendait pas impossibles. Dans les grandes tempêtes, tandis que les vents impétueux renversent les arbres élevés et cm- 'orient les moissons qui se trouvent sur U nauteurs, les humbles plantes , cachées sous les épines des vallées, continuent tranquillement de croître cl de produire.

Après la supprcs-ioii du chapitre de Ton!, Mgr de Manessy continua la direction des

;.\ire DOC 416

sœurs ne la Doctrine chrétienne. 11 les éclairait de ses conseils durant ces jours de troubles; les fortifiait dans la foi orthodoxe et avait soin de les prémunir contre les pièges et la terreur du temps. Ce fut eu exerçant le saint ministère chez elles qu'il fut délivré, cnmincpar miracle, d'une bande de furieux, qui le cherchaient pour l'arrêter et le faire périr; l'un de ces malheureux, en arrêtant ce saint piètre, qui restait paisible comme un agneau, lui fil au visage une large blessure d'un coup do bayuiinelte; mais la douceur du ministre do Jésus-Christ, et les pnèrcs de ses tilles, calmèrent la tempête: le tigre lArha sa victime el la laissa se retirer" tranquillement dans sa demeure. Dès lors ce pieux supérieur n'exerça plus qu'eu secret les fonctions de sa charge , jusqu'au com-ordat de 1801.

Après la réunion des deux diocèses u'e Nancy el de Tonl, il fut convenu entre !o pouvoir ecclésiastique et le pouvoir civil que la maison mère de la congrégation serait établie à Nancy; celle convention fut stipulée dans les statuts; l'année suivant1, 180V, l'ancienne maison des Capucins fut remise avec toutes ses dépendances h la disposition des sœurs de la Doctrine clirétieune, pour être le chef-lieu do leur institut.

Après la mort de Mgr de Manessy , M. Chaput, son compatriote etson arni intime, lut chargé do. la direction des sœurs de la Doctrine chrétienne. Ses premiers soins furent consacrés à recueillir toutes les voix pour l'élection d'une supérieure générale. Dès que les bonnes sœurs entendirent /a voix de ce nouvel Esdras qui leur annonçait la restauration de leur ordre, el les invitait à quitter l'habit profane, les ennuis de l'exil el ce Irop long deuil où elles gémissaient, alin de se joindre a lui pour relever les murs de la Jérusalem mystique, elles accueillirent avec transport cette bonne nouv7/c;et comme Zacharie, elles benirent le Sciyncur de ce qu'il venait visiter son peuple. Aussitôt quittant leur retraite avec la joie des Israélites au sortir de la captivité, eiles accourent à l'en vi se remettre sous la direction du guide lidèle qui venait les consoler, et reprennent avec une nouvelle ardeur les pénibles travaux de l'enseignement : travaux si chers a leur cq'ur qu un grand nombre d'entre elles ne les avaient peint interrompus durant ces jours de persécution.

M. Chaput réunit les voix pour le 16 janvier 180.1, il s'en trouva cent trente-dem. Les douze aune- s précédentes avaient diminué la congrégation de moitié. Le dépouillement du scrutin olîrit une grande majorité en faveur de l-i bonne sœur Thérèse Rosalie Marquant, et elle fut proclamée supérieure générale.

Ce commencement de restauration offrait bien dos dillicullés, exigeait bien des privalions et des sacrifices, mais associée auzèlf sage et courageux do M.Chapul, la supérieure s'esi montrée a la hauteur de sa charge. Al'»n paraissaient tous les ravages d'une trop de-

llorahle époque, (ouïes les ressources des «Mrs bnmaiuenient détruites , leurs fondations entre des mains étrangères, leurs écoles à refonder, l'autorisation du gouvernement a obtenir; tout n'était plus que ruines et débris, comme après le plus horrible naufrage.

Quoique timide et encore jeune, mais douée d un caractère ferme, d'un esprit droit, f t d'une admirable soumission à la volonté de Dieo, lasupérieure mit la main à l'œuvre avec ladus grande confiance: pétitions, démarches, refus, denûment, embarras de tout genre, rien n'ébranlait son courage, ni son attachement à la congrégation, et l'ardent désir qu'elle avait de la rétablir, l'éievait au-dessus de sa timidité et des entraves de l'administration.

SI. Cbaput voulut a la congrégation une ? licence légale; des statuts analogues à la relation en vigueur furent préparés par

ui et le nouvel évêque Mgr d'Osmond et le fréfelde la Meurihe; ils furent approuvés («r le gouvernement le 28 prairial an XI

âO avril 1803). Les sœurs de la Doctrine chrétienne furent les premières qui reçurent m acte de justice du gouvernement consulure.

tne sage mesure, objet des articles 47 et «8 ues statuts, fut d'ouvrir un asile honorable à la vieillesse qui n'a plus la force do xjuienir les fatigues de I enseignement, à liafirmité qui réclame des soins particuliers tl du re}K)s.

