DES
ORDRES RELIGIEUX
ADORATION PERPETUELLE DU 9A1NT- SACREMKNT ( Congrégation des soeurs Mi'l.i Mantille.
Les autels où réside Nôtre-Seigneur dans le sacrement de son divin amour devraient ne jaro.ns manquer d'adorateurs. Nous avons ions assez d'actions de grâces è rendre, assez de misères à exposer, assez de butes feexpier, pourque jamais Jésus-Christ ne restât négligé sur le trône où il s'offre à notre prière ; et cependant combien souvent une désolante solitude autour du tabernacle atteste le peu de soin que nous avons de notre salutl C'est pour réparer celle déplorable négligence que plusieurs corporations k sont vouées dans l'Eglise è l'adoration perpétuelle. Ames d'élite qui s'efforcent par leur zèle è suppléer a la tiédeur des Chrétiens. Parmi ces ordres, il en est un généralement connu a Marseille, où fut institué l'ordre de* religieuses dit de V Adoration perpétwIU du Saint-Sarre ment. Son fondateur lut le vénérable P. Antoine Lequien, de l'ordre •i«s Dominicains ou Frères prêcheurs, au-
3uel l'Eglise a dû pareillement la réforme e son ordre connu sous le nom do Conqré-
gation du Saint-Sacrement de la primilivs observance.
Ce saint religieux était né à Paris, le 23 février 1601. Entré dans le rouvent des Dominicains de la rue Saint Honoré, il y fil profession le 14 août 1623. Dès son noviciat, il avait formé, pour l'amélioration de son ordre, deux projets dignes <l'un zélé serviteur de Dieu. I* premier était de rétablir dans quelques maisons la pauvreté religieuse comme l'entendit et la pratiqua saint Dominique. Cetleiréforme. qu'il porta d'abord trop loin, et qu'il dut modifier plus tard, lui attira une opposition très-vive, et mémo la prison, qu'il .subit avec une admirable patience.
Les religieuses dn Saint-Sacrement, en venant s'établir au Rouet a Marseille, ont retrouvé de bien précieux souvenirs. Car c'est dans ce quartier, â deux pas de leur monastère actuel, que leur saint fondateur créa la première maison de la réforme des Dominicains et prit possession, le 2 juin 1G39, de l'église de Notre-Dame-de-Rouet, qui dépendait è cette époque de l'abbaye de Saint-Victor. Cetto fondation souleva une
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tempête contre lo P. Lcquicn ; les plus noires calomnies furent répandues coulrw lui, cl l'on trompa la religion .les magistrats au point d'obtenir un arrêt du parlement qui l'obligeait ît sortir du territoire de Marseille; mais le saint religieux sut si bien éclairer la conscience de ses juges, que non-seulement il obtint un arrêt qui annulait le premier, mais encore qu'il fut autorisé à s'établir plus près de la ville et h fonder une autre maison dans le faubourg de Homo.
Le deuxième projet du P. Antoine consistait à former une congrégation de femmes qui. priant nuit et jour, et à lourde rôle, pendant un certain nombre d'heures, devant le Saint-Sacrement, formeraient ainsi une adoration perpétuelle, comme réparation et amende honorable des irrévérences qui oui lieu si souvent dans les églises, et pour obtenir par d'incessantes prières, que Jésus-Girist, caché dans l'Eucharistie, soit un jour connu du monde entier.
Ce grand dessein rencontra moins d'olista. les et moins d'opposition que le premier; et il fut exécuté et amené graduellement au point de perfection où nous le voyons aujourd'hui. H était demeuré longtemps h l'état do simple projet dans la pensée du fondateur, quand, le 1-V septembre IG:J>, le jour de l'Exaltation de la Sainloliroix, le 1'. Antoine, qui était alors maitro des iîov ces à Avignon, se proslerua devant le Saint-Sacrement, et ollVit sa pensée a Dieu, en le priant de lui donner les lumières dont il avait besoin pour sa réali>ation. La même année et le jour de Saint-Matthieu, le l'ère renouvela, vm offrande, et par l'inspiration de l'Ivq.rit-Sainl, il choisit pour protecteur de sa fui ure congrégation l'évaugélisle dont ou célébrait la lêlc.
