‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 80 sur 323 · US ECO DES ORDRES · texte numérisé non relu

US ECO DES ORDRES

On fil Quelques frais pour faire acquérir è quelques maltresses une instruction plus «ignée, aûn qu'elles instruisissent les postulantes et qu'elles les formassent pour donner une éducation plus analogue aux exigences des parents. De jeunes personnes finement élevées et très-instruites contribuèrent heureusement à doter la maison 4e ce bienfait. Telle fut une jeune personne <it Pans, Juive de naissance, convertie à l'époque de sa première communion avec toute >a famille, qui n'a cessé depuis lors de donner l'exemple de la plus grande ferveur. On offrait à celte excellente demoiselle 1,500 fraoeset une position brillante, à raison do rires talents, mais elle voulait se consacrer à Dieu; elle rencontra la sœur PlunJe ; elle préféra la vie évangélique de la xnr Marie-Madeleine à tous les couvents nebes de la capitale. Dès ce moment on foruj dans l'institut tous les sujets propres à remplir les divers emplois.

Sur la demande de Mgr l'évôque de Couuoees, qui exposa à Sa Sainteté Grégoire Wl, que les sœurs des écoles chrétiennes de la Miséricorde suivaient avec une grande Wificaiion les institutions du vénérable abbé delà Salle, se livrant avec zèle à l'éaucaiton de la jeunesse et à d'autres œuvres de tUnté, Sa Sainteté accorda le 2 septembre l&i toutes les indulgences pléuières et ^nielles accordées par le Saint-Siège aux îrfrfsdes Eco'es chrétiennes.

La Ténérable Julie Poslel,en formant une société religieuse, avait voulu s'eirorcer de ùire revivre les vertus des premiers temps uei'Fdiàe; faire le plus de bien possible en se tachant le plus possible; aimer Dieu sans œe*ure et le faire aimer de toul son pouvoir ; n'avoir jamais en vue que de lui plaire ; umôer tout pour rendre les autres heureux ; tooinbuer à réformer ta société par sa base tn se vouant à l'éducation chrétienne de la jeuoesse, tels furent toujours ses principes, les mobiles de sa conduite et le sujet des Damnes qu'elle ne cessait do répéter. Elle recooiniandiiit surtout la pauvreté et la siml^icilé évangéliques.

«Soyez les mères des enfants, » disaitelle aux sieurs vouées à l'instruction, « il y tn a beaucoup qui n'en ont pas d'autre, mus être orphelines, car co nest pas en avoir que d'un avoir une qui donne de mauvais principes ou de pernicieux exemples. Gagnez ces jeunes cœurs au bon Dieu. Chaque sosur enseignante doit au moins sauver nulle Ames pendant sa carrière ; un tiers parmi les élèves et les deux autres tiers par i'iulluence des enfants pieux sur les parents, par les prières et par l'édiUcaiion qu'elles donnent. Je voudrais aller jusqu'aux extrémités de la terre pour gagner une âme, et Ullui-il aller dans les Indes, je partirais à l'iustanl, dussé-je au bout de ma course trouver le martyre. — Soyez comme l'argile tuli« les mains du potier, quel que soit l'emploi qu'on vous assigne. L'argile ne dit |*î a celui qui la façonne qu'elle lie veut pas tue employée a de vils usages. Dans les

maisons des princes, on se fait honneur do porter leurs livrées, faisons-nous donc honneur de porter celles de notre Roi, sa pauvreté, sa couronne et sa croix... Puisque vous vous êtes données à Dieu, donnez-vous donc à lui tout entières... Dieu est jaloux; il veut le cœur tout entier, l'arbre et le fruit; un cheveu entre l'âme religieuse et son divin Epoux est un mur de séparation.

