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DICTIONNÂIIIE
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Bn Orient, rorobassadeur de France réclamait le maintien des Jésuites, qu'il déclarait nécessaires à la prospérité des établissements catholiques protégés par la France et si utiles à son influence dans ces contrées. Et ce même gouvernement qui avait fait presser avec tant d'ardeur, à Rome, la dissolution de la Compagnie de Jésus, or^ donnait h son ambassadeur d'obtenir du Saint-Père la tolérance des Jésuites dans les missions du Levant.
Frédéric 11, roi de la Prusse proteslante« philosophe, incrédule correspondant de Vol* taire, de D'Alembert, déclare alors que dans les provinces catholiques de la Silésie il entenu conserver les Jésuites. Le 13 septembre 1773, il écrivit è son repréneniant k Rome ; Abbé Co^ambinif vous airex à qui voudm feniendre.., au Fap$ et au premier minittr€f 4iue touchant faffa%rê dêê Juuiteê ma réêolu^ tion 0Mt friie de iee eonterver dan$ me$ Etaie teli gt(iU Font été ici... Se fCaijamaU trouvé de meilleure prétree à tout égardê,.. Dans leurs malheurs je ne vois en eux que des gène de lettres qu'on aurait bienék la petuad remplacer dams l'édueeUion de la jeunesse... Ainsi n^aura pas de moi un Jésuite oui voudra.
Et plus tard il écrivit è Voltaire : Souve^ ncM^vous du P. IViumamme, votre nourrice: vous avez sucé chez lui le doux nom des mtiees, réconciliez-vous avec un ordre qui a porté et qui, le eiècle passée a fourni à la France des hommes du plus grand mérite, • Le roi engageait les Jésuites k se nommer un vicaire général et h se constituer en société religieuse; ils n^y consentirent pas, mais demeurèrent seulement k la tète des collèges et de l'université de Breslau, comme prdtres séculiers.
Catherine de Russie, non moins avancée que Frédéric dans les idées voltairiennes, et placée aussi sur un trône schismatique, se pose également comme la protectrice des Jésuites dans ses royaumes ; elle défend péremptoirement aux évoques catholiques de publier le bref de suppression et encore plus de le signifier aux maisons de la Compagnie. Pour calmer les scrupules des Pères deJa Compagnie, elle obtint oe Clément XIV, heureux sans doute de cette sollicitation que le bref ne serait point obligatoire dans les provinces russes. Ce fait est solennellement Attesté dans une lettre pastorale de l'évèque de Mohilow, du 29 janvier 1779. Les Jésuites de Russie, dit a ce sujet le cardinal Calini, restèrent donc en possession pacitique de ce qu'ils avaient depuis 240 ans et de ce qui leur avait été confirmé par les brefs de 19 Pontifes et l'évèque de Hohilow, k
?ui Pie VI avait donné les pouvoirs les plus tendus relativement aux religieux dans les provinces russes, donna la permission aux Jésuites d'établir un noviciat et de recevoir des novices dans leur société. Le gouvernement russe d(^fendit avec éner{;ie ces saints religieux et déclara que le bien seul de la relision avait fait décider la con* scrvation des Jésuites.
Au milieu des populations si feu éclairées
il (sait un diplomate russe en écrivant kRome, où pourrions -nous trouver un nombre suffi sont d hommes inslruitsT.. Il ny avait mi^uu résolution comme celle de rexpulsion des Jésuites du midi ée la Chrétienté pour opérer dane le nord le reflux heureux de cei kommes voi^s par éiaé à la culture des seienctt et des leitres. Ainsi les recueillir et leurogrir une patrie en dédommagement de celle quHt$ rejette... et ne perfeetiowner leur associalien qu'en vue de l instruction publique^ me parait un acte de sagesse autatU que <f kananité.
Qui ne voit dans cet événement les vues de la Providence, qui permettait k la racine de cette société de conserver toute sa force ei sa vigueur k l'abri de cette haute protection pour pousser un peu plus tard des rejetons vigoureux qui devaient lui rendre sa première splendeur au fond même de la révolution française, le ffouvernement de Parme, qui avait mérité rexcommunication de Clément Xlil, pour s'être laissé entraîner par Tesprit du siècle dans des mesores qu'il avait prises contre oette société, les rétablissait dans ses Etats.
. Rien ne fut plus propre k réfuter les sarcasmes de l'impiété et k confondre lèsenoemis de cette illustre Compagnie que la soumission subite de tous les membres répandus dans toutes les parties de Tuoivers k l'arrêt de leur dissolution, que leur conduite admirable, dans tous les grands événements
2ui eurent lieu a[)rès cette trop faiDeu.<e |)oque, conduite qui n'eût peut-être jatnais de modèle dans l'Eglise, que le zèle avec le-
auel ils continuèrent k se livrer k Texercire e toutes les bonnes œuvres, que le courage» qui ne compta aucune défection, k professer la foi, k souffrir le martyre au mois du danger.
L'empereur de Russie, Paul I**. s'était joint a renipereur d'Autriche et k l'Angieterie (singulière alliance) pour protéger l'élection du successeur de Pie VI; et en récompense il demande officiellement au Paf« Pie VU de reconstituer canouiquement la Compagnie de Jésus dans ses Etats. Le Pa|ie accueillit cette demande que lui adre^^it un prince hérétique, admirant les voies Je la Providence qui conservait |>ar de ti>f moyens k son Eglise, une milice aussi salnie f|ue dévouée. Le bref est du 1 mars 1801. Le P. Gruber fut nommé géuéral de laCouipagnie.
Alexandre, non moins clairvoyant, voulut aussi se servir des Jésuites pouréien>lre la civilisation dans les vastes régions de son empire où tout était encore k créer; illes réclame en même temps sur les rives du Volga, sur les plages de la mer Noire etju>qu'au pied du Caucase, pour y Oxer et v \i^ icer do grossières et ignorantes population.v
Les Jésuites étaient donc en Itus^ie ce
Îu'ils avaient été partout, missionnaires >nitigables, professeurs habiles et dévoué». Le succès oes Jésuites en Russie, en tsc^ de l'incurable torpeur où vég|élait le cierge Tuiiso, leur attira toute la haine de ce dcr-
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nier, qui, profitant sortoot^ de l'Mipereur Alexandre, durant les dernières guerres de l'empire, n*épargna rîen pour susciter des entrares et éfeiller les jalousies d'une religion nationale et ennemie du cathoiicîsme. A son reiorjr, Vempereur, malgré son équité nalurelle, et la haute prudence que les Jésuites avaient su garder dans une position aussi délicate^ qui depuis M ans leur don^ nait pour protecteur le plus polissant enfiemi de leur religion, en présence des haines soulevées, se décida h bannir les Jésuites de sa capitaie <i*abord et bientôt de ses Etats.
