‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 88 sur 323 · FAM 4M · texte numérisé non relu

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son prix, l'éducation, qui n a pas la religion pour principe et pour tin, n'est qu'un guide incertain ou trompeur, souvent plus funeste qu'utile, surtout pour la femme dont la vertu est constamment exposée à tout.

En présentant à leurs élèves la religion et la piété comme devant servir de base et de couronnement à tous les dons naturels ou acquis qu'on apprécie chez les jeunes personnes, elles préservent celles qui sont appelées à vivre dans les plus hautes classe* de la société, du double danger de l'ignorance et de l'orgueil; et quant à celles dont la destinée doit être plus humble, elles les préservent également des désirs ambitieux ou des prétentions ridicules que leur contact avec les premières ne manquerait \m de leur inspirer, pour leur malheur et pour celui de leurs familles. Aussi s'attachentelles par dessus tout à leur montrer, comme marque distinctive d'une haute éducation, non ces airs de grandes dames qu'il est si facile de prendre et si fâcheux de conserver dans certaines positions, mais cette aimable et noble simplicité qui se prête à toutes les conditions sociales et qui en relève toutes les vertus comme tous les mérites.

La congrégation des sœurs deSainl-Josepli qui sa consacre spécialement à recueillir ci a élever gratuitement les jeunes orphelines, et à former des ateliers pour les enfants du peuple, s'est également établie en France et en Espagne. Que de pauvres enfants sans asile, sans appui et exposées à tous les dangers et à toutes les soutTrances de cet affreui délaissement, trouvent la vie de leurs âmes et celle de leurs corps dans les œuvres de charité fondées par les sœurs de Saint- Joseph I

La congrégation d<s sœurs de la Conception, qui embrasse avec l'instruction des classes moyennes dans les villes, la direction des hôpitaux , les classes gratuites, les salles d'asile, les écoles et les soins à domicile des pauvres habitants de la campagne, s'est déjà répandue par toute la France, et elle ne peut sullire à toutes les fondations qu'on lui propose. C'est dire assez les services qu'elle rend, et ces services, pour être plus cachés et plus humbles, n'eu sont que plus précieux et plus louables devant Dieu, comme devant les hommes qui comprennent tout te qu'a d'admirable la vocation d'une sœur de Charité.

Les sœurs de l'Espérance, ou gardes-malades, sont appelées de toutes |>arts et ajoutent chaque année de nouvelles fondations îi celles déjà très-nombreuses qu'elles ont faites en Fiance

Le doux nom de >œurs de l'Espérant, ou gardes-malades, indique assez le but de leur institution. Q»m de malades dans le» classes aisées encore plus peut-être que dans les classes pauvres, meurent et périssent misérablement, parce qu'ils sont abandonnés aux soins de mercenaires inintelligent ou sans conscience! Combien qui, pour comble de maux, descendent dans la tomhe sans consolation, parce qu'ils n'ont personne

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mioar d'eux qai les rappelle à Dieu el a et sont appelées à opérer un bien immense?

tui-méioes, et qui ait soin de leur procurer Nous donnerions une idée trop incomplète

les secours d'une religion toute «de miséri- de la prospérité présente de l'œuvre et de

corde et d'amour I II n est donc pas étonnant ses chances d'avenir, si nous n'ajoutions

que les sœurs de l'Espérance soient les bien- qu'en ce moment môme elle travaille à la

reooes partout où elles se présentent, d'au- création de quelques nouvelles congréga-

uot que leur dévouement est à toute épreuve tions, dont les services réclamés par les be-

etoe connaît pas de bornes. Quand un mal soins de notre époque, ne seront ni moins

est si dégoûtant, ou d'une nature tellement précieux, ni moins utiles a la religion,

i/iugieuse, que personne ne se sent plus Ce qui mérite d'être remarqué, c'est qu'à

