RELIGIEUX
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à la volonté de Monseigneur, convaincue qu'elle ne remplirait pas le terme de sa supériorité. Elle était toujours souffrante, et passait les nuits sans se coucher, un cracberaent continuel, accompagné de vomissements, donnait les plus grandes craintes. Pendant deux mois on craignit à tous les instants de la voir expirer, enfin après une vie remplie de bonnes œuvres, elle s'endormit dans le Seigneur, le 17 janvier, après avoir béni ses filles , qui furent autant accar blées do sa perte qu'édifiées de sa patience et de sa mortification continuelle dans tes plus grandes soufi'rances. Sa mémoire esfc en vénération dans la maison qu'elle a fondée, et dans celle où elle se consacraau Seigneur, et qu'elle gouverna et édifia par sa régularité et sa ferveur.
A peine cette vénérable Mère était expirée que Mme la marquise de Raziltv voulut fonder une salle de maternité et l'annexer è l'hospice ; on en proposa la haute surveillance à la communauté qui, après avoir consulté Monseigneur, l'accepta. Les fem^ mes y peuvent demeurer dix jours; à leur sortie elles reçoivent la layette, et pendanjL dix mois, du lait et de la farine.
La ville, voulant établir une crèche, en
Sroposa la surveillance aux religieuses, lonseigneur n*en fut point effrayé, et engagea la communauté à l'accepter. Comme il n*y avait point de local préparé, on mit des berceaux dans les appartements qui sont au rez-de-chaussée, et qui n'étaient pas occu-
f)és par les femmes de la maternité. Ce fut e premier janvier 1850; le nombre des religieuses ayant augmenté, l'espace qu'on leur avait donné pour chœur, ne suffisant
f)lus, l'administration leur céda la nef de a chapelle, et le terrain nécessaire pour construire l'avant-chœur. On plaça une grille dans la largeur, afin que toutes vissent le prêtre à l'autel et en chaire. Une porte fut ouverte pour le public, mais il fut séparé par une grille des personnes de l'établissement. Des bancs y furent placés, la porte conventuelle fut reculée du côté de la cour, où on plaça le portail de l'église; une vaste salle pour la crèche fut construite, et forma la clôture.
Les occupations des religieuses, les divers emplois qu'elles avaient à remplir, exigeaient des règlements particuliers. Les religieuses les presentènsnt à Monseigneur gui voulut bien les approuver. Ils furent imprimés en 1852.
Ce fut au mois de mai de la même année qu'il voulut donner le voile et recevoir des VŒUX dans le non veau chœur des religieuses; il leur eu témoigna sa satisfaction, en. admirant la conduite de la Providence^ sur une maison & aqueiie il avait donné l'existence, et dont les œuvres étaient son ouvrage; il en remercia l'administration, à. laquelle il témoigna sa reconnaissance de ce qu'elle faisait pour ses chères Filles. Il semblait qu'il approchait de sa fin, et qu'il les quittait pour ne plus les revoir. Jamais son afleclion n'avait été plus tendre et plus paternelle : ses
^^ ^OS DJCTIONWAIRE
iouffrances, ainsi que J*a)térat]on de ses traits, donnaient de l'inquiétude. Dieu cependant exauça les prières ferventes qu'on lui adressa, et le boa prélat bénit encore ses Filles eu 1853. Ce fut Jd dernière fois. Appelé par le Souverain Pontife il consomma son sacriHce dans la ville sainte, et rendit à la Vierge immaculée Tbommage de ses vœux et de Àon dévouement, en lui faisant le sacrifice de sa vie. Sa mort plongea la communauté dans la plus profonde douleur, on se rappelait tout ce qu'il avait fait... La pensée de la gloire qu'il méritait, pour tant d'années consacrées à son vaste diocèse, oii il avait (ant fait pour le salot des âmes oui lui étaient confiées, son zèle pour la perfection des religieuses, dont il voulait bien prendre la conduite, l'assurance de sa protection, auprès de Celui qu'il avait servi avec tant de fidélité, adoucirent la douleur qu'excitait le souvenir de tant de vertus et de tant de
bienfaits. On reçut avec bonheur des objets qui avaient été à l'usage do vénéré ponlîfe; on les conserve avec respect et confiance. A peine une année s*était écoulée, que Mgr Wicart fît sa visite à la communauté , il y lut reçu avec tout l'appareil dû h Sa Grandeur, et témoigna beaucoup de bienveillant6; il l'assura de sa protection, et eut la grande bonté de consentir à voiler trois notices. Il voulut bien se charger spécialement de la communauté , et remplir la place du bon et regretté Père-
Les religieuses ont à desservir dans Thospice t72 enfants et vieillards.
iJ^ s«"e de maternité reçoit annuellement %u femmes.
