FAM DES ORDRES
supérieurs ecclésiastiques , et autres perjonnes rie piété.
En 18I4> la Mère Marie-Thérèse, pénétrée de la plus me douJeur en voyant les malheurs de la France, se sentit pressée de se déiouer, et s'offrit comme victime à la cl i— tid« Majesté avec toute sa communauté présente et future pour obtenir le retour de la piii et le triomplede la religion. Ce dévouenent fut-il agréé du ciel T.. . Le bon Dieu le sait; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'il appela à lui, dans* cette même année, cinq des meilleurs sujets et de la plus grande espérance pour cette congrégation.
Après la Restauration, elle trouva un protecteur xélé, un bienfaiteur signalé, un appui, un père, dans la personne du vénérable Mgr Alexis Saussol , décédé le 7 1836. Il approuva les constitutions e'. règles, d'abord verbalement, n'en trou* Tint pas la rédaction convenable. Il chargea J'ibM Desauney, chanoine et supérieur du f«ut séminaire, ainsi que de la communauté, de les mettre en ordre pour les rendre pies claires. Ce qu'il a exécuté aussi parfaitement qu'on pût le désirer; alors le vénénble prélat y apposa sa signature avec joie, et tes deux respectables évêques qui lut ont accédé, l'ont aussi fait à son exemple, en exhortant les sœurs à les observer fidèleaient.
La Mère Marie-Thérèse, mûre pour le ciel, après bien des éprouves et bien des peines, mourut en odeur de sainteté le 16 mars 1836. Ella laissa dans une extrême désolation toutes ses filles, qui obtinrent, comme une Utear, pour elles très-préeieuse,qu'elle pût éirt inhumée dans l'enceinte de leur clôture.
Les supérieurs de cette congrégation, autorisés par Mgr Rousselet, oni ajouté, a cette mue tout intérieure, celle des orphelines : cequine peut porter aucun préjudice à l'esprit primitif de cette communauté; car elles oedoivent avoir aucune communication avec les religieuses ; quelques sœurs seulement sont chargées de donner à ces enfants tous Ifesouis que requiert leur position.
Noos croyons devoir ajouter , pour la sjoire du bon Dieu, que s'il a ménagé 6 cet ustitul de grandes épreuves, il a aussi, par m providence toute paternelle, pris uu soin spécial de sa conservation. Cette congrégation, doot l'origine a été si obscure et Tes commencements si faibles, comme on l'a ru plus haut, s'est vue plusieurs fois manquer du stricte nécessaire. Son abandon à la Providence n'a pas été trompé, car, comme il est arrivé à d'autres maisons religieuses, des secours tout a fait inattendus arrivaient au froment du besoin, ou une bénédiction particulière sur les aliments qu'elles se partaient entre elles, et qui, sans elle, eussent été bien insuffisants pour les soutenir.
Le bon Dieu lui a aussi donné successive- "*nt deux Pérès tendres, dévoués et zélés, dans les deux supérieurs ecclésiastiques qui ont succédé au vénérable fondateur et qui ont 4 peu près achevé ce qu'il avait heureu-
(») Te|. à la fin dn vol., n» 85.
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sèment commencé dans l'ordre spirituel. Ils lui ont en outre procuré le bonheur d'avoir les sacrements. Leur charitable sollicitude leur obtint des vases sacrés, des ornements et tout ce qui était nécessaire pour le culte divin. Elle fit remplir les diverses fonctions du saint ministère, en attendant qu'elle pût avoir un chapelain, ce qui lui fut accordé en 1836; les sœurs ont d'autant plus apprécié cette faveur qu'elles ont trouvé en lui un Père tout dévoué.
Mais la communauté devenue trop nombreuse pour son habitation fut bientôt obligée de chercher une maison plus vaste; la Providence se montra aussi attentive a leur venir en aide dans celte circonstance en leur faisant trouver un local plus convenable afin de leur faciliter le développement qu'elles voulaient donner à l'œuvre qu'elles s'efforçaient d'atteindre; l'objet de leurs plus ardents désirs est d'avoir pour chapelle un lieu moins indigne de Celui qui daigne l'habiter; elles ne cessent de demander au divin Maître de leur eu donner les moyens; elles ne désespèrent pas de les obtenir.