« Quand on aime, on trouve tant de bonheur à soutfrir pour l'objet de son amour 1 Aimons, aimons sans bornes ; plus nous aurons «limé Dieu ici-bas, plus nous l'aimerons éternellement. Si vous tratnez votre croix, vous tomberez; si vous l'embrassez avec courage, Jésus-Christ la portera pour vous... Ne faites rien par crainte, faites tout )»ar amour... Le silence ost le gardien de toutes les vertus... On reconnaîtra une véritable sœur de la Miséricorde par une vraie droiture de cœur, par la franchise, la simplicité, la pauvreté et l'humilité... Souvenezvous que les petites vertus font les grands saints; la violette se cache sous les feuilles, mais sa douce odeur la fait découvrir... Estimez-vous heureuses si le monde vous méprise, c'est une preuve que vous ne lui appartenez pas et que vous n'appartenez qu'à Dieu.

« Malgré le bonheur que l'on goûte dans la vie religieuse, on peut dire que c'est un martyre de tous les instants, parce que c'est une continuité de petits sacrifices qui peuvent nous être aussi méritoires que le martyre de l'échafaud, attendu que les souffrances que les martyrs endurent ne sont que de quelques moments et que les sacrifices do la vie religieuse sont continuels. Us sont devant Dieu d'un prix intlni. Soyons toujours prêles à monter avec Jésus sur le Calvaire et à y mourir s'il le faut... On n'a rien à souffrir quand on aime le bon Dieu. Ayons sous les yeux la sainte famille et voyons comment les moments de Jésus, de Marie et de Joseph, étaient partagés entre la prière et le travail; que nos délassements mêmes soient copiés sur ceux de ce divin modèle. Ne voyons dans les sœursque lebien qu'elles font, et que chacune dise comme saint François de Sales : Si elles avaient cent visages, je les regarderais parle plus beau. Rendonsleur tous les petits services qui sont en notre pouvoir. Réjouissons-nous d'être le» servantes des servantes du Seigneur. Quand vous seriez appelées à leur rendre ces petits services pendant le temps destiné à la prière, faites cet échange de bon cœur, c'est quitter Dieu pour Dieu. Ce n'est pas parce que nos sœurs sont aimables qu il faut les aimer, mais bien parce que Dieu nous commande d'aimer notre prochain comme nous-mêmes.

Nous qui sommes les épouses d'un Dieu qui nous a choisies pour accomplir jusqu'aux conseils évangéliques, nous devons vivre comme les premiers Chrétiens, qui n'avaient qu'un cœur et qu'une âme. Dans le cœur d'une bonne religieuse, il ne doit y avoir la place que pour Jésus cruciûé. »

Pendant son premier rovage à la capi

4SI ECO UICTI

taie , la sœur Placide ayant fait providentiellement la rencontre de M. l'abbé Haomet, curé de Sainte-Marguerite, rétablissement des sœurs des Ecoles chrétiennes se fit dans celle paroisse au milieu des pauvres, dont elles sont devenues les mères. Cette maison, dite de Notre-Dame consolatrice, s'est constamment développée dans l'intérêt des petites filles pauvres et des classes ouvrières du voisinage. Ce modeste établissement a déjà produit, à Paris : La maison du Sacré-Cœur, rue de Pic|ius;la belle crèche du même quartier; le pensionnat avec externat, rue Nolre-Damc-des-Chanips ; l'infirmerie des jeunes convalescents, rue Babylone, et diverses écoles dans la banlieue.

Malgré les efforts de la sœur supérieure pour cacher lo crédit dont elle jouissait auprès de Dieu, bien des traits écliapaient aux précautions de son humilité. La sœur Marthe étant tombée dans une rivière où elle lavait la lessive, pendant l'hiver, ses jambes étaient devenues comme paralysées. Depuis un an, poursuivie par la pensée déchirante qu'on pourrait la renvoyer à la suite des infirmités qui s'*ggravaienî chaque jour, elle ouvrit son cœur à la vénérée Mère, qui la rassura à l'instant et lui dit : « Je vais prier avec pleine confiance pour votre guérison; unissez vos prières aux miennes. • Le lendemain matin, la sœur Marthe était parfaitement guérie. Une autre fois la sœur Philoménc, qui avait depuis longtemps une plaie serofuleuse qui partait du cou et couvrait l'épaule, et qui était si dégoûtante que la sœur infirmière, malgré sa charité et son habitude (Je soigner les malades, éprouvait en la pansant des répugnances involontaires. La Mère la voyant désolée, l'embrasse et lui dit : « Ma Ki î le. prie/ avec foi et confiance, soyez sûre que vous serez bientôt guérie. » En effet» au bout de trois jours, tout était parfaitement cicatrisé, et depuis sept ans que cette guérison a eu lieu, tout apparence de mal a disparu. Les sœurs Marthe et Philomène vivent encore.