Les établissements dépendant de la tille.
La salle d'asile, 150 enfants.
La crèche, 20 berceaux, 30 enfants em- |)loyés à des travaux.
Le personnel de la communauté est de 32 religieuses de chœur, 8 converses, dont deux sont employées à la cuisine de l'bospice et chez les filles qu'on élève, et une troisième à la salle d'asile. Trois novices et trois postulantes. (1)
Joseph (CONORÂGATION des BBLIGIEUSES de
SAINT-), dites du Bon-Pasitur.
Ce fut i peu près à l'époque où saint François de Sales établit la clôture pour les religieuses de la Visitation, que la congrégation de Saint-Joseph prit naissance dans la
« "®..^? K^y ^^ ^^^^y (Haule-Loire). Le P- Médaille, missionnaire de la Compagnie de Jésus, eii inspira la pensée à Mar Henri de Maupas, évoque de cette ville, qui s occupa avec autant de 2èle que de dévouement h la fondation du nouvel institut, et donna ant religieuses la direction de l'hôpital des Orphelines, le jour de la fête de «ainle Thérèse, 15 octobre 1660.
lAUtè règles et leur établissement furent trïnfirmés par Hgr de Maupas, sous le nom <1e Congrégation de Saint-Joseph, hospitalières, le iO Mars 1661; son successeur, Mgr df» Béthune, confirma et approuva de fiouteau, leiMs constitutions, par ses
(1) Vojj. k U (in iU\ ^ol , n*** Hl, 125;
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lettres du 23 septembre 1665. Le nouvel ordre reçut aussi la sanction rojale.
Dieu, depuis ce temps-là, protégea visiblement la congrégation, qui s'étendit sua cessivement dans plusieurs diocèses, entre autres celui de Vienne; le nombre desreli- Clauses s'accrût considérablement, ce qui détermina Mgr Henri de Villars. archevêque de Vienne, à permettre d'imprimer les constitutions.
Dans le courant de Tannée 1666, M. Laborieux, prêtre et chanoine de l'église cathédrale de Clermoni, eut la sainte inspiration d'ouvrir un asile à la pénitence. Encoucagé dans son pieux dessein par son digne évêque ; secondé par MM. Antoine de Ribeyre, seigneur d*Ompne; Jean de Ribeyre, seigneur de Fontenille; Jacques Défaire, président de la cour des Aides, et Etienne Dufraisse, négociant : il ne tarda pas à exécuter son projet.
Le nouvel établissement reçut l'approbation rovale le 7 juillet 1667. Les lettres patentes lues et publiées h l'audience de M^r le sénéchal d'Auvergne, à Clermont, Ws plaids tenants, le 2& septembre 1667, furent insérées sur le registre de Thôtel de ville le 10 novembre de la même année.
La communauté eut des administrateurs pour ce qui concernait le temporel; les fondateurs le furent dans le principe; Tonne .pouvait recevoir aucune péAitente sans leur autorisation. Les revenus, les pensions, les dons étaient remis entre leurs mains.
L'établissement prenant chaque jour plus d'extension, le local derint trop resserré, et la communauté fut successivement transférée dans deux bâtiments. Le second, vaste et commode, était attenant à rH6tel-Dieu d'aujourd*bui, dont il fait partie Dès lors les religieuses ne se bornèrent pas à Tœu* vre pour laquelle on les avait appelées en Auvergne, et qui leur avait fjuil donner le nom de Sœurs de Saint-Joseph du Bon Pasteur; le nouveau monastère renferme dans son enceinte des femmes ali.énées qui recevaient les soins les plus dévoués et les plus attentifs, et une nombreuse jeunesse que l'on formait à la piété et aux sdeoces.