« courage d'approcher l'infortuné qui en ces nouvelles congrégations demeurées jns-

e&t aueiat, elles accourent au premier appel qu'à ce jour à l'état de projet» d'autres en-

qai leur est lait; quand la peste ou le cho- core pourront se joindre plus lard et venir,

ièm désole nos villes et nos campagnes, on en prenant rang parmi les anciennes, se

ies voit, comme des anges consolateurs, se greffer, comme elles, sur la tige commune

porter, avec un zèle que la mort ne peut sans occasionner le plus léger ébranlement,

îJrayer, et que des veilles continuelles, ou sans déplacer ni gêner en quoi que ce soit,

Jet fatigues surhumaines ne sauraient lasser, un seul des rouages de la direction géné-

pertout où Je danger se montre plus immi- raie qui donne à tout le mouvementetla vie.

oeoi; heureuses en luttant contre le fléau, Le merveilleux développement, les pro-

eteo lui livrant leur propre vie, comme plu- digieux succès de la Sainte-Famille doivent

steers d'entre elles l'ont déjà fait, de lui ar- avant tout être attribués à Celui qui daigna

ncber quelques-unes de ses tristes victimes, la bénir miraculeusement dès sa naissance ;

On n'a pas oublié l'héroïque dévouement à Celui qui peut tout et sans lequel l'homme

iioot elles ont fait preuve, dans plusieurs ne peut rien. II est juste pourtant de ne pas

jriudes villes, à Nancy, par exemple, à Bor- passer sous silence et de signaler les causes

•jmux, à Marseille, à Toulon, à Niort, à secondes dont il a plu à la Providence de se

toiles, etc.., dont les habitants se les dis- servir, pour soutenir l'œuvre de l'abbé

priaient et considéraient comme une insigne Noailles et la faire arriver à ce degré de

{mordu ciel de les avoir auprès de leur prospérité que nous ne pouvons nous em-

coucbe de douleur, quand ils se sentaient pécher d'admirer.

fripés du terrible fléau. Or, parmi ces causes que nous nous som-

Lts ouvrières chrétiennes ont pour objet mes plu à rechercher, il en est quelques-

de procurer du travail et un asile aux ou- unes que nous croyons pouvoir indiquer;

vrières que l'isolement ou la misère expose les voici :

i uotde dangers, et de créer dans les pa- Première cause, l'unité d'une autorité ton-

toisiesdes ateliers chrétiens, où les enfants jours contenue, mais toute-puissante dans le

pussent apprendre un état, sans que rien cercle de ses attributions, placée assez haut

Tieoae les détourner des saintes pratiques pour tout voir et tout contrôler, aussi éner-

«k La religion. Cette œuvre, l'une des pre- gique au besoin, qu'elle se montre ordinai-

nières et des plus importantes que l'asso- rement douce et pleine de tendre coudes-

cwuoti ail fondée à Bordeaux, est appelée à cendance.

rendre un grand développement , c'esl-à- Deuxième cause, les Filles de Dieu feu/,

dire qu'elle est appelée à rendre de grands corps d'élite, sorte d'étot-major, s'il nous

et précieux services; puisque les ateliers, est permis de parler ainsi, dans lequel ne

m mœurs équivoques, aux habitudes plus sont admis que les sujets qui se distinguent

oamoinsimpies, sont l'une des grandes plaies le plus par leurs talents et leurs vertus, el

de notre société et l'un des plus grands obs- qui, par choix, se vouent à la plus hauto

lades à la restauration religieuse et morale perfection de la vie religieuse. Les Filles de

de la classe ouvrière. Dieu seul connaissent el embrassent l'œu-

La congrégation des Dames de la Sainte- vre dans ses détails et dans son ensemble.