C'était assez pour la Russie scbismatique d*aToir recueilli au moment du naufrage et cooserré pour des jours meilleurs une institution éminemment catholique : quand elle se décidait k éloigner la Compagnie de Jésus, celle-ci réhabilitée par le Souverain Pontife Pie VU, avait alors droit de cité dans rnnivers entier. Le 7 aoât 1811^, jour de ta résurrection de la Compagnie, Rome retentissait des cris de joie, d arclamatio^s et d'applaudissements. Le peuple romain accompagna Pie VU depuis le quirinal ju5;qul relise du Jésus où l'on Si la lecture de la bulle et le retour du Pape à son palais fut une marche triomphale.
Rien ne rehaussa mieux Tinnorence condamnée que la solennité de cette réhabilitation dans laquelle le Souverain Pontife regarde les Jésuites comme un secours que la Providence lui envoie; comme des r?meors vigoureux et expérimentés pour rompre les flots d*une mer qui menace à chaque instant du naufrage et de la mort, |)0ur défendre la barque de pierre, agitée et assaillie par de continuelles tempêtes.
Malgré les préventions que Josenh II n*avaitque trop enracinées, TAutricue retint les Jésuites è leur passage; ils fondèrent plusieurs coUéges qui jouirent bientôt d'une telle fiiveur que toutes les familles se pressèrent pour assurer h leurs enfants les bienfaits de cette forte éducation. Pendant la première invasion du choléra dans la Gallicie, les Jésuites se multiplièrent pour secourir les malades et consoler les mourants. 870,000 victimes. y succorabèrenL
En An^eterro, les Jésuites» disséminés comme missionnaires, purent continuer isolément leur rude tache, durant la période de la suppression de leur ordre. Quelaues Jésuites purent se réunir pour fonder leur beau collège de Stonjhurst. En dix années, de 1826 à 1836, ils purent élever 11 églises nouvelles sur le sol anglais; ils protitërent du calme des esprits pour fonder aussi plusieurs collèges en Irlande : et c'est de Vun d'eux que sortit Daniel O*^ Connel« le grand homme qui s'est le plus ardemment dévoué au salut et è la liberté de l'Irlande.
La révolution de septembre qui rendit h ^la Belgique son indépendance, rendit en même temps la liberté de leurs œuvres aux religieux de la Compagnie de Jésus, et ce fut au collège de BrugelettCt comme à celui de Fribourg, en Suisse, que de nombreuses
DES OlIDREg RELICIEUX. ws ^i^
familles françaises enroyerent leurs enfants pour les soustraire, sous le gouyernement de juillet, è renseignement si peu chrétien du monopole uniyersitaire.
Sans aucun titre officiel et usant seuic-
* ment du droit commun, les Jésuites ouvrirent Quelques collèges avec leur succès habituel; nous avons vu celui d*Aix en Provence, réunir plusieurs centaines d'élèves,
* soutenir la vieille réputation des maîtres si habiles dans Kart difficile dMnstruire et d'élever la jeunesse, et chacun pourrait remarquer que les familles connues par leur antipathie pour la Compagnie, leur confiaient l'éducation de leurs enfants, ne voulant pas d'autres maîtres qu'eux.
Ces Pères ne se livraient pas avec moins de succès au ministère de la parole éVangélii^ue qu'ils savaient si bien adapter aux besoins des populations. Qui ne se rappelle surtout le P. Gu^on, homme véritablement apostolique, qui obtenait partout des résultats extraordinaires par ses éloquentes pré* dications.
Rien n'avait pu suppléerdnns lasocîéiè aux croyances qui lui manquaient. A peine rétabliedansrordreetlalègalité,elleparais$eilatteinte d'un nouveau verdie et cusposée à se précipiter en des révolutions nouvelles. Il suffisait de se montrer Chrétiens pour être voués h tous les mépris : le nom de Jésuite» appliqué d'ailleurs a tous les défenseurs de Tordre social, fut de nouveau poursuivi de* vaut l'opinion publique connue.
Le gouvernement de la Restauration eut le tort d'avoir peur et de sacrifier ses plus utiles auxiliaires aux clameurs de ses enne* mis. Les ordonnances de juillet 1828 fermèrent tous les collèges dirigés par des ordres religieux. En frappant tous les ordres religieux, on voyait bien que les Jésuites ne servaient plus que de prétexte pour atteindre au cœur l'Eglise catholique elleHoÂème.
Les Jésuites ne pouvant songer à rouvrir leurs collèges tant regrettés des familles catholiques, demeurèrent dispersés dans quelques résidences^ s'y occupant exclusivement du salut des Ames par la prédication et les bonnes œuvres. Ils reprirent avec un nouveau zèle cette carrière de missions loin-* taines où ils avaient autrefois fécondé tani de déserts.
Depuis les premières années du xix* sxh^ cle, ils avaient été appelés aux Etats-Uni» o.ù ils avaient fondé des collèges admirés et soutenus des potestanis eux-^nèœes. Le P. de Smetet plusieurs autres Pères furent èvangéliser les tribus errantes des montagnes^ rocheuses et y renouveler les merveilles des* anciennes réductions du Paraguay.
L'Amérique du Sud, les ludes et rOrieni revirent aussi les missionnaires de la Compagnie de Jésus qui venaient reprendre avecla même ardeur les travaux interrompus de leurs anciens Pères. En 18^1, trois Jésuites partent pour la Chine; ils se livrent sans resserve à toutes fatigues du missionnaire; en peu d*annèes, 73,000 Chrétiens segrou|H> paient autour de nouvelles missions A San-
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ûictu)N!«aiiie:
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ou
ghnï $*é1evaienl un grand el un petit séminaire, lin collège, des écoles supérieures, Un orphelinat de garçons et de petites filles, avec près de 2,000 enfants recueillis et nourris dans des familles chrétiennes; un petit hôpital, plus de 200 écoles primaires répandues au dehors. Tandis que ces ouvriers intrépides et laborieux arrosaient ainsi de leurs sueurs ces places lointaines et y préparaient les germes d^une nouvelle civilisation, Texistence de la Comj)agnie fut de nouveau menacée en France.
La révolution de 1830 avait produit deux résultats également inattendus : elle avait fait tomber toutes les déclamations irréligieuses, ?irmes de guerre, qui de venaient inutiles après la victoire, le clergé put travailler plus librement aux œuvres de religion et de charité. Les hommes religieux ne tardèrent pas de s'unir pour réclamer Texécution d*unc des promesses île la charte nouvelle, la liberté de renseignement qui se rattache h l'essence môme des convictions religieuses, un moyen pour transmettre sa foi à ses enfants. Des voix éloquentes dans la chambre comme dans la presse surent revendiquer énergiquement les droits de la conscience, tandis que répiscopat tout entier faisait entendre les plus graves retentissements; mais les ennemis de TEglise effrayés de cette coalition pour le bien, résolus h ruiner par tous les moyens une influence qui devait leur être si funeste, évoqua de nouveau le fantôme du jésuitisme, exhuma les lois de 92, qu'ils disaient n'avoir pas été rapportées,
1)our proscrire de nouveau la Compagnie de lésus. Ce fut alors que le P. de llavignan, qui, après le P. Lacordaire, était monté sur la chaire de Notre-Dame, où il avait attiré le môme Ilot d'auditeurs, fit paraître le mémorable écrit, de Texistcnce et de Tinstilut des Jésuites, qui restera comme la réponse définitive à toutes les préventions amoncelées contre la Compagnie de Jésus.
