EUDISTES
Le Souverain Pontife Pie IX a sanctionné •ju im|)ortant décret de la congrégation des i^té|Qeset réguliers, par lequel se trouve solennellement approuvée et conQrmée une des associations de prêtres les plus recomlûandables de France. Ce n*esi pas une soaéié nouvelle ani n*aqae son état présent à ç\\fO$er pour laire augurer de son avenir. Il» agit d une antique congrégation éprouvée |iarles révolutions, ayant rendu des services a l'Eglise, lui ayant donné des martyrs et (les confesseurs, et dont les constitutions ont subsisié pendant urès de deux cents ans, Mas aîoir jamais été altérées, il s*agit de la congrégation de Jésus et Marie, plus connue >oo) le nom populaire de Pères £udistes> eièlaqaclle le décret d'approbation du Saint- Siégene manquera pas d'imprimer un élan remarquable en assurant sa stabilité, sa forme et sa perpétuité.
La société des Sudistes a pour fin princi- {««le de diriger des séminaires diocésains; tilea é(é fondée dans ce but, en 1643, par le frère Eudes de Mezerai. Ce prêtre vénérable avait déjà fait partie de la congrégaûoDderOratoire pendant dix ans. Lorsqu'il se décida à la quitter pour fonder une œuvre courelle, il trouvait que les Oratoriens s'éliieotécartésde leur but en ne s'occupant l'as de former des ecclésiastiques dans les >«fflinaire$, et il voulut seconder les dcsvfins du concile de Trente en se consacrant à ^ eoseignement Ibéologique. Le Père Eudes •Joooa de plus à sa congrégation pour se- '''Ode fin particulière, la prédication des Hissions dans les provinces et nécessaire- B^ot renseignement de la jeunesse dans les cv>i!é|res. Le séminaire de Caenfut le premier «iout la direction fut confiée aui prêtres zélés lui s^étaient joints au premier fondateur, et ^«uxessivement les Eudistes se développèreoi au point qu*à ré|)0<:|ue de la révolution ^congrégation possédait douze séminaires, quatre collèges , une maison de retraite et <j études à Paris, outre un grand nombre de cures, de chapelleries et de bénéfices. Dans tes temps désastreux, sur plus de quatre <^ots Eudistes, pas un seul ne fut apostat; 1 s eurent, au contraire, la gloire de fournir Jx martyrs aux massacres desCarmes. L'un «m était le P. Hébert, supérieur de la ottison de Paris et ancien confesseur de ^?»5 XVL Dans l'exil, les Eudistes n'ou- ^•lerent pas les devoirs spéciaux de leur mi-
i') V à la Gn du vol., n'^* 118, 120.
nistère, et deux 'feutre eux, les PP. Angers et Bosvy, réunirent dIus de six cents prêtres ou clercs aucb&teaude Winchesters pourlesy perlectionner dans les sciences théologiques. Lorsque la paix rendue à TEglise leur permit de rentrer en France, les Eudistes se disséminèrent comme professeurs dans différents; diocèses. C*estseulementen lffî6que les membres survivants de Tanciennecongrégalion, réunis à Rennes ^llle-et-Villaine), résolurent de se réorganiser, et nommèrent,
four leur supérieur à Tie, le P. Blanchard. I a eu pour successeur, en 1837, le P. Jérôme Louis, et depuis 18^9, c'est le P. L. Gaudaire qui est supérieur général de la congrégation. Les PP. Eudistes sont aujourd'hui au nombre de quatre-vingt-cinq prêtres ou clercs et soixante frères servants; ils dirigent un petit séminaire h Valognes et des coli^^ges florissants à Rennes, à Redon, h Saint-Malo et à Luçon; elle a son noviciat à la Roche, près de Redon, et des missionnaires dans le diocèse de Coulances et jus* qu^aul Antilles^
Le décret d'approbation que les PP. Eudistes ont obtenu, et qu'ils désiraient ardemment, va leur inspirer une nouvelle ardeur à poursuivre l'œuvre de l'éducation des Missions, en même temps qu'il déterminera des prêtres pieux à se joindre à la société do Jésus et de Marie pour y augmenter le nombre des ouvriers évanoéliquesv
Dès l'origine de sa fimdation, le P. Eudes obtint des lettres patentes du roi, et les approbations épiscopales ne lui firent pas défaut. Mais le vénérable prêtre sollicita en vain toute sa vie l'approbation du Saint- Siège; l'opposition des Oratoriens et d'autres corps religieux vint toujours entraver leurs demandes. Les Eudistes obtinrent cependant, de la œur de Rome» les décrets partiels confirmant les différents séminaires dont ils prenaient la direction, ainsi que des bulles ou breiis approuvant leur œuvre des missions dans les paroisses pour y détruire les désordres et y renouveler la piété,
La nouvelle société a été plus heureuse que l'ancienne, et, après avoir obtenu^ en 1S5J, un premier décret de Rome, contenant l'éloge de l'institut, elle vient d'avoir le bonheur de se voir approuver solennellement par le Saint-Siège. Elle doit cette précieuse faveur è la bienveillance du Souverain Pontife, aux démarches actives du digne supérieur général et au zèle de Mgr Poirier, prélat domestique de Sa Sainteté et vicaire général du Port d'Espagne (lie de Trimidad aux* Antilles), lequel a fait poursuivre,avec une rare activitédepuis plusieurs mois, cette affaire à Rome. Mar Poirier, qui appartient à l'institut des Eudistes, est missionnaire dans les Antilles anglaises depuis dix-huit années. Il relève actuellement d une grave maladie qui a mis ses jours en dan-
Î;er, et le Saint-Père, dont la touchante solicitude pour la santé dui pieux convalescent, dont il apprécie tout le mérite, lui a envoyé un de ses camériers secrets, le jour même de la signature du décret d'approbt»
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lion pour lui en porier de sa part Tagréable nouvelle. C'était, en effet, combler tous les vœux de Mgr Poirier, et Ton peut apprécier combien il a été ému de la flatteuse et délicat» attention de Sa Sainteté.