Famille qui, sans quitter le monde, embras- et leur mission est surtout de travailler sans

*utla perfection évangélique, et se vouent, relâche à en inoculer, à en étendre et à en

je'on leur position respective, aux œuvres renouveler sans cesse l'esprit; elles sont

de l'association, s'est établie dans un grand constamment prêtes à se porter partout où

nombre de villes ou de localités qui se res- les appelle l'obéissance, à changer, non pas

«nient déjà de sa charitable influence. Tout seulement de maison ou d'emploi , mais

ta jouissant, au milieu du monde, des grâces encore de règle, d'habit et de congrégation i

tt désavantages qui forment comme l'essence c'est parmi elles qu'on prend la directrice

de la vf ation religieuse, les dames de la générale, ses assistantes, ses conseillères,

Saiii^-Famille sont, pour ainsi dire, les ainsi que les supérieures générales des con-

*otib ''«s avancées de l'association; elles grégalions particulières,

luipréprent les voies, écartent les obsta- Troisième cause, les constitutions qui,

clés, encouragent et favorisent les vocations constamment, placent les membres de l'asso-

nstssaotes que Dieu lui destine, et lui rat- cialion sous les regards de Jésus, de M.irie

tachent toutes les Ames, toutes les bonnes œu- et de Joseph, et, daus de si parfaits modèles,

*res que leur position les met à même de lui ne cessent de leur montrer ce que la vertu

^oner. Qui ne voit qu'à ce pointée vue seul a de plus aimable, ce que le divin amour

elles oot une mission précieuse à remplir, a de plus propre, à loucher et à captiver les

Ames, et à faire compter pour rien tes sacrilices qui coûtent le plus à la nature.

Quatrième cause, l'ordre admirable qui règne dans la comptabilité, dans remploi et l'administration des intérêts temporels; la prudente lenteur et, quand il y a lieu, la résolution avec lesquelles on* procède dans la création de tout établissement nouvea u.

Cinquième cause. Tandis que les autres corps religieux, même les plus recommandâmes, oui tant de peine à se défendre entièrement de la regrettable faiblesse qui les porte à se regarder d'un œil jaloux, les différentes congrégations de la Sainte-Famille vivent et travaillent moins pour leur prospérité particulière que pour la prospérité de l'association tout entière. Qu'elles >oienl à côté ou à dislance les unes des autres, elles ne ccsseui de se prêter un cordial et mutuel appui; entre elles point de concurrence, point de lutte lâcheuse, el chaque corporation trouve son avantage dan* le bien qu'elle peut faire à ses sueurs. C'est ainsi que ce qui a été regardé par plusieurs comme un obstacle invincible et une cause de ruine, esl devenu un secours puissant et une source de prospérité.

Sixième cause, la faveur singulière avec laquelle l'épisc-opal français, plusieurs princes de l'Kglise, les trois derniers archevêques de Bordeaux, par-dessus tout Grégoire XVI de si douce et si sainte mémoire, et l'immortel Pie IX ont accueilli et encouragé l'association. Lu 1820, Mgr d'Aviau , auquel ses ouailles avaient donné le surnom de saint, en jetait lui-même les premiers fondements; en 1831, le vénérable cardinal de Cheverus, en vertu d'un rescrit du Souverain Poniife, l'érigeail canoniquement, et lui notifiait les précieuse» indulgences dont le Père commun des fidèles venait de l'enrichir; quelques mois plus lard Grégoire XVI eontirmad a perpétuité, par un bref, toutes les graves accordées à l'association, exprimant le vœu quelle se développât , [el s'étendit chaque jour davantage. En 18V0, sur les pressantes recommandations de S. K. le caidiinl Donnet, archevêque de Bordeaux, et d'un Irès-grand nombre de ses frères dans l'épiscopat, le même Pape donnait de nouveaux encouragements à l'œuvre, dans la personne de son londateur; car, ajoutait le saint Pontife, je tie doute nullement quelle ne soil l'œuvre de Dieu.

Le 15 septembre 18'*2, par un décret de la congrégation des Evôquesel Réguliers, Grégoire XVI la déclarait digne d'être louée et recommandée à toute l'Eglise. De son côté, PielX lui a prodigué, en plusieurs circonstances, les témoignages du vif intérêt qu'il lui porte, surtout au 18 mai 1851, où, dans la personne de ses premiers chefs, prosternés à ses pieds, il >e plut à verser sur elle les plus précieuses bénédictions de son cœur de pasteur et de père.