Quoiqu'il ne fût rien répondu h cette éclatante apologie, elle n'empêcha pas les poursuites d'une haine aveugle. Le gouvernement do Juillet cédant de nouveau h la pression révolutionnaire, qui devait bientôt l'emporter lui-môme, voulut faire une tentative auprès de Grégoire XVI; mais ce saint Pape refusa de prêter la main à cette injustice, et tit repousser avec indignation par son secrétaire d'Etal, la part qu'on voulut lui donnera la concession qu'il plut au P. général des Jésuites de faire à la sollicitation du gouvernement, lorsque, sans prendre les ordres du Souverain Pontife, mais sachant qu'il entrait dans ses vues, il consentit à faire fermer une des maisons de Paris, tandis que les Jésuites devaient paisiblement habiter les autres résidences.
Le but que les libéraux croyaient avoir atteint, c'était d'exclure tous les ordres religieux de la liberté d'enseignement, car la chambre de t8M, ayant été de nouveau saisie de cette loi toujours impossible h faire, avait renvoyé à la session suivante la discussion do la loi qui devait résoudre cotte
question; lei révolutionnaires firent justice d"e ce projet^ deux ou trois mois après la monarchie de Juillet s'écroulait en France, aux journées de février I8W, et faisait place à une république qui réalisait du moins le principe de la liberté de l'enseiçaeinent sans oser exclure les Jésuites, qui devinrent enfin libres d'ouvrir des collèges el de se dé* vouer à l'enseignement public.
Plusieurs de ces établissemeois, et entre autres celui de Vaugirard, près Paris, ouvrirent leurs portes à la jeunesse chrélîeaae, et presque partout par les soins desévèqucs et sur rappel des autorités civilos, qui n'avaient pu oublier ni l'éclat ni la prospérité qu'un collège de la Compagnie de Jéius ûonnait à leurs cités.
Les Jésuites furent bientôt appelés à rendre à la société d'autres signalés services. Depuis longtemps les statistiques de la justice criminelle constataient avec effroi une progression désolante dans le nom des délits et des crimes, et surtout un accroiss<*ment de perversité dans les prisons où le condamné subissait sa peine et dont il ne sortait qu'avec une haine plus Tiolente contre l'ordre social. Un Père de la Com|)agBi€ de Jésus, le P« Lavigne, et huit autres Pères, autorisés par le ministre de la marine d'entrer et de séjourner dans le bagne d« Toulon, s'installèrent au milieu de 4,0(KI forçats, deux fois par jour pendant un mois s'appliquèrent à réveiller la foi dans leurs cœurs. On vit alors un des plus étonnants spectacles qui soient jamais venus confondre la raison humaine : on vit des milliers de bandits et d'assassins inaccessibles ju.«que-là à tout sentiment d'honneur* rentrer en eux-mêmes, rougir de leur passé, pieurer leurs crimes et donner des preuves soutenues de leur régénération. Dn de ces malheureux se laissa, plus tard, tuer h coujp$d<? couteau, plutôt que de céder à la profonde perversité d'un de ses camarades. 2,500 re* curent la sainte communion avec une inexprimable ferveur, et 1,200 se présentèrem au sacrement de confirmation.
Deux ou trois ans après, le gouvernement impérial, ayant supprimé tous les baenes H décidé l'établissement des colonies i>éDitertiaires à la Guyane française, se rappela le» belles missions des Jésuites aux bagnes; il les chargea d'accompagner les déportés au delà des mers et de les initier à la vie nou* velle oui leur était pré|>arée. Les Jésuites acceptèrent cette œuvre de dévouement, ci en moins de quatre années onze de ces fervents missionnaires y succombèrent dans l'exercice de leurs pénibles fonctions.
La nouvelle colonisation de l'Algérie est témoin depuis vingt ans du zèle des PP. Jésuites pour le salut des âmes. On a toujours trouvé des Jésuites partout où il y avait quelque mission pénible à remplir. Aussi le maréchal Bugeaud, l'illustre ca)»itaine qui fonda en Afrique la domination française, ayant remarqué ce zèle vOMn* geux, apprit avec étonnement que ces prû- 1res si dévoués étaient de la Compagnie Je
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DES ORDAi» REUGIEUX.
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iésuâ* La P. Brumauld conçut et réalisa uDe des œoTres les plus fécondes pour rsTenir de rAlgérie. Il recaeillit les nombrtnx orphf^lîDs dont les pères européens» soidau ou eolons, araient été victimes du choléra ou du climat d'Afrique, et les oi*«
Jinisa en colonies agricoles où ces enfants levés jusqu*à TAge de leur majorité, appren* draieni les divers métiers dont on peut avoir i»esoin dans on villa||e.
La gouvernement comprit toute la valeur d*une pareille institution; il s'associa d*a- Dord par des secours pécuniaires aux efforts du P. Brumauld; plusieurs centaines d'hectares de terrains desséchés et améliorés lux frais de TAat, lui furent concédés près de Booflaricb. I>e centaines d'enfants trouvés fareol dirigés de France eu Afrique, où ils irmiTeni tous les soins de la charité catholique avec Tespérance d'un bel avtnir. Habitoés h l'ordre, h l'économie, à là discipline; bmiliarisés avec la culture propre au pays, ils possèdent tous les éléments d*un avenir pros|)ère. L*ealreprise a réussi au delà de tocle espérance. Elle fait l'admiration de toos ceux qui visitent cç vaste et ma^ni- IfM établissement; les principes religieux qui animent cette jeune et nombreufie géaération, l'instruction qu'elle a acquise sont les plus sûrs garants de la confiance qu'ils iaspirent.
La société moderne, née au milieu des rifolotions et des ruines, sans cesse trou- Uie et menacée par les suites de ses premières agitations avait besoin que queluu'un Inî fit connaître ses véritables intérêts, k hrii surtout où on avait éveillé et allumé toates les passions populaires; il était nécesaire de parler raison k ce peuple é^aré, il devait être l'œuvre du prêtre catholiçiue el particulièrement de ces Jésuites, qui, k l'exemple de leur divin Maître, ont toujours brûlé du désir d'évangéliser les pauvres. Des milliers d'ouvriers se réunissent aujour- (Tbaidans tes soirées du dimanche, prennent part k d'honnêtes divertissements, puis éeoateotavec une religieuse attention les paroles pénétrantes de ces prêtres ou de ces religieux, qui, dans les capitales comme (lans les lointains déserts, ont toujours su noraliser et servir les peuples. Il en est un sorloat qui a conquis un merveilleux ascendant sur un immense auditoire, c'est le P. Milleriot, dont le regard, le geste, la voiii s*aDisseat dans une irrésistible action. Orateur véritablement populaire, il instruit, il smase, il émeut tout k la fois, et il entraîne tes âmes dans les voies du bien avec l'énergie de la plus tendre charité. Nul ne saurait dire combien de ces redoutables enfants do peuple, tombés aux genoux de cet homme apostolique, et réconciliés par lui avec Dieu, toot aussitôt revenus k tous les devoirs et à tontes les vertus, et puisque la plus grande «partie des hommes uevra toujours gagner tOQ pain k la sueur de son front, quel service ne rend-il pas aux hommes et k la société, ^ religieux qui se consacre si gënt^reusetotnl k l'éducation morale des peuples ?