A mesure que le corps vieillissait chez la vénérable supérieure, les forces et la vie de l'âme semblaient se développer encore, son activité no devait mourir qu'avec elle. Kilo s'occupait sans cesse des fonctions du personnel do la maison ; presquo constamment on trouvait auprès d'elle quelque sœur puisant dans son cœur et dans son expérience des avis et desencouragements. Dans les trois dernièros années de sa vie, la préoccupation de l'églisequ'on reconstruisaitétaitsa pensée dominante. Elle travailla, avec toute l'ardeur de la jeunesse, a quatre aubes, dont une pour M. le supérieur et trois uni devaient servir, pour la première fois, h I autel le jou. de la dédicace de l'église. <* Je serai dans le ciel, disait-elle, mais je verrai celle bello cérémonie. »

Quoique se> forces diminuassent et qu'elle fût lrè.H->ou tirante depuis deux ou inns semaines, elle ne diminuait rien de ses < xercues et continuait à dire le saint Office; elle récita encore les petites Heures le jour do

(I) Yoy. à la fi» du vol., nu» 7ï, 73.

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sa mort, arrivée le 16 juillet I8U>, à l'âge de 90 ans. On trouva sous son chevet un urand cilice et un corset tout hérissé de |>ointes de fer. Ces instruments de pénitence sont usés i»ar l'usage constant qu'elle en a fiait jusqu'à la fin de sa vie. Toutes les ?œurs fondant en 'armes eurent la conviction qu'elle était entrée immédiatement dans le séjour de la gloire. La Mère Madeleine ne se coucha jamais pendant sa vie sans tenir entre ses mains le signe du salut par amour pour la croix. Elle regardait comme une grâce |»»r lieu I tère de l'avoir toujours retrouvée dans la même main à son réveil. Après sa mort, on observa qu'il eût fallu forcer sa main pour enlever ce crucifix. A chaque instant de sa longue vie, elle avait répété ces deux vers ;

Que la croix dan* ma main soit h ma dernière heure Un à mon dernier soupir je l'embrasse el,e meure.

Le bon Dieu lui accorda cette grâce. Son corps fut solennellement déposé dans un caveau au milieu du chœur, au pied du sanctuaire de l'église en construction. Depuis des grâces de tout genre ont été obtenues par son intercession sur son tombeau. Son pouvoir auprès de Dieu s'est également manifesté par l'aciomptissemcntdes prédictions qu'elle avait faites.

A sa mort, l'in>tilut des sœurs des Ei oies chrétiennes de la Miséricorde se composait de 130 religieuses et 20 postulantes ; aujourd'hui elles sonl au nombre de 100 avec un noviciat beaucoup plus nombreux, et elles se sont répandues dans dix départements où elles rendent de signalés services. Il possède cent établissements, dont huit à Paris. Ce sont des écoles de filles dans les villes et les campagnes, de l'orphelinat des salles d asiles. Elles sont appelées à aller exercer leur zèle en Prusse, où les appellent le roi et les princesses, qui ont envoyé spontanément une des verreries pour la magnifique enlise. On attribue avec raison ce prodigieux développement aux prières de la vénérée supérieure.^)

ECOLE DOMINICALE (Frères de l'J.

