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a laquelle il était loin de s'attendre, ne se découragea point : il se disait que si cette cuire était la sienne, ce serait une œuvre née morte, et que si c'était celle de Dieu, sa prof idence saurait bien en prendre soin, et lui envoyer en temps convenable des disciple plus constants et plus dévoués, qui traqueraient pour la gloire de Dieu et l«» saisi do prochain sans espérer d'autre récompense que le rie).
Le frère Gabriel voyant qu'il ne pouvait vjflresea1 pour le service de la cathédrale et la lenne de l'école, pria Mgr de Saint-Claude de le placer dans une petite paroisse, où il pét remplir seul les fonctions de l'institut qu'il cherchait A former. Mgr de Chaînon, <jci partageait grandement l'ennui quéprouwn le fondateur, et qui était toujours plein (Je bienveillance pour lui, accéda à ses désirs, en le plaçant d'abord à Jeure, puis à Coortefoniame, paroisses de son diocèse, où le zélé frère travailla avec une grande irdeor, soit è catéchiser et à instruire la Mtiassf, soit à former l'œuvre a laquelle Dieu l'appelait.
Malgré l'estime généralo dont il jouissait à Jeure et a Courteiontaine, il quitta le diocèse de Saint -Claude, parce, que Dieu sembla loi faire connaître qu'il ne l'y avait pas appelé pour s'y ûier d'une manière perpaoente, mais qu il le voulait dans son diocèse natal, pour y placer le berceau de sa *Kiété. C'est li, en etfet, que, comme nous l'avons déjà dit, sous le patronage et avec les conseils de Mgr Dévie, il vint à bout de former son institut, et de le mettre sur ie bon pied où il est aujourd'hui. En entrant dans le diocèse de Belley, il eut d'abord !e proiet d'établir un noviciat à Cbampdor on 1 Hauleville, dans les montagnes du Bupy; mais, après y avoir fait le bien pendant eoriron trois années, avec un zèle toujours froissant, il alla, en 1829, à Belmont, can • ton de Virieu-le-Grand, où il établit aussitôt uo pensionnat ; il y forma ensuite la première maison de noviciat de son institut. Dieu bénit tellement celle œuvre, qu'on la fi» pros|>érer d'une manière étonnante, mal- |ré les orages que la jalousie, la calomnie « l'irréligion firent parfois gronder sur elle. U maison qui* le Rév. frère Gabriel avait icbeiée à Belmont, devenait de plus en plus insuffisante pour contenir les nombreux ^talents qui se présentaient, et ce lieu ton trop isolé pour les communications née le dehors; c'est pour ces motifs qu'il quitta Belmont, après y avoir fait le bien pendant onze ans, et en y laissant les plus f-rofonds souvenirs de sou zèle, de sa chanté et de sa sincère piété : do concert avec Dévie, il transporta le noviciat et la maison mère de sa société à Belloy, le 7 «Itembre 1840.
Arrivé dans cette vihe, il éprouva une wen grande contrariété : il avait cru pouvoir habiter l'ancien couvent des Sœurs de ^nie-Marie, qu'il avait acheté par acte "jus-seing privé; mais cet acte se trouvait unulé pr suite d'intrigues de la part d'un
homme haut placé dans l'administration civile, et opposé au nouvel établissement religieux qui se préparait dans la ville. Le Révérend frère Gabriel se trouva alors dans un grand embarras, pour loger les frères et les novices qu'il avait amenés de Belmont ; il ne trouvait è Belley aucune maison convenable à acheter, ni même h louer dans le moment; cependant le besoin était extrêmement pressant. Dans celte pénible conjoncture, Mgr Dévie, plein d'une bonté vraiment paternelle pour les frères de la Sainte-Famille, leur offrit l'hospitalité dans une maison située dans le clos de son évéché. Ils y passèrent deux mois dans une grande géne, causée par l'insuffisance des bâtiments; mais la Providence qui voulait mettre ainsi leur vertu à l'épreuve, veillait sur leurs besoins, et elle permit que leur fondateur trouvât enfin une maison à acheter. Plus tard, ils yen joignirent une autre que leur donna Mgr Dévie. |On voit par ce nouveau bienfait de la part du vénérable prélat, que ce n'est pas sans raison qu'ils le regardent, lui aussi, comme leur fondateur, leur père et leur bien-aimé protecteur.
Bientôt après, le Rév. frère Gabriel acheta une troisième maison avec le magnifique clos qui joint la cathédrale et l'évôibé de Belley. Ces trois maisons étaient continués, et appartenaient autrefois au chapitre de Belley. Le fondateur les a fait reconstruire presque entièrement, et les a rendues pro* près a leur nouvelle destination.
Mgr Dévie, accompagné de son chapitre, bénit solennellement ce magnifique établissèment, en sept. 1846, en présence de tous les frères et novices de l'association, qui s'étaient réunis pour assister è cette cérémonie, et aux exercices de la retraite annuelle. Le vénérable prélat était attendri en parcourant les appartements de celle vaste maison, se rappelant l'état de gêne primitive de ces pieux frères, et il louait Dieu de s'être montré propice à leurs prières, et do leur avoir accordé des ressources inattendues pour former un si beau et si spacieux établissement. Le digne fondateur et les bons frères n'étaient pas moins émus que leur saint évêque, en voyant qu'ils possédaient enfin une demeure convenable, qui serait pour eux un asile de paix, où de nouveaux frères viendraient avec eux pratiquer la vertu à l'abri des dangers du monde, sous la sauve garde des conseils évangéliques, et se former aux connaissances nécessaires pour exercer les saintes fonctions de leur institut, et où ils auront tous le droit de venir finir leur sainte carrière, après s'être rendus utiles au prochain par toutes sortes de bonnes œuvres.
Dans la dernière maison que le Rév. frère Gabriel venait d'acquérir, se trouvait une belle et antique chapelle, qu'il s'empressa de faire agrandir et restaurer. Elle fut bénite avec une grande solennité, le 2 septembre 18H, par Mgr Dévie, accompagné de M^r Vibert, évêque de Saint-Jean de Maurienne (Savoie), et de Mgr Depéry, évêque de Gap.