Appelé au mois de juin dans une maison centrale dndépartement de la Seine, le même Père 7 a produit les mêmes fruits que le P. Lavigne k Toulon, auprès des 1500 détenus; pendant huit jours il a captivé l'atlentioii, excité le plus vif intérêt, touché les cœurs de tous ses auditeurs; ceux mêmes, auxquels le court espace de temps n'a pas permis d'approcher des sacremeutSy n'ont pu souvent se défendre de rendre justice k son xèle, k sa charité, k son talent, regrettaient que les jours de celte retraite eussent été SI limites; tous les esprits ont été éclairés, les cœurs profonaément touchés. Ils désiraient une nouvelle occasion pour rompre avee leurs anciennes habitudes d'irr^igion et d'indifférence; quoique le P* Milleriot ne fût aidé que d'un seul confrère, plus de 600 hommes ont pu approcher de la sainte table : Mfi;r l'évêque de Versailles qui leur a distribué le pain eucharistique a donné k un grand nombre d'entre eux le sacrement de confirmation.
Les chaires de la capitale, coipme un grand nombre de celles des provinces, retentissent de la parole des RR. PP., et leur présence attire toujours un grand concours.
Epuisé par l'excès de ses travaux, le P. de Ravignan, qui avait occupé pendant )ilu«sieurs années et avec tant de distinction, avec des fruits si abondants, celle de Notre- Dame, a été remplacé par le P. Félix, auprès duquel se presse chaque année Télite de la société. On ne sait ce qu'il faut le plus admirer dans ce jeune Père, on se simplicité apostolique, ou son mérite qui lui fait traiter les questions les plus ardues, les plus stériles en apparence avec un génie qui déconcerte les savants; ou son zèle qui le porte sans respect humain, k saper le mal dans sa racine; ou son éloquence pathétiaue qui entraine, qui enlève, qui emporte d assaut; ou son irrésistible charité qui lui gagne le codur de tous ses auditeurs et les amène aux tribunaux sacrés.
Une jx>pulatton allemande qu'on fait monter k 100,000 âmes, vivait k Paris presque entièrement privée de secours religieux.
Peu familiarisés avec la langue française, ils ne pouvaient profiter des instructions qui sont prodiguées k la population parisienne; ce n'est quavec les plus grandes difficultés et en (uircourant les plus longues distances
!|ue les plus zélés se procuraient qutlqueoii la consolation de se réconcilier auprès des prêtres qui parlaient leur langue; quelques essais bien insuffisants avaient été faits dans quelques paroisses. L'empressement
Ïue cette |)opulation pieuse mettait k proler des moyens de salut a de plus en plus enflammé le zèle des PP. Jésuites. On na saurait raconter les fruits de bénéciiction n'obtiennent les Pères dans la paroisse dite e Saint-Joseph des Allemands, rue La Fajette. L'affluence de ces bons Allemands, les marques extraordinaires qu'ils donnent de leur piété prouvent que ces moyens de salut répondent k un besoin pressant, k des vœux longtemps formés. On se rend k
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Saint-Joseph des points les plus éloignés de la yWe; les Pères sont appelés dans tous les quartiers pour porter des consolations, administrer les sacrements aux Allemands, qu*on compte surtout dans la population ouvrière, et qui sont heureux aujourd'hui de trouver dans la capitale des moyens de continuer les habitudes de piété qu'ils avaient suivies dans leur patrie. Afais commô la Providence avait pris plaisir à manifester le mérite des Jésuites si persévéramment calomniés, elle leur a ouvert une carrière encore plus éclatante.
Qui n*a entendu le récit du dévouement sut)lime, du zôie surhumain, du courage intrépide des R. P. Parabère, Gloriot, de DaroaSi pendant la ^raerre que la France vient de soutenir en Orient pour arrêter les envahissements de la Russie? Qui n*a lu avec attendrissement tant de traits touchants de cha«rité qu'on cherchait avec avidité dans les journaux pour y admirer les services que rendaient les aumôniers d'une armée qui passa par de si rudes épreuves, qui fut si affreusement ravagée par le choléra avant de paraître sur le champ de bataille ?
Sur la demande du maréchal Saint-Arnaud, le P. Parabère, religieux de la Compagnie de Jésus , fut nommé aumftnier en chef. Ce Père était connu de nos soldats d'Afrique, où il avait affronté plus d'une fois avec eux les balles des Arabes; et on jour, aux applaudissements de toute l'armée, il avait été décoré de la main du général en chef. Il t)artit pour l'Orient avec plusieurs autres Pères, et leur zèle n'eut que trop tôt è se déployer.
Le choléra s'abattit sur on corps d'armée d'environ dix mille hommes, et il commença par frapper tous ceux qui voulaient mettre obstacle à ses ravages. Deux généraux sur quatre, sept ofBciers de santé, trois oiEciers comptables, dix-sept inGrmicr?, le chef pharmacien et ses aides périrent, dès les premiers jours, victimes de celte lutte terrible. Le Père Gloriot était /luprès des mourants pour les absoudre, auprès des malades pour les soutenir. L'épreuve fut
(grande; mais grandes aussi furent les consoations. Les deux sénéraux aue le fléau enleva donnèrent I exemple de la mort la plus chrétienne. Sous l'impression de terreur que causait le fléau, les sentiments de foi se ranimaient dans tous les cœurs; les officiers étaient les premiers à recourir au ministère sacré. On avait recours aux Père aumônier à toutes les heures du jour et de la nuit. Il entendait les confessions en allant d'un hôpital dans un autre; et, jusque dans les escaliers intérieurs de l'h^ pital, où nos bras l'attendaient è genou i, il leur distribuait le pardon de leurs fautes. Seul pour donner les secours spirituels è tant de milliers d'hommes, le P. Gloriot suOisait k tout; aussi les travaux avaient tellement épuisé ses forces, qn*il ne pouvait plus faire un pas sans le secours d'un Mton ou d*un bras.