Mais ces excellentes Mères dont la pré^ cieuse vie était si bien partagée entre la prière et les œuvres de la charité, travaillaient beaucoup, mais écrivaienl peu: au5>i n'ont-elles rien laissé sur ces premiers temps; et ce que nous savons, a été raconté par les religieuses qui rétablirent le Bon- Pasteur, après les tristes jours de M. Peutêtre aussi la révolution a-t-elie anéanti le récit des événements antérieurs.
Quelques années avant la révololfon, la Mère Sainte-Agnès Lat>at gouyernait le monastère, et quand les événooients politiques vinrent obliger les nombreuses communaotés qui couvraient le sol de la France, h $t disperser, la direction des religieuses He Saint-Joseph était confiée à la Mère Marie <Je Jésus Charcn,
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DES ORDRES REUGIEUX.
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Celle religieuse joignait à l'activité de la jeunesse, la prudence de l'Age mûr. Elle était douée d*un esprit vif et pénétrant, d*uce sagesse profonde, d*un zèle infatigable ; aussi avait-elle su captiver Tamour et l3 confiance de la communauté entière.
Nomniée assistante à Tâçe de trente ans, elle devint le conseil et I amie de sa supé neore, le modèle de ses sœurs, la règle vivante de la communauté.
£lie eut à pleurer dans la Mère Agnès Latiat» une amie à laquelle son cœur était étroitement uni, une Mère que toutes ses filles regrettaient sincèrement, et dont la rerte paraissait irréparable. Mais elle pleura bien plus encore, lorsqu'elle se vit appelée à lui succéder. Son activité, son zûle, la sagesse de son administration justifièrent le f'hoixde la communauté, qui sembla reprentiri», sous son gouvernement, un nouvel érial. Quelques années s'écoulèrent ainsi : bientôt la révoluliori éclata. Frapué, comme tous les autres établissements religieux, le Ron-Pasteur tomba sous les coups révolutionnaires, mais il tomba glorieusement, et iy^hs avoir donné l'exemple d'une luUe énergique et courageuse. En effet, quand les filles du clottre furent expulsées de leurs chères solitudes, l'on respecta l'asile de la pénitence; mais enfin, quand les hommes vinrent è ne plus rien respecter, quand 00 eut obligé les religieuses du Bon-Pasteur è reDTOjer successivement leurs élèves, leors pénitentes, leurs aliénées, elles restè- HMit, elles, dans leur maison,' priant pour i'Kglise et pour la France. Et quand arriva la tin de 93, quand des commissaires Tinrent enlever les différents objets mol)iliers du iijonastère, ses habitantes restèrent encore, ifièreot avec plus de ferveur, bénirent Dieu •Je leur pauvreté ou |>hitôt de leur entier <ienûaient. Cette généreuse persévérance eut la récom^nse qu'elle méritait : les religieuses qui avaient soigné tant d'infortunéeSfpassèrentenfindeleurspHisibles cellules <i«n$ les prisons révolutionnaires, et elles auraient porté leur tête sur l'échafaud, si la iDort de Robespierre ne les eût sauvées.
Rendues à leurs familles, elles y vécurent M>Q$ rhabit séculier, en bonnes et ferven* tes religieuses; leur digne Mère devint le point de ralliement de toutes ses Qlles dis- Krsées; elle les conseillait, les consolait, ie» encourageait, et deux ans étaient h peine écoulés, qu'au milieu des débris amoncelés de toutes parts, par le malheur des lemps, elle essayait, avec quelques-unes '1 entre elles, de jeter les fon(Jenienls d'une maison d'éducation; le Ciel bénit cette œu- ^it, et lui donna un merveilleux accroisse* loeut^
Plusieurs de ses filles imitèrent un si bel ^ie(D|ile, et sons ses auspices une nouvelle Miooie s'établit dans la même ville, sur les méoDes bases et dans le même esprit. La <l>gne Mère était l'Ame et le conseil de ces deux établissements, et mettait tous ses hmhs à maintenir entre les membres qui i^^ cOfD|H)saient l'unité de principes et d'en-
seignement. Les choses restèrent ainsi jus-
Î|u'en 1807; alors un nouveau coup vint rapper les religieuses du Bon-Pasteur. La sainte Mère qui les avait consolées aux
S 'ours de l'épreuve, encouragées et fortifiées i l'heure du péril, n'eut pas le bonheur do leur voir reprendre le saint habit, et ie.di* manche, 31 mai, réunies auprès d'une couche funèbre, elles pleuraient cette Mère vénérée.