Geux qui désireraient se procurer des détails plus complets .sur l'association dv la Wy. * \.\ lut du vol., 11 • 78, SI.

Sainte-Famille, el mieux connaître son histoire, trouveraient, dans ses annales, un moven facile de satisfaire leur pieuse curiosité.

Qu'il nous soit permis de demander maintenant si tous les cœurs chrétiens ne doivent pas bénir une œuvre que tant d'illustres prélats, que deux Souverains Pontife*, gloire el consolation de l'univers catholique, que le Ciel lui-même s'esl plu à b» nir; une œuvre qui e>t née au milieu des ruines, qui a grandi en face et au sein de nos tempêtes religieuses el politiques, cl qui a été organisée do façon à pouvoir résister à des tempêtes plus redoutables encore; une œuvre qui a déjà tant fait pour le présent, el qui offre tant d'espérances pour l'avenir; qui, dans ces temps de froid égo'isme, donne tant de preuves de courageux dévouement, qui, enfin, s'échelonne sur tons les degré* de la soeiélé, et prélcrablenient sur les degrés inférieurs, pour pouvoir répondre |>lus sûrement et toujours a l'appel de ia souffrance et du maltieurl (1)

FAMILLE (Association dp. la SAINTE ), à Liège, à Bruxelles, etc.

Celle œuvre n'est que la réalisation de la pensée de saint Alphonse de Liguori, l'expression des vifs désirs manifestés dans les règles de la congrégation, et, en tout point, l'imitation des chapelles qu'ii établit avec tanl de succès dans la ville el le rojauoieJe Naples.

La première pensée de l'association de la Sainte-Famille est due à un ollicier du génie, M. Bellelable, décédé en 1855, et è quelques bons ouvriers de la ville de Liège. Pours'édilier mutuellement, ils se réunirent pour la première fois, en 18 V», le lundi d€ la Pentecôte, dans l'humble demeure d'un artisan «Je la môme profession que saint Joseph. Dieu bénit la pieuse association. A peine naissante, elle se lit connaître, et se propagea d'une manière inattendue. Le local, devenant insuffisant, les PP. BédemptorisleM0' s'étaient empressés de donner à celte œuvre le concours de leur zèle, lui ouvrirenl leur église pour leurs réunions hebdomadaires.

Ce fut Mgr Bomuiel. évôque de Liège, qui, le premier, approuva les slalub de l'association, en 18*5. Ce digne prélat ne cessa de ch< rir et de protéger la Sainte- Famillo,el il disait qu'il se faisait gloire d'en êlre membre. Sur la demande du Père provincial de la congrégation du Irès-Sainl-Kédempteur, demandée, appuvée par l'ordinaire, Sa Sainteté Pie IX, par un bref du "20 avril 18V7, approuva l'association, el l'enrichi l d'indulgences. Par un autre bref du '23 avril de la même année, le Saint- Père érigea l'association en archisodalité. En de pieuses personnes, désirant aussi participer à ces faveurs, obtinrent d'être associées. On établit une section pour les femmes.

La Sainte-Famille fut érigée à BruielK dans l'église de la Madeleine, par lettres du •2\ décembre 18»8. cl alliliée à l'archiva-

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Ut! de Liège. Le lundi de Noël de la môme année, une dizaine de membres se réunirent pour la première fois. Le directeur leur exposa le but de l'association, les avantages qu'on détail en espérer, et les moyens de réaliser l'œuvre. Dieu bénit sa parole. Le nombre des associés s'accrut bientôt. Au commencement de l'année 184-9, près de 100 membres firent leur acte de consécration. En 1852, l'association comptait 350 membres; luiuurd'bui, ce nombre s'élève a 680.