JOSEPH (Communauté de S Al NT-^, à £a«a<
Mayenne).
L'hospice Saint- Joseph fut fondé, en 1662, par Mlle Le Cercler qui réunit quinze pauvres orphelins, en Thonneur de la sainte Trinité el des douze apôtres; elle gouverna sa maison jusqu'à sa mort en 1675, et lui donna lous ses biens. L'évéque d'Angers el les habitants obtinrent des lettres patentes, elles sont de 1681. Le roi permit de bâtir une chapelle, et ordonna qu on y chaniAt le Domine fo/rum, h la fin des Messes hautes. Le nombre des enfants étant augmenté, les habitants achetèrent la closeried'Olivet, et y transférèrent rétablissement. C'est le lieu où il est maintenant. En 1689, un y fit venirdes dames de Saint-Thomas. L'hospice fut considérablement augmenté parla libéralité de M.Garnier : il y consacra tous ses biens, il fit construire le bâtiment du centre, et s'occupa , jusqu'à sa mort, des orphelins auxquels il portait le plus tendre intérêt. On les occupait à lisser des toiles et étoffes, qui se vendaient au profit de l'établissement, et leur séjour fut prolongé par la quantité qu'ils en devaient confectionner; le commerce continuel contribuait à l'entretien de la maison. Pendant la révolution, on y plaça un tour, et on y reçut les enfants exposés; il v resta jusquà ce qu'il fût transféré au chef-lieu du département. L'établissement fut rendu à sa première destination , et le nombre des enfants diminua.
On y recevait quelques vieillards et des femmes aliénées. Les dames de Saint-Thomas y restèrent iusqu'à la révolution. A cette époque, quelques-uns rentrèrent dans leur iamille}deux y restèrent, et le conduisirent }usqu*en 1803 , époque où la dernière y mourut. L'administration en confia la direction à un prêtre revenu d'exil qui le gouverna jusqu'en 1820. A sa mort, on fit venir des sœurs de la congrégation d'Evron qui ie desservirent jusqu'en 1833.
La communauté des religieuses hospitalières de la Miséricorde de Jésus, fut fondée a rbospice Sainl-}oseph, en 1833, sur la demande de la ville et des hospices, qui, ayant le projet d'agrandir l'hospice, voulut le confier k des religieuses cloîtrées, et s'adressa à la maison de Saint-Julien de cette ville, qui y vit de grandes difficultés. Mgr Carron, évéque du Mans, accorda, aux instances réitérées de la ville, des religieu- SOS. et chargea M. Bouvier, alors son vicaire générai, et supérieur de la communauté de Saint-Julien, de présider à l'élection qui devait se faire le ik janvier. La révérende Mère Sainte-Victoire fut élue supérieure et fondatrice de la maison de Saint-Joseph. Elle terminait sa sixième année de supériofilé : ou lui donna quatre compagnes auxquelles se joignit une novice que Dieu ai».-
\te\n h la nouvelle communauté.
Elles y entrèrent le 8 juin. Ce délai ayaiii ^té nécessaire pour .a sortie des sœurs d'Evron.
L'administration les reçut avec bonheur, et leur donna le bâtiment du centre, où elle lit de suite dix cellules : elles occupèrent le bras droit de la croix de la chapelle, qui leur servit de chœur.
L'administration des hospices ayant cédé b la ville des prairies pour y faire un champ de foire, et les ateliers et les dortoirs des garçons se trouvant sur la route, on construisit un t)fltiment destiné à les y placer, ainsi que les vieillards, pour lesauels ia ville fonda trente lits. On prolongea I ancien, pour y placer les filles, dont les religieuses occupaient les appartements, et les femmes qu'on y adroit, ainsi que celles qui étaieni dans un troisième établissement dépendam de l'administration, et qu'on y voulait réunir. L'hospice fut entouré de murs en même temps qu'on s'occuoa de la cl6ture régulière.
Les religieuses, à lenr entrée, trouvèrent des enfants, dix vieillards* six aliénés, deux chefs d'atelier et quatre domestiques.