Dès le commencement de la bataille de
YAlmùf l'aumônièr en chef, le P. Parabère, eut son cheval tué sous lui. Le général Canrobert« auprès duauel il se trouvait, lui exprimait ses regrets ue ne pouvoir lui j)rocurer une autre monture, lorsque le Père, qui voulait être k son poste, sauta résolument sur un caisson , et , rapidement emporté par le puissant attelage, suivit la colonne d'attaque au milieu des applaudissements enthousiastes de la troupe. Arrivé sur le lieu du combat, il met pied k terre, et s'altachant k l'intrépide corps des zouaves, il le suit pas k pas durant toute la lutte, relevant sous le feu les hommes qui tombaient, donnant Tabsolution k ceux qui étaient blessés mortellement, et prodisuant ses soins aux autres blessés. Le P. Gloriot est aussi décoré par l'empereur de l'étoile des braves. C'est ainsi que les Jésuites aumôniers surent conquérir l'estime des chefs et la plus juste popularité dans les rangs de l'armée. Le marécnal Saint -Arnaud et tant d'autres ofliciers supérieurs étaient remplis pour eux de la plus cordiale affection et de la plus intime conHance. Les journaux ont été pleins, pendant le temps qu'a duré cette guerre, de faits les plus touchants qu'on ne pouvait lire sans avoir la larme k l'œil ; l'histoire racontera tous les prodiges de charité qui se renouvelaient chaque jour pendant cette expédition que Dieu a si glorieusement couronnée, et pendant laquelle, par les soius des aumAniers, l'armée a donné des preuves d'une foi et de sentiments de piété dont toute l'Europe a été édifiée, et qui est devenue une source de consolations pour les familles qui ont éprouvé la perte ae quelqu'un de leurs membres.
Non, il n'est pas une sorte de bonne* œuvre, de dévouement, de sacrifice oi^ on ne rencontre les membres de la Compagnin de Jésus, ainsi que leur bon Mattre, qu'ils ont pris plus particulièrement pour modèle et dont la Compagnie porte le nom. Ils ne vivent que pour faire le bien : TramiUbenefaeiendo* Il n'est aucun peuple qui ne profite des fruits de leur zèle, aucune classe de li société qui n'en soit l'objet.
Elle a noblement supporté les traraoi, les luttes, les injustices, les persécutions sans jamais s'écarter de la plus humble soumission envers l'autorité légitime, même la plus égarée ; et quand on pense qu'une com-
Iiagnie, dont les membres pratiquaient toutes es vertus et réunissaient tous les talents et tous les genres de dévouements, a pu ren* contrer des ennemis^sur la terre d'Europe, où depuis si longtemps ils ont foit leurs preuves, on ne peut espliquer cette contradiction et cette iniquité que par celles nu*ont toujours rencontrées ici-bas le bien, fa vérité, la religion, qui nous enseignent l'un et l'autre, et qui est toujours en lutte avec le génie du mal , son implacable ennemi.
La Compagnie de Jésus possède aujoor^ d'hui, dans le diocèse de Paris, quatre ot«i* sons instituées pont des fins diverses.
Sa résidence, rue de Sèvres, e5t sortori destinée au ministère actif, et dès lors ré«
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DES ORDRES RELIGIEUX
j>ervée aux ouvriers apostoliques, prédicateurs et confesseurs. Cette maison ne relève d'aucune autre, comme aucune autre ne dépend d'elle, même à Paris, mais suivant rosage de la Compagnie, chacune se suffit à elie-mdme, sous la direction d'un supérieur immédiat, assisté pour cette adrainistnition particulière, d'un ministre, d'un préfet des choses spirituelles, d'un procureur et de consttUeurs.
Le Père provincial réside ordinairement rue de Sèvres, 33. Le personnel est de quinze Pères, tous employés dans le ministère, et de six frères pour le service de la maison.
Les ministères ordinaires sont les prédications, les confessions et les œuvres aux- Quelles la Compagnie prête l'appui de son évouemenl dans la mesure où elle le'ueut.
La maison de la rue des Postes, 18. desti» née surtout aux études et aux retraites, se compose de vingt-cinq prêtres, cinq scolastiques et huit frères coadjuteurs.
Comme maison de retraite elle accueille tous les hommes prêtres et laïques qui se présentent pour faire une retraite spirituelle sous la direction des Pères.
Comme maison d'études, elle se compose de scolastiçiues appliqués aux mathématiques supérieures, et des Pères écrivains, qui s'adonnent à la composition d'ouvrages de tout genre, de littérature, de philosophie, de hautes sciences. Les Pères s'occupent, en outre, des œuvres extérieures du saint mi* uistère, sermons et confessions. Cette maison renferme encore, sous le nom dlnsHtadon Sainle-Genevièpe t une école préparatoire aux écoles du gouvernement pour la guerre et la marine; comme font l'école polytechni-' que, celle de Saint-Cyr. Le collège de Vau-
§irard donne l'enseignement de la religion, es sciences, des belles-lettres et de la grammaire, à plus de 300 élèves : quatorze prêtres, vingt-quatre scotastiques et dix frères coadjuteurs sont employés à l'administra-* tioo, i l'enseignement, à la surveillance et au service du collège; d'ailleurs, quelques- UQsdesPèros prêchant des stations d'Avent, de Carême, et se prêtent, autant qu'ils le [meuvent, aux diverses œuvres du ministère.
L'œuvre de Saint-Joseph, pour les Àllenuinds, est dirigée par les prêtres, qui fout, (Q langue allemande, les instructions et les catéchismes nécessaires aux nombreux Allemands qui habitent Paris. Six mille personnes, au moins, réclament le ministère des prêtres attachés à cette église.
A côté de l'église il y a deux écoles : l'une pour les garçons, au nombre de cent; l'autre, pour les petites ûUe.s, au nombre d'environ trois cents.
JÉSUS (Filles de).
Dans le diocèse de Cahors, au petit pays deVaylats (Lot), il existe une congrégation reitgiettse dite des Filles de Jésus. Cette congrégation autorisée par Tévéque du lieu le i*^ octobre 1820, et reconnue par le gouvernement le 18 novembre 1853, est dirigée J^r une supérieure générale, et a pour but (l) Yoy. à U lin du vol., ii<» H6, iH. Pii:no^;<(. ues Ordres reljg. JV.
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l'éducation chrétienhe-des filles du peuple, le soin et la visite des malades, soit a domicile, soit daus les hospices. Los religieuses foi^t les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance; mais ces vœux ne sont qu'annuels pendant les huit premières années de profession. Après cette époque, ils peuvent être prononcés pour cinq ans.