Deux ans après, les religieuses songèrent è rétablir leur communauté, et faisant généreusement le sacrifice de la fortune que quelques-unes d'entre elles avaient recueil» lie, elles achetèrent, le 27 janvier 1809, une partie de Tancien monastère des Ursulines, qu'elles possèdent, aujourd'hui, presque en entier.
Les Filles de Saint-Joseph rentrèrent joyeusement dans leur nouvel asile; queU ques-unes vinrent des maisons oit elles s'étaient occupées à instruire la jeunesse; d'autres ne rentrèrent pas, elles étaient parties pour le ciel, fidèles h leurs vœux, ferventes dans la foi, même au plus fort de la tourmente révolutionnaire.
Selon l'antique coutume, la communauté réunie dans la chapelle de Saint-Joseph du Bon-Pasteun le ^juillet J809, procéda è l'élection d'une nouvelle supérieure, sous la présidence de M. Tabbé de Guérines, vicaire général de Mçr de Dampierre, depuis évéque de Nantes. La Mère Victoire Barbin fut chargée de gouverner le monastère; dès ce moment, la communauté reçut une nouvelle existence, et les ferventes religieuses qui la composaient, accoutumées dès longtemps h une vie de sacrifice, ne reculèrent devant aucun de ceui que leur imposa la régu^ larité.
Mais si In maison du Bon-Pasteur jouissait abondamment de la vie spirituelle et religieuse, l'existence légale lui manquait^ et les sœurs n'avaient pas eu encore la con-* 50lation de reprendre le costume monas-» tique.
Mgr Charles-Antoine-Duvalk de Dnmpierre, se trouvant à Paris, en l'année 1811, s'occupa activement et eflicaceraenl à faire autoriser notre congrégation. Il joignit à l'extrait des anciennes constitutions, cjuelques statuts fondamentaux, relatifs h 1 alH-« liation qu'il voulait former, et après avoii* demandé le consentement écrit de la Mère Victoire, ainsi que de toutes les sœurs de la congrégation, il présenta lesdits statuts à la sanction du gouvernement. Alors un décret impérial, du 9 avril 1811, approuva la congrégation'des religieuses du Bon-Pasteur.
I^ maison de Clermont fut reconnue maison mère, et la suoérieure de cette communauté revètue*de la dignité de supérieure çénérale. Cette époque dévint pour nous celle d'une entière et importante transformation.
En effet, la congrégation composée jusque- Ih d'établissements isolés et indépendants les uns des autres, fut changée en un corps religieux, qui, sous un même chef, trouva sa
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force et sa stabilité dans les liens d*onion el de dépendance que créa TaiGliation.
La pieuse Mère Victoire, dont le nom est en vénération dans la congrégation , possédait au plus haut degré Tart de gouverner. Animée d*un double esprit de sagesse et de force, elle se livra courageusement aux entreprises les plus difficiles : voyages, travaux, sollicitudes continuelles, rien ne fut épargné pour remplir dignement la mission importante et pénible dont le Ciel l'avait chargée. Après avoir rassemblé les membres épars de sa communauté, elle releva et régénéra
auatorze établissements; vingt-quatre lui urent entièrement leur existence. Parmi ces maisons se trouvait celle de Montferrand, où fut établi le noviciat général de la con* grégalion; Ton y élevait les jeunes personnes destinées aux établissements nouvellement fondés; quant aux communautés existant avant Taflilialion, on leur conserva le privilège de recevoir des sujets, pourvu qu*elles les envoyassent pour se former à Tesprit religieux dans le noviciat général.
Que de services celte oigne ei respectable supérieure a rendus à la congrégation 1 C*est h son zèle, qu'enflammaient les obstacles , qu*est dû Tesprit de régularité et de charité qui règne dans nos maisons. Toutes étaient robjetde sa vigilance, de sa sollicitude el de sa tendresse. £1 le sut accorder l'élévatioa de sa place avec Thumilité de sa vocation, la douceur la plus insinuante avec une fermeté intrépide, les qualités qui font aimer avec celles qui inspirent le respect et Tadmiration.