Au milieu de tant de travaux, Mgr Carron reçut les vœux de la novice que la voix de Dieu avait conduite dans la nouvelle coq)munauté : ce fut le 8 août que sa visite rombla de bonheur celles qui avaient fait de si
Srands sacrifices, et qui étaient heureuses e le voir au milieu d'elles. Il visita la peiite communauté, fut étonné de ce qu on y atait déjà fait, encouragea et témoigna rintérêi le plus bienveillant à celles qu'il ap|)elait ses chères filles, les assurant de sa paternelle protection, bénissant ce qu'il appelait l'œuvre de Dieu, et sanctionnant ()ar sa présence tout ce qui avait été fait; il dîna avec l'administration, qui avait assisté è ia cérémonie, ainsi qu'un nombreux clergé.
Peu de temps après, sa mortîles combla de la plus profonde douleur. L*année suivante, il rut remplacé pai Mgr Bouvier, son grand vicaire ; il était leur supérieur depuis 18t5, u s'était identifié à leurs travaux, et avait (partagé les difficultés d'une fondation (qui ne fut pas sans épreuves) dont il voyait a vecjtie l'extension. Elles remercièrent le Seigneur, s'appuyant avec bonheur sur celui qui, depuis tant d'années, était leur père, et qui avait pour elles la tendresse d'un père pour ses plus jeunes enfants; il dirigeait luimême la communauté et l'admini$tratw>n dans les changements devenus nécessaires. Mgr Bouvier autorisa les religieusesâclian-
ter I Office de Noël avee le chapelain, sei> n l'usage du diocèse, ainsi que la VLesse ei io Vêpres les dioianches et fêles ; les eoiant> o^ rétablissement chantafent avec Taumônier.
L'année suivante , elles reprirent YOihoi canonial, dont il les avait dispensées k raison de leurs travaux. L'ordonnance ro^j^ qui approuvait la communauté est de ltv>» L'administration de la ville chargea »;* religieuses de la direction d*une saiif <nsile ; c'est la première de la congrégait a
Ml JES DES ORDRES
et du ciéparteffleot. Elles voyaient avec joie leur nombre s'augmenter, et la bénédiction dti Seigneur se répandre sur leurs travaux; elles âmirèrent le soin qu*il prend des àtnes qaj mettent leur confiance en lui. Une Tertoeuse demoiselle, connaissant Tétat de (;éDe de la communauté, lui donna une firopriété (|u*elle voulut rendre à sa première destination. L'ordonnance rojale pour Tautorisation de ce don ne se fit pas atten- «ire, elle est de 1838. D'autres dons encore furent Tobjet de leur reconnaissance.
I..*aiiQée suivante, eut lieu la première élection, le H juin 1839; Mgr y présida, et béoit solennellement la communauté, en iiréseace d*un nombreux public, qui suivit 13 procession dans tous les lieux réguliers, Jan» le plus grand silence, admirant commeol rËglise appelle les bénédictions du ciel, et bénit la demeure des flmes qu'une barrière sacrée sépare du monde, et remerciani Dieu du soin qu'il prend de ses pauvres*
Plusieurs fois les religieuses avaient prié Hgr d'établir la cl6ture ; les travaux continuels Ta valent empêché; elles la gardaient réellement, et elles étaient depuis plusieurs années entièrement séparées de l'hospice, ajant des grilles au chœnr et aux parloirs. La révérende Mère sainte Victoire fut maîtresse des novices; ses exemples et ses leçons laissèrent des traces de toutes les vertus.
Au mois de décembre, on transféra les femmes incurables, au nombre de trente- 6tt ; les religieuses reçurent avec bonheur ce surcroit de travail, qui leur rappelait les fonctions de l'H^tel-Dieu', qu'elles avaient quitté. On fit une chapelle près de la salle, où on plaça celles qui ne pouvaient marcher, afin qu'elles entendissent la Messe de leurs lits; et, le 27 janvier 18&0, on y célébra le saint sacrifice. Le prêtre y prononça 00 discours analo^^ue à la circonstance; la rapérieore et plusieurs religieuses y communièrent. Cette même année elles eurent les quarante heures les jours qui précèdent le Carême, et une retraite donnée par un Jeroite, heureuses de se recueillir et d'y puiser de nouvelles forces.
Une chapelle, dans le jardin, était l'objet de leurs vœux, M. le maire la fit construire et Torna d'une statue de la sainte Vierge et de tableaux.
En i9k% les femmes aliénées furent transférées à Mayenne, mais on reçut dans l'hospice les hommes aliénés. Les religieuses obtinrent de l'administration que les gardons fussent placés lorsqu'ils seraient caliables de gagner leur vie ; ils étaient soumis à un travail considérable avant leur sortie, et iis restaient souvent jusqu'à dixneuf ans dans rétablissement. Peu ae temps après le commerce fut défendu par le gouvernement, dans l'établissement, et les en- Duits oe travaillèrent que pour la maison.
La révérende Mère Sainte-Victoire fut a^loe supérieure en 18^5, sa mauvaise 5auté lui |)araissait un obstacle i elle obéit