La constance dans la ferveur et dans le perfectionnement de l'œuvre, voilé les principales faveurs que Dieu a daigoé répandre jur l'association de la Sainte-Famille en l'église de la Madeleine, a Bruxelles.

La première réunion des dames eut lieu le l"ioûl 1852. Dès lors, 150 personnes se présentèrent. L'empressement è se faire inscrire fut tel qu'en peu de jours toutes les plices se trouvaient occupées dans l'église. Le 38 avril suivant eut lieu la première consécration de 308 membres. Aujourd'hui, la division des dames en comprend 700.

Les réunions ordinaires se passent en prières, chants et prédications. Tous les «ns, rers le mois de mars, une retraite de quatre jours au moins est prêché* aux cembres de la Sainte-Famille. Elle consiste •bas une instruction le matin, précédée du V«i Creator, et un sermon le soir, suivi du Murere, et de la Bénédiction du $aint Sa* ermem. La retraite se termine par une communion générale.

Outre cette communion générale pendant U retraite, les membres de la Sainte-Famille en font encore plusieurs autres dans l'année. Il j a pour l'ordinaire deux consécrations de nouveaux membres par an pour chacune des divisions , et chaque consécration est précédée d'une communion générale, qui a «eu, de plus, aux mois de mai et de décembre, de sorte qu'en tout on peut compter

• ou 5 communions générales par an.

Cette année, l'acte de consécration de nou- T"ui associés s'est fait, pour les hommes, le 27 octobre. On y a compté au delà de GOO u)mmunions; 50 hommes ont prononcé leur Me. L'assemblée des dames a eu lieu le

^demain. Au delà de 700 ont communié, et plus de 170 nouvelles associées ont fait leur consécration. Cette solennité semestrielle a été relevée par des conférences, le ctunt des cantiques, et surtout par la piété •les assistants.

Quand un membre meurt, tous ses confrères »oi invités A s'approcher de la sainte table. 'Ja fiit une invitation spéciale aux membres de la section è laquelle il appartenait. Une ye^e est offerte pour le repos de l'Ame du 'léftint. A cette Messe assistent les membres de la division. Tous chantent le Miserere, le hwSdvatormundi, et offrent leurs prières

* Dieu pour l'Ame de leur confrère. Pour 'organisation du chant des cantiques, qui « un des exercices pieux, on a institué "ne secljon de chant, composée de 20 à 25 nombres. Tous les associés chantent; mais I* section s'occupe plus particulièrement

d'apprendre les nouveaux ranliques, de diriger, d'instruire les autres. Telle est l'œuvre de la Sainte-Famille, oui jouit de l'estime, de la protection, de la haute approbation des évèques, dans les diocèses où elle se trouve établie, non-seulement en Belgique, mais aussi en France, en Allemagne, en Hollande, en Angleterre, et jusqu'en Amérique. Partout, et particulièrement à Bruxelles, malgré tous les obstacles, cette œuvre providentielle produit les fruits les plus abondants.

FAMILLE ( Congrégation des filles de là SAINTE-).

La congrégation des Filles de la Sainte- Famille, établie à Séez, département de l'Orne, est déstinée A honorer tous les mystères du Verbe incarné et A représenter la vie cachée de la Sainte-Famille Jésus, Marie, Joseph.

Elle a eu pour fondateur le très-pieux abbé Villeroy, de sainte mémoire, ancien membre de la congrégation des Eu distea, théologien estimé et vicaire général du diocèse de Séez, pendant l'exil de son vénérable pontife, Mgr Duplessis d'Asgentray. Il dirigea et soutint par ses conseils, pleins de sagesse, dans ces temps malheureux, le clergé resté adèle. Il est décédé A Séez, dans sa soixante-quinzième année, le 20 décembre 1823, plein de vertus et de mérites : il emporta avec lui l'estime et les regrets de tous les gens de bien ; la vénération et la plus tendre affection de toute sa communauté, qui possède ses précieuses dépouilles.