En attendant, les soixante membres qui composent la communauté de la Sainte-Famille Jésus, Marie, Joseph, bénissent le Seigneur de les avoir retirées d'un monde corrompu et placées dans leur sainte et chère solitude, où elles peuvent, dans la pratique de leur sainte pauvreté, lui offrir, comme le leur prescrivent leurs saintes constitutions, leurs prières, leurs souffrances, leurs travaux et toutes leurs œuvres, pour la sainte Eglise, pour la France, pour leurs bienfaiteurs, pour le salut des âmes, pour la prev pagation de la foi par tout l'univers. Au jugement des supérieurs ecclésiastiques elles obtiennent la grâce qu'elles demandent sans cesse d'y finir leurs jours dans les dispositions de prédestinées, ce qui double leur reconnaissance envers Dieu et leur attachement pour leur sainte maison. (1)
FAMILLE (Frères de la SAINTE-,; maison mire à BeUey (Ain).
L'institut des Frères de la Sainte-Famille mérite une large page dans l'histoire, soit par les faits qui montrent d'uno manière frappante qu'il est moins l'ouvrage des hommes que celui de Dieu, soit par son but recommandable et les succès qu'il a déjà obtenus. Dans les premiers temps de sa formation, celte société fut fortement ballottée et éprouva toutes sortes de contradictions, comme il arrive ordinairement aux œuvres de ce genre; mais Dieu s'en est ensuite montré le protecteur d'une manière éclatante. Elle ne fut pendant une dixaine d'années nue comme le grain de sénevé, mais, arrosée des bénédictions célestes, elle est parvenue aujourd'hui à former, on peut le dire, un grand arbre qui étend au loin aes rameaux. Effectivement, elle a fait en peu de temps des progrès rapides, car les Frères de la Sainte-Famille sont déjà répandus dans un grand nombre de diocèses, où l'on apprécie leurs services et où l'autorité épis-
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ropnle leur accorde toute sa protection. On comprend tellement le bien que font ces frères, mie la maison tnère *le leur société reçoit chaque jour de nouvelles demandes >our en obtenir; c'est là un témoignage >ion llatteur et bien encourageant pour ces tommes qui consacrent leurs travaux et leur existence à aller porter isolément ou plusieurs ensemble la bonne odeur de Jé*us- Christ parmi les classes pauvres des villes et des campagnes.
Cet institut a sa maison mère et son supérieur général à Belley (Ain).
La pieuse et utile association des Frères de la Sainte-Famille a pour but toutes >ortes de bonnes œuvres et particulièrement la sanctification de ceux qui en sont membres. Elle forme des frères qui exercent principalement les fonctions d'instituteur primaire, de catéchiste, de chantre et de sacristain. Ils dirigent aussi des maisons de providenco ou de refuge pour les enfants pauvres ou orphelins. L'enseignement de ces fières a un caractère tout pa'.ernel, et il est basé sur les doctrines de notre sainte religion, qu'ils professent d'une manière édifiante.
La Providence, qui, toujours admirable dans ses o;uvres, se nlaît ordinairement à confondre la sagesse humaine en suscitant des hommes peu expérimentés et des moins érudits pour être les instrument» de ses plus grands ouvrages, a tiré d'une famille pieuse et honorable des montagnes du Bugey un homme plein de foi, de zèle, de sagacité et de dévouement pour en faire le fondateur de ras>ocialion religieuse dont il s'agit. L'espace manquerait si l'on voulait écrire ici l'histoire intéressante de cet Institut et de son fondateur, qui le dirige encore avec autant de sagesse que de zèle. Pour ne pas blesser sa modestie, on a cru devoir se borner maintenant à une simple notice. Un jour, une main habile racontera fidèlement et à l'édification des Catholiques toute l'histoire de cette pieu>e institution.
L'association des Fières de la Sainte- Famille doit sa formation au B. frère Gabriel Taborin, né le 1" novembro 1799 à Belleydoux, diocèse de Belley. L'illustre et renommé évôqucde ce lieu, Mgr Dévie, qui honore l'épiscopat français par ses talents et ses vertus, et qui a doté son diocèse de tant de bonnes institutions, a puissamment contribué à cette œuvre par ses dons, ses conseils et sa haute protection, et c'est sous le patronage de ce saint évêque qu'elle a pris un grand développement en peu d'années.
Celle société date de 182V; elle prit naissance en quelque façon à l'évé< hé de Saint- Claude (Jura), où demeurait alors celui qui eu esl le fondateur. Ce pieux jeune homme avait conçu dès son bas âge le dessein d'embrasser la vie religieuse, mais comme il ne connaissait pas de corporation qui eût le but qu'il se proposait, il souhaitait ardemment qu'il s'en formât une dans laquelle il pût entrer, quoiqu'il se trouvât très-heureux auprès du vénérable évêque de Saint- CJaude, Mgr Antoine-Jacques de Chaînon.