Cette congrégation destinée à rendre de grands services surtout dans les campagnes, compte en ce moment cinquante et une maisons, dont trente-huit dans le diocèse de Cahors, onze dans celui de Montauban et deux dans celui d'Agen. Environ ^rois cents sœurs donnent une éducation chrétienne à près de trois mille élèves. (1)
lÉSUS-MARlE-JOSEPU (Convoérib de},
au Canada,
Au mois de février 1663, le Canada fut agité par un tremblement de terre le plus étonnant qu'on ait jamais vu. Il eut pour avant-coureur l'apparition d'un météore, qui, avec un bruit égal h celui du tonnerre, parut sur Villemarie, et après avoir parcouru les air3, alla comme se nerdre derrière les montagnes qui lui ont ctonné son nom; le même globe de flammes parut aussi sur Québec^ le 5 février, qui cette année fut le mardi gras, entre quatre et cinq heures diji soir, lorsque M. Poùart faisait la prière com- QQune dans la chapelle de rHêtel-Dieu qui Servait de paroisse et où quantité de personnes se .trouvaient réunies. On entendit en même temps dans toute l'étendue du Canada, un grand bruissemenjt comme celui du feu qui a pris à une maison. Après que ce bruit dut duré cinq ou six minutes, la terre trembla lOut à coup avec tant de violence que les plus grandes maisons de Villemarie furent aussi agitées que le serait une petite maison de cartes qu'on mettrait au gré du vent. Les
Kersonnes qui étaient dans réglise ainsi que I. Pouarl en sortirent aussil.ot pour n'être pas écrasés sous ses ruines. Ceux qui étaient sortis se couchaient sur la neige, car la terre était agitée de mouvements si violents, qu'on ne pouvait passe tenir sur ses pieds, et qu'on se voyait contraint de se mettre à plat contre terre pour ne pas tomber de sa hauteur; les sœurs se trouvaient dans une agonie mortel le devant le Saint-Sacrement. Le lendemain mardi à quatre heures, un nouveau tremblement eut lieu; il balançait les lits bien f)lus fortement que les nourrices qui bercent eurs enfants; le soir du même jour la terre trembla pour la troisième fois, mais avec des secousses moins fortes. Ce tremblement dura jusqu'au ^mois d'août, c'est-à-dire pendant plus de six mois, quoique les secousses DO fussent pas également violentes; en second lieu il se fit sentir sur une étendue de pays de deux cents lieues de longueur sur cerit de largeur; au milieu de cette confusion si universelle, personne ne périt ni ne reçut la moindre blessure. Nous voyon9 près de nous, écrivait le Père J^lier^and^ de grandes ouvertures sur la terre et une prodigieuse étendue de pays toute perdue f
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noui nous voyons environnés de bouleversemenis et de ruines : pendant que les montagnes d'alentour ont été abîmées^ nous n'avons eu que quelques cheminées démolies. Mais en même temps que Dieu ébranlait les montagnes tt les rochers de marbre de ces contrées^ on eût dit qu'il prenait plaisir à ébranler les conscietrces ; les jours de carnaval furent eAan* gés en des jours de pénitence et de tristesse. Les prières publiques^ les processions, les pilerinages furent continuels ; les jeûnes au pain et à Veau furent fréquents; les confessions générales furent universelles. On put juger que dans tout le pags il n'y eut pas un habitant qui n*ait fait une confession générale de toute sa vie. On vit des réconciliations admirables^ des ennemis se mettre à genoux les uns devant les autres pour se demander pardon avec tant de douleur qu'il était aisé de voir que ces changements étaient des preuves de la miséricorde de Dieu plutôt que de sa justice. Ainsi parlait la Mère de Plncarnation. Ce récit est conQrmé par tous les historiens du temps.
Le fruit le plus durable que produisit cet heureux changement, ou du moins auquel il servit de préparation, fut l'institut de la confrérie de la Sainte-Famille qui prit naissance à Villemarie et se répandit dans le Canada, où elle subsiste encore aujourd'hui.
Le dessein de Dieu dans l'établissement de la colonie de Montréal fut de faire honorer Jésus, Marie, Joseph par trois communautés qui deyaienl être consacrées à Tune de ces trois augustes personnes : le séminaire de Saint-Sulpice, à Notre-Seigneur; la congrégation de Notre-Da me, k la l rès-sa i n te V i erge ; et les Hospitalières, à saint Joseph. Dieu, qui change quand il lui platt les obstacles en moyens de succès, voulut que Tannée 1663, où ces trois communautés semblaient être chancelantes par les difficultés presque insurmontables que Mgr de Laval opposait à leur établissement, elles commençaient à accomplirledesseinqu'il avait en les fondant et donnaient naissance à l'institution de la confrérie de la Sainte-Famille.
Le Père Jé&uito Chaumont ayant été envoyé à Villemarie par Mgr de Laval, remplaça auprès de Mme d'Ailleboust, pieuse, illustre et riche veuve qui était pensionnaire chez les Hospitalières de Saint-Joseph, le Père Lallemand qui avait été longtemps son directeur à Québec. Cette dame eut la pensée de trouver quelque puissant et officieux moyen de réformer les familles chrétiennes sur le modèledelaSainie-FamilleduVerbeincarné, en instituant une société ou confrérie où I on fût instruit de la manière dont on pourrait imiter Jésus, Marie, Joseph, dans le monde, les hommes imitant saint Joseph, les femmes, la très-sainte Vierge, il les enf/ints, l'Enfant Jésus, et découvrit ce dessein à M. Pouart, qui la confirma par son approbation; mais comme il fallait aussi celle de Mgr de Laval, elle proposa au P. Chaumont, à M. Pouart, à Mme d'AilleliOust, à la Mère supérieure de l'Hôtel-Dieu, à la sœur Marguérite Bourgcoys, supérieure de la congré-
DICTIONNAIREI
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gation, à Mlle Mance, qui agissaient tous Uu concert dans cette affaire, de recommander une si grande entreprise à saint Ignace, en faisant pour son heureux succès une oeuvaine à ce digne fondateur de la Compagnie de Jésus. Les colons de Villemarie Tadoptèrent avec d'autant plus d'empressement, que déjà M. de Maisonneuve avait établi parmi eux la compagnie appelée de (a Fierté, composée de 33 soldats dont la ferveur avait porté le P. Chaumont à leur faire prendre le le cordon de trente nœuds, pratique qui a
Eour fin d'honorer les 30 années que Jé:»us, larie et Joseph ont passées ensemble.
Mais un événement qui accrédita l'inslitution de la confrérie de la Sainle*Famiile dans tout le Canada, et ({ui fut bien propre en effet h faire une vive impression sur ims les esprits, fut la délivrance miraculeuse d'un fervent Montréaliste pris par les Iroquois.
Une troupe de kO Iroquois, partie Avmconnons et partie Onneiochrinnons, s étant approchés des champs où quelques laboureurs travaillaient, fondirent h l'improviste sur eux en poussant de grands cris suivant leur coutume, et après une furieuse décharge se précipitèrent sur deux travailleurs qu'ib garrottèrent aussit6t et qu'ils firent marcher devant eux pour les brûler dans leur pays. L'un de ces Françaisi rapporte le P. Lalienaant, s'était « associé depuis peu avec pla* sieurs autres familles des plus dévotes et vies plus exemplaires de Montréal, pour se mettre tous ensemble sous la protection particulière de la Sainte-Famille, Jésus, Marie, Joseph. Il nefutplutfttsaisi, qu'élevant les mainsaucidi il fit une prière fervente et pleine de foi qu'il adressaàla sainte Vierge. Cetleurière achevée il se trouva rempli d'une parfaite confiance au secours de set protectrice, et se mit à suivre ses bourreaux aussi volontiers que s'il eût été dans la compagnie de ses concf tojens ; le soir, lorsqu'on retendait par terre, et qu'on le liait à des pieux par les pieds, tes bras et le cou, pour I empêcher de s'enfuir durant la nuit, il se couchait sur le chevalet comme il eût fait sur un lit, et présentant aux sauvages ses mains et ses pieds pour être garrottés, il leur disait :« Les voilk, liez et 8errez,lésus-Christenasouflrertpourmoibien
davantage quand on retendait suriacroii;je suis content de vous obéir el d'imiter aiuM l'obéissance que mon bon Maître a rendueàses bourreaux. »
Quoiqu'on f!l à Villemarie de longues prières pour lui, et que lui-même, par un effet de sa grande confiance au secours ce Marie, regardât sa délivrance comme assurée, il ne voyait cependant aucun moyen humain de s'échapper des mains des lro(iuois. O'barbares se séparèrent en deux tjatiues et c'^'* cune emmena avec elle Tun des deux prisonniers. Celui dont nous parlons échut aoi Aymeneronnons, qui, étant en bien plus
grand nombre que les autres, lui laissaient ien moins d'espérance de s*échapper. m confiance cependant ne fut pas trompée.