Le temps de sa supériorité se trouvant depuis longtemps écoulé, d'après les constitutions, la Mère Victoire provoqua par ses instances au|)rès de Mgr de Dampicrre, l'ordonnance qui règle les conditions de Télec* tion de la supérieure générale. Ce digne prélat consulta les constitutions primitives, les statuts approuvés par le gouvernement; et, après un sérieux examen, il fut décidé que l'élection de la supérieure aurait lieu tous les neuf ans, et que l'ancienne supérieure pourrait être réélue; que les religieuses professes de la maison mère, ainsi que les supérieures des communautés dont le personnel serait de six professes, auraient seules le droit d'élection, ce qui s'est pratiqué depuis cette époque.
Le 18 mai 1820, la Mère Victoire fut con- Grmée dans l'exercice de la supériorité générale.
Elue pour la troisième fois, 27 mai 1830, elle gouverna, deux années seulement; cette congrégation dont elle était si vénérée; aussi, quand le Seigneur l'appela à lut, te 13 mars 1832, ce fut pour toutes ses filles un de ces coups qui brisent, une de ces douleurs qui accablent et que le temps même n'a pas encore bien guéris dans le cœur de celles qui l'ont connue, q^ui ont eu le bonheur de vivre dans son intimité. Son nom vénéré, son précieux souvenir sont vivants parmi ces Filles, comme aux beaux jour^
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où elle tes entourait de ses soins; et il o'e^t pas pour celles qui lui étaient dévouées do plus agréables moments cjue ceux consacrés a rappeler ses rares qualités et ses vertus. La Mère Eléonore de Clairefontaine, dite sœur Sainte-Agnès, Agée de quatre-viogi, frustre ans, fut élue le 7 juin 1832. Elevée à I ombre du sanctuaire, elle n'avait connu du monde que les persécutions et les malheurs. Kxilée de sa communauté par une révolution antireligieuse, elle conserva toujours l'esprit de sa vocation, offrit & Dieu un hommage constant de ferveur, de conformité à sa volonté sainte et de patience dans les épreuves. En elle se trouvaient réunies les qualités les plus douces et les plus aimat>les; sa belle Ame ne respirait qu'union et charité; ses oaroles comme ses actions avaient un caractère de grandeur et de bonté qui inspirait l'amour de la vertu, lui conciliait le respect et la confiance, et lui fil mériter le surnom d'ange de paix. Malgré son grand Age, elle justifia le choix de la congrégation, par un gouvernement plein de sagesse et de douceur. Elle fut ravie trop tôt à sa vénération, et mourut le 16 novembre 1836.
Le 8 janvier 1837, le chapitre de Télection, sous la présidence de Mgr Féron , actuellement évèque de Clermont, réunit ses suffrages sur Joséphine Elisabeth Bouveret , dite sœur Saiut'Louis. La nouvelle supérieure reçut en tremblant le fardeau qu'on lui imposait. Grftce à Dieu et au dévouement de ses filles, elle a le bonheur de voir la congrégation prendre un accroissement con- 8idéraDiti,des améliorations sensibles s'opérer dans les divers établissements qui la composent , les œuvres de charité s'étendre et se multiplier pour la gloire de Dieu et celle de la congrégation.
En 1838, Mgf I^uis Charles Féron, de concert avec la Mère Saint-Louis, tran.^féra le noviciat général de Moniferraud , dans la maison mère à Clermont. Alors fut abolie la réception des stijets dans les maisons existantes avant l'affiliation, tolérance dont on avait usé jusque-là. L'unité devint pariaiie et la supérieure générale, assistée de ses conseillères, dispose des sujets selon le besoin des établissements soumis à son autorité.
La maison de Hontferrand est devenue maison de retraite pour les religieuses infirmes.
Parmi les nouvelles institutions il faut distinguer la maison de refuge, établie à Clermont, au quartier Saint-Alyre. Les religieuses de Saint^Joseph y furent api>elees par M. Chartier, curé delà cathédrale, aa départ d'une communauté qui, malgré «^n zèle et son dévouement à entreprendre celle œuvre, n'avait pu la soutenir, à défautderes* sources. Le 17 décembre IMO, huit de nos sœurs furent envoyées dans cet établissement, et en prirent la direction. La maiM)n mère de Clermont ne recula point devant un sacrifice de près de 100,000 fr. qu*exi({èrent l'acquisition des bâtiments et le naainticn ^«
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amiante liilc5 repenties et autant d*orphe« iroes qui jetaient abritées sans que le moiudre revenu ou pension aidflt è leur existence. Dieu a béni cette œuvre éminemnoent religieuse, et avec Ihs dons de la charité, le produit de Touvrage n^anuel et les encouragements donnés par le conseil général du pQ)-<Je-DAme , qui, presque toujours, nous Kcorde un secours annuel, la maison du refuge se soutient, et donne d'abondantes coDSoUtions spirituelles.