Elle a eu pour fondatrice la Mère Marie- Thérèse Raguenel, d'une vertu éminente ; elle était sans éducation humaine: mais docile à la voix du Saint-Esprit qui se rendit luimême son maître, elle possédait, au rapport de plusieurs ecclésiastiques savants, pieux et éclairés, plus de lumières sur certains points de doctrine que bien des théologiens.

Elle naquit en 1777 dans la petite province du Perche, diocèse de Séez, de parents trèsvertueux, mais sans fortune. Elle n'avait que douze ans et demi lorsqu'elle perdit son père ; et sa mère ne pouvant subvenir A la subsistance de tous ses enfants , fut obligée de les éloigner d'elle, et de les confier A plusieurs de ses parents. Comme c'était

Bendant la terrible révolution de 1789, la [ère Marie -Thérèse fut exposée A de grands dangers par la licence des mœurs d'une partie delà paroisse où ello demeurait, et qui était alors desservie par un prêtre assermenté. Le bon Dieu la conserva, et elle ne tarda pas A revenir près de sa pieuse Mère.

Un jour qu'elle travaillait proche de l'église ae sa paroisse, en 170V, des impies vinrent la dévaster, brisèrent le Christ et les statues des saints et profanèrent les vases sacrés ; elle sentit subitement son Ame pénétrée de la plus vive douleur, A la vue de ces horribles sacrilèges: et le bon Dieu l'éclairant intérieurement sur la sublimité de notre sainte religion, et sur le grand malheur des peuples qui l'abandonnent et qui la persécutent,

fa m oicru

l'attira par une grâce forte et puis ante à se consacrer d'une manière spéciale à son service, eu esprit de réparation et d'amende honorable dos outrages laits à la majesté diviiie.Quoiqu'elle ne connût point les «Jesseins du bon l/ieu sur elle, et ne pensât nullement alors à ce qui devait arriver dans la suite, c'est toujours ce premier attrait qui a été le mobilo de tous ses actes intérieurs et extérieurs tel elle a toujours aussi regardé cet événement mémorable comme l'origine de la congrégation des Filles de la Sainte-Famille.

Occupée aux travaux de la campagne pendant plusieurs années encore, elle resta fidèle au bon Dieu avec qui elle ne cessa jamais d'être unie ; elle en recul des faveurs spéciales el sa vocation d'être toute à lui fut mise à de rudes épreuves. Enfin fatiguée du commerce du monde, elle se retira entièrement chez sa vertueuse mère , que la mort lui enleva en 1800; elle vécut avec sa jeune sœur qu'elleaimail tendrement, mais elle fut contrainte de s'en séparer en 1801 : lo bon Dieu continuait de l'éprouver d'une manière bien sensible, et ne cessa point de le faire dans la suite.

Elle alla demeurer dans une bourgade peu éloignée, nommée Moulins-la-Marciie, pour y vivre, autant que possible, dans la solitude t c'est la qu'elle vit pour la première lois l'abbé Villeroy, alors grand vicaire du diocèse de Séez, qui y avait été appelé pour ïll'aires.Le bon Dieu lui lit connaître intérieurement que c'était à lui qu'elle devait s'adresser pour sa direction : et, malgré sa grande timidité, elle résolut d'aller se jeter à ses pieiispour le supplier de vouloir bien la diriger; quoiqu'elle demeurât assez loiudeSéez. Bientôt elle eut lieu de reconnaître que c'était une inspiration du ciel qui rayait lait agir ainsi; car son confesseur, en qui elle avait une grande confiance, quitta la paroisse qu'elle habitait; et, dans ce môme temps, le curé mourut, et fut remplacé par un prôlre a>sermenté, ce qui la détermina à aller demeurer a Séez.