Pour procurer sa délivrance. Dieu an>t inspiré h quarante Algonquins cbrétteosiie
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DES ORDRES RELIGIIUX.
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b mission de Sillery, le desseiD d'aller tenter <^uWqaeooup contre les Iroquois. Après avoîi; >.jivi la me de Richelieu et être arrivés au iic Cbamplaia, ils aperçoivent les Aymeron- DODs. Ils les suivent des yeux* remarquent leur gttaet prennent la résolution daller tomber snr eux à Tiuiproviste, pendant la Goii. A la faveur des ténèbres, ils approchent i la sourdine et environnent le lieu où les enoemis sont endormis avec leur prisonnier iQ milieu d*eaxt Hé et garrotté; mais les ennemis s'éveillent, prennent leurs armes et sont aussitôt prêts à combattre que les assaillants. Au onéme instaut» les Algonquins, sans perdre deiempsyfont brusquement sur eux une seule jéchaige de fusils; puis, se précipitant en furieux, Fépée et la hache ft la main, frappent à droite et à gauche et font couler le siog de tous côtés. Au milieu de ce carnage, le ibei des Algonquins voit Tun des chefs d«s li*oquoist renommé par son courage ei 5<s exploits, et lui décharge sa hache si ru« (leneot, que Tlroquois tomlie à terre et sa uortfalt prendre la fuite à tous ceux de sa
Fendant cette scène d'horreur, le confrère de la Sainte-FamiUe , étendu par terre, les MeJsetles mains liés, n'atténuait plus que le coup de la mort. 11 allait la recevoir de la mm d'un des Algonquins, qui frappait en iveogle sur tout ce qu'il rencontrait, lorsqu'il s'écrie: Je suis Français! à ces mots, on s'arréie, QHse hftte de le délivrer, et è peine voii- )1 ses liens rompus, que, se jetant à deux geooui sur la terre trempée du sang ennemi, 1) reod à sa puissante libératrice de iustcs actions de grAces. La protection du Cief ne se naïufesia pas avec moins d'éclat sur les Al- ^oo(|ains, quoiqu'ils eussent tué dix Iroquois et (au trois prisonniers, ils ne perdirent pas unseijl homme; et ce qui est plus extraordmaire encore, aucun d'eux ne reçut la ttiOiodre Uessure dans ce furieux combat.
li serait difficile de représenter la vive «il^resse des colons de Villemarieau retoui de leur concitoyen, surtout lorsqu'ils lui enteodirent raconter les circonstances de sa «lélivraoce, bien propre à ranimer dans tous 1^ cœurs la confiance en Marie. 11 ne put [dus entendre parler de la sainte Vierge sans u>Ddre en larmes*
Mais le fruit le plus durable et le plus précieux que produisit cette délivrance, fut d aaréditer dans tout le Canada la dévotion envers la Sainte-Famille et de préparer les ^oiesèrétablissementdecetteconfrériequise réf«oditbientôt partout. LeP Chaumont, rap- \'^^ à Québec, en ayant parlé avec élose à If gr ^t Lafal, ce prélat fut d'avis de l'établir dans ^ l^pre église. On ne composa d'abord la ^wérie que de douze dames, par manière d'essai. Dieu versa sur ces commencements d«si abondantes bénédictions, qu'en moins de sii mois un grand nombre de femmes de luuies conditions se présentèrent pour être «'i mises dans la confrérie de la Sainte -Fa- (':(lie;et celte dévotion prit de profondes raeÎQes dans les cœurs. Mgr de Laval approuva '(^ rèKleinents de la Sainie-Famile au moi5
de mars de l'année suivante 1685, et peu de temps après il fut publié des indulgences aue leSouverain Pontife avait accordées pouri ac** créditer de plus en plus. Ce prélat fit imprimer un petit écrit qui marquait aux membres de cette confrérie le^ vertus à l'acquisition desquelles elles devaient s'appliquer, les maximes du monde qu'elles devaient fuir. 11 y joignit même , sous le titre de catéchisme de la Saintes-Famille, une instruction par demandes et pnr réponses, qui fait connaître les vertus de Jésus, Marie, Joseph, afin d'inviter le lecteur à les imiter. Il fit composer un Office propre de la Sainte- Famille avec octave, dont il fixa la fête solennelle au troisième dimanche après Pâques. Enfin pour donner tout l'éclat qu'il pouvait à cette dévotion, il changea le titre de Vlmmaeulée Concepiion de 1 église paroissiale de Québec en celui de la Sainte-Famillci
Ainsi la divine Providence, dont le propre est de procurer avec force et douceur l'accomplissement de ses desseins, se servit des trois communautés de Villemarie, pour répandre l'esprit de cette dévotion^ qui se communiqua à toutes les paroisses cfu diocèse, et même jusqu'aux missions sauvages où la confrérie subsiste encore aujourd hui au
Srand avantage des familles et à l'honneur e la religion»
JÉSUS-MARIE (CONORÉGATioN DK)t à Lyon
(Rhône).
La congrégation des religieuses de Jésus- Marie, a été fondée à Lyon en 1816 par un zélé missionnaire, M. André Coindre» aidé de Mile Claudine Thevenet qui a joint à son titre de fondatrice, celui de supérieure générale, charge qu'elle a remplie jusqu'à la fin de sa vie, arrivée en 1837. Cette institution a pour but l'éducation des jeunes personnes du sexe, de toutes les classes de la société, réunies, selon leur position sociale, dans des établissements de pensionnats et de providences ou orphelinats.
La première maison, qui est devenue la maison mère, fut établie à Lyon, tout près du vénéré sanctuaire de Notre-Dame de Fourvières.
En 1822. ces religieuses furent ap-
Eelées au Puy (Haute-Loire) par Mgr de ionald, alors évoque de ce diocèse et v fondèrent le pensionnat qu'elles y possèdent. En i6IA elles se rendirent a rappel de Mgr Borghi, évéuue de Bethsaïde et vicaire apostolique de rlndostan et du Thibet (Indes orientales), et s'embarquèrent à Marseille le S février iShSt pour n^arriver h Agra que le 13 novembre , après un voyage tt a- Tersé par bien des difficultés. Elles formèrent dans cette ville leur premier établissement missionnaire, qui se composa bientôt d'un pensionnat pour les jeunes filles d'origine européenne , et d'un oruhelinat pour les jeunes Indiennes.