Ce fot le jour de la fête de saint Jérôme, 180k, que les sœurs de la Doctrine chrétienne rfpnrent le costume religieux qu'elles ont porté josqu'en 1825. Les premières années viles vécurent dans la plus extrême pauueté; trois ou quatre planches placées sur Jfs us chancelants leur servirent de tables, •Inique autres planches sur des pierres détinrent des bancs , des vieux bois de lit '{utiles recueillirent formaient l'ameubleia«t des chambres à coucher; celui de la misioe se composa de Quelque marmites et rfes nstenstlcs les plus indispensables à la ( réparation de la plus indispensable nourriture; tels furent les commencements de la maison mère.

Sur ta fin de Tannée 1820, la maison mere fulenvaiiie par une épidémie désolante qui emporta plusieurs de ses tilles; la supérieure tJle-même.deuxde ses sœurs et presque tous i°smenibres de la communauté furent atteints ■lu fléau ; il fallut fermer les écoles et ren vo ver ks nonces a leurs parents. Leur Mère et nue de ses sœur» succombèrent à celle matoJie. Toutes les sœurs versèrent des larmes abondantes sur la tombe d'une Mère qui les "ait dirigées pendant dix-huit ans avec tant :e sagesse et de bonté. A son élection il y 3vaiicenttrenie-deui sœurs, on en comptait trou cent quatre-vingt deux a sa mort. La M re Pauline de Faillonnot lui succéda le 13 mars 1821, et le 16 février 1823 on fit la dédicate d'une chapelle qui avait coûté quarante mille francs.

L'institut faisait de rapides progrès; trois wsa{.rés M. le supérieur revenant d'une

tournée fort longue , s'écria tout è coup avec une sainte joie : « Dieu soit béni, voilà près de dix mois que nous vous avons visitées; nous sommes arrivé chez la plupart sans être attendu et aux différentes heures du jour et nous avons trouvé nus bonnes sœurs occupées précisément à ce qu'elles devaient faire à l'heure de notre entrée 1 Cette exactitude me remplit le cœur d'une joie ineffable. » La congrégation fit une grande perle a la mort de son digne supérieur, elle eut lieu en 1825.

La conduite de ces respectables filles qui depuis plus d'un siècle d existence, au milieu de tant de périls et d'épreuves, ne s'est jamais démentie, est le plus bel éloge que l'on puisse faire de celle communauté, et do son fondateur.

Au commencement de ce siècle les supérieurs de la congrégation avaient eu lo projet de faire de l'émission des vœux un article du règlement, mais ils crurent devoir ajourner cette mesure, parce que les circonstances ne semblaient pas assez favorables. Mgr Meniaud , témoin de l'élan religieux donné à la congrégation par la révéïende Mère Pauline, rendit obligatoire, en 1844, l'émission des trois vœux de religion : de chasteté, de pauvreté et d'obéissance. Tous les membres de la congrégation se réjouirent de cette mesure dont elles comprenaient la nécessité. En s 'attachant d'une manière plus irrévocable à leur vocation elles espéraient recevoir les grâces abondantes qui sont attachées à cette consécration.

Depuis cette heureuse amélioration la congrégation de la Doctrine chrétienne a fait des progrès plus rapides. Dieu a multiplié les vocations. En 18M elle se composait de sept cents, aujourd'hui elle on compte plus de treize cents formant environ trois cents com&mnaulés et deux cents écoles. Le plus grand nombre de ces établissements sont répandus dans les départements de la Meùrlhe, de la Meuse, des Vosges, du Bas-Rhin , du Haul-Hhin , de la Marne, de la Haute-Marne, de la Côle-d'Or. La congrégation a aussi vingt-six établissements dans la Belgique et dans le Luxembourg hollandais.

Cet institut donne en ce moment l'instruction primaire à plus de quarante mille jeunes tilles, l'éducation et l'instruction dans les écoles communales , l'éducation et l'instruction secondaire dans les pensionnats et dans les écoles privées

Les études du noviciat ont pris i extension que réclamaient los besoins de l'époque. Depuis quelques années l'Académie a décerné aux sœurs da la Doctrine chrétienne plus de cent médailles. Pendant les trente-quatre années de l'administration delaMèrePauline, les bénédictions du ciel se sont répandues avec abondance sur cette congrégation ; cette vénérable supérieure, voulant consacrer à l'obéissance le reste de sa vie si bien employée, déclara, en 1855, en se démettant volontairement de sa charge, qu'elle ne voulait plus que ses chères filles lui donnassent leurs suffrages; par respect pour sa volonté

DI S ORDRES RELICIEtX.

Page 1