Km Uhi'.) \\ lit un premier t^sai de sou insliltil en réuin»aiil dans celle même ville d'Avignon quelques femmes et des jeunes tilles qui assistaient dans une maison particulière à divers exercices spirituels. Plus tard, avant du faire un vovage à Home, il laissa à Marseille quelques dames pieuses qui vivaient cn>emhlc dans la retraite, et devaient former plus tard les premiers sujets de l'ordre. Aussitôt qu'elles furent privées de l'appui et des conseils «le leur futur supérieur, ces dames subirent, comme il l'avait fait lui-même, toutes sortes de traverses et >lc persécutions. Le plus grand nombre se laissa décourager; trois seulement furent victorieuses de tous les obstacles par leur énergie, leur constance et leur humilité ; c'étaient les trois pierres fondamentales du nouvel ordre que le P. Antoine, à son retour de Home, eut eulin le bonheur de fonder.
Lu lGol), ces pieuses filles s'établirent dans une maison qu'elles étaient parvenues à se procurer près du cimetière de la Major à Marseille. L'acte d'acquisition l'ut pas»e eu présence de l'évè pie, Mgr du Puget, qui leur donna dans cet acte le nom de 5u «> > du Suint-Snt rcHH nt.
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La même année, le jour île la Pentecôte, on leur accorda la faveur île conserver dans leur oratoire la sainte Eucharistie, afin qu'il leur fut possible do se livrer dès ce moment à l'adoration perpétuelle, l'n an après, l'évôquc, cédant à leurs demandes réitérées, donna l'habit aux trois dames qui formaient le premier noyau de l'institut, approuva les constitutions dressées par le P. Anloine, et établit les Associées en simple congrégation jusqu'à ce qu'elles eussent obtenu du Saint-Siège l'approbation de la règle et la permission de s'engager par des vœux solenni-ls. ('elle approbation n'arriva qu'eu 1000; et le 20 mars, fôle de Saint-Joacbun, après vingt-trois années «l'attente depuis leur première réunion, elles purent la icmellre à l'évèque, à la grande joie de leur vénérable fondateur.
Les daines du Saint-Sacrement suivent la règle de Saint-Augustin, à laquelle le P. Antoine a joint des constitutions pleines do sagesse et de prudence. Leur habit est celui des Dominicains, si ce n'est que l'ordre des couleurs est inverse; car elles portent la robe noire, le scapulaue et le manteau blanc, avec le voile de même couleur. Elles ont de plus deux é< lissons avec l'image du Saint-Sacrement, dont l'un est place .*ur lo robe à l'endroit du cœur et l'autre ati.ic.hv au bras. (1)
Les constitutions avant élé approuvées à Home, un rescrit que le Pape liiiiuce 't XI signa de sa propre main, érigea l'institution en corps religieux avec autorisation de s'engager par des vomx solennels contint' dans" les autres ordres monastiques. En conséquence, les religieuses s'engagèrent iléliuiiivemeiit en 107'», et entre les mains de Mgr de Viutimillc du Suc, alors évêque de Marseille.
Le P. Antoine mourut nu couvent de Ca denet, le 7 octobre 1070. Hien loin que « et événement lui, comme l'avaient prédit les détracteurs, le signal d'une prochaine et rapide décadence, l'ordre ne cessa, dès lors, de s'éiendre cl de >e développer. Lesévè que-» de Marseille l'honorèrent constamment de leur prolci lion, et Mgr de Hclzuncc eut ton ■ jours pour lui des sentiments d'estime et do paternel ie all'cclioii, dignement continués pa r le premier pasteur actuel, Mgr de Ma/enoJ, qui eu a donné uuo preuve éclatante dans la cérémonie de la translation.
En parcourant les anciens registres du couvent, on y voit des Moins appartenant aux première» launlles de Marseille, telle que la sœur Saint-lîi uuo , tille de M. le marquis Forlia de Piles, gouverneur de Marseille, morte le H) avril I7S0, à l'Age de soixante- Uei/.e ans, dont cinquante de profession religieuse. Li dernière supérieure, avant i.i révolution de 178'J, fut la souir Thérèse de Saiul-Augusiiu. tille de M. Joachim Hasti.œ, lieutenant général criminel au siège <.e Marseille. Elle avait reçu l'habit le 3 août 17»5, à l'âge .je di\-|)iiit .lits, cl des ma:iis Ue Mgl de Pei/.unce. Eilc lui, ainsi .pic toutes -es n. I1.:!': i •■ -, • !h- e. •{.• >on <"i v .. !;i au