En 1844 Mgr Borghi, ayant fait le voyage '^'Europe, afin dy chercher des aides pour
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sà mission» obtint de la supérieure-générale seize religieusesde plus qui s'embarquèreni h Marseille avec Sa Grandeur» le k octobre de la même année, et arrivèrent à Agra le 27 janvier 18^5.
£n mars de la même année, huit de ces religieuses furent destinées à fonder un établissement d'éducation à Mussooria dans les montagnes de THimalaya, à une distance d'environ cent lieues du nord d*Agra.
En 1846 l'éiablissement d'Agra fut augmenté d*un grand orphelinat pour les filles des soldats de Tarmée anglaise, combattant contre les Sicks et s*emparant des provinces du Ponjabi ancien royaume de Lahore, où ces religieuses viennent aussi de former un autre établissement.
En 1850 elles s'établirent à Sirdahnab, situé entre Agra et Mussooria. En même temps Mgr Marmann, vicaire apostolique de la mission de Bombay, obtint que quatre religieuses de Jésus-Marie d'A^ra, vien* draient à Bombay y prendre la direction de l'établissement d'éducation qui avait été commencé dans cette ville. Peu après on y établissait un pensionnat, deux orphelinats et un asile pour les petits enfants trouvés ou abandonnés.
Pendant que cette congrégation sedévelop* pait aux Indesorientales et avait la consolation d'enlever bien des flmes à l'idolfttrie et au protestantisme, elle faisait aussi des progrès on Europe. En 18US M. de Jerfanion, évéque de Sainl-Dié f Vosges), désira avoir un établissement d'éducation dirigé par ces religieuses qui répondirent à son appel et s'établirent à Remiremont, jolie petite ville de son diocèse.
Mais la tribulation doit traverser les œuvres de Dieu. La révolution de 1848 saccagea impitoyablement l'asile de charité appelé Providence, que les religieuses de Jésus- Marie avait établi à Fourvières, tout près de leur maison mère, où depuis trente ans environ cent jeunes filles pauvres recevaient gratis, avec toutes sortes de soins, la nourriture et l'enirenen, une éducation morale et religieuse conforme à leurs besoins et à leur position sociale, en même temps qu'elles acquéraient une industrie capable de les fiiire subsister honnêtement dans le monde.
A cette époque la ville de Rodez voulut avuir un établissement d'éducation dirigé par ces religieuses qui y fondèrent celui qu'elles V possèdent aujourd'hui.
Dans le même temps cette congrégation eut la consolation de voir approuver à liome ses constitutions par le Souverain Pontife.
En J8i9 ui) nouvel établissement se forma à Saint-André de Palomar tout près de Barcelonne en Espagne où, dès la première année, le nombre des élèves s'éleva à plus de cent.
Depuis cette dernière fondation, celles qui se formaient aux Indes et leur grand développement y nécessitaient l'envoi de France de nouveaux sujets missionnaires; mais ces envois, quoique répétés plusieurs fois, ne ré-
fiondaient pas aux besoins urgents des éiablissements pour les deux missions d^Agra et de Bombay. Algr Carli vicaire apostolique d'Agra, où est établie la maison provinciah des religieuses de Jésus-Marie aux Indes, désira que la supérieure provinciale fit ellemême le voyage d'Europe , pour venir cher* cher en France les sujets nécessaires aoi besoins des deux missions, ce qui s'eiécuiA en 1854..
A la fin d'octobre de cette même année, dix-sept religieuses de Jésus-Marie s'em barquerent è Marseille et arrivèrent heureusement aux Indes au commencement de décembre suivant.
Depuis bien des années la province do Laiiore et tout le Punjab réclamaient un éiablissement d'éducation catholique oui vient de s'y former, et que la pénurie de sujets avait toujours forcé d'ajourner au grand détriment des enfants catholiques que les [mrents se voyaient forcés de livrer è des mains protestantes ou de laisser sans éducation.
A peu près dans le même temps Mi;r l'évoque de Montréal, chargé par Mgr Iaichevêque de Québec de lui chercher en France des religieuses missionnaires qui voudraient accepter un établissement d'éducation h la Pointe Lévi près Québec, s'adressa aux religieuses de Jésus-Marie, qui, après avoir consulté Dieu dans la prière, crurent reconnaître sa volonté dans rappel qui leur était fait, et avec l'autorisation de Son Emioenne le cardinal de Bonald , archevêque de Lyon, la congrégation de Jésus-Marie accepu la nouvelle mission qui lui était offerte, et le 24 novembre liBSS huit religieuses s'ewbdrquèrent au Havre pour l'Amériqge. Files abordèrent h New-York le 10 décembre.
Huit jours après elles arrivaient à leur destination, accueillies avec une bienveillance toute paternelle par Leurs Grandeurs ^arcb^ vêque de Québec et son coadjuteur , ainsi que par le clergé et les autorités de la ville qui les mirent en possession de la maison qui leur avait été préparée à la Pointe Lévy ' ar M. l'abbé Doulier, curé de celte loealiié. e â janvier 1856 elles ouvraient leurs écoles, ui, un mois après, comptaient cent quarani|» lèves, tant pensionnaires qu'externes. Dep de nouveaux établissements sont offerts èccd religieuses sur la rive du fleuve Saint-Laurent. Plusieurs autres demandes vienueni aussi de leur être adressées soit en EurojxN soit en Asie, mais elles ne pourront êtrcaece(>tées Qu'au tant que lebon Maître, en mu'tipliant les membres qui composent cciic congrégation missionnaire, lui donnera le$ moyens d'accepter tout le travail qui lui i'>i offert pour la dIus grande gloire de Jésus et ue Marie et le salut des enfants de fous climats auxquels elles dévouent avec bonheur leur existence et leur vie.
Depuis douze ans, la congrégation de Jésus-Marie de Lyon s'est établie dans les Indes orientales; elles y ont fonié cinq pensionnats , cinq orphelinats et UJ èsi\e pour les enfants pauvres. Une noiciMtuse
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DES ORDRES RELIGIEUX
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colonie de ces religieuses $*est encore em- Urqnée h Marseille le 26 août ISS^ pour aller diriger dans Tlnde ces établissements de (liaritéet d'éducation, et en former de noufMux. Voici leurs noms : Marie Saint'-Bruno, yjrie Sainte-Agnès, Marie Saint-Eugène , Marie Saint-Beroardin» Marie Sainte-Rosalie, Marie Saint-£dmond , Marie Sainte-Lucie, Mile E. Adam, soeur Sainte-Angèle, sœur Sainl-llartin, sœur Sainte-Julie, Sœur Saint- Georges, sœur Sainte-Jeanne, sœurSaint-Céie$tin,s(Bur Sainte-Claire, sœur St.-Norbert. (1)
JESCS-MARIE (Congrégation de) oc PÈRES