D'après !e tableau des fondations faites depuis KaffiliatiQn, leur nonobre s*élève aujourd'hui à soixante-dix maisons, qui, ou-n ire les œuvres de la charité et l'instruction gratuite des pauvres, reçoivent dans leurs T85tes bâtiments, des milliers de jeunes personnes auxquelles on donne une éducauon en rapport avec leur position sociale.
La maison mère de Clermont se compose de trente-cinq professes; quarante à cinquante novices; renferme un pensionnat QorissaDt qui réunit cent cinquante à cent soixante élèves appartenant au diocèse de Clermont ou aux diocèses circon voisins; une école de sourdes-muettes fondée par la Mère Victoire, qui prend, chaque année, une nou- Telle extension. Onze bourses ont été créées par le conseil général du Puj'-de-Dôme, eu toveur de ces jeunes infortunées; d'autres DOtts sont envoyées des départements enviroonauts; enfln plusieurs élèves sont entièrement à la charge de la maison mère, qui est heureuse de procurer à ces pauvres en- Liots la connaissance de Dieu, l'amour de la tenu et les moyens de trouver dans leur irarail une ressource honnAte et suffisante IioarraTenir.(l)
JOSEPH (COHGBfteATIOlf DES SŒrRS DE
SAmi'l à Bourg {Ain).
Alexandre-Raymond Dévie, vicaire généralde Valence, promu è Tévéché de Belley, le 13 février 1823. fut sacré le 15 juin et inlronbé le 23 juillet de la même année.
C'est k ce prélat de pieuse mémoire, que revient la gloire, sinon de la fondation, au moins de l accroissement rapide de la congrégation des sœurs de Saint-Joseuh. A peine ce digne successeur de saint AntneJme eutil pris possession de son siège, qu*il se mit 1 1 œuvre avec un zèle infatigable. Combler les vides du clergé, réparer les ruines du sauciuaire, ranimer l'esprit de piété dans les â(ûes, fut le premier soin de ce pasteur aux vertus évangéliques. Dès le premier moment il ambitionna pour son Epouse l< gloire des anciens jours, et il se trouva que ce rêve de sa charité n'était point auiiessus de ses forces. Prêtre zélé et membre Ja clergé avant la révolution, il avait connu l'ancienne organisation de TEglise; il savait le bien que les congrégations religieuses produisent; il connaissait le concours eilScace que les prêtres , dans l'exercice du ^aïDt ministère, sont à même d'en atteri- <lre pour l'éducation de l'enfance, le soin des vieillards, la visite et le soulagement des infirmes, en un mot, pour la pratique (t) Voy. à la fin du vol., u«« lit, 126.
pieuse et constante de la chaîne sous toutes ses formes.
Les religieuses de Saint-Joseph de Lyon* ui suivaient la règle de la congrégation es sœurs ou des tilles de Saint-Joseph, fondée en 1650, au Puy en Velay, par Henri de Maupas du Tour, évoque et comte de cette ville, avaient déjà quelques établissements dans le diocèse de Belley. M^r Dévie jeta les yeux sur elles pour réaliser son dessein.