Il lui restait deux difficultés qui l'embarrassaient : l'une était nue sa mère, avant de mourir, l'avait chargée de veiller sur la conduite de ses quatre jeunes sœurs; et l'abbé Villeroy, qu'elle consulta sur ce sujet, lui répondit ce qu'elle avait à faire t et dans la suite, trois d'entre elles vinrent se ranger sous s.i direction, cl y ont toutes fait une mort très-édiliante. L autre dilliculté l'em- IniTAssaii moins; c'était l'affection des personnes qui lui étaient attachées, et qui cher- '■haient a lui susciter des obstacles. Elle if ionq.li.-i rie tout, et ne balança point 5 sui- »r-i la volonté du bon Dieu, dès qu'elle la connut. Kilo partit donc, et à la suite de la Sainte-Famille, qui lui fut représentée intérieurement fuyant en Egypte, et donnée pour modèle. File eut en effet l'occasion d'imiter sa soumission à la divine Providence, son abandon, sa pauvreté, jusqu'au plus grand déiiûmenl : car elle ne possédait absolument rien.

KJIc ne connaissait dan* la ville de Séez,

N.NAIUE FA M 4*)

que I abbé Villeroy : elle y iOua une petite chambro d'un prix proportionné a ses ressources, le jour de la féle de la Compassion de la très-sainte Vierge en l'année 180V Cinq mois après, une jeune fille qu'elle connaissait êlre d'une grande el solide piété, et d'une très-honnôte famille, vint l'y joindre, et aussi à la suite de la Sainte-Famille fuvant en Egypte t elle n'obtint d'être admise à j<artager la société de la Mère Marie-Thérèse, qu'avec peine. Il fallut le conseil de l'abbé Villeroy pour l'y déterminer. Peu de temps après, une seconde , attirée d'une manière remarquable, sollicita aussi son admission, mais la Mère Marie-Thérèse, qui prévorait qu'une telle réunion n'allait pas manquer d'Ôlrc remarquée, et pourrait lui attirer bien des peines, qui effectivement ne lardèrent point à so faire sentir, ne la lui accorda qu'avec une extrême répugnance, seulement pour déférer au conseil de son directeur; et après lui avoir fait subir une rude épreuve. Elles tombèrent malades, et dans un dénument complet des choses même nécessaires à la vie (elles jeûnaient tous les jours au pain et a l'eau, et n'avaient pour se coucher, qu'une seule paillasse |»our trois qu'elles étaient alors : quelques copeau t de bois suppléaient à l'insuffisance de ce pauvre lit ). Une pieuse demoiselle nommée Le Doyen, informée de leurs besoins, vint à leur secours t et, édifiée de la conduite et des vertus de cette petite société naissante, embrassa plus tard elle-même, leur règlement de vie, leur donna ce qu'elle possédait, et se rendit la tille spirituelle, très-humble et très-soumise de la Mère Marie-Thérèse qui, avant cette détermination, se vit encore, en peu de temps, comme contrainte de recevoir quatre autres jeunes filles t la première fut sa jeune sœur. Elle pensa alors à prier son confesseur, l'abbé Villeroy, de leur donner un règlement.

Il se rendit à sa prière et leur composa une règle avec des constitutions remplies de sagesse auxquelles il ajouta (oui ce qu'il trouva dans le saint Evangile el dans les Pères de la vie spirtuelle , de plus propre! les conduire à la plus haute perfection.il leur donna pour patrons, Jésus, Marie, Josph, comme il avait été précédemment représenté intérieurement, 0 la Mère Marie- Thérèse; et pour fins, celles mises en tète do ce recueil. Elles ne firent d'abord, pendant plusieurs années, que des vceut annuels.

Ce règlement fut présenté au pieux pontife de Séez, qui le loua et l'approuva verbalement, de grand cœur; il ne put néanmoins y apposer sa signature, à cause des temps qui n'étaient pas favorables à la religion; mais il ne cessa point de protéger la communauté. Le monde, le gouvernement, l'enfer, et même quelques gens de bien, traversèrent de toutes les manières cette œuvre naissante, qui trouva toujours son soulim dans la divine Providence qui lui suscita des protecteurs et des bienfaiteurs dans les

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