On aurait tort d'attribuer à la bienfaisance moderne l'établissement des Ecoles dominicales pour les ouvriers. Qu'on se rappelle d'abord ce que firent, il y a un sièc le et demi, lors de leur élaldisement à Pans, les frères des Ecoles chrétiennes. Voici, pour exciter la reconnaissance des âmes pieuses, la mention historique , malheureusemeul trop concise d'une institution destinée a ce genre d'œuvrequi lui donna son nom. L'Ecole dominicale existait à Courlrai, en Belgique. Douze frères laïques y vivaienlen communauté sous un frère directeur et apprenaient, à de pauvres enfants, la doctrine chrétienne, ainsi que la lecture et l'écriture. Ils donnaient aussi la soupe aux pauvics tt allaient soulager ceux qui étaient malade*. Ils formaient un institut spécial, cl avaient pour fondateur M. Joseph Vaudacle, un it en o leur de sainteté l'an 1780. L'oprit «Je cet homme estimable élail le même qui aiii-

«5 EXF

vj.&\? chanoine Nicot, dont je parle à l'article des Saurs de la Charité de Jésus et de Marie. Essai tannalesde la bienfaisance, t. Il

ELOI(RCUCIEI'$ESOU MONASTÈRE DE SAINT-).

Ver* l'an 650, sainte Aurea ou Aure, Syrienne de nation, d'une naissance noble el illustre, désirant ardemment passer sa vie àèm le célibat et conserver le précieux trésor de la virginité, se rendit en France. Elle fui reçue avec une paternelle bonté par siiat Eloi qui, pour combler les vœux de ceue sainle que le désir d'embrasser la vie érémitiqnc el de renoncer à tout commerce arec le monde pour marcher dans la voie de h |ierfection, avait déterminée à quitter n pairie et a entreprendre avec autant de rourage un voyage lon^et périlleux, lui fait i*n>truire un monastère dans son propre ;.vîai>,dont lui avnit fait présent le roi Haubert. Son excm|)le et les sublimes vertus joelle pratiquait attirèrent un grand nombre ce jeunes personnes qui voulurent vivre »dus sa conduite. Saint Eloi la leur donna jour supérieure, leur nombre, qui croissait vit-jour en jour, s'éleva bientôt è 300. Sainte A'ire vécut pendant sept ans renfermée dans une petite cellule, ne se nourrit que de pain et d'eau qu'elle faisait passer auparavant »oas la cendre. Elle suivait la règle de Saint- Colomba n.

Ouire les divers autres monasières que Mint Eloi fonda en France, on en fonda pluvt-urs autres auxquels on donna les mêmes règles, c'est pourquoi ils portèrent tous lo Bi'tn lieSamt-Eloi.

On fait mémoire do sainte Aure le 4 octobre dans le Martyrologe; mais l'évêque André Saussay place sa fête le premier décernée. Le costume do ce* religieuses consistait tn une robe noire sur laquelle était un man leiu blanc comme on le voit dans Bonanni, V7,Religieusesde Saint-Eloi eu France, <J»05 la première partie des Vierges consacrées a Dieu dans son catalogue des ordres ff!i,;ieux. Le monastère de Paris fut ensutte occupé par les clercs réguliers Ilarnafciies.

(ENFANCE DE JÉSUS (Sœtas de l*).

Communauté formée par lechanoine Triest, fondateur de plusieurs instituts, et dont on i donné la Vie à l'article : Sœurs de ta Charitiit Jésus et de Marie. Le 15 octobre 1835, »it filles pieuses commencèrent celte bienlâisance institution dans une partie du local <Je hospice de Sninl-iean de Latran, mais ce ne fut qu'après la mort du fondateur qu'elles furent, le 20 juillet 1836, définitivement en communauté re'igieuse. Cette institution est devinée a soigner les enfants trouvés, avant «ju'iU soient roi» en nourrice è la campagne, ou devenant malades à la campagne, ainsi que d'autres enfants pauvres et inûnues de ta ville, nu-dessous de l'âge de dix ans. En 1836, If nombre des enfants trouvés malades variait de huit à quatorze; celui des enfants infirmes variait de trente à quarante. C'est

(I) V*,. à h fia du vol., n- 74.

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