‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 3)Chapitre 90 sur 323 · FAM 4M · texte numérisé non relu

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Il venait quelquefois h M. Taborin l'idée Je former lui-raêmo une association telle qu'il ta désirait, mais il repoussait cette pensée, parce que son humilité lui faisait croire qu'il n'avail ni les vertus ni les talents nécessaires pour une entreprise de celte importance, et qu'il ignorait que la S^eo'e divine le destinait pour cette œuvre admirable. Un jour cependant qu'il était tout préoccupé de celte pensée, il en fil part au digne évêque de Saint-Claude. Le vénérable prélat l'approuva avec une sainte joie, et ordonna à M. Taborin de commencer luimême celte œuvre. Celui-ci, quoiqu'il s'ea crût toujours aussi indigne qu'incapable, obéit , et, animé d'un saint courage qu'augmentait sa confiance en Dieu, il mit la main à l'œuvre. Il dressa d'abord de» règlements provisoires, puis il s'adjoignit cinq jeunes gens qui paraissaient vouloir quitter le monde, mais qui n'en étaient pas sincèrement détachés, comme ils le firent voir bientôt. M. Taborin, avec ces cinq jeuoes gens, prit solennellement l'habit religieux dans l'église des Bouchoux, diocèse de Saint-Claude, le second dimanche d'octobre de l'année 182V. Ils s'étaient préparés à celte cérémonie par une retraite que leur donna, dans son presbytère, le vénérablt M. Chavin, curé de cette paroisse. Cet bomme vraiment apostolique avait demandé a Mgr de Chaînon, comme un privilège, que cette solennité se fil dans sa paroisse, pour l'édilkation de ses paroissiens. Le bruit qu'une telle cérémonie devait avoir lieu aux Bouchoux s'éianl promplement répandu dans les environs, plusieurs membres du clergé s'y rendirent, el l'on y accourut en si grande allluence que l'église, quoique vaste, ne pût contenir la dixième partie de ce peupi»? religieux, qui, de concert avec les ecclésiastiques, bénissait Dieu de ce qu'il faisait naître une institution qu'on prévoyait devoir rendre un jour de grands services à la religion et à la société.

Après leur prise d'habit, les nouveaui frères allèrent s'installer dans une maison que leur avait louée et fait préparer à Saint* Claude M. l'abbé Girod, alors secrétaire de I evôrhé de celte ville, et aujourd'hui vicaire général du diocèse, et ils ouvrirent une école qui réunit en inoins de quinze jours presque tous les enfants de la ville, el ils lurent chargés en même temps du service de la cathédrale, comme chantres et sacristains. Tout allait bien dès le début, mais le moment des épreuves pour le pieux fondateur el pour sa sainte entreprise ne devait pas tarder d'arriver, puisque c'est le caractère des œuvres de Dieu d'être éprouvées dans leur principe : les associés du frère Gabriel voyant que leur nouvelle profession n'avail rien d'attrayant sous le rapport du bien-être et de l'intérêt personnel, renoncèrent à leur vocation; ils rentrèrent dans le monde et laissèrent le frère Gabriel se"', chargé de nombreux élèves et de tout le service de la cathédrale. L'humble fondateur, quoique frappé d'une pareille catastrophe,

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