Il fit sagement quelques articles additionnels à leurs constitutions, établit à Bourg un noviciat général, séparé de celui de Ljron, où toutes les sœurs seraient formées et viendraient de temps en temps se recueillir, comme au centre de la famille, afin de se ranimer et de se soutenir dans la pratique (les vertus religieuses. La MèreSaint-Benoil, admirable de dévouement et de conGance en Dieu, fut la personne qu'il jugea la plus capable de remplir ses vues. Il la noioma supérieure du noviciat naissant, qui fut placé, comme il l'est encore, dans les bâtiments dits des Jacobins. Au moment de l'acquisition, on n'avait pas la vingtième partie des fonds nécessaires pour la dépense qui s'éleva au-dessus de 60,000 francs. Grflce h la Providence, le local a été payé, renouvelé, agrandi, et il peut aujourd'hui contenir plus de 700 religieuses à l'époque des retraites. Mgr Dévie plaça toutes les maisons particulières sous la dépendance de la nouvelle supérieure générale, lui en confia la surveillance et la direction. Peu nombreuses d'abord, elles se multiplièrent bientôt d'une manière merveilleuse par les soins, le désintéressement et la conGance en Dieu de la vénérable supérieure, unis à la tendre sollicitude, au zèle ardent du saint prélat et au dévouement inépuisable du clergé qu'il inspirait. Chaque année, les murs du noviciat élevaient ou dilataient leur enceinte, et toujours ils manquaient d'espace. Les jeunes personnes accouraient en foule du diocèse d'abord; puis les œuvres de miséricorde et de salut, la bonne odeur des vertus augmentant avec les membres de la nouvelle famille, on venait du dehors, on accourait de toutes parts, pour se consacrer au ser* vice de Dieu et du prochain sous la direction de Mgr Dévie et de la vénérable Mère Saint-Benoit, dans la congrégation des filles de Saint-Joseph Aurune condition, du reste, ne fermait l'heureuse entrée du noviciat. Kiches et pauvres pouvaient se présenter, toutes étaient admises avec un égal empressement. On ne demandait et ou ne demande encore à la jeune novice que de la bonne volonté, un grand dévouement, un désir sincère de travailler à sa perfection par la pratique de la règle, et au salut du prochain par le çiuotidien exercice de toutes les œuvres de miséricorde.
En présence de ce merveilleux retour de l'esprit de sacrifice, de ce renouvellement de la vie religieuse, la Mère Saint-Benott et Mgr Dévie, secondés par des religieuses et des r)rêlres animés d'un véritable esprit de
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Dieu, s'appliquèrent, avant tout, à l'aire ré-
fner au noviciat la régularité et la ferveur, inspirer aux jeunes personnes que la Piovidenco leur envoyait, un amour profond de leur avancement spirituel, n'ignorant pas que pour travailler efficacement h la sancliflcation du prochain, il faut d'abord s'iUre affermi solidement soi-même dans la pratique de toutes les vertus. Rien ne fut négligé afin d'établir dans la maison mère une piéié solide et une régularité parfaite. L'instruction des jeunes prétendantes et des novices fut aussi l'objet d'une attention particulière, le plus grand nombre d'entre elles devant être consacrées & l'éducation. C'est dans ce but que les sœurs de Saint-Joseph iirent imprimer une Méthode d'enseignement, des Leçons de civilité, une Grammaire spéciale, ouvrages élémentaires justement connus et estimés du public aujourd'hui.
Parmi les prêtres de mérite, qui environnèrent d'une tendre sollicitude le berceau de la congrégation, nous ne devons pas oublier son premier Père spirituel, le docte et pieux abbé Porlalier. Successivement directeur au grand séminaire à Ljon et à Brou, il quitta celte dernière position pour /se consacrer tout entier aux intérêts religieux des sœurs de Saint-Joseph. C'est pendant qu'il était au milieu d'elles que, sous le voile de l'anonyme, il publia ce Mois de Marte si rempli d'onction dont les éditions nombreuses se succédèrent. Trop tôt enlevé à cette communauté, l'abbé Porta- Jier a laissé au milieu des sœurs des souvenirs qui ne s'effaceront pas. M. Poncet, vicaire général du diocèse , lui succéda comme Père spirituel, et ces fonctions sont aujourd'hui remplies par le chanoine Perner, une des intelligences les plus élevées et des âmes les plus religieusement dévouées du clergé.
Ces soins religieux, persévérants, assidus d hommes érainents, ne tardèrent pas à norier leurs fruits. Frappés de l'aspect d'ordre, de simplicité et de dévouement évangélique! dont les sœurs de Saint.Josejih de la conaré* gation de Bourg faisaient preuve dans leurs emplois, les personnes charitables et les membres du clergé s'imposèrent bientôt de grands sacrifices, afin de procurera leur paroisse les avantages dun de leurs établisse* ments. Il y eut partout une louable émulation pour leur confier l'éducation de l'enftnce et la direction des œuvres de charité. En moins de vingt ans, cent soixante établissements furent fondés, io plus Krand nombre dans le département de l'Ain, d'autres dans les déparlements voisins: les ioccès étonnants de cette cungrés^ation naissante attiraient l'attention de tout Je monde.
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